vignette|Antonio de Nebrija donne une leçon de grammaire en présence de D. Juan de Zúñiga. Introducciones Latinae, 1486. Bibliothèque nationale de Madrid. Autour de la miniature se trouve une magnifique bordure Renaissance, dans des tons de gris et d'or, mêlant des éléments végétaux à différentes espèces d'oiseaux. La prononciation de la langue espagnole est la prononciation de l’espagnol ou castillan.
Cette page utilise l’alphabet phonétique international. Suivant les conventions internationales, entre barres obliques // sont indiqués les phonèmes et archiphonèmes (éléments phonologique), et entre crochets [] sont indiqués les phones (réalisations phonétiques).
Phones de l’espagnol Les syllabes toniques sont précédées du symbole « ˈ », les accents secondaires sont notés « ˌ ». Le symbole « ː » placé derrière un phone indique un prolongement de celui-ci.
voyelles orales phone (symbole) description phonétique commentaires [a] voyelle ouverte antérieure non arrondie prononciation de acorrespond à a italien, a tonique catalan, réalisation majoritaire de a en toute position en catalan occidental, a français de patte, réalisation la plus commune de a tonique et prétonique et occitan [o] voyelle mi-fermée postérieure arrondie prononciation de o (voir remarques ici) [u] voyelle fermée postérieure arrondie prononciation de u vocaliqueo / ó occitan, ou français, u catalan, italien, portugais [e] voyelle mi-fermée antérieure non arrondie prononciation de e (voir remarques ici)é français de fée, e et é occitans, e catalan de muller, e atone du catalan occidental, e atone, é, e de faggeto italien[i] voyelle fermée antérieure non arrondie i vocaliquecomme dans les autres langues romanes
consonnes
consonnes occlusives orales
Le système des occlusives de l'espagnol ne présente pas de difficulté particulière pour le lecteur francophone.
Les phonèmes occlusifs /d t n/ présentent des variantes conditionnées alvéolaires [d t n] et dentales [d̪ t̪ n̪] (cette distinction n’a pas été considérée et seule les premières ont été notées ici).
phone (symbole) description phonétique graphèmes[p] consonne occlusive bilabiale sourde p[b] consonne occlusive bilabiale sonore b[t] consonne occlusive alvéolaire sourde t[d] consonne occlusive alvéolaire sonore d[k] consonne occlusive vélaire sourde c (+a, o, u), qu[g] consonne occlusive vélaire sonore g (+a, o, u), gu (+e, i)
consonnes occlusives nasales phone (symbole) description phonétique commentaires[m] consonne occlusive nasale bilabiale sonore réalisation dominante de mcomme en français, occitan, catalan, italien...[ɱ] consonne occlusive nasale labio-dentale sonore réalisation de n devant la fricative labiodentale [f]comme en catalan[n] consonne occlusive nasale alvéolaire sonore réalisation dominante de n ; réalisation de m en finalecomme en catalan, italien, occitan général, comme en français lorsqu'il est sensible[ɲ] consonne occlusive nasale palatale sonore noté ñnh en portugais et occitan, gn en français, ny en catalan ; gn en italien est généralement géminé [ɲɲ] dans la prononciation standard[ŋ] consonne occlusive nasale vélaire sonore réalisation de n devant consonne vélaire ([k g x]), réalisation possible de n finalcomme en catalan et occitan, n(g) de l'anglais ring
consonnes fricatives et affriquées Comme en catalan et occitan occidental (languedocien et gascon), les occlusives sonores ([b d g]) présentent des variantes combinatoires fricatives (respectivement [β ð ɣ])En réalité il s'agit plus proprement d'approximantes [β̞, ð̞ ɣ̞] étant donné qu'il n'y a pas de frication audible (la durée d'une approximante et toujours très brève, elle ne saurait être prolongée ; l’usage courant et traditionnel est de les noter comme fricatives, ce qui n’est pas gênant étant donné qu'il n'y a aucune confusion possible avec des fricatives véritables)., que l'on peut trouver lorsque ces consonnes ne sont pas à l'initiale ou derrière nasale (ou, dans le cas de [d], devant /l/). Néanmoins, cette tendance à la fricatisation peut varier selon les phones et les contextes (on tendra par exemple à maintenir l'occlusion dans une prononciation soignée), et n'existe pas si le locuteur marque une pause. Ces variantes ne sont pas indiquées dans le tableau ci-dessous (seul varie le trait de fermeture : occlusif > fricatif).
