Jean-Baptiste du CasseSon nom est ainsi orthographié dans son acte de naissance. Dans son acte de décès, il est orthographié Jean Baptiste Ducasse, et l'on trouve des papiers signés de sa main Jean Du Casse. L'Armorial général de d'Hozier (Paris, 1699) l'écrit Ducas. L'orthographe des noms propres ne sera pas fixée définitivement avant 1789., aussi connu comme Jean du Casse, est un capitaine de marine marchande, corsaire français puis officier de marine, administrateur colonial français et armateur de navires négriers. Durant sa carrière militaire il combattit les flottes des Provinces-Unies et de l'Angleterre.

Son lieu de naissance a été discuté. À partir de l'acte de naissance qu'il a fourni à son entrée dans la marine royale, il est né le à Saubusse, mais il a admis que c'était un faux pour cacher son origine protestante. Il est probablement né à Pau, vers 1650, et mort le à Bourbon-l'Archambault.

Né dans une famille huguenote originaire du Béarn, il débute dans la marine marchande, au service de la Compagnie des Indes occidentales, puis de la Compagnie du Sénégal. Il se fait remarquer et devient directeur de cette dernière en 1677, prenant part au commerce d'esclaves à partir de Gorée, dont il prend possession en 1678. Passé dans la Marine royale, il prend part à la guerre de la Ligue d'Augsbourg, avant d'être nommé gouverneur de Saint-Domingue de 1691 à 1703. Pendant son administration, il relève la colonie et prend part à plusieurs expéditions victorieuses aux Antilles, l'expédition de la Jamaïque en 1694, et surtout l'expédition de Carthagène en 1697, en compagnie de Jean-Bernard de Pointis. Il sert à nouveau pendant la guerre de Succession d'Espagne, notamment à la bataille navale de Vélez-Málaga en 1704 et au siège de Barcelone en 1714. En récompense pour ses services, le Roi d'Espagne Philippe V le fait chevalier de la Toison d'or. Il termine sa carrière militaire au grade de Lieutenant général des armées navales, Commandeur de l'Ordre royal et militaire de Saint-Louis.

Biographie Origines et jeunesse Il existe une incertitude quant à la naissance de Jean (-Baptiste ?) Ducasse. Cette incertitude vient de l'acte de naissance qu'il a donné pour entrer dans la Marine royale. Cet acte de naissance le dit né le à Saubusse, près de Dax (Landes).

Comme il l'a admis plus tard dans une lettre au Secrétaire d'État de la Marine Pontchartrain « j'ai été de la religion [réformée]Lettre du 7 juillet 1691, envoyée de la Martinique. Archives Nationales 9A2 », il aurait fourni un faux acte de baptême en provenance de Saubusse concernant un homonyme, Jean Ducasse, fils d'un marchand de jambons de Bayonne, Bertrand Ducasse, et de Marguerite de Lavigne. Cette supercherie s'explique par le fait qu'il était alors plus difficile pour les membres de la religion réformée de faire carrière. De nombreux biographes, dont Robert du Casse (son arrière-petit-neveu) et Saint-Simon, ont contribué à répandre cette erreur.

Il est né dans une famille paloise d'origine roturière bourgeoise et huguenote, vers 1650, de Jacques Ducasse et Judith de Rémy. Son père, Jacques Ducasse, reçu voisin de Pau le , serait issu de Gaillard Ducasse, ministre de la « religion prétendue réformée » à Salies-de-Béarn, et Anne de Faget, d'après un acte du fait devant Raymond Bernet, notaire à Pau, et une délibération du corps de ville de Salies du R. Le Blant, « Une campagne de Jean-Baptiste Ducasse aux Antilles », dans Revue Historique et Archéologique du Béarn et du Pays basque, janvier-février 1933, .. Du côté maternel, un aïeul, Robert Rémy, a été concierge du château de Pau et valet de la reine Jeanne d'Albret et d'Henri de Bourbon. Cette famille devait avoir des relations dans le milieu des armateurs de Bayonne. Robert du Casse, dans son livre sur l'amiral du Casse, écrit que Bernard du Casse (ou Ducasse) était son neveu et échevin de BayonneDans le dictionnaire historique, généalogique et biographique des membres de la Cour des comptes, pour Pierre Emmanuel Albert, baron Ducasse, ou du Casse, il est indiqué qu'il est le petit-fils de Bernard Ducasse (†1782), négociant à Bayonne et échevin de cette ville sous Louis XV, fils de Jean Ducasse (†1727) et d'Étiennette Jordain. Bernard Ducasse est le père de Jacques Nicolas Xavier Ducasse (lire en ligne). Jusqu'à la Révocation de l'édit de Nantes il a baigné dans un milieu protestant. Il a été élève au collège d'Orthez où il a appris le français et le latin.

