Harold Rupert Leofric George Alexander, comte Alexander de Tunis, dit lord Alexander, né le à Londres et mort le à Slough, est un field marshal de l'Armée britannique, homme d'État, ministre de la Défense et le gouverneur général du Canada.
Biographie Alexander, né à Londres, est le troisième fils du comte de Caledon (pairie d'Irlande). Il fait ses études à Harrow School en ayant à l'esprit de devenir un artiste, mais il se rend à la place à l'Académie militaire royale de Sandhurst. Il est nommé sous-lieutenant des Irish Guards le .
Première Guerre mondiale
Au début de la Première Guerre mondiale, il est lieutenant des Irish Guards, unité faisant partie du Corps expéditionnaire britannique. Capitaine en 1915, commandant en 1917, il combat sur le front occidental pendant la Première Guerre mondiale. Cependant, au cours de certaines périodes, Alexander obtient provisoirement un rang plus élevé, notamment pour trois mois en 1917 comme lieutenant-colonel, ainsi que la quasi-totalité de la période entre et la fin de la guerre, avec le même rang aux commandes d'un bataillon. Il a brièvement à assumer le commandement de sa brigade lors de la retraite britannique de mars 1918, après quoi il est chargé du commandement d'une école de corps d'infanterie en octobre de la même année. Il est blessé deux fois, et cité le , le et le . En 1916, il reçoit la Military Cross (MC) le , le Distinguished Service Order (DSO) le , et la croix de chevalier de la Légion d'honneur.
Entre-deux-guerres
En 1919-1920, il commande une brigade de l'armée lettone puis la Baltische Landeswehr durant la guerre d'indépendance de la Lettonie contre les Bolchéviques. Après avoir servi en Turquie et à Gibraltar, en 1922, il est nommé lieutenant-colonel aux commandes du bataillon de son régiment. En , il est libéré de ce rôle pour lui permettre d'assister à l'école de Guerre de Camberley. En , Alexander est alors promu au grade de colonel, et le mois suivant nommé commandant des Irish Guards et de son district militaire, un poste qu'il occupe jusqu'en , quand il assiste à l'Imperial Defence College pendant un an. Là, deux des instructeurs d'Alexander, les futurs field marshals Alan Brooke et Bernard Montgomery, sont impressionnés par lui.
Après l'achèvement de ses cours, le , il épouse Lady Margaret Bingham. Alexander travaille ensuite comme GSO2 puis GSO1, avant d'être promu en temporairement au grade de brigadier et reçoit le commandement de la brigade de Nowshera, sur la frontière nord-ouest de l'Inde britannique (actuellement la province de Khyber Pakhtunkhwa au Pakistan). Pour son service, et en particulier pour ses actions dans les opérations de Loe-Agra entre février et , Alexander est fait compagnon de l'ordre de l'Étoile d'Inde et reçoit une citation. Il reçoit une citation supplémentaire pour son service au cours de la deuxième campagne Mohmand dans la province de Mohamad.
En , Alexander est nommé aide de camp du nouveau roi George VI et, en mai, retourne au Royaume-Uni pour participer à ce titre au cortège d'État à travers Londres au cours du couronnement du roi. À la suite de la célébration du couronnement, Alexander retourne en Inde, où il est fait colonel honoraire du bataillon du régiment du Pendjab, puis en promu au grade de major-général, faisant de lui le plus jeune général de l'armée britannique. Il cède le commandement de sa brigade en , et en février retourne au Royaume-Uni pour prendre le commandement de la .
Seconde Guerre mondiale
thumb|left|Lors de l', Eisenhower se réunit en Afrique du Nord avec Arthur Tedder, Harold Alexander, Andrew Cunningham, Harold Macmillan, Walter B. Smith, et deux officiers britanniques non identifiés Après le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale en , Alexander amène la en France, où, à la fin , il dirige avec succès le retrait de sa division de Dunkerque. Toujours à Dunkerque, il est peu de temps après placé à la tête du corps, et quitte la plage le après s'être assuré que toutes les troupes britanniques avaient été évacuées. En reconnaissance de ses services de mars à , Alexander reçoit de nouveau une citation.