L’andalou et les parlers non péninsulaires présentent des variantes significatives qui ne sont pas indiquées ci-dessous.
phone (symbole) description phonétique commentaires[f] consonne fricative labio-dentale sourde notée fcomme en français, occitan, italien, portugais, catalan...[θ] consonne fricative dentale sourde c devant e et i, z en toute position[s] consonne fricative alvéolaire sourde s en toute positions espagnol (standard) est dorso-dental ou lamino-alvéolaire (prononcé avec le dos de la langue contre les alvéoles du palais, parfois dit s « chuitant »), comme en catalan et occitan occidental ; il est prononcé plus en arrière que le s français et italien et est pratiquement prononcé comme [ʃ] (ch français) chez certains locuteurs[x] consonne fricative vélaire sourde j en toute position, g devant e et ison rare dans les langues romanes (on peut le trouver en francoprovençal), proche de r français mais sans voisement[t͡ʃ] consonne affriquée (pré)palatale sourde ch en toute positionch en anglais, ch en occitan méridional et en gascon, tch français de atchoum, tx en catalan, c italien de oceano
consonnes liquides (latérales ou rhotiques)
phone (symbole) description phonétique commentaires[l] Consonne spirante latérale alvéolaire voisée notée lcomme dans les autres langues romanes[ʎ] consonne latérale palatale sonore notée llcorrespond à lh (articulation traditionnelle) en portugais, en languedocien, gascon et dauphinois, ll en catalan (tendance contemporaine à l'articulation [j] très répandue) ; gl(i) de l'italien, souvent géminé (pex. dans aglio > [ˈaʎʎo] ; ancienne prononciation de -ill- en français[ɾ] consonne battue alvéolaire sonore r intervocalique ou implosifcomme en catalan et languedocien, r initial, intervocalique ou implosif italien[r] consonne roulée alvéolaire sonore rr intervocalique, r initial ou en début de syllabe derrière consonnecomme en catalan et occitan occidental, rr intervocalique italien
Le groupe lr tend à se prononcer [r] par assimilation . el rey > [eˈrej].
glides Certains auteurs distinguent la notation des semi-consonnes et semi-voyelles (les diphtongues décroissantes sont notées avec des semi-voyelles ; seule la notation de semi-consonnes a été retenue ici). De même, la notion de diphtongue peut varier. Ci-dessous le terme de diphtongue fait référence au deux cas d'une glide précédée ou suivie d'une voyelle. Les contextes où on trouve ces glides sont détaillés ici.
[w] : u non vocalique ; ou du français oui, ouate, u de l'italien cuora, du catalan teulat [j] : i non vocalique ; i du français miel, de l'italien iena, du catalan feina ; nous ne distinguons pas [j] de [ʝ] (respectivement semi-consonne et approximante dans l'API) et notons uniformément [j] ([ʝ] est une variante contextuelle de [j] fréquente en espagnol d'Amérique notamment)
Généralités On dit souvent que l'espagnol se prononce comme il s'écrit. À strictement parler c’est inexact car tous les parlers natifs actuels présentent certaines divergences plus ou moins marquées par rapport au standard écrit. Néanmoins, il est vrai que le lien entre l’orthographe et la phonétique de l’espagnol ne présente pas de difficulté particulière, à la différence d’autres langues comme l’anglais ou le français ; la prononciation standard péninsulaire reste relativement proche des formes orthographiques et ses divergences par rapport à l’orthographe sont généralement omises dans l’enseignement à destination des nouveaux apprenants.
Espagnol péninsulaire standard La prononciation de l’espagnol péninsulaire standard correspond grosso modo à la prononciation traditionnelle de la Vieille Castille (actuellement Castille-León). Certaines innovations dont la diffusion est restreinte n’ont pas été incluses ci-dessous.