Il a été écrivain sur le Bayonnais, un vaisseau de la Compagnie des Indes occidentales, puis on perd sa trace jusqu'en 1673, quand on le retrouve capitaine d'un navire dont le port d'attache est Dieppe.

Carrière dans la marine marchande Les côtes de l'Afrique Il s'engage très tôt dans la marine marchande, au sein de la Compagnie des Indes occidentales. Quand on le retrouve capitaine d'un navire et armateur à Dieppe, il fait partie du milieu protestant de la ville. Il s'est insinué entre les Chauvel et les Baudry, les plus puissants armateurs de la ville. Pour son premier voyage, il commande le Cerf-Volant, navire de 70 tonneaux, qui est pris par un corsaire hollandais qui le conduit à Curaçao. En 1676, il est capitaine marchand sur le Lys, navire de 300 tonneaux armé de 20 canons. Il est alors attaqué avec six autres navires marchands transportant du tabac par l'escadre commandée par l'amiral Jacob Binckes. Quatre capitaines français sont tués au cours des combats acharnés. L'amiral lui propose alors de ramener la cargaison en Hollande à son profit. Ce qu'il accepte, mais finalement il la décharge à Dieppe. Il obtient la confiance de Marthe Chauvel, veuve de Jean Baudry, armateur et raffineur de Dieppe. Il s'est marié avec leur fille, Marthe Baudry (1661-1743), en 1686.

Jean Du Casse va alors servir la Compagnie du Sénégal, qui a été créée en par Louis avec le privilège du négoce entre le cap Blanc et le cap de Bonne-Espérance.

Au service du Roi de France Sa vision politique et une capacité au commandement et à l'initiative le font distinguer par Colbert puis par Seignelay. Ce capitaine marchand passe au service du Roi et en 1677 est nommé gouverneur de la côte occidentale de l’Afrique, comme Directeur de la Compagnie du Sénégal, où il obtient le privilège de vendre aux Antilles chaque année pendant huit ans, destinés à l’exploitation des plantations, ce qui en fait l'un des premiers acteurs français de la traite négrière. Son plus grand client est alors le capitaine Charles François d'Angennes, marquis de Maintenon.

Commandant du vaisseau royal L'Entendu (44 canons et d'équipage), il prend possession le de Gorée (Sénégal), dont le maréchal d'Estrées s'était emparé le . Il y installe des agents de la Compagnie du Sénégal. Au mois de décembre, il rembarque pour la France, afin de faire un compte rendu de ses actions à Versailles.

