L'Oflag II-A est un camp de prisonniers de guerre pour officiers, créé par la Wehrmacht pendant la Seconde Guerre mondiale, et situé à Prenzlau, à environ 90 kilomètres au nord de Berlin..
Étymologie La dénomination Oflag II-A résulte de la juxtaposition de :
Oflag, abréviation du mot allemand , qui signifie ; II, numéro du district militaire allemand de Stettin, dans lequel était situé le camp ; A, lettre identifiant cet Oflag particulier au sein dudit district, qui en compta cinq.
Description L'Oflag II-A était installé dans un complexe de casernes construit en 1936/37 pour la Wehrmacht, au sud de la ville de Prenzlau, à l'intersection de la Berliner Straße (faisant partie de la Reichsstraße 109Actuellement, route fédérale Bundesstraße 109.) et de la Röpersdorfer Straße.
La caserne située au nord-ouest de la Berliner Straße était initialement occupée par un détachement d'observation d'artillerie (Beobachtungs-Abteilung 2). Elle se retrouva quasi vide à la fin , suite à la mobilisation des troupes allemandes en vue de l’invasion de la Pologne, et il fut alors décidé de la transformer en Oflag, en prévision de l'arrivée imminente d'officiers polonais prisonniers de guerre. Ceux-ci commencèrent effectivement à affluer dès le début septembre..
Le reste du complexe, de l'autre côté de la rue, garda son affectation initiale (Artillerie-Regiment 38)..
En , des officiers d'autres nationalités, principalement des officiers belges, remplacèrent les officiers polonais, qui venaient d'être transférés à l'Oflag II-E de Neubrandenbourg.. À la fin , quasi tous les officiers belges d'active y furent regroupés, les officiers de réserve belges étant, quant à eux, transférés à l'Oflag X-D de Fischbek. Le regroupement des officiers d'active belges prisonniers fut poursuivi en , avec l'arrivée d'une centaine d'entre eux venant de l'Oflag X-C de Lübeck. En , l'Oflag II-A comptait un peu plus de , et élèves officiers.. Outre ceux-ci, le camp hébergeait aussi environ 300 sous-officiers et soldats, dont les ordonnances des officiers. Lors de sa dissolution au début 1944, les officiers employés par l'O.T.A.D. (Office des Travaux de l'Armée Démobilisée), et épargnés jusque là par la captivité, furent eux-aussi transférés à l'Oflag II-A; de petits groupes de nouveaux arrivants se succédèrent tout au long de l'année; c'est, au total, environ 160 nouveaux prisonniers belges qui arrivèrent en 1944. À la suite de l’insurrection de Varsovie, plusieurs officiers polonais furent faits prisonniers et transférés au camp.
D'une superficie d'environ au totalCalcul réalisé à partir des informations du portail cadastral de Prenzlau - https://geoportal-prenzlau.de/application/Geoportal_PZ, le camp était divisé en deux parties.: le camp A (Lager A) contenait quatre blocs de trois étages, dont un mansardé, destinés aux prisonniers - totalement (blocs A, B et C), ou partiellement (bloc D) -, ainsi qu'un bloc administratif et de cantine (bloc E), dans lequel logeaient aussi un nombre limité de prisonniers; le camp B (Lager B) contenait divers garages et ateliers, dont certains servirent de logement supplémentaire pour les prisonniers. Le camp était entouré d'une double clôture de barbelés avec sept miradors.
En , la dénomination Oflag II-A fut changée en Oflag 80.
Le camp fut libéré en .
Situation géographique Le camp se situe dans la périphérie sud-ouest de Prenzlau, chef-lieu de l'arrondissement d'Uckermark, dans le Land de Brandebourg, le long de la route B 109 reliant la ville à Berlin, et juste au niveau du croisement entre la Berliner Straße et la Röperdorfer Straße.vignette|280x280px|Prenzlau - Marienkirche et lac Unteruckersee - 1911 Prenzlau se situe, à vol d'oiseau, à une distance d'environ 93 km de Berlin, 500 km de Varsovie, 700 km de Bruxelles, et 760 km de Zurich; de quoi décourager et, en tout cas compliquer, les évasions.
