Cette chronologie de l'Alsace annexée pendant la Seconde Guerre mondiale, liste les principaux événements qui se sont déroulés pendant l'annexion de la région par le Troisième Reich ou qui en découlent.

Contexte

Après la défaite de la France, l’Alsace est annexée de facto, le , au territoire allemand, par un décret d'Adolf Hitler dont la publication fut interdite, pour former le « » (Gau du Rhin supérieur). Le territoire est placé sous l’autorité du Gauleiter Robert Wagner au sein du Gau Baden-Elsass. (Alsace et pays de Bade)..

Le Reich annexe l'Alsace française de facto et non de jure. Le système administratif et les lois allemandes sont mis en place, en violation formelle des clauses de l'armistice du 22 juin 1940, et ce, malgré les protestations écrites du gouvernement de Vichy, auprès de la Commission de Wiesbaden, formulées en et et restées sans réponse.

Germanisation et nazification Le Gauleiter Robert Wagner, compagnon de la première heure d'Adolf Hitler, va mettre en œuvre une politique basée sur la terreur. Le Führer lui demande de germaniser et nazifier l'Alsace en , Robert Wagner déclare qu'il le fera en cinq. Rapidement, le nom des rues, des familles et les prénoms sont germanisés. Les associations existantes sont supprimées (scoutismes, sportives, humanitaires…) et remplacées par les organisations dépendantes du Parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP). Le français et tout ce qui touche à la France est interdit. Puis viennent les expulsions des indésirables : juifs, populations originaires d'Afrique du Nord, les Tziganes, les francophiles, les cadres, les communistes et les Français arrivés après le dont les biens sont mis sous séquestre. Les cadres et les hauts fonctionnaires viennent d'Allemagne ou sont des autonomistes alsaciens. Les fonctionnaires alsaciens (policiers, instituteurs…) sont envoyés en stage en Allemagne pour être « rééduqués »..

Le camp de sûreté de Vorbruck-Schirmeck est créé pour rééduquer les récalcitrants. À quelques kilomètres, le camp de concentration de Natzweiler-Struthof voit le jour. Il est le seul sur le territoire français.

Résistance

La résistance alsacienne existe. Elle prend une forme différente de celle du reste de la France car, la plupart des hommes en âge de porter les armes sont soit évadés de la région, pas rentrés de l'évacuation de 1939 ou à partir d' incorporés de force. De ce fait, les femmes sont très actives dans les filières d'évasion comme celle de l'Équipe Pur Sang. Ces filières se constituent dès 1940, avec la présence de nombreux prisonniers de guerre (PG), attendant dans la région leur internement dans les Oflag et Stalag en construction en Allemagne. Souvent détruites, elles existent pendant toute la guerre.

La première organisation à voir le jour, est la Septième colonne d'Alsace (réseau Martial) qui ne sera jamais détruite par les Allemands. Elle travaille au profit de Vichy et Londres. Elle crée des unités de combats, les Groupes mobiles d'Alsace, avec les Alsaciens-Mosellans réfugiés en zone libre, Suisse et des Vosgiens..

Deux autres organisations d'envergure voient le jour, celle du docteur vétérinaire Charles Bareiss et dans le domaine syndical celle de Georges Wodli.

Les renseignements de l'armée d'armistice ont deux branches du réseau Kléber : Saturne et Uranus.

Enfin, les jeunes, souvent mineurs, comme ceux du Front de la jeunesse alsacienne (FJA), de la Légion C 40, de la Main noire et de Feuille de lierre, s'organisent spontanément pour lutter contre la germanisation et la nazification de la région. Dans le reste de la France, de nombreux Alsaciens réfugiés ou évadés d'Alsace et de la Wehrmacht rejoignent la Résistance et participent aux combats de la Libération.

La Libération

L'Alsace est la dernière région de France à être libérée. Les premières troupes alliées entrent depuis la trouée de Belfort. Les Allemands se replient et tiennent la poche de Colmar ainsi que le nord de la région.

