vignette|Symboles fréquemment utilisés par les terroristes d'extrême droite (croix celtique, croix gammée nazie, drapeau confédéré, Schutzstaffel). vignette|Les conséquences de l'attentat à la bombe d'Oklahoma City en avril 1995.

Le terrorisme d'extrême droite est un acte de terrorisme motivé par diverses idéologies d'extrême droite. Cela peut être motivé par le néonazisme, le nationalisme, le suprémacisme blanc, l'anticommunisme, le néo-fascisme, l'écofascisme ou encore le fondamentalisme religieux. Le terrorisme d'extrême droite moderne a largement émergé en Europe occidentale dans les années 1970, et après les révolutions de 1989 et la dissolution de l'Union soviétique en 1991, il a émergé en Europe de l'Est et en Russie.

Les terroristes d'extrême droite visent à renverser les gouvernements et à les remplacer par des régimes autoritaires. Ils croient que leurs actions déclencheront des événements qui mèneront finalement à la mise en place de ces gouvernements.

Historique Le Ku Klux Klan, fondé en 1865, est la première instance célèbre d'un groupe créé spécifiquement pour assurer la suprématie des Blancs. Dans les années 1960 et 1970, le gouvernement américain combat ouvertement le Ku Klux Klan, menant au démantèlement de ses cellules les plus dangereuses par le FBI...

Les premières formes de terrorisme d'extrême-droite en Europe sont antisémites, symbolisées par Édouard Drumont avant la Seconde Guerre mondiale et par René Binet après la guerre. L'idée est remaniée par Renaud Camus au début des années 2000 en remplaçant la cible juive par une nouvelle cible musulmane. Dès cette époque, l'idée est de justifier les attaques par un concept de légitime défense contre une invasion qui serait le véritable crime.

Le terrorisme d'extrême-droite gagne en ampleur en France avec la création de l'Organisation de l'armée secrète pendant la Guerre d'Algérie. Le , l'organisation cause la deuxième attaque terroriste la plus meurtrière de l'histoire de France après les attentats du 13 novembre 2015 avec 27 morts, en attaquant le train Strasbourg-Paris. Le , l'organisation tente d'assassiner Charles de Gaulle.

vignette|Le 12 avril 1973 (le « jeudi noir de Milan ») une manifestation d'extrême droite fait de nombreux blessés et un mort parmi les forces de l'ordre.

Dans les années 1970, les années de plomb voient un important terrorisme d'extrême-droite en Italie, souvent dans l'objectif d'imputer à l'extrême gauche des attentats supplémentaires. Entre 1969 et 1975, les attentats et les violences politiques y sont surtout imputables à des groupes de droite (à 95 % de 1969 à 1973, à 85 % en 1974 et à 78 % en 1975). On compte sur la décennie blessés, dont 551 imputables à l’extrême droite..

Théorie du grand remplacement et années 1970 Dans les années 1970, la Nouvelle Droite française et surtout Alain de Benoist et Renaud Camus créent la théorie du grand remplacement ; pour certaines personnes parmi les plus extrémistes, on commence à parler de génocide blanc par l'immigration. Guillaume Faye a quant à lui rendu célèbre l'expression de .

Aux États-Unis, dès les années 1990 et l'attentat d'Oklahoma City, des organisations alertent sur la vulnérabilité particulière des vétérans à la radicalisation.

Attentats du 11 septembre 2001 Après les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis, les personnalités politiques islamophobes apparaissent sur le devant de la scène européenne et nord-américaine. C'est à cette époque que le terrorisme d'extrême-droite devient la menace principale. En 2015 et 2016, l'arrivée d'environ deux millions de demandeurs d'asile en Europe galvanise les extrémistes.

Aux États-Unis, des forts pics de violence d'extrême-droite sont enregistrés après l'élection de Barack Obama. Le département de la Sécurité intérieure des États-Unis demande une attention renforcée au terrorisme d'extrême-droite à la suite de l'élection d'un homme noir au poste de président.

