Le château de La Roche (castrum de Rupe), parfois dit aussi château des princes de Genevois., est un ancien château fort, du , dont il ne reste qu'une tour dite des comtes de Genève, qui se dressait sur la commune de La Roche-sur-Foron dans le département de la Haute-Savoie, en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Le château fait l’objet d’une inscription partielle au titre des monuments historiques par arrêté du . Seul est inscrit le donjon.

Situation Le château de La Roche est situé dans le département français de la Haute-Savoie sur la commune de La Roche-sur-Foron, au sommet d'un rocher à l'est du bourg médiéval. L'enceinte fortifiée de la ville était garnie de tours. Le château se trouve sur le contrefort d'un éperon rocheux appartenant au versant septentrional du massif des Bornes.. Ce rocher est à l'origine du nom de la ville.

Il défendait l'accès à la vallée du Foron qu'il domine..

Historique vignette|gauche|Vue sur la ville médiévale de La Roche-sur-Foron. Un site ancien Le site semble accueillir, selon la déduction des historiens contemporains, très précocement, probablement dès la période préhistorique, un habitat fortifié.

Le château aurait été construit par les Burgondes au . Leur présence est attestée dans les environs dès les .

Toutefois, les premières mentions de l'occupation du site ne remontent qu'au début du (1120 pour La Roche), tout comme neuf autres castra « genevois »..

Une forteresse médiévale Le château est à l'origine du nom d'une famille seigneuriale, les La Roche. Un Pierre de La Roche (de Rocha) est ainsi mentionné au début du .. Il part notamment en croisade où il meurt. Il est au début du entre les mains du comte Robert de Genève.

Le comte Aymon de Genève, à la fin du y aurait fait dresser une grosse tour. En 1120., première apparition dans les textes du site sous le terme de castra.

Les comte de Genève y résident régulièrement., jusqu'au début du avant de faire d'Annecy leur résidence principale. Par ailleurs, le bourg était habité par de nombreux nobles. La gestion du château est donnée à un officier, le vidomne., qui d'après Jean-Louis Grillet, pris le .. Le chanoine Grillet, citant les travaux de François Capré, précise que cette charge est donnée aux .

En 1178, les comtes de Genève font hommage à l'abbé d'Agaune, Borcard, pour leurs châteaux de La Roche, de Chaumont, et pour la moitié de Hauteville.Acte du , publié dans le (REG 0/0/1/407).. Pour Louis Blondel, cet hommage pour le château et les différents droits associés permet d'indiquer que le et qu'ainsi .

L'année suivante un conflit oppose le comte à une partie de ses vassaux qui soutiennent l'évêque de Genève. À la suite de la tentative malheureuse de Guillaume de Genève de prendre Genève, sa femme la comtesse Béatrice de Faucigny avec deux de ses fils qui se sont réfugiés à La Roche sont assiégés.. Le comte sort vainqueur de la confrontation et reprend la place. Lors de ce siège, il reçoit un soutien financier des chartreux de Pomier.Acte de l'année 1179, publié dans le (REG 0/0/1/415)..

Au le château est à nouveau assailli. Le comte Pierre II de Savoie y assiège Rodolphe de Genève, petit-fils de Guillaume , qui doit capituler. Rentré en possession du château, les comtes de Genève le garderont jusqu'à Pierre de Genève ; qui le lègue, dans son testament en date du , à sa femme Marguerite de Joinville qui épousera en troisièmes noces Ferry Ier de Vaudémont. En 1411, il est la propriété du comte de Savoie Amédée VIII.

Période moderne Au cours de la guerre qui opposa le duc de Savoie d'une part à Genève et au roi de France d'autre part, entre 1589 et 1593, la place forte que constituait La Roche fut assiégée et ravagée par les ennemis de la Savoie. C'est en effet pendant la nuit du , lors de l'intrusion des Genevois à La Roche, que fut détruite la forteresse.

