Les massacres de Kishishe et Bambo sont des violences perpétrées entre le 29 et le , dans la province du Nord-Kivu, dans l'est de la république démocratique du Congo (RDC). Ces massacres sont attribués au Mouvement du 23 mars (M23) par l'Organisation des Nations unies et les ONG Human Rights Watch et Amnesty International, qui font état d'au moins 171 morts. Le M23 refute ces accusations, et évoque un bilan de 8 morts.
Contexte Le , le Mouvement du 23 mars (M23), une rébellion qui a repris les armes fin 2021 dans l’est de la république démocratique du Congo, renouvelle son offensive contre les Forces armées de la république démocratique du Congo (FARDC) dans le Nord-Kivu, non loin de Goma et parvient à s'emparer de nombreuses localités. Le , un cessez-le-feu négocié lors d'un sommet à Luanda, est imposé au M23. La rébellion déclare ne pas être tenu par cet accord, n'ayant pas participé aux négociations, mais assure qu'aucune nouvelle attaque ne sera perpétré si ses propres positions ne sont pas attaquées. En revanche, les rebelles excluent de se retirer de leurs nouvelles conquêtes.
Déroulement Au matin du , le cessez-le-feu est en partie respecté lorsque des combats éclatent entre le Mouvement du 23 Mars (M23) et des combattants des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et des milices Maï-Maï, lesquels cherchent à s'emparer de pour barrer la route vers Masisi au M23. A l'issue des combats, les FDLR et les Maï-Maï sont vaincus et battent en retraite. Selon l'ONU, les miliciens du M23 s'en prennent alors à la population, exécutant sommairement de nombreuses personnes, aussi bien par balles qu'avec des armes blanches.
En plus des meurtres, le M23 se livre à toutes sortes d’exactions : viols, pillages et enlèvements. Selon une enquête préliminaire de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO), 60 personnes sont ainsi enlevées et 27 femmes et jeunes filles sont violées. Pendant le massacre, des enfants auraient été tués jusque dans une église et un hôpital. Après les événements, le M23 aurait fait enterrer les corps probablement pour dissimuler les preuves du massacre selon la MONUSCO. Par ailleurs, certaines sources indiquent que des civils auraient pu être tués par des combattants maï-maï et des FDLR lors des combats. Selon les témoins, les hommes ont été particulièrement visés lors du massacre car assimilés à des combattants ennemis. Du reste, les chiffres publiés dans l'enquête préliminaire de l'ONU confirment que les hommes sont surreprésentés parmi les victimes.
Conséquences et suites
Au moment des faits, il est difficile d'enquêter, en raison du contrôle de la zone par le Mouvement du 23 mars (M23). Une enquête préliminaire de la MONUSCO, fait état d'au moins 131 civils tués dont 102 hommes,17 femmes et 12 enfants.
Le , l'ONU publie un nouveau bilan de 171 civils tués.
Réactions
Le gouvernement de la république démocratique du Congo accuse le Mouvement du 23 mars (M23) d'avoir tué 50, puis 100 et enfin près de 300 personnes à Kishishe.
Le M23 nie toute responsabilité et affirme que huit civils ont bien été tués, mais par des balles perdues lors des combats avec les miliciens et non délibérément.
Le Rwanda, accusé de soutenir le M23 par plusieurs organisations internationales, dont Human Rights Watch (HRW) et Amnesty International, ainsi que par des rapports d’experts des Organisation des Nations unies, nie toute implication. Il nie également le massacre et accuse Kinshasa de l'avoir fabriqué.
Plusieurs organisations de défense des droits humains, dont HRW et Amnesty International, attribuent les exactions au M23 et les qualifient de violations du droit international humanitaire, susceptibles de constituer des crimes de guerre, en raison d’exécutions sommaires, de violences sexuelles ciblant des civils, d'enlèvements et de recrutements forcés. Elles appellent à des enquêtes indépendantes et à la poursuite des responsables présumés.
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes
Conflit du M23
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