Ayant été confirmé en tant que lieutenant général en , Alexander revient au Royaume-Uni comme General Officer Commanding-in-Chief (GOC-in-C) de la Southern Command, responsable de la défense du Sud-Ouest de l'Angleterre. Le , il est fait chevalier et nommé chevalier commandeur de l'ordre du Bain, et en février, après l'invasion japonaise de la Birmanie, il est envoyé en Inde pour devenir le GOC-in-C de Birmanie avec le grade de général. Alors qu'il commande ce qui allait être la Armée, Alexander laisse la conduite tactique de la campagne à son commandant de corps, William Joseph Slim, tandis qu'Alexander se charge plus des aspects politiques des relations avec Joseph Stilwell, le commandant des forces chinoises.
En , les forces britanniques et indiennes en Birmanie achèvent leur retraite vers l'Inde, et Alexander, après avoir encore une fois été cité pour son service, est rappelé au Royaume-Uni. Il est d'abord choisi pour commander la armée, et prendre part à l', l'invasion de l'Afrique du Nord. Cependant, à la suite d'une visite au début du mois d'août en Égypte par le Premier ministre britannique Winston Churchill et le chef d'état-major général de l'Empire, le général Alan Brooke, Alexander s'envole pour Le Caire le pour remplacer Claude Auchinleck en tant que commandant en chef du Middle East Command, responsable de la conduite générale de la campagne dans le désert d'Afrique du Nord. Dans le même temps, le lieutenant-général Bernard Montgomery remplace Auchinleck en tant que commandant de la armée. Alexander préside la victoire de Montgomery à la seconde bataille d'El Alamein et l'avance de la Huitième Armée à Tripoli, pour laquelle Alexander est élevé chevalier grand croix de l'ordre du Bain. Dès que les forces anglo-américaines de l' et la Huitième Armée convergent en Tunisie en , elles sont placées sous le commandement unifié du nouvellement formé groupe d'armées, commandé par Alexander.
Les forces de l'Axe en Tunisie se rendent en , et le commandement d'Alexander devient le groupe d'armées, qui était, sous Eisenhower, responsable des préparations l'invasion alliée de la Sicile prévue en juillet, et permet à Alexander de contrôler deux armées : la Huitième Armée de Montgomery et la armée des États-Unis de George Patton. Après la Sicile, et en préparation de l'invasion alliée de l'Italie, la armée des États-Unis, dirigée par Mark Wayne Clark remplace la septième dans le groupe commandé par Alexander.
Quand Eisenhower est nommé Commandant suprême allié pour le projet de débarquement de Normandie, il est suggéré qu'Alexander devienne commandant des forces au sol, du fait de sa popularité auprès des officiers britanniques et américains. Bradley, commandant américain de la groupe d'armées, fait remarquer qu'il aurait préféré travailler avec Alexander, plutôt que Montgomery, considérant le premier comme « un soldat mesuré, efficace et pointilleux. » Brooke, cependant, fait pression pour garder Alexander en Italie, le considérant inapte à cette affectation en France. Ainsi, Alexander reste aux commandes du groupe d'armées, et, avec le soutien de nombreux commandants alliés, de façon controversée autorise lors de la bataille du Monte Cassino le bombardement de l'abbaye historique du Mont-Cassin, permettant aux Allemands d'en faire une véritable forteresse. Après quatre tentatives, la ligne défensive allemande est percée par les Alliés, et les forces d'Alexander avancent vers Rome en , réalisant ainsi l'un des objectifs stratégiques de la campagne d'Italie. Toutefois, la armée à Anzio, sous les ordres de Clark, ne suivirent pas le plan original qui aurait pris au piège les forces allemandes fuyant vers le nord, préférant une entrée précoce et très médiatisée dans Rome deux jours avant le débarquement allié en Normandie.
