Karel Dujardin, baptisé à Amsterdam le et mort à Venise le , est un peintre et graveur néerlandais (Provinces-unies) du siècle d'or, connu pour ses paysages italianisants. Il fit partie des Bamboccianti.
Biographie Karel Dujardin est baptisé le à l’église luthérienne d’Amsterdam.
Bien que l'on ne dispose pas d'éléments certains permettant de dire auprès de qui il fit son apprentissage, on cite fréquemment à ce sujet les noms de Nicolaes Berchem et Paulus Potter.
Selon certainsG.J. Hoogewerff (1952), p. 93., il aurait fait, entre 1646 et 1652, un premier voyage en Italie, mais il y a lieu d'en douter, étant donné l’âge qu’il devait avoir à cette époque. Vers 1648-1649, il part pour LyonJ.M. Kilian (2005), p. 7. où, si l'on en croit Arnold Houbraken, il se serait couvert de dettes et aurait épousé la femme qui l’hébergeait pour s’en sortir.
Dujardin se fixe ensuite à Paris : en 1649, il habite rue des Petits-Champs. Peu de temps après, on retrouve sa trace à Amsterdam, où il signe un acte en date du ; il y est présenté comme un marchand faisant route pour Paris. En 1650, il épouse dans la ville française une dénommée Susanna Van Roy.
En , Dujardin se rend de nouveau à Amsterdam ; il y est encore renseigné en 1652 et en J.M. Kilian (2005), p. 8.. Quelques années plus tard, il est à La Haye où, le , il participe à la fondation de la corporation de peintres Confrérie Pictura et devient membre de la Schutterij. En , il réalise un tableau pour la guildeJ.M. Kilian (2005), p. 8-9. et retourne, à la fin de 1658 ou au début de 1659, à AmsterdamJ.M. Kilian (2005), p. 9..
Le , il part vers l’île de Texel et, le , y embarque pour un voyage à destination de l’Italie. Il passe par Dunkerque (le ), Douvres, Portsmouth (), ensuite l'archipel des Berlengas (), Cádiz () et Tanger (). Le , il franchit Malaga et débarque à Alger huit jours plus tard. Il arrive enfin à Rome avant que l’année ne se soit écouléeJ.M. Kilian (2005), p. 14.. Sa présence à Rome est signalée en 1675, 1676 et 1678. Là, il aurait été membre des Bentvueghels, qui lui auraient donné le surnom de « Bokkebaard » (« Barbe de bouc ») ; toutefois, d’après Houbraken, Dujardin reçut ce surnom sans pour autant avoir fait partie de la confrérieG.J. Hoogewerff (1952)..
En 1678, il se rend à Venise, où il meurt le de la même année.
Selon Houbraken, Dujardin aurait eu pour élève Jacob van der Does (1654-1699), deuxième du nom.
Œuvre
Dujardin aborde des genres variés. À côté de ses paysages pastoraux, il exécute également des portraits et des scènes historiques et bibliques, des représentations d’animaux et des bambochades. Il est resté célèbre surtout pour son portrait de Michiel de Ruyter, qu’il rencontre à plusieurs reprises, et pour Les Charlatans italiens, tableau qui se trouve aujourd’hui au musée du Louvre, et qui fut gravé par Boissieu. Dujardin lui-même grave à l'eau forte avec succès et publie, en 1652, un recueil de paysages composé de cinquante-deux planches.
Au musée Jeanne-d'Aboville de La Fère, dans l'Aisne, le Paysage avec personnages, inspiré par la campagne romaine, constitue un autre exemple de « tableau pastoral » intéressant dans la carrière de Dujardin.
Le thème des paysans cheminant à travers la campagne est présent dans son œuvre dans les années 1650. Toujours plus idyllique, il trahit l'intérêt de l'artiste pour la corporalité de ses figures de plus en plus grandes et leur intégration dans le paysage. Les lumières dorées de ses peintures se traduisent dans ses gravures par la clarté dégagée par les réserves de papier.
La femme retenant sa jupe et découvrant ses mollets apparait à de très nombreuses occurrences dans son œuvre, tel l'un de ses « motifs-signatures » ; il l'applique même à la Vierge Marie dans un Retour d'Égypte de la Sainte Famille.
1657 : Les Charlatans italiens, Huile sur toile, , musée du Louvre, ParisCharlatans, Louvre vers 1657 : Jeune paysanne, trayant une vache, huile sur toile, , Nationalmuseum, StockholmLa Traite, Stockholm. 1661 : Le Calvaire, Huile sur toile, , musée du Louvre, ParisCalvaire, Louvre 1660 - 1665 : Paysage italien avec un jeune berger jouant avec son chien, huile sur panneau, , Mauritshuis, La HayeJeune berger, Mauritshuis 1662 : Hagar et Ismaël dans le désert, huile sur toile, , Ringling Museum, SarasotaHagar et Ismaël, Sarasota 1663 : Saint Paul guérissant les paralytiques à Lystra, huile sur toile, , Rijksmuseum, AmsterdamSt Paul guérissant, Rijksmuseum 1675 : Paysage dans la campagne romaine, au musée royal des Beaux-Arts, à Anvers.
Galerie d’œuvres
Notes et références
Notes
Références
Annexes Bibliographie Cornelis de Bie, Het Gulden Cabinet, 1662, p. 377 Godefridus Johannes Hoogewerff, De Bentvueghels, 's-Gravenhage, 1952. Arnold Houbraken, Groote Schouwburgh der Nederlantsche konstschilders en schilderessen, 1718-1721. Jennifer M. Kilian, The Paintings of Karel Du Jardin, 1626-1678 : Catalogue Raisonné, John Benjamins, Amsterdam, 2005 .
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