Strasbourg est libérée par une charge, depuis le massif des Vosges, de la . Lors de l'opération Nordwind, les Allemands tentent de reprendre la ville qui résiste, dans un premier temps grâce aux FFIA, à une compagnie de gardes républicains et quelques éléments de l'armée française.

Avant l'annexion

1939

Février

: arrestation de l'autonomiste Karl Roos qui est emprisonné à Nancy. : un nouveau plan d'évacuation de la population civile des futures zones de combat est approuvé en remplacement de celui du . Les centres de recueils, où doivent être réalisés les convois d'évacuation des évacués, sont plus éloignés de la frontière.

Avril

: le mouvement pro-nazi Jungmannschaft de Hermann Bickler est interdit en France.

Mai

: les autorités françaises réalisent un exercice de mise sur pied des centres de recueil du plan d'évacuation de la population civile des futures zones de combat. : le pasteur germanophile et autonomiste, Carl Maurer est arrêté.

Septembre

le Troisième Reich envahit la Pologne. la France décrète la mobilisation générale. plusieurs centaines de milliers d'habitants des communes en avant de la ligne Maginot et de la bande rhénane sont évacuées vers le Sud-Ouest de la France. Mulhouse et Haguenau ne sont pas évacués. : l'Angleterre et la France déclarent la guerre à l'Allemagne c'est le début de la Drôle de guerre. : l'URSS envahit la Pologne. : le gouvernement français d'Édouard Daladier dissout le Parti communiste français (PCF).

Octobre

les leaders de l'autonomisme alsacien-lorrain sont arrêtés et transférés à la prison militaire de Nancy, d'où leur surnom de .

: Charles Roos, chef du parti autonomiste Unabhängige Landespartei, est condamné à mort pour « espionnage au profit de l'ennemi ».

Novembre

: Charles Ruch, évacué en Dordogne revient à Strasbourg pour célébrer un service religieux à la cathédrale en l'honneur du du retour de l'Alsace à la France.

1940

Février

: Charles Roos, chef du parti autonomiste Unabhängige Landespartei, condamné à mort le , est fusillé par les autorités françaises à Champigneulles.

Mai

: l'Allemagne lance une offensive en Belgique et aux Pays-Bas. : l'armée allemande perce le front du côté de Sedan.

Juin

: la Wehrmacht franchit le Rhin sur un front de entre Schoenau-Marckolsheim-Neuf-Brisach. Elle tente depuis le Palatinat de prendre d'assaut la ligne Maginot au nord de l'Alsace.

les Allemands entrent dans Colmar et Sélestat. le maréchal Philippe Pétain demande les conditions de l'armistice.

les dernières troupes françaises évacuent Strasbourg. le secteur fortifié de Haguenau résiste aux assauts allemands. Charles de Gaulle lance son appel à Londres sur les ondes de la BBC. : les Allemands entrent dans Strasbourg déserté.

les soldats allemands arrivent au sommet du Vieil-Armand puis se réunissent au cimetière militaire de la Grande Guerre pour une petite cérémonie à l'issue de laquelle le drapeau nazi est hissé. Robert Ernst, futur maire allemand de Strasbourg, crée l' organisme d'aide au retour des Alsaciens évacués (biens de première nécessité, dédommagement, accueil en fanfare, conférences) mais aussi l'antichambre du parti nazi. Robert Wagner est nommé par Adolf Hitler Gauleiter du Gau Oberrhein qui regroupe l'Alsace et le pays de Bade. L'Alsace est annexée de fait au mépris du droit international.

L'annexion de fait

1940

: le Gauleiter du pays de Bade, Robert Wagner, s'installe provisoirement à Colmar. : signature à Rethondes de la convention d'armistice avec l'Allemagne. : signature à Olgiata de la convention d'armistice avec l'Italie. : entrée en vigueur des deux armistices. : depuis le massif du Donon, trois colonnes de prisonniers de guerre français du 43e corps d'armée de forteresse se dirigent en deux étapes vers Strasbourg. Dans les villages, la foule alsacienne acclame les Français vaincus. : Adolf Hitler visite Strasbourg le jour du anniversaire du Traité de Versailles.

Juillet

un groupe d'adolescents, de 13 à , créent la Légion C 40, un groupe de renseignement et de sabotage.

