Alexandre Mikhaïlovitch Vassilievski (en ) ( - ) est un chef militaire soviétique. Il participa à la planification et à la coordination des contre-offensives soviétiques décisives pendant la Seconde Guerre mondiale. Il fut responsable de l'invasion de la Mandchourie dans le cadre de l'attaque de l'URSS contre l'empire du Japon en 1945 ; il fut nommé maréchal de l'Union soviétique et, plus tard, ministre de la Défense.
Biographie Jeunesse Vassilievski est né le à Novaïa Golchikha de l'ouïezd de Kinechma (qui fait maintenant partie de la ville de Vitchouga dans l’oblast d'Ivanovo). Vassilievski était le quatrième enfant d'une fratrie de huit. Son père, Mikhaïl Alexandrovitch Vassilievski, était prêtre à l'église Saint-Nicolas. Sa mère, Nadejda Ivanovna Sokolova, était la fille du prêtre du village voisin de Ugletz. Vassilievski aurait rompu tout contact avec ses parents après 1926 en raison de son adhésion au Parti communiste de l'Union soviétique et à ses fonctions militaires dans l'Armée rouge ; trois de ses frères firent de même. Cependant, la famille a renoué des relations en 1940.
Selon Vassilievski, sa famille était très pauvre. Son père a passé la plupart de son temps à travailler pour gagner de l'argent, tandis que les enfants ont dû travailler dans les champs. En 1897, la famille déménage à , où son père est devenu prêtre à l'église de l'Ascension nouvellement construite, et où Alexandre a commencé son éducation à l'école de l'église. En 1909, il entre au séminaire de Kostroma, qui a nécessité un grand sacrifice financier de la part de ses parents.Vassilevsky, ...
Première Guerre mondiale et guerre civile Après avoir terminé ses études au séminaire et avoir passé quelques années à travailler comme professeur, Vassilievski se destine à la profession d'ingénieur agronome. Mais le déclenchement de la Première Guerre mondiale change ses plans. Selon ses propres mots, il a été « submergé par des sentiments patriotiques » et a décidé de devenir soldat. Vassilievski passe les examens d'entrée en et entre à l'Académie militaire Alexandre à Saint-Pétersbourg en février. Comme il le rappelle, « je n'ai pas décidé de devenir officier avant de commencer une carrière militaire. Je voulais toujours être ingénieur agronome et travailler en Russie après la guerre. Je ne pouvais pas supposer que mon pays allait changer. » Après quatre mois de cours qu'il a considérés plus tard comme complètement dépassés, suivant une théorie inappropriée pour la guerre moderne, il est envoyé en au front avec le grade de praporshchik (enseigne), dans l'infanterie russe..
De juin à septembre, Vassilievski est affecté à une série de régiments de réserve, et est finalement en septembre en tant que commandant de demi-compagnie dans le de Novokhopersky, dans la , de la . En , il mène ses hommes au cours de l'offensive Broussilov, et devient chef de bataillon après de lourdes pertes parmi les officiers. Il est promu capitaine à l'âge de 22 ans.
En , juste après la Révolution russe, Vassilievski décide de mettre fin à sa carrière militaire. Comme il l'écrit dans ses mémoires,
Il quitte la Roumanie, où son unité avait été déployée, en 1917.
En , de retour à la maison, Vassilievski apprend que les hommes du , qui avait été envoyé en Ukraine, l'avaient élu comme commandant (au début de la Révolution russe, les commandants sont élus par leurs propres hommes). Toutefois, les autorités militaires locales lui recommandent de décliner la proposition en raison des combats lourds qui auront lieu en Ukraine entre les forces pro-soviétiques et le gouvernement indépendantiste d'Ukraine. Il suit ce conseil et devient sergent-instructeur. Il se retire en et devient maître d'écoleVasilevsky, ..
