La prononciation de la langue catalane est la prononciation du catalan.

Au niveau du standard oral, l’Académie valencienne de la langue (AVL) a émis des recommandations restreintes au domaine valencien, basé sur un modèle appelé (qui recommande le maintien d’un ensemble de traits « authentiques », qui peuvent varier selon les parlers, et déconseille certaines formes, notamment les plus marquées par l’influence castillane, surtout en valencien central). En Catalogne, le standard oral utilisé dans les ouvrages normatifs est basé sur le parler centralPar exemple . Pour l’ensemble du domaine linguistique, l’Institut d'Estudis Catalans a fait plusieurs propositions selon des principes similaires à ceux de l’AVL, en 1999 et 2001.

Les prononciations sont indiquées en alphabet phonétique international.

Généralités Partition syllabique Les principes de partition syllabique du catalan sont analogues à ceux des autres langues romanes (chaque syllabe est généralement construite autour d’un noyau vocalique). Cette langue se démarque des autres variétés ibéro-romanes et gallo-romanes par une faible présence des diphtongues. Les principes suivants permettent de connaître la partition syllabique d'un mot à partir de son orthographe dans une majorité de cas (l’articulation des différentes diphtongues est détaillée plus bas) : Le tréma marque un hiatus ; i et u entre voyelles sont des semi-consonnes (ils marquent l'attaque d'une nouvelle syllabe) : mouen > mo.uen ; i et u + voyelle à l’initiale produit une diphtongue : jo > jo (une seule syllabe), iode > io.de ; ió > i.ó est une exception ; Dans les autres cas, on considère que i et u atones suivis d’une autre voyelle ne forment pas de diphtongueCe principe, suivi dans la prononciation standard, présente l’avantage de donner une cohérence à la graphie moderne (notamment au niveau de l’accentuation graphique) et se vérifie dans la production littéraire ancienne ; dans la réalité langagière actuelle toutefois, le principe de moindre effort articulatoire explique que u et i initiaux d’un groupe vocalique donnent souvent des semi-consonnes [w]/[j] (comme en castillan). On retrouve ces transcriptions dans certains travaux descriptifs. : valencià, piadós > va.len.ci.à, pi.a.dós ; Sont préférées les syllabes avec une attaque consonantique : cant > cant (une seule syllabe) mais canta > can.ta ; Une syllabe ne peut commencer par s suivi de consonne : especial >es.pe.si.al.

note Les consonnes géminées (potentiellement l, n et m entre voyelles selon le standard oral) peuvent être transcrites comme des consonnes redoublées, entre syllabe, ou bien comme une consonne simple prolongées avec le symbole « ː » : ametla (prononciation valencienne) > a.met.la ([aˈmel.la]) ou a.me.tla ([aˈme.lːa]) Les groupes consonantiques finaux produisant une palatalisation dans certains parlers sont parfois transcrits comme des syllabes distinctes. Par exemple : menys > [ˈmɛɲs] (standard), [ˈmɛnt͡ʃ]/[ˈmɛn.t͡ʃ] (réalisation fréquente en catalan centralEn valencien informel le groupe final -ny(s) est souvent remplacé par des équivalents castillan : menys, any(s) > menos, año(s).). Le groupe savant l·l est prononcé redoublé ll dans la prononciation standard mais simplifié en l dans la prononciation courante de tous les parlers.

Place de l’accent tonique L’accent tonique a une valeur phonologique de premier ordre en catalan. Le vocalisme tonique est plus riche que le vocalisme atone, le traitement de ce dernier permettant d’opposer les grands groupes dialectaux de la langue.

Si un mot ne contient pas d'accent graphique, il est paroxyton (la syllabe tonique est l’avant-dernière) s’il est terminé par une voyelle simple, par s précédé de voyelle simple (marque de pluriel des noms et adjectifs), -en ou -in (marques de troisième personne du pluriel). Les autres mots (notamment ceux terminés par une diphongue) sont oxytons (l’accent tonique tombe sur la dernière syllabe).

