Mon crime est un film français réalisé par François Ozon sorti en 2023. Il s'agit d'une adaptation de la pièce Mon crime !… de Georges Berr et Louis Verneuil créée en 1934 au théâtre des Variétés.

Synopsis En 1935, à Paris, Madeleine Verdier (Nadia Tereszkiewicz) est une jeune et jolie actrice qui peine à obtenir des rôles, en conséquence désargentée. Elle partage une mansarde sans eau courante avec son amie Pauline Mauléon (Rebecca Marder), jeune avocate qui court après le client. Madeleine a pour amoureux André Bonnard (Édouard Sulpice), fils du propriétaire d'une grande manufacture de pneus qui ne reçoit que peu de subsides de son père (André Dussollier). Elle se rend à un rendez-vous avec le producteur de théâtre Montferrand qui lui offre un petit rôle dans une pièce, à condition qu'elle devienne sa maîtresse. Elle refuse. Il tente de la violer. Elle se débat et réussit à s'enfuir. Une fois rentrée chez elle, elle reçoit la visite de son ami André qui vient lui expliquer que pour résoudre leurs difficultés financières, il compte épouser une riche héritière et faire d'elle sa maîtresse. Madeleine, qui espérait qu'André l'épouse et accepte de travailler, est désespérée.

Brun (Régis Laspalès), inspecteur de la sûreté, sonne à l’appartement des deux amies : Montferrand a été assassiné et Madeleine est soupçonnée. Le juge d'instruction, Gustave Rabusset (Fabrice Luchini), mis au courant, est rapidement convaincu de la culpabilité de Madeleine, qui commence par nier. Puis, lorsque Rabusset lui dit que, si elle peut plaider la légitime défense, elle ne sera pas nécessairement condamnée, elle avoue subitement et prend son amie Pauline comme avocate. Lors du procès, Madeleine et Pauline font de l'affaire un symbole de l'oppression des femmes par les hommes, et Madeleine donne une interprétation très émouvante du rôle de jeune femme outragée écrit par Pauline. Elle est acquittée par un jury entièrement masculinÀ l'époque les femmes n'ont pas le droit de vote, et les jurés sont tirés au sort sur les listes électorales. sous les applaudissements des nombreuses femmes venues assister au procès.

Grâce au retentissement médiatique de cet acquittement surprise, Madeleine est désormais une actrice célèbre et Pauline une avocate recherchée. Elles quittent leur misérable logement et emménagent dans un hôtel particulier à Boulogne. André veut renoncer à son mariage avec la riche héritière pour épouser Madeleine, mais son père s'y oppose. C'est alors qu'elles reçoivent la visite d'Odette Chaumette (Isabelle Huppert), ancienne actrice du cinéma muet dont la carrière est sur une voie de garage depuis l'arrivée du parlant. Elle leur explique qu'elle a tué Montferrand et que Madeleine lui a volé son crime avec la gloire qu'il lui a apportée. Elle réclame de l'argent aux deux jeunes femmes, qui refusent. Elle va donc se dénoncer, mais Rabusset, qui, grâce à l'affaire Montferrand, a été promu et est devenu premier juge d'instruction, refuse de rouvrir ce dossier déjà jugé et lui enjoint de revenir le voir lorsqu'elle pourra s'accuser d'un crime disponible.

Comme Odette Chaumette continue à harceler les deux amies, Madeleine va voir l'architecte Palmarède, qui avait conclu un viager avec Montferrand et a de ce fait gagné beaucoup d'argent grâce à la mort prématurée de celui-ci. Elle le convainc d'investir une partie de cet argent dans l'entreprise du père d'André, qui bat de l'aile. Madeleine et Pauline expliquent à ce dernier que Madeleine n'est pas la meurtrière, mais surtout lui font miroiter le renflouement de son entreprise par Palmarède : il accepte le mariage et verse à Odette l'argent qu'elle réclame pour éviter de compromettre l'apport de Palmarède. Odette obtient en outre un rôle important dans la pièce à succès dans laquelle se produit Madeleine ; toutes deux y jouent une scène qui réinterprète le meurtre de Montferrand et dans laquelle Odette le tue pour sauver Madeleine, victime d'une tentative de viol.

Fiche technique

Titre original : Mon crime Titre provisoire : Madeleine Réalisation et scénario : François Ozon d'après la pièce de théâtre Mon crime !… de Georges Berr et Louis Verneuil (1934). Musique : Philippe Rombi Décors : Jean Rabasse Costumes : Pascaline Chavanne Photographie : Manuel Dacosse Montage : Laure Gardette Production : Éric et Nicolas Altmayer Sociétés de production : Mandarin Cinéma, FOZ et Scope Pictures, en association avec 7 SOFICA Société de distribution : Gaumont (France) Pays de production : Langue originale : français Format : couleur Genre : comédie dramatique Durée : Dates de sortie. : France : (Festival Premiers Plans d'Angers). ; (sortie nationale)