En , Vassilievski est à nouveau enrôlé dans l'Armée rouge et est envoyé pour réprimer un soulèvement de paysans et imposer la politique d'urgence soviétique de prodrazvyorstka, qui force les koulaks à vendre leurs surplus agricoles à prix fixe. Plus tard, en 1919, Vassilievski prend le commandement d'un bataillon de réserve, puis en , d'un régiment. Cependant, son régiment n'aura jamais pris part aux batailles de la guerre civile russe. En , Vassilievski est envoyé sur le front occidental en tant que commandant adjoint d'un régiment, qui participe à la guerre polono-soviétique.
En tant que commandant adjoint du , de la , , Vassilievski participe à la bataille de la Bérézina, participe à la contre-attaque du , perce les lignes polonaises avant d'être arrêté par les contre-attaques de la cavalerie ennemie. Plus tard, à partir du , il prend part à l'offensive soviétique de Vilnius, avance vers le fleuve Niémen en dépit de la forte résistance polonaise. Vassilievski arrive près de Vilnius à la mi-juillet et y stationne sa garnison jusqu'au traité de Riga.
Entre-deux-guerres Après le traité de Riga, Vassilievski lutte contre le reste des forces blanches et des révoltes paysannes en Biélorussie et dans l'oblast de Smolensk jusqu'en . En 1930, il sert en tant que commandant des , et de carabiniers, où il montre une grande habileté dans l'organisation et la formation de ses troupes. Au cours de ces années, Vassilievski crée des liens d'amitié avec les commandants supérieurs et les membres du Parti, y compris Kliment Vorochilov, Vladimir Triandafillov et Boris Chapochnikov, qui en particulier, allait devenir protecteur de Vassilievski jusqu'à sa mort en 1945.
Pendant son séjour à la Direction de la formation militaire, Vassilievski supervise la formation de l'Armée rouge et travaille sur les manuels militaires et des livres sur le terrain. Il rencontre également plusieurs hauts commandants militaires, tels que Mikhaïl Toukhatchevski et Gueorgui Joukov. Joukov plus tard parle de Vassilievski comme « un homme qui connaissait son métier, puisqu'il a passé beaucoup de temps à commander un régiment, et qui a obtenu le plus grand respect de tout le monde. » En 1934, Vassilievski est nommé superviseur principal de formation militaire de la Volga. En 1937, il entre à l'Académie de l’État-Major général, où il étudie les aspects importants de la stratégie militaire.
À la mi-1937, durant les Grandes Purges, Staline élimine un grand nombre de hauts commandants militaires, et laissa vacants plusieurs postes à l’État-Major général. À son grand étonnement, Vassilievski est nommé à l’État-Major général en et devient « responsable de la formation opérationnelle des officiers supérieurs ». En 1938, il devient membre du Parti communiste, condition pour réussir une carrière en Union soviétique. En 1939, il est nommé commandant adjoint de la Direction des opérations de l’État-Major général, tout en conservant son grade de commandant de la division.
En tant qu'officier supérieur, Vassilievski rencontre fréquemment le Petit père des peuples. Lors d'une de ces réunions, Staline demande à Vassilievski des nouvelles de sa famille, puisque le père de Vassilievski était prêtre et donc un potentiel « ennemi du peuple », mais Vassilievski déclare qu'il n'a plus de relations avec lui depuis 1926. Staline, surpris, suggère qu'il rétablisse ses liens familiaux.
Seconde Guerre mondiale Bataille de Moscou thumb|upright|Vassilievski en 1941 Le , il apprend le bombardement allemand de plusieurs importants objectifs militaires et civils, marquant le début de l'opération Barbarossa. En , Vassilievski est nommé chef de la Direction des opérations de l’État-Major général et chef adjoint de l’État-Major général, ce qui fait de lui une des figures-clés de la direction militaire soviétique. À la fin de , Vassilievski prononce un discours devant l’État-Major général, décrivant la situation comme extrêmement difficile.