Dans son testament du , la dernière héritière des Genève-Lullin, Marie, lègue l'ensemble de ses droits et possessions, notamment les châteaux du Crédoz, de La Roche, de Monnetier et de Mornex, à la duchesse de Savoie, Christine de France.Louis-Étienne Piccard, L'Université chablaisienne, ou la Sainte-Maison de Thonon, 1915, Page 143.. Ces fiefs sont par la suite inféodés et érigés en marquisat, par le duc Victor-Amédée II, le , au président Thomas Graneri/Granery (Acte du ), comte de Mercenasque, ministre et surintendant général des finances de Savoie (lire en ligne)...

Période contemporaine Le donjon fait l’objet d’une inscription partielle au titre des monuments historiques par arrêté du ..

Description vignette|gauche|Donjon du château de La Roche-sur-Foron, printemps 2019. La tour qui fut vraisemblablement érigée dans le deuxième quart du Matthieu de la Corbière, ibid., ., était en fait le donjon de la forteresse. Il s'agit de l'une des premières tours circulaires construites en Savoie. Cette nouvelle architecture constituait alors un progrès important car elle supprimait les angles morts. De très beaux exemples de ce type d'architecture militaire existent en Savoie, notamment au château de Thorens, à quelques kilomètres de La Roche-sur-Foron.

La tour maitresse circulaire isolée des comtes de Genève est bâtie à cheval sur la faille naturelle d'un très imposant rocher. Ce bloc erratique transporté par le glacier du Mont-Blanc fut posé il y a environ , lors de la fonte des glaces. Cette faille fut murée à l'extérieur par les bâtisseurs du donjon ; ceux-ci la subdivisèrent à l'intérieur formant ainsi quatre caves naturelles superposées. Au-dessus du rocher, le donjon lui-même était constitué de trois étages.

Depuis la fin du , à la suite des travaux des moines capucins de La Roche, propriétaires de la tour à cette époque, on traverse le rocher de part en part : on peut donc croire qu'il y a deux rochers alors qu'il s'agit bien du même.

Du château il ne reste que quelques pans de murs. Le donjon, dressé dans la seconde moitié du , est juché sur son rocher de de hauteur ; la tour quant à elle ne mesure plus que de haut sur la vingtaine qu'elle mesurait probablement à l'origine et à des murs épais de près de d'épaisseur. On lui accola par la suite un logis, faisant de cet ensemble un « donjon », sans en modifier son accès qui se trouvait en hauteurMatthieu de la Corbière, ibid., .. Le château bénéficia des innovations qui portèrent sur les enceintes et on dota la forteresse d'un mur-bouclier formant un angle de 140°.

Châtellenie de La Roche Le château de La Roche est le centre d'une châtellenie, dit aussi mandement (mandamentum). Il s’agit plus particulièrement d’une châtellenie comtale, relevant directement du comte de Genève..

Dans le comté de Savoie, puis le duché, le châtelain est un ... Il est chargé de la gestion de la châtellenie ou mandement, il perçoit les revenus fiscaux du domaine, et il s'occupe de l'entretien du château.. Le châtelain est parfois aidé par un receveur des comptes, qui rédige « au net [...] le rapport annuellement rendu par le châtelain ou son lieutenant »..

Le vidome, puis le Grand-châtelain a pour fonction d'administrer tant la châtellenie de La Roche que la mestralie des Bornes. Le chanoine Grillet, qui reprend en partie le Traité historique de la Chambre des comptes de Savoye (1662) de François Capré, rappelle quelques grandes personnalités, issues de la noblesse genevoise, . Parmi ces différentes familles, le médiéviste Bernard Demotz observe prédominance des Menthon, famille anciennement vassale des comtes de Genève, qui obtiennent de leur nouveau prince, le comte de Savoie, régulièrement la charge entre les . ..