Une voyelle surmontée d’un accent graphique devient automatiquement tonique. On peut distinguer trois types de mots graphiquement accentués en catalan : Les mots oxytons qui ne figurent pas dans les cas présentés ci-dessus; on peut trouver en catalan les douze terminaisons accentuées suivantes : -à, -è, -í, -ó, -ú, -ús, -ós, -ès / -és, -ís, -én, -ín. Les mots paroxytons qui ont une autre terminaison que celles données (terminés par des consonnes sauf voyelle + s, par -en, -an ou -in). Tous les mots proparoxytons : consciència > con.sci.èn.ci.a ; enèrgica > e.nèr.gi.ca ; fórmula > fór.mu.la ; bòria > bò.ri.a Une trentaine de termes (pour la plupart monosyllabes) afin de distinguer des homophones ou homographes (comme ma et mà, mon et món, soc et sóc, deu et déu, es et és, dona et dóna etc. ).

En majorquin, et roussillonnais modernes, l’accent tonique se déplace vers le pronom dans les combinaisons du type verbe + pronom enclitique, sauf si le pronom est sous une forme réduite sans voyelle (le pronom est atone dans les autres dialectes dans ce cas) ; ce déplacement d'accent ne change pas le vocalisme du pronom (les voyelles atones neutralisées sont maintenues telles quelles).

Exemples

Consonnes b est prononcé [b] à l’initiale, [β] à l’intervocalique, et [p] en finale ou devant consonne occlusive : ba], abat, àrab > [ˈbaɾ], [əˈβat]/[aˈβat], [ˈaɾəp]/[ˈaɾap]. c devant e ou i est prononcé comme s dur (sourd) ; devant o, u, a ou devant consonne il est prononcé [k], comme en français. ç est prononcé [s] (s « dur », comme en français). d est prononcé [d] à l’initiale, [ð] à l’intervocalique et [t] en finale ou devant consonne occlusive : fred > [ˈfɾɛt]/[ˈfɾet]/[ˈfɾət]. f, présent surtout à l’initiale, est prononcé [f], comme en français : fred, efa > [ˈfɾɛt]/[ˈfɾet]/[ˈfɾət], [ˈefə]/[ˈefa]. g note le phonèmes /g/ devant o, a, u ou consonne non occlusive (prononcé [g] sauf en intervocalique ou devant r où il donne [ɣ]). Devant e et i, il donne [d͡ʒ] en valencien, [ʒ] en catalan oriental (affriqué en [d͡ʒ] dans certains cas en baléare), [ʒ] en catalan nord-occidental à l'intervocalique et [d͡ʒ] dans les autres cas. Devant consonne sourde il donne [k]. En finale, il donne [k], ou [t͡ʃ] dans syllabe tonique dont le noyau est [i] : mig, puig, sociòleg > [ˈmit͡ʃ], [ˈput͡ʃ], [suˈsjɔlək]/[soˈsjɔlek]. h, présent pour des motifs étymologiques, est toujours muet en catalan. Il peut servir à marquer un hiatus. j est prononcé comme g devant e ou i dans toutes les positions : [d͡ʒ], valencien, [ʒ] en catalan central, roussillonnais et (sauf cas particuliers) en baléare, [d͡ʒ] en catalan occidental sauf entre voyelles où on a [ʒ]. k, rare en catalan, est prononcé [k] comme en français. l note [l], généralement vélarisé en [ɫ] en position implosive ou finale absolue. m et n n'entraînent pas de nasalisation de la voyelle (ou du moins celle-ci est légère et généralement non retranscrite) située devant et sont toujours prononcés, à la différence du français : món, rampa > [mon], ['rampa]. Devant vélaire ([g] ou [k]), n est articulé [ŋ] (comme en castillan). Devant un phone labiodental ([v] ou [f]), m et n donnent [ɱ]. p note [p] (comme en français et dans les autres langues romanes). q est toujours utilisé en combinaison avec u ou ü (voir ci-dessous). r : battu [ɾ] entre deux voyelles et roulé [r] à l'initiale, comme en castillan, gascon et languedocien 'standard'. Comme dans ces derniers, devant ou derrière consonne, il n'existe pas d'opposition d'ordre phonologique entre ces deux phones (la prononciation battue [ɾ] ou roulée [r] est indifférente et ne permet pas de distinguer des termes) ; la prononciation roulée est néanmoins celle indiquée par la plupart des sources pour le catalan central, tandis que la forme battue domine en valencien. rr double, se trouvant uniquement entre voyelle, est toujours battu. Exemples : pera, crema, > ['pɛɾə]/[peɾa]/[pəɾə], ['kɾemə]/['kɾema] ; ruïna, Perpinyà, torre > [ru'inə]/[ru'ina], [pəɾpi'ɲa]/[pərpi'ɲa]/[peɾpi'ɲa]/[perpi'ɲa], ['torə]/['tore]/['ture]. En position finale, il est le plus souvent amuï, sauf en valencien, qui l’a maintenu, et dans quelques termes isolés, notamment monosyllabes. L'amuïssement de-r est également caractéristique de l'occitan (à l'exception de certains parlers cisalpins). En roussillonnais, sous l’influence du français, l’opposition entre [ɾ] et [r] tend à disparaître au profit de la seule articulation [ʁ]. Sauf en intervocalique, s [s] est chuinté (apicoalvéolaire), plus sifflants qu'en français (dorsodental), comme en castillan ou en occitan standards. À l’intervocalique, il est prononcé [z] (comme [s] mais sonore). t note [t]. Il est normalement amuï derrière consonne en position finale en catalan central, nord-occidental et roussillonnais, et maintenu en valencien et baléare. v maintient sa prononciation labiodentale [v] (proche du français) en valencien général, baléare, alguérois et dans la comarque du Camp de Tarragone ; dans le reste du domaine linguistique, la majorité des locuteurs le prononce comme b ([b] ou [β] selon les positions). Ce phénomène, appelé bêtacisme, est commun au castillan, au galicien, au portugais septentrional (entre le Minho et le Douro) au languedocien et au gascon. Dans les terminaisons de l’imparfait, v chute totalement dans certains parlers valenciens. w est très rare, il n’existe que dans certains emprunts récents, notamment aux langues germaniques. Il est prononcé [w], ou comme v selon les cas. x : se prononce souvent [ʃ] (comme ch français), parfois [t͡ʃ] (surtout à l'initiale, notamment en catalan occidental, bien que non systématiquement hormis en valencien central) : caixa > ['kaʃə]/['kajʃa]/['kaʃa]. Il est prononcé [ks] ou [gz] (comme en français) dans certains cas : fixar, exemple > [fi'ksa]/[fi'ksaɾ], [eˈgzemple]/[əˈgzemplə]. y est extrêmement rare et se prononce comme i ([i] ou [j]). z, rare en catalan, est prononcé [z], comme s intervocalique. On le trouve surtout en position initiale

