Olivier Vandecasteele est un travailleur humanitaire belge.

Le , il est arrêté à Téhéran en Iran où il est arbitrairement emprisonné pendant . En , il est condamné à de prison et 74 coups de fouets à la suite d'un procès mascarade pour « espionnage, coopération avec le gouvernement américain, contrebande de devises pour 500 000 dollars et blanchiment d’argent ». Il est enfin libéré le ., après plus de de détention, à la suite de négociations entre les gouvernements belge et iranien menées sous la houlette du gouvernement omanais.

En 2024, Olivier Vandecasteele fonde "Protect Humanitarians", une ONG indépendante et neutre qui plaide pour une meilleure protection du personnel humanitaire de première ligne, l’amélioration du soutien en santé mentale, et l’augmentation de l’aide juridique aux victimes et survivants.

Biographie Olivier Vandecasteele est né le à Tournai, en Belgique. Olivier Vandecasteele a passé son enfance dans la ville de Tournai et a étudié ses secondaires au collège Notre-Dame de Tournai et deux années au Sint-Amandscollege à Courtrai. Il entreprend ensuite des études universitaires à Bruxelles à l'Université Saint-Louis, et ensuite à Louvain-la-Neuve à l'UCLouvain. Il termine son cursus universitaire par une dernière année à la Katholieke Universiteit Leuven, à Louvain.

Il travaille ensuite comme responsable humanitaire pour plusieurs organisations non gouvernementales (ONG), notamment en Afghanistan, au Mali et pour la région du Sahel, et ensuite comme Country Director pour plusieurs ONG en Iran (il a notamment travaillé pour les ONG suivantes : Bioforce, Médecins du Monde France, Médecins du Monde Belgique, Norwegian Refugee Council, ...).

En 2024, il fonde l'ONG "Protect Humanitarians", une alliance qui plaide pour une meilleure protection du personnel humanitaire de première ligne, l’amélioration du soutien en santé mentale, et l’augmentation de l’aide juridique aux victimes et survivants.

Détention en Iran

Contexte Après avoir notamment travaillé pour l'ONG "Norwegian Refugee Council", Olivier Vandecasteele retourne en Belgique après avoir passé six ans en Iran. Il retourne en en Iran (pour un court séjour) afin de faire rapatrier ses effets personnels et ainsi clore son bail et ses comptes bancaires (des démarches qui ne peuvent pas se faire à distance). La veille de son retour, Olivier est arrêté de manière arbitraire et violente par des hommes de noir vêtus (se faisant passer pour le livreur de pizza et qui - à aucun moment - ne se seront identifiés auprès des personnes présentes) lors d'un diner entre amis dans la capitale, Téhéran.

Contexte en Iran Depuis la révolution islamique de 1979, l'Iran est régulièrement sujet à de nombreuses manifestations et contestations, souvent lourdement réprimées. De plus, les sanctions internationales ne font que durcir le régime. En , la mort de Mahsa Amini a lancé une nouvelle vague de manifestations dans le pays. La pression faite sur l'Iran et son régime est énorme. En réponse, elle continue à mettre l'Occident (les États-Unis d'Amérique et l'Europe principalement) à sa volonté en pérennisant sa politique de la diplomatie des otages (via la prise d'otages d'occidentaux ou bi-nationaux). L'un des cas les plus mondialement connus fut la prise d'otages de l'ambassade des États-Unis en Iran en 1979; communément appelée "la crise des otages américains en Iran".

