Melchor Ferrer Dalmau, né à Mataró le et mort à Valence le , est un écrivain, journaliste et historien espagnol, militant actif du carlisme.
Il dirigea et collabora dans un grand nombre de revues et de publications traditionalistes, et écrivit de nombreuses œuvres de caractère historique sur le carlisme. Il est surtout connu comme auteur principal d'une série de 30 volumes intitulée Historia del Tradicionalismo español (), considérée comme le principal ouvrage de référence en la matière, avec Historia del Carlismo (« Histoire du carlisme ») de Román Oyarzun. Il est également connu pour son travail de journaliste, rédacteur en chef d'un quotidien national et de quotidiens traditionalistes locaux, et contributeur à plusieurs autres. Sur le plan politique, ce ne fut jamais une figure très exposée, même s'il fut périodiquement membre de l'exécutif du parti, et lors des conflits internes au parti au début des années 1960, son soutien a peut-être été décisif en faveur de la faction progressiste.
Famille et jeunesse left|thumb|Le père de Melchor, Antonio Ferrer Arman, enseignant au collège des de Mataró en 1870. « Ferrer » figure parmi les noms de familles les plus courants et les plus anciens de Catalogne. La présence d'individus le portant à Mataró est connue depuis le et plusieurs de ses représentants furent par la suite connus comme membre de la bourgeoisie catalane émergente, notamment dans le secteur banquier, cependant on ignore à quelle lignée se rattache Melchor. On sait peu de choses de son grand-père, Antonio Ferrer, un artisan du textile () ; il est peut-être apparenté à Pelegrín Ferrer, qui après un séjour à Cuba rentra à Mataró et fut le premier directeur de l'établissement scolaire secondaire nouvellement fondé des , dirigé par les Piaristes, où le père de Melchor Antonio travailla et Melchor lui-même étudia.
Le père de Melchor, Antonio Ferrer Arman (1845 [?]–1899), fit des études d'ingénieur à Barcelonedurant ses études il contribua à un athénée ouvrier ; il participa plus tard à la fondation d'un athénée à Mataró dont il devint le trésorier puis devint enseignant dans l'établissement des à Mataró. Pendant la troisième guerre carliste, il se rangea du côté des légitimiste et se porta volontaire au combat ; il atteignit un grade d'officier et servit sous le commandement de Rafael Tristany. De retour à Mataró au milieu des années 1880, il devint le premier directeur de la nouvelle Escuela de Artes y Oficiales et resta à ce poste jusqu'à sa mort, enseignant également les mathématiques. Dans les années 1890, il fut également cofondateur de l'Associació Artístich-Arqueológica Mataronesa (« Association artistico-archéologique de Mataró »). Il fait partie des cercles intellectuels locaux de Mataró qui contribuèrent au développement du catalanisme catholique conservateur dans la région, collaborant par exemple avec Josep Puig i Cadafalch. Ferrer Arman épousa Teresa Dalmau Gual, originaire de Matanzas (Cuba) . thumb|Augusto Ferrer-Dalmau en 2013. Le couple eut au moins 4 enfants, dont 4 garçons défendirent les valeurs catholiques et traditionalistes dont le milieu familial était imprégné.. Melchor commença des études secondaires au collège piariste de Mataróvoir ABC du , p. 70 puis dans un lycée de Barcelone. Comme ses frères, il suivit une formation d'ingénieur et reçut une formation technique à l'École d'ingénieurs textiles et industriels de Terrassa. En 1910, il entama une coopération avec des revues catalanes. En 1920, il épousa Paquita Rubio García, issue d'une famille de militairesvoir La Época du , p. 2, aussi El Globo du , p. 2. Le couple n'eut pas d'enfant, mais Melchor et sa belle-sœur Elvira Bonet eurent un fils, Xavier Ferrer Bonet, qui devint plus tard militant et écrivain du Parti carliste. Augusto Ferrer-Dalmau Nieto, peintre réaliste spécialisé dans les thèmes militaires historiques, est l'arrière-petit-fils du frère de Melchor.
Restauration left|thumb| En-têtes d'El Correo Catalan Melchor s'engagea dans le carlisme dès sa jeunesse. Lors de ses études universitaires, il rejoignit la section barcelonaise de la Juventud Tradicionalista, organisation de jeunesse traditionaliste. Il manifesta très tôt un intérêt pour la communication en général et participa à des publications périodiques. Engagé dans la Section de presse du parti carliste et devenu président de la sous-section de ventes, il soutint les ventes de journaux traditionalistes au-delà des canaux de distribution habituelsvoir La Bandera Regional du , p. 3. et était membre du Comité directeur de la section de propagandevoir La Bandera Regional du , p. 7 et La Defensa du , p. 3. Après des contributions mineures dans des bulletins de communication du mouvement, il entra officiellement en 1910 dans le comité de rédaction d’voir El Norte du , p. 3, quotidien barcelonais et porte-parole carliste régional. Il continua à travailler pour ce journal jusqu'en 1914voir La Cruz du , p. 3.