remarque les zones ayant maintenu la labiodentale sonore [v], particulièrement le valencien méridional, ignorent souvent [β], l'allophone fricatif (ou approximant) de /b/, et ne connaissent alors que [b] comme réalisation de /b/ en toute position ([v] et [β] sont extrêmement proche phonétiquement et leur coexistence est susceptible de provoquer un conflit paronymique, conflit qui s'est résolu par l'adoption du bêtacisme dans la plus grande partie du domaine catalan) ;certains parlers ignorent même totalement les allophones fricatifs d'occlusives sourdres (absence de [ɣ] et [β], toujours réalisés [g] et [b] respectivement)voir et L’ALDC.

Voyelles Une caractéristique générale du catalan est l’instabilité du vocalisme atone, qui contraste avec la solidité et richesse du vocalisme tonique. a est prononcé [a] lorsqu’il est tonique. En position atone, il donne généralement [a] en dialecte occidental et [ə] en dialecte oriental. a atone final reste toutefois instable en dialecte occidental (voir ci-dessous). e est prononcé [e] ou [ɛ] lorsqu'il est tonique ([e] d'aperture médiane en roussillonnais) : cel, peix > [ˈsɛl], [ˈpeʃ]/[ˈpejʃ]. S'il porte l'accent aigu il est tonique et prononcé [e]. S'il porte l'accent grave il est tonique et prononcé [ɛ], sauf lorsqu’il est issu de ĭ et ē latin, auquel cas il donne [e] en dialecte occidenta, [ə] (tonique) en baléare et [e] d'aperture moyenne en rousillonnais, voir le paragraphe #Systèmes d'accentuation. Dans les proparoxytons portant un e accentué, la syllabe tonique est [ɛ], notée par conséquent è, à quelques d'exceptions près (par exemple església, Dénia) ; pour le cas de València, voir ici. S'il est atone, e il se prononce [e] en dialecte occidental et [ə] en oriental. i est prononcé [i], ou [j] lorsqu’il est l’élément consonantique d’une diphtongue (voir ci-dessous). Dans les terminaisons de l’imparfait (-eia, -eies, etc.) il chute dans certains parlers occidentaux. ï note [i] (généralement dans un hiatus).