Alexander reste aux commandes du groupe d'armées jusqu'à , quand il remet son commandement à Clark pour prendre celui de Supreme Commander of the Allied Forces Headquarters, responsable de toutes les opérations militaires dans le théâtre méditerranéen. Alexander est également promu au grade de field marshal, bien que cela soit antidaté à la chute de Rome, le . Alexander reçoit ensuite la capitulation allemande en Italie, le . En outre, comme récompense pour son leadership en Afrique du Nord et en Italie, Alexander, avec un certain nombre d'autres officiers britanniques, est élevé à la pairie le par le roi George VI, et est créé vicomte Alexander de Tunis et Errigal dans le comté de Donegal.
Gouverneur général du Canada
Avec la cessation des hostilités, la nomination d'Alexander au poste de chef d'état-major général de l'Empire est à l'étude, mais il est invité par le premier ministre du Canada William Lyon Mackenzie King, proposant sa recommandation auprès du roi pour le poste de gouverneur général du Canada. Alexander prend donc sa retraite de l'armée pour prendre son nouveau poste, et, en préparation de son poste de gouverneur général, est nommé chevalier grand-croix de l'ordre de Saint-Michel et Saint-Georges le . Il est ensuite été annoncé par le bureau du premier ministre du Canada le que George VI avait approuvé la recommandation de son premier ministre de nommer Alexander comme son représentant. Alexander prête serment lors d'une cérémonie au Sénat le de cette année.
Il est gouverneur général du Canada d’ à . Il est nommé chevalier de l’ordre de la Jarretière (KG) le puis fait comte Alexander de Tunis et baron Rideau d’Ottawa le .
Il est ministre de la Défense du cabinet de Winston Churchill de à .
Décoré de l’ordre du Mérite (OM) le , il devient connétable de la tour de Londres d’ à .
Harold Alexander meurt à l'hôpital, à Slough (en ce temps dans le Buckinghamshire et actuellement dans le Berkshire), le David Hunt et al., « Alexander, Harold Rupert Leofric George, first Earl Alexander of Tunis (1891–1969) », Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, 2004 ; édition en ligne, mai 2011.. Ses funérailles ont lieu à la chapelle Saint-Georges du château de Windsor. Il est enterré sur une terre appartenant à l'église de Ridge, près de Tyttenhanger dans le Hertfordshire.
Décorations
Décorations et honneurs du Commonwealth Chevalier grand-croix de l'ordre du Bain 22px Compagnon de l'ordre de l'Étoile d'Inde Chevalier de justice du Très vénérable ordre de Saint-Jean Chevalier de l'ordre de la Jarretière 22px Grand maître de l'ordre de Saint-Michel et Saint-Georges Croix militaire Ordre du Service distingué Ordre du Mérite 22px Décoration des Forces canadiennes 1914-15 Star Victory Medal 1939-45 Star Burma Star Italy Star Africa Star War Medal 1939-1945
Décorations et honneurs étrangers Chevalier de l'ordre national de la Légion d'honneur Commandeur en chef de la Legion of Merit Ordre de Sainte-Anne classe Ordre de Souvorov classe Grand-croix de l'ordre de Georges Croix d'argent de l'ordre militaire de Virtuti Militari Army Distinguished Service Medal
Hommages La rue Alexander de la ville de Québec est nommée en son honneur en 1951. Une place de la commune de Bersée (département du Nord de la France) porte également son nom. Il a probablement séjourné dans le château de Bersée en 1940. Une rose 'Alexander' lui est dédiée en 1972 par Harkness Roses.
Sources
http://www.ville.quebec.qc.ca/toponymie/repertoire/fiche.aspx?idFiche=2064
Références
Annexes Articles connexes Gouverneur général du Canada Liste des gouverneurs généraux du Canada
Liens externes
la London Gazette, le Journal officiel britannique, pour les décorations, citations, promotions, nominations…
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