L'histoire de la DST retrace l'évolution de la Direction de la Surveillance du territoire, le principal service de contre-espionnage de la France. La DST est créée à la Libération, en , par le général de Gaulle, et dissoute en dans la nouvelle direction générale de la Sécurité intérieure.

Gouvernement provisoire de la République française

Création et établissement de la doctrine La direction de la Surveillance du territoire (DST) est l'héritière du Contrôle général de la Surveillance du territoire (CGST), un service de police créé en par le gouvernement Gaston Doumergue 2 au moment de la création de la Direction générale de la Sûreté nationale.. Elle est renforcée en par le Front populaire, et permet l'arrestation de nombreux espions allemands pendant la Seconde Guerre mondiale. Plusieurs de ses membres rejoindront d'ailleurs la Résistance.

vignette|redresse|Arrêté dactylographié du ministre de l'Intérieur du précisant l'organisation de la DST (Archives nationales de France).

La DST succède au CGST par une ordonnance du Ordonnance du relative à l'organisation du ministère de l'Intérieur, Journal officiel de la République française, , , , sur Gallica.., signée du général de Gaulle et relative à l'organisation du ministère de l'Intérieur. Cette ordonnance est complétée par un arrêté du ministre de l'Intérieur du , non publié au Journal officiel. car classifié., qui précise les attributions et les structures internes de la DST.

La DST est confiée à Roger Wybot, qui avait dirigé à Londres, à partir de , la section de contre-espionnage du Bureau central de renseignements et d'action (BCRA). Wybot prend soin de lui assurer une indépendance totale et met l'accent sur l'exploitation du renseignement qu'il confie à un service de documentation créé à son initiative. La tâche dévolue aux « documentalistes » de ce service nouveau et interne à la DST consiste principalement à identifier par recoupement les résidents étrangers suspectés de se livrer à des activités d'espionnage et de terrorisme ainsi que, en cas d'arrestation d'un suspect, de préparer les schémas d'interrogatoires. Pour cela, la DST doit exploiter les informations transmises par les agents de terrain et à mettre à jour un fichier nominatif. Lors de sa création, la DST a également pour mission de traquer les anciens criminels de guerre et collaborationnistes..

Roger Wybot assigne trois missions à la DST, qui marquent son action pour les décennies à venir. Tout d'abord, le des organismes que les espions étrangers utilisent comme couverture pour leurs opérations en France ; la des agents étrangers opérant sur le territoire ; la création d'un système de documentation central mis à jour et facilitant le recoupage d'informations et l'enquête.

Traque de collaborationnistes Les premiers dossiers ouverts par la DST ont trait à la présence, sur le territoire, de personnes ayant collaboré avec l'Allemagne nazie. Dès , des enquêtes sont menées sur des personnes ayant adhéré à un parti collaborationniste ou s'étant engagé dans des groupements militaires de l'armée allemande..

Surveillance des canaux de financement soviétiques La DST est chargée de surveiller la Banque commerciale pour l'Europe du Nord, qui joue un rôle clef dans le financement d'activités communistes en France, à partir de . Wybot demande des renseignements sur le nouveau PDG de la banque le .

Quatrième République Débuts de la guerre d'Algérie La DST infiltre le Front de libération nationale en métropole.. La DST quadrille le territoire de l'Algérie française avec des centres d'interception radio, allant de l'Algérois au Sahara.. Pendant la guerre d'Algérie, la DST affecte 70 % de son personnel à la guerre..

Affaire du camp soviétique de Beauregard La France avait laissé en à l'URSS la souveraineté sur le camp de Beauregard, au château de Beauregard à Saint-Cloud. Une opération de la DST est lancée en , sous le prétexte de trouver des enfants perdus. Les agents de la DST découvre des caisses d'armes.. En interne, l'affaire montre à la direction de la DST l'importance de la lutte anti-communiste en France..

Affaire du bazooka

En , le général Raoul Salan, gouverneur militaire de l'Algérie française, est l'objet d'une tentative d'attentat à Alger. Si l'enquête est d'abord menée par la Sûreté urbaine d'Alger, le ministre résident à Alger Robert Lacoste informe le Guy Mollet que . La DST enquête ainsi sur les évènements.

Présidence de Charles de Gaulle

Poursuite de la guerre en Algérie De à , la DST fait inculper, selon Le Monde, du FLN en métropole, et en Algérie..

Lutte contre l'Organisation de l'armée secrète En , la DST crée une force opérationnelle appelée , chargée exclusivement de la lutte contre l'Organisation de l'armée secrète..