Partition syllabique Dans la très grande majorité des cas, la syllabation ou partition syllabique (découpage des mots en syllabe) peut être facilement déduite à partir de la graphie du mot, en respectant les règles suivantes : Toute syllabe est constituée autour d'un noyau vocalique (une voyelle et une seule par syllabe). Les digrammes ch, ll, et rr représentent chacun une seule consonne. Une consonne située entre deux voyelles marque le début d'une syllabe
Dans les groupes de trois consonnes, la troisième consonne marque le début d'une syllabe, sauf si les deux dernières forment un groupe « occlusive + liquide » ou bien « fricative labio-dentale ([f]) + liquide », auquel cas la syllabe commence à la deuxième consonne du groupe. Dans les groupes de quatre consonnes, la syllabe commence à la troisième consonne. Un groupe de deux voyelles incluant i ou u (sans accent écrit ni tréma) est une diphtongue (il est prononcé comme une voyelle simple, d'une seule émission de voix, et constitue nécessairement le noyau de la syllabe). et la voyelle accentuées marque le début d'une syllabe. ï est prononcé [i] (et forme donc le noyau syllabique d'une syllabe) ; ü est toujours prononcé [w] et suivi d'une autre voyelle avec qui il forme donc une diphtongue. Tous les autres groupes de deux voyelles sont prononcés en hiatus : chaque voyelle forme un noyau vocalique (et la seconde marque donc une attaque de syllabe).
Exemples : gato > ga-to perro > pe-rro lápiz > lá-piz fructífero > fruc-tí-fe-ro fascista > fas-cis-ta promiscuo > pro-mis-cuo asbesto > as-bes-to alcohol > al-co-hol parche > par-che pardo > par-do pérdida > pér-di-da abstinencia > abs-ti-nen-cia abstruso > abs-tru-so aplacar > a-pla-car aclamar > a-cla-mar hablar > ha-blar aflamar > a-fla-mar africado > a-fri-ca-do mezclar > mez-clar ausencia > au-sen-cia pierde > pier-de mueve > mue-ve ciudad > ciu-dad buitre > bui-tre dieciséis > die-ci-séis barbacoa > bar-ba-co-a baobab > ba-o-bab caída > ca-í-da creía > cre-í-a creíais > cre-í-ais hoyáis > ho-yáis
Exemples de hiatus courants ne suivant pas les règles indiquées dans la prononciation commune : veintiuno > vein-ti-u-no (idem veintiocho) reintegrar > re-in-te-grar (et dérivés reintegración, reintegracionismo, etc.) aislar > a-is-lar (et dérivés aislado, aislamiento, etc.) huir > hu-ir (tous les verbes en -uir sont dans le même cas) resfriado > res-fri-a-doALEA, carte 1214 deidad > de-i-dad
D'autres cas sont moins tranchés actuar est souvent prononcé ac-tu-ar (ainsi que ses dérivés)
La présence d’un tréma pourrait permettre de noter correctement ces hiatus, mais l’usage de ce symbole est resté très restreint en espagnol. De plus, les remarques ci-dessus concernant les hiatus indiquent des tendances générales, mais on peut très bien entendre une prononciation diphtonguée, sans que cela pose jamais de problème de compréhension (la distinction entre un hiatus et une diphtongue est sans valeur phonologique). Ces mêmes raisons ont motivé la suppression de certains accents écrits lors des différentes réformes orthographiques (par exemple sur les infinitifs en -uir lors de la réforme de 1952 : contruír, huír sont devenus construir, huir).
Place de l'accent tonique En espagnol, dans tous les mots polysyllabiques, une syllabe est prononcée plus fort que les autres ; on dit que c'est la syllabe tonique du mot, ou bien qu'elle porte l'accent tonique.
L’accent tonique a une valeur phonologique primordiale en espagnol : il permet de distinguer un grand nombre de mots, par exemple papa 'pape' ou 'pomme de terre' / papá 'papa', canto 'je chante' ou 'chant' / cantó 'il/elle a chanté', etc.
La graphie permet de connaître la syllabe accentuée :