En 1914, fortement influencé par Charles Maurras et admirateur de l'Action française, il décida de rejoindre l'armée française et de combattre les Allemands dans la Première Guerre mondiale. Selon la presse contemporaine, à cause de la position pro-allemande du Correoà cause de son parti pris pro-allemand, El Correo Catalán fut interdit de distribution en France, voir El Correo Español du , p. 2 et à la suite d'une dénonciation anonymedénonciation qu'on attribua à , ce que dernier qualifia de calomnie, présentant Ferrer comme son ami, voir ; Ferrer lui-même n'en dit rien ; il fit part du départ de Roldán pour l'Amérique en 1920 dans , il fut arrêté ; présumé espion, il fut soumis à une cour martiale de Lyon ; il échappa à une condamnation et fut affecté à la Légion étrangèrevoir El Norte du , p. 1, sort qu'il accepta avec résignationvoir El Correo Español du , p. 2. Rafael Gambra nie l'épisode de l'arrestation et affirme que Ferrer se porta volontaire dans la légion. Quoi qu'il en soit, Ferrer servit dans la Légion étrangère en Champagnevoir España du , p. 7 et devint sous-officier avant d’être libéré en 1918. thumb|Magna Junta de Biarritz, 1919. Fin 1918 et début 1919, Ferrer passa quelque temps à Paris, où il entra dans l'entourage du prétendant carliste Jacques de Bourbon (don Jaime)voir El Correo Español du , p. 3. Les deux hommes trouvèrent un terrain d’entente, peut-être facilité par leur francophilie commune. En conséquence, à son retour en Espagne au printemps, Ferrer fut nommé directeur politique du quotidien madrilène El Correo Españolen mai, voir El Correo Español du , p. 1 , or in April, voir La Correspondencia de España du , p. 6, porte-parole national du carlisme ; il fut chargé d'assurer la loyauté du journal, jusqu'ici contrôlé par les dissidents mellistesvoir El Correo Español du , p. 1. Largement inconnu hors de Catalogne, certains poids lourds du carlisme soupçonnèrent des manigances de la part du secrétaire de don Jaime, Melgar, et demandèrent une confirmation, ce qui permit finalement à Ferrer de rester son poste. Il remporta du succès dans la mission qui lui était confiée ; bien que la défection des mellistes représentât une lourde perte dans les rangs carlistes, El Correo resta fidèle au prétendant. Ferrer resta en contact étroit avec lui ; il se rendit à Paris pour le consultervoir La Correspondencia de España du , p. 6 et, fin 1919, participa au grand rassemblement connu sous le nom de Magna Junta de Biarritzvoir La Correspondencia de España du , p. 5 en représentation de la Nouvelle-Castille. Il effectua également une tournée en Espagne, pour essayer de sauver ce qui restait de l'organisation carliste très affaiblievoir El Correo Español du , p. 2 , also voir El Correo Español du , p. 1. Le mandat de Ferrer au Correo se prolongea jusqu'au milieu des années 1920en mai 1920 devint le nouveau dirigeant d’El Correo Español, voir El Correo Español du , p. 1.
Dictature, République et Guerre left|thumb|Don Jaime en 1918. Il ne semble pas que Ferrer ait quitté Correo à cause de divergences avec le prétendant carliste ; au contraire, dans le mouvement en proie à des défections et considéré comme mort par certains il resta parmi les plus fidèles et tenta de contenir les attaques des mellistes. Dans les années 1920Ferrer est mentionné comme ancien directeur d’El Correo Español" dans le périodique carliste El Eco de Gerona du , p. 4 il devint secrétaire particulier personnel de don Jaime lui-même. Il continua de contribuer dans plusieurs quotidienscomme (Barcelone), (Pampelune) et Gil Blas (Santander), mais également des titres de presse mineurs comme le et périodiquescomme , , , El Radical, El Guerillero, , , Misión, Iberia, Gráfico Legitimista, et Reacció , y compris françaisFerrer aurait également contribué à Action française et La Croix, voir ABC du , p. 70. Certains historiens suggèrent qu'il aurait pu être impliqué dans les efforts visant à faire la promotion des Requetés à travers l'Espagne et qu'il a pu participer à des préparatifs pour organiser un coup d'État carliste opposé à la dictature de Primo de Rivera, finalement annulé à La Seu d'Urgell en 1928. À la fin des années 1920, Ferrer aurait fait partie d'un réseau national informel jaïmiste connu sous le nom de (» La Protestation ») ; selon il était actif dans la cellule de Barcelone. Composés principalement de jeunes, ces groupes s'engagèrent dans des conspirations contre le régime. mettait l'accent sur la mobilisation et la recherche d'une base sociale plus large plutôt que sur des activités politiques subversives, bien que, à un moment donné, les plus exaltés de Barcelone aient envisagé de mener un coup d'État à La Seu d'Urgell, voir , . La cellule de Madrid était dirigée par Francisco Carlos Melgar (fils de Francisco Martín Melgar, comte de Melgar) ; d'autres groupes étaient également actifs au Pays basque, en Navarre et en Aragon. était quelque peu en désaccord avec la politique généralement passive de l'exécutif carliste ; certains auteurs affirment que la direction catalane du carlisme était au courant de ses activités mais préférait ne pas intervenir bien que cela ne soit pas nécessairement en désaccord avec la position du prétendant ; depuis 1926, ouvertement opposé à Primo de Primo, dans sa résidence parisienne, Don Jaime resta en contact avec les exilés catalanistes et libéraux . ; Ferrer lui-même ne parle pas de son implication dans ce complot mais mentionne son frère aîné Antonio. Ferrer resta secrétaire de don Jaime jusqu'à la mort de ce dernier fin 1931.
À la fin des années 1930, Ferrer assuma la direction de El Diario Montañésvoir Heraldo de Madrid du , p. 4, un quotidien conservateur de Santander de tendance traditionaliste. En 1931, il publia à Santander l'un de ses rares ouvrages théoriquesun opuscule intitulé Síntesis del programa de la Comunión Tradicionalista Española et écrivit des articles dans la revue Tradición de la même ville, dontcertains constituent ses premières incursions dans le domaine de l'histoire, comme un article sur les titres aristocratiques concédés par les monarques carlistes ou un résumé de la direction politique du parti au cours du demi-siècle précédent.