Affaire Georges Pâques

Georges Pâques est un haut fonctionnaire français. Ancien résistant, il a pris contact pendant la guerre avec des services de l'Union des républiques socialistes soviétiques. Grâce à son poste au sein de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN), il fait fuiter au KGB des informations sensibles. Le SDECE, ancêtre de la direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE), mène une enquête sur lui après que Philippe Thyraud de Vosjoli a été mis sur sa piste par un informateur soviétique de la CIA, Anatoli Golitsyn, major du KGB...Il sera expulsé fin septembre 1963 quelque temps avant que le procès ne soit rendu public. travaillant en Finlande avant de passer à l'Ouest. Le SDECE obtient une preuve de la trahison de Pâques le , alors qu'il se rend à un rendez-vous à Feucherolles avec Vassili Vlassov, officier du KGB.

L'information est transmise à la DST, qui est chargée de l'arrestation et de l'interrogation. Georges Pâques est arrêté le devant son lieu de travail à la Porte Dauphine (siège de l'OTAN), et reconnaît devant Marcel Chalet qu'il a été recruté par les Soviétiques. Il répond à toutes les questions du service..

Démantèlement d'un réseau d'espionnage de la Stasi En , la DST enquête sur des agents secrets du ministère de la Sécurité d'État (Stasi).. Le domicile d'un des deux agents impliqués, Bammler, est perquisitionné, et les enquêteurs découvrent une statuette de bois contenant un appareil photographique miniature, un code de déchiffrement de messages secrets, etc. Le , Hans et Marianne Bammler sont condamnés à de prison. Leur partenaire à Paris, Peter Kranick, est condamné à vingt ans de prison.

Présidence de Georges Pompidou

Opération Palmes et espionnage du Canard Enchaîné

La DST met sur écoute certains journalistes. Le , des agents de la DST, déguisés en plombiers, sont surpris en train d'installer un micro espion dans les bureaux du journal du Canard enchaîné..

Présidence de Valéry Giscard d'Estaing

Présidence de François Mitterrand

Affaire Farewell

Une des affaires les plus célèbres de la DST est celle qui concerne Vladimir Vetrov, officier du KGB qui trahit son service par rancœur au printemps . Il contacta la DST, craignant que la direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE), le service français habituellement chargé de l'espionnage, ait été pénétré par le KGB, et parce qu'il avait été en relation avec un Français répondant au nom de Jacques Prévost qui assurait le suivi des contrats signés par Thomson-CSF en Union soviétique, notamment dans le domaine des télécommunications.

La DST craint une opération de manipulation de la part des Soviétiques (opérations dans lesquelles les Soviétiques étaient passés maîtres). Cependant, sur l'insistance de l'officier du KGB, le service français demanda à Xavier Ameil, cadre commercial d'une grande entreprise, d'accepter de jouer à l'officier traitant. Vetrov livra des informations de tout premier ordre. Au point, quelques mois plus tard, d'avoir inspiré à Ronald Reagan ce jugement aussi dithyrambique que lapidaire : .

Le bilan est exceptionnel : selon Marcel Chalet, Vetrov dit « Farewell » a remis exactement de documents émanant pour la plupart du KGB, la majeure partie de ses documents est frappée du cachet indiquant le niveau de classification maximal. Farewell a aussi donné à la DST la liste d'environ de membres de ligne X du KGB, c'est-à-dire les officiers de renseignement chargés de recueillir les renseignements scientifiques et techniques à travers le monde, et de du KGB appartenant à d'autres directions du KGB et du GRU.

Le , la France demanda à de quitter le territoire, sur ce total 40 étaient investis de fonctions diplomatiques, deux exerçaient le métier de journaliste et cinq officiaient dans différents organismes commerciaux.

Montée en puissance du renseignement technologique La DST recrute, à partir de la fin des années , des pirates informatiques afin de ne pas perdre d'avance sur les questions liées à la cybersécurité..

Traque et arrestation de Carlos En , Jean-François Clair, le directeur adjoint de la DST, apprend de la CIA qu'Ilich Ramírez Sánchez se trouve au Soudan. La DST mène une enquête sur place, le localise, et l'enlève le à Khartoum, sur ordre du ministère de l'Intérieur, Charles Pasqua.. Il est ramené, anesthésié, dans un avion militaire qui atterrit à l'aéroport de Villacoublay. Il est incarcéré en France à la prison de la Santé le . Sa capture a eu lieu pendant qu'il était endormi pour une chirurgie plastique qui visait à cacher son identité.

L’instruction de son affaire est assurée par le juge Jean-Louis Bruguière. Sa défense est préparée par les avocats Jacques Vergès, Mourad Oussedik et Martine Tigrane avec l'aide du banquier pro-palestinien François Genoud..

Présidence de Jacques Chirac

Présidence de Nicolas Sarkozy

Notes et références

Bibliographie .

* Catégorie:Histoire du renseignement Catégorie:Histoire de France