Distribution Nadia Tereszkiewicz : Madeleine Verdier, actrice Rebecca Marder : Pauline Mauléon, amie avocate et colocataire de Madeleine Isabelle Huppert : Odette Chaumette, actrice célèbre au temps du cinéma muet Fabrice Luchini : Juge Gustave Rabusset Dany Boon : Fernand Palmarède, architecte marseillais André Dussollier : Bonnard, patron d'une entreprise de pneumatiques Édouard Sulpice : André Bonnard, fils de Bonnard et petit ami de Madeleine Régis Laspalès : Inspecteur Brun Olivier Broche : Léon Trapu, greffier de Rabusset Félix Lefebvre : Gilbert Raton, journaliste Franck de Lapersonne : Pistole, logeur de Madeleine et Pauline Evelyne Buyle : Simone Bernard, actrice Michel Fau : Maurice Vrai, avocat général Daniel Prévost : Parvot, président des Assises Myriam Boyer : Jus, concierge Jean-Christophe Bouvet : Montferrand, producteur de théâtre Suzanne de Baecque : Céleste, domestique Lucia Sanchez : Alvarez Jean-Claude Bolle-Reddat : Émile Bouchard, amant de Simone Bernard Dominique Besnehard : le chef de rang du restaurant Paul Beaurepaire : le crieur de journaux Georges Bécot : la voix du cinéma

Musique La musique originale est de Philippe Rombi, sauf deux chansons chantées par Danielle Darrieux.

Liste de la bande originaleMon Crime-Bande musicale originale. CineZik : lire en ligne :

Production Genèse et développement L'inspiration du film, un temps gardé secret sous le nom de code « Madeleine », vient en grande partie des comédies de Sacha Guitry. Le réalisateur admet également apprécier . Le film se déroulant dans les années 1930, François Ozon dit penser tout de suite à Renoir et son cinéma, plus particulièrement au film La Règle du jeu..

Il s'agit donc de l'adaptation d'une pièce de 1934 offrant une possibilité d'adaptation intéressante pour la réalisation. Dans une époque ancienne, les années 1930 donc, le réalisateur peut à la fois respecter l'ambiance originale de la pièce tout en abordant des sujets contemporains, mais avec une plus grande légèreté, . Si l'histoire avait été transposée à notre époque actuelle, François Ozon estime que le film aurait pu devenir un drame, un peu dans la même veine que son film Grâce à Dieu.

Attribution des rôles Pour trouver les deux actrices principales de son film, François Ozon s'est livré à un long casting de 200 personnes. Le cinéaste n'avait pas encore vu les films Les Amandiers et Simone, le voyage du siècle, dans lesquels jouent respectivement Nadia Tereszkiewicz et Rebecca Marder. Cependant, ce ne fut pas nécessaire car le réalisateur a , ce qu'il estime important du fait du sujet du film. Il trouve également que les deux actrices ont .

Le réalisateur a également gardé auprès de lui des personnels de l'équipe technique habitués de ses plateaux de tournage, comme la cheffe costumière, trois fois lauréate d'un César, Pascaline Chavanne, ou encore le chef opérateur Manu Dacosse.

De la même manière, certains acteurs ont déjà par le passé tourné avec François Ozon. Ainsi, il retrouve vingt ans après Huit Femmes Isabelle Huppert, mais également Fabrice Luchini (Dans la maison, Potiche) et André Dussollier avec qui il a tourné Tout s'est bien passé. Pour le cinéaste, avec le rythme quasi annuel de ses productions, travailler .

C'est en que l'on apprend la composition d'une partie de la distribution, avec entre autres les noms précédemment cités mais également celui de Dany Boon..

Tournage En , il est annoncé que le tournage a débuté en avril et vient de s'achever..

Le film a été tourné à Paris (à la Maison de la Mutualité, à la brasserie Floderer et au Palais de justice de Paris) au tribunal administratif de Melun, au Château de Vaugien, dans les rues du centre-ville de Bordeaux et en Île-de-France (dans les studios de Bry-sur-Marne) ainsi qu'en Belgique à Charleroi et Bruxelles, notamment à la villa Empain (lieu du crime). La scène dans la salle de bain de l'hôtel particulier a été tournée à l'hôtel Frugès, à Bordeaux.

Accueil Accueil critique

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Pour Olivier Delcroix, du Figaro, ..

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Selon Luc Chessel, de Libération, ..

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Distinction Nomination César 2024 : Meilleurs costumes pour Pascaline Chavanne

Analyse La relecture du vaudeville de Georges Berr et Louis Verneuil fait entrer Mon crime (le titre perd au cinéma ses ponctuations…) dans le monde du cinéma : Montferrand, de banquier devient producteur, et Madeleine, de femme de lettres, devient actrice.. Surtout, en regardant l'histoire des années 1930 avec les yeux de l'ère de #MeToo, François Ozon retourne une pièce « un peu misogyne » en un « film féministe très contemporain », même si sa roublardise n'échappe à personne..

Notes et références

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