La bataille de Waterloo Prononciation en français de Belgique retranscrite selon la norme API. Source : Jean-Marie Pierret, Phonétique historique du français et notions de phonétique générale, Peeters, Louvain-la-Neuve, 1994, . s'est déroulée le , en Belgique, à vingt kilomètres au sud de Bruxelles, dans l'actuelle province du Brabant wallonLes quinze grandes batailles « belges » qui ont changé l'Europe.. Cette bataille a opposé l'armée française dite Armée du Nord, dirigée par l'empereur , à l'armée des Alliés, dirigée par le duc de Wellington et composée de Britanniques, d'Allemands (contingents du Hanovre, du Brunswick, du Nassau) et de Néerlandais (unités belges et néerlandaises), rejointe par l'armée prussienne commandée par le maréchal Blücher. Elle s'est achevée par la défaite décisive de l'armée française.

lance des assauts contre le château d’Hougoumont et la ferme de La Haye-Sainte ; l’armée de Wellington résiste. C’est alors que l’armée prussienne intervient, attaquant le flanc droit de l’armée française. Le maréchal Grouchy, chargé de poursuivre les prussiens après Ligny, a failli à sa tâche. La cavalerie française charge les lignes adverses à plusieurs reprises et menace de les briser. La Garde impériale avance et recule finalement. L'attaque générale des coalisés rend la défaite française inévitable..

Les combats n'ont pas lieu sur le territoire de la commune de Waterloo, mais un peu plus au sud, sur les territoires des communes actuelles de Lasne, Braine-l'Alleud et de Genappe. Wellington écrivit la dépêche annonçant la victoire des coalisés depuis son quartier général situé à Waterloo, fixant ainsi ce nom à la bataille qui fut initialement appelée en France « bataille de Mont-Saint-Jean »Waterloo. Acteurs, historiens, écrivains, collectif, préface de Patrice Gueniffey et textes choisis et annotés par Loris Chavanette, Folio classique, première page de note.Cérémonies du bicentenaire de Waterloo, sur Le Souvenir napoléonien., lieu effectif de l'engagement. En Allemagne, la bataille est dénommée « Victoire de la Belle-Alliance » (Sieg von Belle-Alliance), du nom de l'auberge où eut lieu la rencontre entre les deux généraux en chef des coalisés à la fin de la journée.

Cette bataille est la dernière à laquelle prit part personnellement Napoléon, qui venait de reprendre le pouvoir en France trois mois plus tôt, et marque ainsi la fin de cette période des Cent-Jours. Napoléon dut en effet abdiquer quatre jours plus tard à son retour à Paris, le , privé de soutien politique.

Prélude

alt=|gauche|vignette|Carte des principales phases de la campagne de Belgique. En , une nouvelle coalition se constitue au congrès de Vienne pour combattre Napoléon, qui a quitté l'île d'Elbe. Louis XVIII a fui à Gand. L'armée de Wellington est déjà stationnée sur le sol belge, rejointe début juin par l'armée prussienne du maréchal Blücher.

Napoléon préfère ne pas attendre l'offensive des Alliés et se lance à l'attaque, espérant séparer Wellington et Blücher et les battre l'un après l'autre. Repoussant les Prussiens, il franchit la Sambre à Charleroi le . Le même jour, le général français Louis de Bourmont, qui commande la , abandonne son commandement le , la veille de la bataille de Ligny, avec quelques officiers de son état-major. Dans Le Mémorial de Sainte-Hélène, Napoléon l'accuse d'avoir révélé son plan à l'ennemiEn réalité, Gustave Gautherot a prouvé que Bourmont n'avait pas encore reçu ses propres ordres avant de quitter son commandement. Wellington confirma, vingt ans plus tard, qu'il n'avait reçu aucune information de Bourmont.. La défection de Bourmont a eu une influence psychologique importante sur la troupe qui l'accusait de trahison.