En , la situation sur le front devient critique, avec les forces allemandes qui avancent vers Moscou au cours de l'opération Typhon. En tant que représentant de l’État-Major général soviétique, Vassilievski est envoyé à l'Ouest pour coordonner la défense et garantir un flux de fournitures aux hommes dans la région de Mojaïsk, où les forces soviétiques ont tenté de contenir l'avance allemande. Au cours de violents combats près de la banlieue de Moscou, Vassilievski reste sur la ligne de front et tente de coordonner les trois fronts commis à la défense de Moscou. Alors que la majorité de l’État-Major général (y compris son maréchal en chef Chapochnikov) a été évacuée de Moscou, Vassilievski reste dans la ville comme agent de liaison entre l’état-major de Moscou et les membres évacués de l’État-Major général. Dans ses Mémoires, Nikita Khrouchtchev décrit Vassilievski comme un « spécialiste capable ». Le , Vassilievski est promu général..
Été et automne 1942 En , l'un des épisodes les plus controversés de la carrière de Vassilievski est survenu : la deuxième bataille de Kharkov. L'échec d'une contre-offensive a conduit à une défaite cuisante l'Armée rouge, et finalement au succès d'une offensive allemande dans le sud. Après la défense victorieuse de Moscou, le moral des Soviétiques était élevé et Staline était déterminé à lancer une autre contre-offensive générale au cours de l'été suivant. Toutefois, Vassilievski a reconnu que En conformité avec les ordres de Staline, l'offensive de Kharkov a été lancée le . Lorsque la menace d'encerclement est devenue évidente, Vassilievski et Joukov ont demandé la permission de retirer les forces soviétiques. Staline a refusé, conduisant à l'encerclement des forces de l'Armée rouge et à une défaite totale.
En , Vassilievski est brièvement envoyé à Léningrad afin de coordonner une tentative destinée à briser l'encerclement de l'armée commandée par le général Andreï Vlassov. Le , Vassilievski est nommé chef d’État-Major général et, en , vice-ministre de la Défense. Il est maintenant l'une des rares personnes responsables de la planification globale des offensives soviétiques. À partir du , Vassilievski est un représentant politique sur le front de Stalingrad, où il a correctement anticipé l'axe principal de l'attaque allemande.
La bataille de Stalingrad est une autre période difficile dans la vie de Vassilievski. Envoyé avec Joukov à Stalingrad, il essaie de coordonner les défenses de Stalingrad avec des liaisons radio fonctionnant par intermittence. Le , lors d'une réunion avec Staline, Vassilievski et Joukov ont présenté leur plan pour la contre-offensive de Stalingrad. Deux mois plus tard, le , comme Stalingrad résiste toujours, l'opération Uranus est lancée. Joukov est alors envoyé près du saillant de Rjev pour y exécuter une opération tout aussi importante qu'Uranus, l'opération Mars, qui vise à encercler les de la de Walter Model, mais qui se solde par un échec cuisant pour Joukov. Vassilievski reste quant à lui près de Stalingrad à coordonner l'encerclement qui a finalement conduit à la défaite allemande et l'anéantissement des armées piégées dans Stalingrad. C'est le résultat du plan qu'il avait présenté à Staline le . Ce plan a suscité un débat entre Vassilievski et Rokossovski. Vassilievski souhaitait une armée supplémentaire pour nettoyer Stalingrad, ce que Rokossovski a continué de reprocher à Vassilievski même des années après la guerre. L'armée en question était la de Rodion Malinovsky, que Vassilievski avait engagée face à une dangereuse contre-attaque allemande lancée à partir de Kotelnikovo par le d'armée Panzer, et destinée à débloquer la poche de Stalingrad.
Victoire En , Vassilievski coordonne les offensives vers le fleuve Don près de Voronej et Ostrogojsk, conduisant à l'encerclement décisif de plusieurs divisions ennemiesSur www.hrono.ru on peut voir (assis) Fiodor Fedotovitch Kouznetsov (alors lieutenant-général) en compagnie du colonel-général Filipp Golikov (crâne rasé), commandant du front de Voronej, et du colonel-général Alexandre Vassilievski.. À la mi-janvier, Vassilievski est promu général d'armée et le , maréchal de l'Union soviétique.