Naissance du manifeste En , les attentats d'Oslo et d'Utøya font 77 morts ; c'est le premier cas où le terroriste écrit un manifeste et le publie pour donner plus de visibilité à son acte, ce qui devient par la suite une pratique répandue.

Dans les années 2000, la Russie tend à soutenir la rhétorique xénophobe, quitte à cautionner des violences sur son territoire. En 2011, des affrontements ont lieu entre la police, des groupes d'extrême-droite et des hooligans, marquant un changement de comportement du gouvernement. L'État commence alors à incarcérer ses membres les plus violents. En Europe, les extrémistes commencent alors à se tourner vers l'Ukraine à partir de 2014 et de l'Euromaïdan, où se fait connaître le régiment Azov qui attaque d'abord, en dehors de sa lutte contre l'invasion russe, les personnes non-blanches puis les homosexuels.

Entre 2010 et 2017, aux États-Unis, on compte 263 actes de terrorisme dont 92 d'extrême-droite, un nombre plus élevé que celui du terrorisme islamiste. En Europe, le nombre de morts dans des attaques terroristes d'extrême-droite augmente fortement dans les années 2010 mais reste inférieur à celui du terrorisme islamiste. En 2016, l'année de l'élection de Donald Trump, 127 agressions contre les musulmans sont signalées au FBI, un nouveau pic après l'ancien record à 93 en 2001 ; l'année suivante, l'administration coupe les subventions accordées aux groupes luttant contre la violence relevant du suprémacisme blanc, affirmant qu'elle ne relève que du maintien de l'ordre classique, et ferme la cellule dédiée du département de la Sécurité intérieure des États-Unis.

En 2017, l'attentat de la grande mosquée de Québec est la tuerie faisant le plus de victimes commise par le suprémacisme blanc jusqu'aux attentats de Christchurch.

Internationalisation En France, après les attentats du 13 novembre 2015, des personnes d'extrême-droite tentées par le terrorisme sont qualifiées par les spécialistes d'« enfants du ». La figure de l'immigré passe du stéréotype de la à celui de l'islamiste. L'attentat du 14 juillet 2016 à Nice renforce la menace perdue en touchant la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Au premier , en France, on compte 611 détenus incarcérés pour des faits en lien avec le terrorisme, dont 28 d'extrême-droite. En , 52 personnes sont en cours de mise en examen pour des projets d'extrême-droite prévoyant le recours à la violence, dont Rémy Daillet-Wiedemann. Les actes terroristes sont considérés comme une suite logique de la guerre d'Algérie, le terroriste Nogan Lisin en particulier ayant repris le sigle d'OAS pour . Les organisations européennes et nord-américaines commencent à collaborer, en particulier avec un contact étroit entre Génération identitaire et Identity Evropa, à l'origine de la manifestation « Unite the Right » à Charlottesville en 2017.

Le , les attentats de Christchurch sont commis contre deux mosquées de la ville de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, et qui font 51 morts et 49 blessés. Il s'agit de la tuerie la plus meurtrière commise spécifiquement contre des musulmans dans un pays occidental et l'attentat d'extrême droite ayant causé le plus de victimes depuis les attentats d'Oslo et d'Utøya en 2011 ().. Le mois suivant, un homme attaque une synagogue à Poway, accusant les Juifs d'orchester un .

Dans les six mois précédents, plusieurs attaques sont empêchées dans le monde : la France arrête les Barjols, un groupe de personnes voulant assassiner Emmanuel Macron, l'Espagne arrête un fasciste qui veut assassiner Pedro Sánchez, l'Allemagne découvre une tentative de coup d'état en Allemagne en 2022 au sein de son armée. Aux États-Unis, un nationaliste blanc tue 11 personnes dans une synagogue à Pittsburgh ; en , le FBI arrête un garde-côte qui veut tuer une liste d'élus démocrates. À El Paso, un homme tue 22 personnes en visant spécifiquement des Mexicains, dénonçant dans son manifeste une , et le , à Halle-sur-Saale, une attaque fait deux morts dans une synagogue.