Dans la nuit du 15 au , le duc et la duchesse de Richmond, sujets britanniques résidant à Bruxelles, organisent un bal en leur hôtel où toute l'aristocratie locale est conviée. Le duc de Wellington et les généraux de son armée y sont invités et beaucoup d'entre eux sont présents. Un peu avant minuit, une estafette envoyée du front par le général Constant-Rebecque, chef d'état-major du prince d'Orange, prévient le duc que les Français sont aux Quatre-Bras de Baisy-Thy. Wellington parvient à rassurer l'assemblée mais ordonne dans le même temps à ses officiers de quitter discrètement la fête et de rejoindre leurs troupes. Vers trois heures du matin, le duc se retire lui-même et, dès sept heures, il galope vers les Quatre-Bras.

Le , les troupes napoléoniennes, divisées en deux ailes, sont, le même jour, opposées à des unités de Wellington aux Quatre-Bras (une dizaine de kilomètres au sud du champ de bataille de Waterloo) et à trois des quatre corps prussiens à Ligny (une dizaine de kilomètres au sud-est des Quatre-Bras). La manœuvre projetée de Napoléon consiste à battre son premier adversaire, les Prussiens de Blücher, l'empereur pensant à tort que celui-ci se replierait sur ses lignes naturelles de communication (Liège et Maastricht), puis à battre les Britanniques et les Néerlandais de Wellington qui se retireraient sur Bruxelles puis la mer.

Le commandement de l'aile gauche française ( et 2 corps) est confié au maréchal Ney avec la mission de s'emparer des Quatre-Bras. Ney perd beaucoup de temps, ce qui permet l'arrivée de renforts alliés. Avec les et corps, Napoléon parvient à fixer les Prussiens à Ligny. Il veut saisir l'occasion pour les neutraliser définitivement. Pour cela, il ordonne au corps (réserve de Ney) de venir couper les arrières prussiens, quitte à retarder la prise des Quatre-Bras. Mal ou non informé de cette décision de l'Empereur, Ney rappelle cette unité qui fait donc un aller-retour inutile, privant ainsi Napoléon d'une victoire décisive sur les Prussiens.

L'armée de Blücher perd à Ligny. Les pertes françaises s'élèvent à environ . Le vieux maréchal de , dont le cheval a été tué, échappe de peu à la capture mais son chef d'état-major, Gneisenau, organise un repli remarquable sur Wavre, sauvegardant ainsi la possibilité de rejoindre Wellington. L'armée prussienne est battue mais pas vaincue ; elle a sauvé l'essentiel de son artillerie et surtout conservé son esprit combatif. Napoléon, au contraire, surestime les effets de ce qui n'est qu'un succès tactique, pense les Prussiens hors de combat et en retraite vers Namur et Liège. Ce n'est que le lendemain, le , que Napoléon confie le commandement de son aile droite () au maréchal Grouchy avec mission de poursuivre les Prussiens.

Informé de la défaite des Prussiens, Wellington, à 10 heures du matin, fait replier ses unités des Quatre-Bras sur la position reconnue de Mont-Saint-Jean où Blücher a promis de le rejoindre. Le repli par la chaussée de Bruxelles sur le village de Waterloo se fait discrètement, couvert par la cavalerie d'Uxbridge. Ney, occupé à exécuter les ordres qui lui enjoignent de rallier, d'approvisionner et de concentrer ses troupes, ne s'en aperçoit que dans l'après-midi du 17, alors que l'orage transforme le terrain en bourbier..

Napoléon, qui a rejoint Ney, lui aurait reproché son inaction et lance à la poursuite de l'arrière-garde de l'armée britannique, commandée par Uxbridge, les divisions de cavalerie légère de Jacquinot et Subervie, appuyées par des batteries à cheval de la Garde et les cuirassiers de Kellermann.

Les forces en présence

Les forces et le plan de Wellington

vignette|gauche|redresse|Le duc de Wellington, 46 ans, commande en juin 1815 les forces alliées dans l'Ouest de la Belgique.

L'armée de Wellington, appelée « Armée des Alliés », comprend, à Waterloo, répartis comme suit : , (unités belges et néerlandaises), , , de la et . Dans ses rangs figurent des anciens de la Grande Armée : le général Chassé, qui commande la néerlandaise, a servi dans l'armée française pendant la guerre d'Espagne ; le général , commandant une brigade de cavalerie de l'armée néerlandaise, a commandé le de cuirassiers pendant la campagne de Russie ; enfin le général Van Merlen, à la tête de la légère de la cavalerie belge et néerlandaise, a combattu dans l'armée française en Espagne.