à Schirmeck-Vorbruck, est ouvert un camp de transit qui devient rapidement un camp de sûreté. reddition de la garnison de l'ouvrage de Schoenenbourg commandé par le colonel Jacques Schwartz. Robert Ernst est nommé Général Référent pour la question alsacienne auprès du Gauleiter Robert Wagner.

le gouvernement français s'installe à Vichy. Adolf Hitler visite Mulhouse. la langue française est interdite en Alsace. : le Gauleiter Robert Wagner nomme les Kreisleiter d'Alsace.

: formation des , à Strasbourg. : première parution du journal . Titre transposé en allemand du plus grand quotidien alsacien dont les équipes évacuées à Montpellier, éditent l'Écho des réfugiés. : le pasteur Robert Hoepffner, réfugié à Périgueux, président élu à la tête de l'Église de la Confession d'Augsbourg d'Alsace et de Lorraine, est remplacé par le pasteur Carl Maurer, autonomiste alsacien, nommé par les autorités allemandes. Le Gautleiter Robert Wagner le confirme à son poste le . : le Gauleiter Robert Wagner décrète que les lois raciales du Reich (Lois de Nuremberg) entrent en vigueur en Alsace. : un drapeau français est hissé clandestinement sur la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg et sur le monument aux morts de Sentheim. : Adolf Hitler ordonne la libération des , internés par les autorités françaises en .

le Gauleiter Robert Wagner prononce son premier grand discours lors d'une réunion des allemands des arrondissements alsaciens à l'Hôtel de la Préfecture à Strasbourg. Il y expose les grandes lignes de la politique de nazification de l'Alsace. début des expulsions des ressortissants de la « France de l'intérieur », des juifs, des Roms et des éléments francophiles alsaciens. : arrivée des au camp de sûreté de Vorbruck-Schirmeck. Karl Buck est nommé commandant du camp. : dans le manifeste des Trois-Epis, les réclame le rattachement de l'Alsace à l'Allemagne. : rétablissement officiel de l'ancienne frontière de 1871-1918 définie dans le traité de Francfort le .centré|vignette|Le Troisième Reich rétabli de fait les frontières du Traité de Francfort de 1871.|alt=Le Troisième Reich rétabli de fait les frontières du Traité de Francfort de 1871. : le Gauleiter Robert Wagner ordonne de « défranciser » les devantures de magasin. : première conférence de propagande à Colmar où Robert Ernst, René Hauss et Joseph Rossé tiennent un discours.

Août

Adolf Hitler décrète par ordonnance que l'administration provisoire de l'Alsace et de la Moselle est sous la tutelle du ministère de l'Intérieur du Troisième Reich. ouverture officielle du camp de sûreté de Vorbruck-Schirmeck destiné à la « rééducation » des Alsaciens Mosellans réfractèrent au régime Nazi. : fondation d'un premier réseau de résistance le futur Confrérie Notre-Dame avec un Alsacien dans ses rangs : Paul Armbruster. : par décret d'Adolf Hitler, l'administration civile allemande se substitue à l'administration militaire en Alsace. : arrivée à la gare de Strasbourg du premier train qui ramène des déplacés. Les strasbourgeois sont accueillis en grande pompe par Robert Ernst nommé maire de la ville par les Nazis. : le Gauleiter Robert Wagner est confirmé dans ses attributions. : le Gauleiter Robert Wagner institue un . : l'émetteur Radio-Stuttgart diffuse la première émission consacrée entièrement à l'Alsace. : sont de retour sur les . : introduction en Alsace du timbre-poste allemand.

les autorités nazies organisent une rencontre de football entre les équipes de Strasbourg et de Pforzheim au stade de la Meinau. le Gauleiter Robert Wagner ordonne la dissolution de toutes les associations de jeunes (culturelles, sportives ou confessionnelles) d'Alsace et la saisie de leurs avoirs. : réorganisation, d'après les lois correspondantes allemandes, des Caisses d'Epargne et des Compagnies d'assurances en Alsace et leur intégration dans les organismes correspondants du Troisième Reich.