La Prière de la fin est un poème du journaliste et homme politique français Charles Maurras écrit en à la prison de Clairvaux et publié comme épilogue dans le recueil de poèmes La Balance intérieure le .

Contexte En 1952, Maurras confie au chanoine Aristide Cormier qu'il est en pleine relecture de sa Prière de la fin lorsqu'il est transféré à la clinique Saint-Grégoire de Saint-Symphorien-lès-Tours. Le texte est daté de soit lors de sa détention à la prison de Clairvaux, deux ans avant sa mort le .

Structure Le poème est divisé en sept quatrains écrits en alexandrin. Il est introduit par une citation du poète Dante : . Dante fut condamné par ses compatriotes tout comme Maurras, pour avoir pris le parti des guelfes blancs. Maurras invoque face à une justice inique selon lui.

Le poème est publié pour la première fois dans La Balance intérieure en . Le fait de placer cette ultime prière en guise d'épilogue .

Analyse Le début du poème ne doit pas être lu comme une affirmation mais compris comme un souhait. Maurras rêve d'une autre vie où il Maurras, le juge et le bon Dieu par Martin Motte dans , p. 1108.. Ces contradictions s'immiscent dans les quatre dernières strophes où l'auteur se décrit tel qu'il est tout en s'abandonnant au Dieu inconnu seul capable de le juger.

Les trois premières strophes paraissent . Maurras rappelle son engagement . Dans sa prière, le prisonnier de Clairvaux revient sur cette fidélité de la France à l'Eglise romaine, dans laquelle il voit, en filigrane de la Rome païenne, l'héritière d'Athènes. L'étude critique du texte conduite par Julien Cohen démontre un cheminement spirituel.Au travers de la Prière de la fin, Maurras exprime . Le poème concentre à la fois .

La conversion de Maurras vignette|254x254px|Charles Maurras et un prêtre à Saint-Étienne en 1942. Éric Vatré évoque l'hypothèse que Maurras aurait pu composer ce texte pour . Il énonce aussi l'éventualité d'une pression constante exercée par son entourage pour lui alors que sa santé déclinait et sa résistance diminuait.

Pour les exégètes plus classiques de Maurras, ceux-ci considèrent La Prière de la fin comme l'ultime preuve de sa conversion au catholicisme. Cette rupture avec l'agnosticisme aurait commencée lors de la première détention de l'auteur à la prison de la Santé du au pour menaces de mort à l'encontre de Léon Blum. D'après Julien Cohen, cette prière représente plutôt une conciliation avec .

L'historien Martin Motte relève la contradiction que Maurras prétend avoir servi Dieu durant sa vie tout en assumant ne pas savoir qui il est dès le premier vers de la quatrième strophe.

Pierre Boutang rapporte que dans une lettre de Clairvaux datée de , Maurras . En somme, cette Prière de la fin ne constitue pas .

L'invocation du Seigneur La prière ne s'adresse plus à des déités antiques comme antérieurement dans l'œuvre de Maurras. Désormais, il s'en réfère à Sainte Geneviève, à La Vierge et aux Saints Patrons de la tradition catholique française en particulier Jeanne d’Arc, Sainte Thérèse de Lisieux et Saint Michel.

Au fil de La Balance intérieure, la forme féminine de la divinité évolue sensiblement, dans La Prière de la fin. Le parcours spirituel de Maurras est pour en venir au dieu unique.

Maurras s'adresse à Dieu comme un dévot en invoquant le « Seigneur ». Julien Cohen note que Maurras se conforme à la tradition juive en ne nommant pas Dieu lorsqu’il le prie et en n'invoquant jamais son nom. Cette formulation traduit une évolution dans la spiritualité de Maurras. D'après Éric Vatré, .

Au regard de l'ensemble du recueil de poèmes, Julien Cohen y perçoit plutôt une mystique néo-platonicienne fondée . Le poème Le Rêve de Pan, qui mentionne « le même Dieu qui tue et fait renaître », reprend le thème d’une nature païenne transcendante. Ce poème daté de « décembre 43-janvier 44 » nuance la conversion de Maurras. D'autres textes comme Le Cintre de Riom de 1947 et dans À mes vieux Oliviers en 1951 attestent d'une persistance de .

Critiques Henri Massis salue ce poème comme l'illustration d'un . Le texte reflète . Le journaliste Jean-Christophe Buisson partage cette opinion en y discernant une .

Le philosophe Maurice Weyembergh considère La Prière de la fin comme de Maurras. De même, l'historien Martin Motte y voit .

Stéphane Giocanti estime que .

Gérard Leclerc l'analyse comme un .

Le journaliste Samuel Lieven relève que le texte accorde .

Postérité Les deux premiers vers du poème figurent sur les sépultures de Pierre Juhel, Georges Calzant et Raoul Follereau.

Références

Bibliographie : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Liens externes

La Prière de la fin dans Gallica, la bibliothèque numérique de la BnF

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