Conditions d'incarcération en Iran alt=Photographie d'une prison.|vignette|La prison d'Evin, à Téhéran, qui a pris feu en 2022 et où est incarcéré Olivier Vandecasteele. Olivier Vandecasteele a été incarcéré en début et fin de détention dans la prison d'Evin, dans la capitale iranienne. Son lieu de détention entre et reste encore inconnu à ce jour. Olivier Vandecasteele a été assujetti à de pratiques de torture et une disparition forcée par l'état iranien tel que reconnu par Amnesty International et l'ONU. Tout au long de sa détention arbitraire, Olivier Vandecasteele aura subi des conditions de détention dégradantes. Il a vécu à l'isolement complet pendant plus de 13 mois, dont trois mois dans une cellule sans mobilier avec un éclairage allumé 24h/24 et un régime alimentaire très pauvre principalement constitué de pommes de terre, de lentilles et de sucre. En , près de six mois après son incarcération, ses proches n'étaient entrés en contact avec lui qu'une seule fois. Fin , après plus de 7 semaines sans nouvelles et grâce à une visite consulaire, ses proches apprennent qu'il a débuté une grève de la faim depuis quelques semaines. Il finira par se réalimenter après plusieurs semaines et à la demande insistante de sa famille.

Condamnation en Iran et recours juridiques en Belgique Vandecasteele est, dans un premier temps, reconnu coupable de quatre chefs d’accusations : espionnage, coopération avec le gouvernement américain, contrebande de devises pour 500 000 dollars et blanchiment d’argent, et condamné à 28 années de prison en avant d'être finalement condamné en à une plus lourde de peine : à savoir, 40 ans de prison et 74 coups de fouets en Iran à la suite d'un procès mascarade et expéditif (une pratique pénale courante dans ce pays du Moyen-Orient), où il est incarcéré depuis le après avoir été arrêté dans la capitale, Téhéran. Il écope également d'une lourde amende d'un million de dollars.

Pendant les 11 premiers mois de sa détention et malgré de nombreuses demandes, ni la famille Vandecasteele ni le gouvernement belge ne connaissent les raisons de son incarcération.

Les raisons de sa condamnation sont, selon l'agence de presse iranienne Tasnim, l'espionnage, la coopération avec les États-Unis d'Amérique contre l'Iran, de la contrebande de devises et du blanchiment d'argent. C'est cette même source qui a renseigné sur la peine de Vandecasteele. La Belgique représentée par son Premier Ministre, son Ministre de la Justice ou encore la ministre des Affaires étrangères, Hadja Lahbib, a toujours indiqué qu'Olivier est innocent et doit être libéré, et dénonce la diplomatie des otages mise en place en Iran depuis 1979, notamment avec le Royaume-Uni et les États-Unis d'Amérique, contre une dette non payée ou d'autres otages. Dans ce cas, il s'agit probablement d'une volonté de la part du régime iranien de vouloir échanger des otages; à savoir Olivier Vandecasteele, arrêté en Iran, et l'iranien Assadollah Assadi, incarcéré en Belgique, à Anvers, le à la suite d'un projet d'attentat à Villepinte, près de Paris, en France. Bien qu'un traité de transfèrement de prisonniers condamnés fut signé entre les deux pays et voté en Belgique par le Parlement fédéral le , celui-ci fut suspendu pendant de très nombreux mois à la suite d'un recours devant la Cour constitutionnelle de Belgique par divers partis dont le Conseil National de la Résistance Iranienne : un groupement d'opposition iranienne mais également l'association Justice For Iran ou encore des personnes privées telles qu'Ingrid Betancourt. Ce traité aurait pu faciliter le retour d'Olivier Vandecasteele mais pas celui du professeur de la Vrije Universiteit Brussel (VUB) Ahmadreza Djalali, arrêté en Iran et emprisonné depuis 2016 puisqu'il ne peut s'appliquer qu'aux citoyens belges condamnés en Iran. D'après le spécialiste du Moyen-Orient et de l'Iran, l'historien Jonathan Piron, [le changement de peine de 28 ans à 40 ans et 74 coups de fouet] : "Cela démontre le flou qui règne autour de ce jugement arbitraire fait en dehors de toutes les règles élémentaires de justice ... C’est l’illustration même de l’instrumentalisation du sort d’Olivier Vandecasteele par le régime iranien qui augmente la pression sur la Belgique en aggravant graduellement la peine».