Jusqu'au matin du 18 juin, Wellington avait déployé ses forces principales en deux détachements de part et d'autre de la route reliant Charleroi à Bruxelles, sur une chaîne de collines s'étendant d'ouest en est. Celle-ci s'étendait sur environ 3 500 mètres le long du flanc nord de la route d'Ohain, qui longeait la crête du Mont-Saint-Jean. Sur le flanc droit était postée la 1re division britannique de George Cook, forte de 4 500 hommes. À gauche se trouvait la 3e division, forte de 8 000 hommes, sous les ordres de Carl von Alten, et de l’autre côté de la route, la 5e division, forte de 9 500 hommes, sous les ordres de Thomas Picton. À environ 200 mètres derrière eux se tenait le corps de cavalerie sous le commandement du général de corps d’armée Henry Paget.

À l'extrême gauche, près des fermes de Papelotte, La Haye et Fichermont, se trouvaient les deux brigades de la 2e division néerlandaise, composées de 4 300 hommes sous les ordres de Karl Bernhard de Saxe-Weimar-Eisenach, de 3 300 hommes sous les ordres de Willem Frederik van Bylandt, ainsi que la brigade de cavalerie d'Ormsby Vandeleur et de Richard Hussey Vivian. À l’extrême droite, près du château d’Hougoumont, Wellington posta le 1er bataillon du 2e régiment de Nassau, fort de 1 100 hommes. À environ 120 mètres au sud du centre se trouvait une grande sablière, dans laquelle Wellington installa quelques compagnies du 95e régiment de fusiliers. 100 mètres plus au sud, le deuxième bataillon léger de la King’s German Legion tenait La Haye Sainte. Wellington se montrait très prudent avec ses réserves. Il plaça la 2e division britannique, sous les ordres du général de corps d’armée Henry Clinton, derrière Cook, et au centre, derrière Alten, il positionna les trois bataillons du 1er régiment d’infanterie de Nassau, sous les ordres du général de corps d’armée le baron August von Kruse. Au cas où Napoléon l’attaquerait par l’ouest, il plaça en outre le prince Frédéric d’Orange-Nassau avec la 1re division néerlandaise à environ 16 kilomètres à l’ouest de Hal.

Les forces et le plan de Napoléon Le matin du , l'armée de Napoléon () prend position à environ un kilomètre au sud du plateau avec : à l'ouest de la route, le corps de Reille () précédant le corps de cavalerie de Kellermann () et la division de cavalerie lourde de la Garde de Guyot () ; à l'est de la route, le corps de Drouet d'Erlon () précédant le corps de cavalerie de Milhaud () et la division de cavalerie légère de la Garde de Lefebvre-Desnouettes (). en arrière, le corps de Lobau (), les divisions de cavalerie de Domon et de Subervie (chacune ) et trois divisions d'infanterie de la Garde ().

Numériquement, Napoléon n'a qu'une très légère supériorité en hommes, mais son artillerie est beaucoup plus nombreuse, ce qui lui fait dire à ses officiers généraux lors de sa conférence d'état-major matinale dans son QG de la ferme du Caillou, ..

Le plan de Napoléon est de mener l'attaque principale à l'est et au centre en y incluant la ferme de la Haye Sainte (centre du dispositif allié). Il fait déployer 80 canons (appelés la grande batterie) devant le corps.

Afin d'attirer les réserves de Wellington vers l'ouest, il charge d'abord le corps de lancer, avec uniquement la division Jérôme (commandée par le frère de l'Empereur), une attaque de diversion à l'ouest, sur la ferme Hougoumont.

centré|vignette|722x722px|alt=Carte des forces en présence à la bataille de Waterloo, le 18 juin 1815|Le dispositif tactique : des divisions d'infanterie (des rectangles), de cavalerie (des rectangles avec diagonale) et des batteries d'artillerie (iIi). À gauche le corps d'armée de Reille, à droite celui de Drouet d'Erlon, derrière eux celui de Lobau.Tout à droite, les deux corps d'armée prussiens de Ziethen et von Bulow qui n'interviendront qu'à partir de 16 h 00. Contrairement au dessin, la division de droite du corps Reille n'est pas intervenue à Hougoumont.