En , il quitte la France à bord d'une escadre de guerre. Il parvient à Gorée le , et trouve un établissement prospère. Le , avant la signature du traité de Nimègue, il débarque à la tête d'une flotte corsaire devant le fort d'Arguin, tenu par les Hollandais. Les combats débutent le , avant que Der-Lyncourt, le commandant du fort, ne capitule le . Maître de la place, il en profite pour étendre la domination française sur la côte du Sénégal en établissant des comptoirs à Rufisque, Portudal et Joal, en réprimant les révoltes des rois nègres entretenues par les Hollandais, ce qui a permis de créer la première colonie française au Sénégal. Le , il est attaqué par les Rufesquois qui tuent sur les 20. Il ne doit son salut qu'à la fuite à la nage. Leur suzerain nominal, le Damel du Cayor a dû en payer les fraisDaocteur P. Brau, L'île du Sortilège, dans Bulletin du Comité d'études historiques et scientifiques de l'Afrique occidentale française, 1927, (lire en ligne). Les rois de Cayor, Tin et Borbesin battus par Ducasse ont signé un traité le par lequel ils cédaient à la France la côte de la terre ferme sur le rivage de la mer. Louis XIV a cédé à la Nouvelle Compagnie du Sénégal, en 1681, les droits de l'ancienne compagnie fondée en 1677 par des lettres patentes qui mentionnent le fort d'Arguin et ses dépendancesGeorges Widal, L'île d'Arguin, dans Bulletin du Comité d'études historiques et scientifiques de l'Afrique occidentale française, 1922, (lire en ligne).

Pour le récompenser, la Compagnie du Sénégal l'a autorisé à armer pour son compte plusieurs navires. Du Casse maîtrise alors l'organisation de la traite négrière. Il devient le plus riche planteur de la Martinique, qui ne comptait encore que en 1674. Le , il entre dans la Marine royale comme lieutenant de vaisseau.

Le lendemain, , il épouse Marthe Baudry (1661-1743) à Dieppe, après avoir renoncé tous deux à leur foi calviniste en 1685, à la suite de la révocation de l'Édit de Nantes et de la proclamation de Édit de Fontainebleau. Sa femme était issue d'une famille très liée à la haute finance et au commerce colonial.

En 1687, il se rend en Guinée à bord de la frégate La Tempête et essaye de prendre Elmina (dans l'actuel Ghana)Comme en témoigne le mémoire qu'il rédige à cette occasion (cf. bibliographie) et à Issiny où il arrive le et en repart en 1688 avec Aniaba et son cousin BangaJean-Michel Deveau, L'or et les esclaves. Histoire des forts du Ghana du , UNESCO KARTHALA, Paris, 2005, , (aperçu).

Gouverneur de Saint-Domingue pendant la guerre de la Ligue d'Augsbourg (1688-1697)

thumb|Le pillage de Carthagène, auquel participe De Casse en 1697. En 1688, on lui confie la mission de conquérir le Surinam avec un armement comprenant le Hasardeux de 40 canons, l' Émerillon commandé par Jean-Baptiste de Gennes, et deux flûtes, la Loire et la Bretonne. En , venant reconnaître l'île de Boa Vista (Cap-Vert), Du Casse croise des flibustiers venus de l'île de Roatán, au Honduras, commandés par le pirate Jean Fantin qui étaient en train de la piller. Il lui fait prendre un navire espagnol, bien que la France ne soit pas en guerre contre l'Espagne, et partage avec lui la cargaison. Il se rend ensuite en Guyane pour renforcer ses effectifs, mais il manque son effet de surprise et l'expédition est un échec. Il attaque les possessions hollandaises de Berbice et Fort Zeelandia au Suriname en Guyana.org. Il rançonne la colonie de Berbice de après un combat qui entraîne la mort de 80 Français.

Il est promu capitaine de frégate, le . En 1690, il se bat dans les Indes occidentales à Saint-Christophe dont il obtient 130 esclaves et une vingtaine de chaudières et reçoit un quart du butin officiel, soit . Il poursuit la course en prenant trois navires devant La Barbade. Puis il reprend aux Anglais l'île Saint-Martin et l'île Saint-Barthélemy. Pour soulager les armateurs, il revient dans la marine du roi. Il retourne alors en France en compagnie de la Favorite commandée par Monségur, coreligionnaire et corsaire béarnais au service de Seignelay car ce dernier voulait lui confier un bateau. La mort de Seignelay a fait abandonner ce projet.

Pontchartrain qui succède à Seignelay comme secrétaire d'État de la Marine, lui confie en le commandement d'un convoi de ravitaillement pour la Martinique.