De 2017 à 2021, huit projets d'attentat sont déjoués en France, avec le démantèlement de cinq cellules terroristes, et quatre en 2018 et 2019 en Belgique. De 2015 à 2020, le nombre d'actions terroristes d'extrême-droite enregistrées dans le monde occidental triple. Aux États-Unis, l'Anti-Defamation League estime que 76% des personnes tuées aux États-Unis dans le cadre d'attentats le sont dans des attentats d'extrême-droite.

Le , un adolescent de 14 ans soupçonné d'un projet d'attentat contre une mosquée est arrêté à Bruxelles. Cette arrestation met en lumière l'implication et l'endoctrinement des Mineur dans le terrorisme d'extrême-droite.

Le , Hichem Miraoui, un Tunisien de 45 ans, est tué par balle, tandis qu'un homme turc a été blessé. Le suspect, Christophe B., avait publié plusieurs vidéos raciste sur les réseaux sociaux et avait appelé à tuer des personnes maghrébine avant de passer à l'acte. L'affaire a été saisie par le Parquet national antiterroriste, marquant ainsi une première dans la reconnaissance judiciaire d’un homicide lié à l’idéologie d’extrême droite. En France douze projets d'attentat d'extrême-droite ont été déjoués depuis 2017.

Pandémie de Covid-19 Il est probable que la pandémie de Covid-19 ait joué un rôle dans les augmentations de violences d'extrême-droite. L'isolement physique, rendant plus vulnérable à la radicalisation, s'accompagne de beaucoup de temps passé sur Internet en contact avec des contenus à potentiel de propagande. Certaines branches du groupuscule Division Atomwaffen prévoient également de propager volontairement le virus dans des lieux fréquentés par des minorités ou par la police.

En , le de l'Organisation des Nations unies alerte : . Si le phénomène n'a rien de nouveau, elle observe que sa fréquence et sa létalité ont augmenté dans les quelques années précédentes. En , Thomas Haldenwang, président des services de renseignement allemands, place le terrorisme d'extrême-droite devant le terrorisme djihadiste dans les menaces pesant sur l'Allemagne.

Le département d'État des États-Unis pousse pour inscrire une première organisation étrangère comme organisation de terrorisme suprémaciste blanc, la Division Atomwaffen. L'organisation est officiellement dissoute par sa direction avant que l'organisation puisse être catégorisée et la Ligue anti-diffamation déclare que .

En , Gérald Darmanin fait un discours sur les menaces du terrorisme d'ultra-droite. En , le Belge Jürgen Conings est pourchassé pour ses menaces envers des personnalités politiques, des mosquées et le virologue Marc Van Ranst. En raison d'opinions radicales et d'accointances avec l’extrême-droite, onze militaires se voient interdire l'accès à des dépôts d'armes et aux informations sensibles sur l'affaire.

En 2021, Europol indique avoir recensé 388 interpellations pour terrorisme, dont 29 d'extrême-droite en France, soit 45 % des interpellations en Europe pour ce sujet.

Cibles Les cibles des terroristes d'extrême-droite sont généralement des personnalités politiques ou des personnes non blanches, souvent de confession musulmane en France, ainsi que des personnes de confession juive. Un homme arrêté en France pour volonté de faire un attentat de masse à l'explosif affirme vouloir viser .

Au , le terrorisme d'extrême-droite s'appuie sur deux piliers : la volonté d'une population à peau blanche sans croire à l'assimilation des populations immigrées, et la croyance au grand remplacement, poussant les terroristes à soutenir la remigration des personnes non blanches ou musulmanes, l'Islam étant vu comme incompatible avec les pays à culture européenne. Il peut aussi y avoir une volonté d'accélérationnisme, c'est-à-dire de provoquer une guerre civile menant à l'effondrement rapide de la société et à la création rapide d'un ethno-État blanc.

Méthodes Armes