Le Génitron est une œuvre d'art contemporain consistant en un chronomètre monumental destiné à afficher le compte à rebours des secondes restant avant le passage à l'an . Conçu par le collectif « Nemo » (François Scali et Alain Domingo), il est inauguré à Paris devant le centre Pompidou, le , par le président de la République, François Mitterrand. Déplacé sur la place de la Bastille après , il est laissé à l'abandon après sa date de fin de fonctionnement.
Description Le Génitron est présenté comme le . Il prend la forme d'un compte à rebours numérique, à l'affichage lumineux, décomptant les secondes jusqu'au . Il capte un code horaire émis par l'émetteur radio de France Inter, qui retransmet le temps universel calculé par l'horloge atomique de l'observatoire de Paris. Haut de six mètres et large de douze., pour un total de ., il est muni de neuf afficheurs à sept segments.
Il permet notamment d'imprimer un reçu intitulé , carte permettant de coucher sur le papier l'état exact du compte à rebours au moment de l'impression, coûtant l'année de son inauguration. Les sommes récoltées doivent permettre la maintenance de l'instrument, principalement des afficheurs et imprimantes.
Le système est capable de reprendre son cours en cas de coupure de courant.
Histoire
Précurseurs D'autres chronomètres de même nature avaient déjà été mis en place dans les années . :
à Barcelone, en vue des Jeux olympiques d'été de () ; à Gênes, pour le du premier départ de Christophe Colomb pour le Nouveau Monde () ; à Nîmes, pour la date butoir de la création du marché unique ().
Création Le Génitron est conçu par François Scali et Alain Domingo, deux architectes et designers rassemblés sous le pseudonyme de « Nemo ».. L'instrument est ainsi baptisé en hommage au Génitron, hebdomadaire fictif imaginé par Louis-Ferdinand Céline dans Mort à crédit () : . Il est financé en totalité par le mécénat de la Fondation Rémy Cointreau pour l'art contemporain, repris dans .. Celle-ci s'en désengage après la mise en application de la loi Évin en : en effet, la fondation est liée au groupe Cointreau, producteur de cognac, une eau-de-vie dont la publicité se trouve limitée par la loi Évin. La gestion du Génitron est alors laissée à « Nemo »..
Inauguration Le Génitron est d'abord installé sur la place Georges-Pompidou, devant le Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou. Il y est mis en fonction le . par le président de la République, François Mitterrand. Ses cadrans affichent alors environ de secondes avant le . La cérémonie a lieu en présence du ministre des Finances, Édouard Balladur, et du précédent ministre de la Culture, Jack Lang., et célèbre en même temps les du centre Pompidou, dirigé par Jean Maheu. Pour l'occasion, Mitterrand se fait accompagner d'un enfant tiré au sort parmi ceux du personnel du Centre qui auront en l'an Claude Sérillon, « Direct Beaubourg », Journal de , , ..
Une maquette de l'œuvre fait partie de l'exposition Mnémo, avec douze autres projets de « Nemo », à la galerie de la Caisse des dépôts et consignations, 56 rue Jacob à Paris, du au , et au centre d'architecture Arc en rêve, à Bordeaux, du au Jean-Claude Mocik, « Mémo et nemo », L'atelier 256 : magazine de la création, , ...
Démontage prématuré vignette|redresse|Compte à rebours sur la tour Eiffel, concurrent du Génitron. Neuf ans après sa mise en service, le dispositif est démonté le pour cause de rénovation du centre Pompidou, mais n'est pas réinstallé une fois les travaux finis en . Ce déplacement / démontage imprévu est l'occasion d'échanges vifs, par presse interposée, entre « Nemo » et Jean-Jacques Aillagon, nouveau président du Centre, le Génitron ne devant pas retrouver son emplacement précédent, selon Aillagon. Il est alors remisé dans un hangar du côté du quartier de la Villette, et sa réinstallation est annoncée tout d'abord près de la cité des sciences et de l'industrie., puis devant le chantier de l'ambassade de France à Berlin, sur la ..
D'autres compteurs sont installés, dont celui de la tour Eiffel, inauguré par le maire de Paris, Jean Tiberi, qui ravit la vedette au Génitron à la date fatidique. Selon « Nemo », le fait qu'Aillagon préside la mission pour la célébration de l'an depuis ., et soit donc impliqué dans la mise en place du compteur de la tour Eiffel, démontre que le démontage du Génitron n'était pas absolument fortuit.
Réinstallation Scali et Domingo finissent par saisir le tribunal de grande instance de Paris en , pour obtenir la réinstallation du dispositif devant le centre Georges-Pompidou.. Le , le tribunal se déclare incompétent pour trancher la question. Finalement, le Génitron est déplacé en Valérie Houart, « En direct extérieur de la bastille : Genitron », 12/13, France 3 Paris Île-de-France, . aux abords de la place de la Bastille, sur demande de la mairie de Paris, malgré l'opposition du maire du , Georges Sarre. Il est alors érigé à l'entrée du terre-plein du boulevard Richard-Lenoir.
Après l'an Une fois le décompte effectué, le Génitron reste en place, mais ne fonctionne plus, ayant rempli son office. Appartenant toujours à son créateur François Scali, et la mairie de Paris ne souhaitant pas s'en porter acquéreur, le Génitron est d'abord proposé aux enchères à Monaco, mais ne trouve aucun repreneur.
Notes et références
Notes
Références
Série d'articles de Bayon dans Libération, et :
Sur ina.fr, Institut national de l'audiovisuel :
Voir aussi Bibliographie .
Liens externes .
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