Des étages supérieurs des blocs du camp A, on peut apercevoir le centre ville et l'église Sainte-Marie (Marienkirche), qui se trouvent à environ 3 km.
Le camp est assez proche (moins de 2 km) du lac Unteruckersee, qui borde Prenzlau, et s'étend, au sud, sur une superficie de .
L'arrière du camp donne sur une zone de marais et de bois; la ligne de chemin de fer vers Berlin passe à moins de 400 m.
Libération thumb|280 px| Oflag II-A - Vue depuis le bloc A : bloc E, entrée et corps de garde, caserne de la Röpersdorfer Straße, lac Unteruckersee - Aquarelle du Lt M. Keukeleire. Le camp est libéré le matin du par le Deuxième front biélorusse, qui s'empare de Prenzlau vers midiLieutenant-général V. Michem - Considérations sur la vie de l'officier belge prisonnier durant la guerre 1940-1945 . Le , une partie des officiers prisonniers avaient été emmenés à pied par leurs gardiens allemands, fuyant l'avance de l'Armée rouge. Le départ s'effectua en deux colonnes, les occupants des blocs A et B d'une part, et ceux des blocs C, D, et E d'autre part ; les généraux, les malades de l'infirmerie et les soldats restèrent sur place. Abandonnés à eux-mêmes un peu plus tard, la plupartUne dizaine d'officiers perdirent malheureusement la vie durant cet épisode, et une poignée préféra continuer vers l'Elbe pour rejoindre les troupes américaines. des prisonniers revinrent au camp libéré, fatigués physiquement, et nerveusement, par ce périple de près de 80 km, effectué dans des conditions dangereuses et stressantes. Ils y passèrent encore un peu plus d'un mois en compagnie des troupes russes, avant d'être emmenés en camion, et remis à l'armée anglaise. Ce n'est donc qu'au début que les officiers belges purent rentrer chez eux.
Peu avant sa libération, le camp fut victime d'un dommage collatéral des combats en cours. Le , deux bombes, larguées par un avion russe, atteignirent le bloc B, causant la mort sur le coup de huit prisonniers de guerre, et en blessant plusieurs autres, dont l'un décéda un peu plus tard.
Conditions de détention Plusieurs visites de la Croix-Rouge ont eu lieu durant la période de fonctionnement du camp, notamment en (Dr Marti), en (Dr Exchaquet), et en (Drs Wenger et Lehner).. Elles ont permis de confirmer que les conditions de détention respectaient, dans l'ensemble, la troisième Convention de Genève relative au traitement des prisonniers de guerre.. Toutefois, au cours du temps, ces conditions n'ont cessé de se détériorer.
Hébergement thumb|280 px|Prenzlau - Entrée de la caserne de la Berliner Straße avant sa conversion en l'Oflag II-A - de gauche à droite: le bloc D et le corps de garde, le bloc A, le bloc E - 1937 Alors que d'autres camps n'étaient composés que de baraquements sans confort, l'Oflag II A fut installé dans une caserne très récente, dont les bâtiments destinés au logement étaient équipés d'un chauffage central et, à chaque étage, d'installations sanitaires communes, comportant des lavabos, des douches, et des toilettes.
Il faut toutefois tempérer cette impression de confort relatif :
vu la surpopulation du camp, des prisonniers furent logés dans les caves, dans les greniers, et, à la bonne saison, dans les garages la taille des chambrées était inversement proportionnelle au grade : quelques généraux privilégiés étaient logés dans une chambre individuelle, les autres généraux étaient logés par deux, les colonels par quatre, et les majors par 8; les officiers subalternes et les sous-officiers et soldats étaient hébergés en chambrées de taille variable allant jusqu'à 34 personnes; dans chaque garage, divisé en plusieurs sections mais sans cloisons, il y avait jusqu'à 150 prisonniers la literie était rudimentaire (lits superposés à deux étages - voire, très rarement, à trois étages -; sommiers en planches; paillasses) et colonisée par les punaises des lits le mobilier était sommaire (quelques armoires, quelques tables, des tabourets - il y avait très peu de chaises dans le camp) le chauffage était parcimonieux et le devint plus encore à la fin de la captivité; il n'y avait pas de chauffage dans les garages les prisonniers disposaient d'eau froide chaque jour, à des moments précis, mais ne pouvaient bénéficier d'une douche chaude que deux à trois fois par mois l'éclairage naturel des caves étant très limité, il y faisait sombre toute la journée, sauf en été; l'éclairage artificiel ne fonctionnait qu'en soirée et la nuit.
