L'hôtel de Nevers, dit plus tard hôtel de Guénégaud puis grand hôtel de Conti, est un ancien hôtel particulier qui se situait à Paris, sur la rive gauche de la Seine, à l'actuel emplacement de l'hôtel de la Monnaie. Construit originellement en 1580, après plusieurs transformations, il disparaît à partir de 1768.
Histoire du bâtiment Hôtel de Nevers (Gonzague) En 1572, Louis IV de Gonzague-Nevers, achète au roi Charles IX, le Grand Hôtel de Nesle, situé en amont de la Tour de Nesle sur la rive Gauche de Paris.
Dans le cadre de la conjuration des Malcontents, et si l’on en croit Les mémoires de Monsieur le duc de NeversLes mémoires de Monsieur le duc de Nevers, Paris, Thomas Joly, 1665, - sur Gallica., . La réalité fut sans doute moins romanesqueHenri Martin, Histoire de France, depuis les temps les plus reculés jusqu'en 1789, éd. Furné, Paris, 1857, 376–378..
Le duc de Nevers fait transformer cette bâtisse en 1580, laquelle est renommée « hôtel de Nevers » ; mort en 1595, le duc l'avait transmise à son fils, Charles Ier de Mantoue, quand l'hôtel resta inachevé. Aucun architecte certain n'est connu. Cependant, un témoin de l'époque, Blaise de Vigenère, distingué antiquaire et historien de l'art, écrivait, sans doute en exagérant, que . Trois noms d'architectes ont été avancés par des historiens, à savoir Pierre Lescot, ou Baptiste Androuet du Cerceau, ou bien encore Thibaut MétezeauJean-Pierre Babelon, Demeures parisiennes sous Henri IV et Louis XIII, Hazan, 1991, ..
L'iconographie de l'époque témoigne du premier bâtiment. Le corps du logis était élevé perpendiculairement à la Seine et possédait une entrée située à l'ouest et un jardin à l'est. Le duc ne put acquérir de terrain supplémentaires du fait de la présence en aval du fleuve de la Tour de Nesle et de l'enceinte construite sous Philippe-Auguste. Ainsi, seuls deux pavillons furent achevés, reliés entre eux par une aile centrale. Le dessin d'Israël Silvestre datant de 1648 (au plus tard), permet de visualiser l'hôtel côté ouest, de même que sur une peinture d'Abraham de Verwer datée 1637. Exécuté avant 1616, un dessin de Claude Chastillon donne une vue perspective depuis l'est, projetant une construction achevée du domaine, laquelle n'aboutit jamais, mais qui montre au premier plan, les restes de la Grande Galerie de l'ancien hôtel de Nesle aménagée par Jean de Berry avant 1416Jean Guillaume, Un tournant dans l’histoire de la galerie : les hôtels parisiens de la fin du XIVe siècle, in: Bulletin Monumental, 2008, 166-1, — sur Persée..
L'hôtel de Guénégaud Marie de Mantoue, veuve de Charles II de Nevers-Mantoue et régente de ses biens, en fait vendre le terrain et les matériaux à Henri du Plessis-Guénégaud, alors au début de sa gloire ministérielle.
Le , devant Crespin et Lemercier notaires au Châtelet, il signe avec Hierosme de Sannazare, comte, sénateur et conseiller d'État de Montferrat, député plénipotentiaire de Charles II de Mantoue, un contrat de vente pour la somme d'un million de livres tournois Bibliothèque de l'Instit, Fonds Godefroy, tome 19, , cité par Henri Cordier, « Annales de l'Hôtel de Nesle (Collège des Quatre-Nations Institut de France) », in: Mémoires de l'Institut de France, 1920, t. 41, ., sur la rive gauche de la Seine. Là, il fait percer une voie, la rue qui porte son nom et, dans le rectangle irrégulier compris entre cette voie nouvelle, le quai et le collège des Quatre-Nations, il fait construire l'hôtel de GuénégaudAuguste Vitu, « La Mansarde de Bonaparte au quai Conti », in: Bulletin de la Société historique de la ville de Paris, novembre-décembre 1884, ..
Entre 1648 et 1652, Plessis-Guénégaud demande à François Mansart de remodeler le bâtiment. Il ajoute de nouvelles ailes de chaque côté de l'entrée principale, majestueuse porte cochère ci-dessous représentée par Jean Marot, qui ouvre désormais sur une cour, avec une sortie de service côté sud. Ces changements sont clairement visibles sur le plan de Gomboust publié en 1652.
Le , devant Beauvais, notaire, il cède le dit hôtel Guénégaud à Anne-Marie Martinozzi, nièce de Mazarin, veuve d'Armand de Bourbon, prince de ContiBulletin municipal officiel de la Ville de Paris 17 février 1920, . en partie en échange d'un autre hôtel, situé quai Malaquais qui avait été construit pour Louis Le Barbier en 1630-1632.
Grand hôtel de Conti
C'est à cette époque que le quai de Nevers est rebaptisé quai de Conti, et que l'hôtel Guénégaud devient l'hôtel de Conti, qu'il ne faut pas confondre avec le petit hôtel de Conti. La princesse Anne-Marie Martinozzi meurt en 1672, et c'est son fils, Louis-Armand I, devenu prince de Conti en 1666, qui en hérite durant sa minorité. Quand celui-ci meurt en 1685, sans enfant, c'est son frère cadet qui en hérite.
En 1688, le Grand Conti offre au Grand Dauphin une magnifique fête, qui nous décrite dans les moindres détails par le Mercure GalantVoir Mercure Galant, juillet 1688, pp. 191 à 220.. Le prince monta d'abord dans l'appartement haut du premier étage pour un spectacle d'opéra aménagé dans le grand salon carré qui était situé dans le pavillon du bord de l'eau. Puis en revenant, la nuit était tombée, toutes les pièces étaient illuminées. Il descendit au rez-de-chaussée où une galerie de banquet avait été décorée de caisses d'orangers ornés de fleurs et de girandoles sur le dessus. La soirée finit par une illumination dans les jardins, toutes les maisons en face étant illuminées.
On sait qu'un "petit cabinet des glaces doré" était situé au rez-de-chaussée de l'hôtel, entre la salle carrée et les petits cabinets des jeux, côté parterre. Cette pièce était typique des petits cabinets des miroirs que tout riche personnage se devait d'avoir chez soi. Tout s'y reflétait à l'infini.
vignette| Démolition de l'hôtel de Conti, dessin anonyme, vers 1770, BnF.
Le fils de ce dernier, Louis-Armand II en hérite en 1709. Son fils, Louis-François de Bourbon-Conti en hérite en 1727 et revend la propriété en 1749 à un entrepreneur en nom collectif, dans le cadre d'un projet jamais réalisé, un nouvel hôtel de ville pour Paris. Le site en déshérence après banqueroute sert de garde-meuble pour la Couronne jusqu'en 1768. Après cette date, le roi autorise la construction à cet endroit de l'hôtel de la Monnaie Allan Braham et Peter Smith, François Mansart, Londres, A. Zwemmer, 1973, ..
En , des fouilles archéologiques effectuées dans les sous-sols des rues de Nesle, de Nevers, Mazarine et Guénégaud, auraient mis au jour des fondations remontant à l'hôtel de Nesle et de NeversBénédicte Perfumo, Découverte de vestiges de la Grande Galerie de Jean de Berry à l’hôtel de Nesle ?, in: Bulletin Monumental, 2014, 172-3, — lire sur Persée..
Notes et références
Catégorie:Bâtiment détruit à Paris Nevers (rive gauche) Nevers (rive gauche) Catégorie:Bâtiment de François Mansart