Administration genevoise 1342-1345 : Pierre de Châtillon et Pierre de Compois, co-châtelain ; 1345-1349 : Pierre de Compois, également châtelain d'Alby (1344-1347), de Charousse (1362- 1371), de Clermont (1347- 1355, 1356-1361), de La Rochette (1342-1349) ;

1356-1364 : Thomas de Menthon ; 1365-1370 : Robert de Menthon, également châtelain de Samoëns (1370-1395) ;

1374-1383 : Robert de Menthon, également châtelain de Samoëns (1370-1395) ;

Administration savoyarde - (également receveur pour la période du au ) : François de Menthon, également mistral des Bornes ; - (également receveur pour la période du au ) : Pierre de Menthon, également châtelain de Charousse (1386- 1412), de Flumet (1416- 1419), de Bonneville (1419-1436), Châtelet du Crédoz (1429-1435), de Rumilly-sous-Cornillon(1422-1424) ; - (également receveur pour les périodes du au , du au ) : Jean (I) de Compois (Compey) dit le Vieux ou l'aîné, seigneur de Thorens, également châtelain de Montjoie (1417-1436), d'Annecy (1441-1455) ; - : Francesquin de (?), vice-châtelain et receveur - : Jean (II) de Compois (Compey), seigneur de Thorens, également châtelain d'Annecy (1455-1458), de Ballaison et Beauregard (1461-1462), de Flumet (1466-1467), d'Évian et Féternes (1452-1461, 1462-1467), d'Hermance (1461-1462) ; - : Claude de Menthon, seigneur de Rochefort, également châtelain de Flumet (1467-1511), de Rochefort (1470-1471) - (également receveur pour la période) : Antoine de Menthon, également châtelain de Beaufort (1479-1502), de Thônes (1480-1497) et de Faucigny (1480-1494) ; - : (?), seigneur de Rochefort ; - : Jacques Vidonni ; - : Claude de Menthon, seigneur de Rochefort, également châtelain de Flumet (1467-1511) ;

Administration de l'apanage de Genevois (1502-1659). 1515-1516 : Noble Pierre Ducret ; 1520-1525 : Noble Humbert de Thoire, ancien châtelain de Mornex ; 1524-1526 : Noble Aymon Callige ; 1526-1527 : Noble Rolet Berthet ; 1527-1533 : Noble Aymon Callige ; 1532 : Noble Hélein Ranguis ; 1534 : Noble Aymon Callige ; 1535-1541 : Noble Pierre Chevalier ; 1543-1544 : Noble Aymon Callige ; 1544-1547 : Noble Pierre de Chambouz ; 1547-1550 : Nobles Étienne Mestral et Louis Saultier ; 1550-1553 : Noble Charles Jay, qui subroge la charge à noble Claude Constantin ; 1553-1556 : Noble Nicolas Chamot, qui subroge la charge à maître Huguet Longet ; 1556-1559 : Maître Mermet Berthod ; 1559-1565 : Maître Guigues Desmoles ; 1565-1568 : Maître Monet Falcaz ; 1565 : Noble Aymé Ogier, châtelain pour le fait de la justice ; 1568-1571 : Maître Monet Falcaz ; 1571-1577 ; Maître Nicolas Germanet ; 1577-1580 : Maître Georges Duborjal ; 1580-1586 : Maître François Du Martherey ; 1586-1592: Maître Nicolas Arpeaud dit Millot ; 1592-1598 : Noble Philippe Constantin ; 1595 : Aliénation du mandement de La Roche.

Voir aussi Bibliographie

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Fonds d'archives

Articles connexes Château de l'Échelle Château du Saix Liste des châteaux de la Haute-Savoie Liste des monuments historiques de la Haute-Savoie Architecture militaire au Moyen Âge

Lien externe

Site de l'Office de Tourisme de La Roche-sur-Foron

Notes et références Notes

Régeste genevois Actes publiés dans le Régeste genevois (1866), que l'on peut consulter en ligne dans le Répertoire chronologique des sources sur le site digi-archives.org de la Fondation des Archives historiques de l'Abbaye de Saint-Maurice (Suisse) :

Références

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