Lors d'une rare visite consulaire fin 2022, Olivier Vandecasteele déclare avoir participé à une mise en scène pendant son jugement (procès expéditif, pas d'accès à un avocat de son choix, ni a aucune pièce de son dossier, ...) ; il apparait très amaigri et déclare avoir débuté, depuis plusieurs semaines, une grève de la faim.

L'ambassadeur belge à Téhéran n'aura eu que sporadiquement et difficilement accès à Olivier Vandecasteele. En effet, ce dernier a fait l'objet de tortures et d'une longue disparition forcée tel que reconnu par l'organisation de défense des droits de l'Homme Amnesty International ainsi que par les experts de l'ONU. En effet, son cas a été pris en charge et officiellement reconnu par le groupe de travail de l'ONU en charge des détentions arbitraires (voir compte rendu ici). Olivier a passé le début et la fin de sa détention en Iran au sein de la sinistre prison d'Evin. Son lieu de détention entre et reste, à ce jour, inconnu.

Le , sa peine de 40 ans est confirmée, outre l'agence de presse Tasnim, par l'organe judiciaire iranien Mizan Online qui justifie que ce sont bien l'« espionnage contre la République islamique d'Iran au profit d'un service de renseignement étranger », la « coopération avec un gouvernement hostile, les États-Unis, contre la République islamique d'Iran », pour « contrebande professionnelle de devises d'un montant de 500.000 dollars » et pour « blanchiment d'argent ». D'après la source iranienne, l'agence de presse Tasnim, Vandecasteele a le droit de faire appel et devra purger une peine de prison de douze ans et demi avant de pouvoir prétendre à une révision de son jugement.

Ingrid Betancourt, ancienne sénatrice de la république de Colombie, ancienne otage des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) et proche de MEK (l'organisation des moudjahidines du peuple iranien) critique la façon dont l'affaire est gérée par la Belgique ; ayant été otage, elle considère qu'Olivier Vandecasteele doit être libéré mais s'oppose au renvoi du détenu iranien dans son pays et suggère au gouvernement belge de payer une sorte de rançon : « il y a d'autres moyens de négociations, comme envisager le prix de sa libération. Que l'on paye sa libération ! Je préfère qu'on donne de l'argent au gouvernement iranien, plutôt qu'on libère un terroriste qui risque de commettre d'autres attentats ». Il est à noter que si Ingrid Betancourt a émis de fortes critiques à l'encontre du gouvernement belge sur ce dossier telles que : "Le gouvernement belge adopte une attitude de faiblesse et de lâcheté", elle a néanmoins activement participé à plusieurs évènements (discours, conférence de presse, ...) , démarches et recours juridiques à l'encontre de l'État belge afin d'empêcher la mise en application du traité de transfert de prisonniers condamnés entre la Belgique et l’Iran.

Large mobilisation internationale La prise d'otage d'Olivier Vandecasteele n'aura été révélée au grand public qu'à partir du via les médias. Les premiers mois, la famille avait été conseillée de ne pas révéler sa prise d'otage pour donner plus de chances à la diplomatie silencieuse d'agir plus rapidement et discrètement pour obtenir sa libération.

Dès , la famille et les amis d'Olivier Vandecasteele se mobilisent sur les réseaux sociaux (Facebook, Instagram et Twitter) mais également partout en Belgique et, plus tard, ailleurs en Europe et dans le monde via notamment la procédure d'actions urgentes d'Amnesty International (Japon, Australie, Nouvelle-Zélande, Etats-Unis, Royaume-Uni, Autriche, Argentine, Canada, Suisse, Allemagne, Finlande, Pays-Bas, Norvège, Allemagne, Espagne, ...).

Le , la famille et les amis d'Olivier Vandecasteele sont présents lors d'une manifestation devant le Palais de Justice de Bruxelles et une marche publique (du Palais de Justice à la Gare du Midi de Bruxelles) organisés par les barreaux de Bruxelles, Charleroi, Dinant, Liège-Huy, Luxembourg, Mons, Namur, Tournai et Verviers dans le cadre de la journée des droits humains (qui avait lieu le ).