Au camp A : vignette|280 px|Oflag II-A - Mirador sud et extrémité du bloc C, vus du bloc B - Aquarelle du Lt M. Keukeleire. thumb|280 px|Oflag II-A - Extrémité du bloc A, salle de gym, et baraque 9, vus du bloc B - Aquarelle du Lt M. Keukeleire. thumb|280x280px|Oflag II-A - Les blocs A & E, tels qu'illustrés à la page 63 du livre "JAMAIS NE DÉSESPÈRE..." les blocs C et D, proches de la Berliner Straße et longs, chacun, de 60 m, ont trois étages, dont le dernier est mansardé sous un toit en croupe; le bloc C est exclusivement affecté au logement des prisonniers (environ 750 officiers belges en 1945); le bloc D ne l'est que partiellement (environ 250 officiers belges en 1945) - son rez-de-chaussée est réservé à la garde de police allemande, aux salles de visite, de pansement et à certains bureaux et ateliers : cordonnerie, tailleur, coiffeur, dentisterie, etc.; son premier étage sert d'infirmerie et est occupé par les malades, les médecins, et les infirmiers; son second étage est affecté au logement; son grenier est en grande partie transformé en dépôt pour les valises, celles-ci ne pouvant être conservées dans les chambres que par les généraux et les colonels 3 étoiles; les caves abritent la chaufferie et diverses installations allemandes les blocs A et B, un peu moins longs que les précédents, ont, eux-aussi, trois étages, dont le dernier est mansardé sous un toit en croupe tronqué en toit-terrasse; ils sont exclusivement affecté au logement de prisonniers (en 1945, environ 700 officiers belges dans le bloc A et 650 dans le bloc B) le bloc E, plus court, et comptant seulement 2 étages, dont le second est mansardé sous un toit en croupe, est surmonté d'un clocheton central équipé d'une horloge; sur la façade, au niveau du premier étage et dans l'axe de la triple porte d'entrée, figure l'aigle allemand perché sur une croix gammée; ce bloc héberge la cuisine, la cantine, deux grands réfectoires, la salle à manger des officiers généraux et colonels 3 étoiles, et différents bureaux administratifs; le nombre de prisonniers qui y sont logés est donc assez limité (environ 70 officiers belges en 1945) il y a une vaste salle de gymnastique à la gauche du bloc E les toits sont en tuiles rouges (à l'exception du toit métallique de la salle de gymnastique), et les murs extérieurs sont recouverts d'un enduit de couleur claire la cour centrale est bordée d'arbres l’identification des chambres se fait sur base de la lettre désignant le bloc, suivie : dans le cas des chambres en sous-sol, du numéro de local (exemple: C1 = chambre 1 dans la cave du bloc C, B11 = chambre 11 de la cave du bloc B) pour les autres chambres, d’un chiffre associé à l’étage (1 pour le rez-de-chaussée; 2, 3 et 4 respectivement pour les premier, deuxième et troisième étages) et du numéro de local sur deux chiffres (exemple: C101 = chambre 1 du rez-de-chaussée du bloc C; B411 = chambre 11 de l'étage mansardé du bloc B).
Au camp B : thumb|294 px|Oflag II-A - Trois garages et deux miradors du camp B, vus du toit du bloc A - Aquarelle du Lt M. Keukeleire. plusieurs hangars, destinés initialement aux véhicules militaires, sont affectés aux logements de prisonniers, seulement à la bonne saison en principe (on y compte environ 80 officiers belges en 1945)