Yves Tinayre, né à Paris le et mort à New York le , est un ténor et musicologue qui redécouvrit de nombreuses œuvres de musique ancienne et de la Renaissance et les fit connaître d'un large public.

Biographie

Né le à Paris (7 arrondissement)Archives de Paris Acte de naissance dressé le 28/04/1891, vue 22 / 31, mort le à New York, Jean Auguste Yves Tinayre est le fils du peintre Louis Tinayre et d'Adèle Jacomet, qui était pianiste [source ?]. Tinayre a étudié la composition à Paris auprès d'Armand Marsick. D'après ses papiers militaires, il était employé de banque quand il s'est engagé volontaire dans les Chasseurs alpins en 1910 pour trois ans, et a été rappelé à l'activité le puis réformé après une blessure le ..

Tinayre apparaît dans la presse française en 1920, lorsque Le Figaro annonce ses deux concerts à la salle des agriculteurs, accompagné par Frédérique Gauthier, les 24 et https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k292370f/f4.item.r=agriculteurs.zoom & https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k292374z/f3.item.r="Yves%20Tinayre".zoom. Le Ménestrel revient sur ces concerts en précisant que déjà Tinayre s'intéressait à la musique "depuis la mélodie archaïque et charmante du XVe siècle, L'Amour de moy, jusqu'aux proses de Jules Renard" (1906).. Cet intérêt pour la musique ancienne et de la Renaissance en même temps que pour les œuvres plus récentes ou contemporaines perdure pendant une partie de la carrière de Tinayre.

La présence de Tinayre est ensuite signalée à Monte Carlo, dès le , alors qu'il doit chanter au Casino en avril. Sa femme, Rosamund May Sale (1882–1997), petite-fille de Lord Romilly, est à ses côtés.. Il est de nouveau à Monte-Carlo pour un gala de charité. en 1923Il faut se souvenir que la bienfaisance est souvent à l'époque l'affaire des dames de la haute société : le "carnet de la charité" du Gaulois figure d'ailleurs dans la colonne des Mondanités., avec trois airs français de la fin du XIXe sièclePhidylé de Duparc, 'Rêve de des Grieux' extrait de Manon de Massenet et Nell d'Albert Périlhou (Partition voix haute et piano publiée en 1898 : Éd. 'Au Ménestrel', Heugel, Paris.

Il participe de nouveau à un concert de charité, au profit de l'Œuvre des Petites Préservées (pour les fillettes de moins de 13 ans en état d'abandon ou de danger moral : 54, rue Violet) donné au Jockey Club le .

On retrouve ensuite Tinayre le à la salle Pleyel : il crée deux extraits ('Je renye Amours et despite', et 'Lay ou plustot Rondeau') de l'opéra d'Ezra Pound, . Le Testament est créé in extenso le , salle Pleyel, avec Yves Tinayre et, au clavecin, son frère, le peintre Paul Tinayre..

Il retrouve un répertoire très contemporain le lorsqu'il chante des œuvres de Marie Nageotte-Wilbouchewitch au Caméléon..

Au début de l'année 1925, YT chante à Marseille dans un opéra d'Édouard TrémisotTrémisot (Lyon 1874-1952), élève d'Alexandre Luigini, Xavier Leroux, Massenet et Fauré. Biographie et analyse de son opéra Stamboul (1921) dans le lien donné en référence, Stamboul..

En , Tinayre tient le rôle de ténor solo dans Les Béatitudes de César Franck, à Pau et Bayonne., sous la direction de Marcel Labey.

En commence l'un de ses grands partenariats : il donne plusieurs concerts accompagné par le jeune Vlado Perlemuter. Le , au 'Caméléon'Cabaret d'Art fondé par le sculpteur Jean Levet, et un groupe d'auteurs et artistes (Géo-Charles, Auguste Clergé... Le jeudi est consacré à la musique moderne). Il se trouve à l'époque au 241 bd Raspail.. Tinayre chante le Cantico al Sole (tiré d'un oratorio sur Saint François d'Assise) de Raymond Petit (1904-1992), élève de Charles Tournemire..

Un autre concert réunissant Tinayre et Perlemuter est annoncé pour le , Salle des agriculteurs, au profit du Secours social à l'hôpital. Les œuvres interprétées vont du XVe au XXe siècle. On trouve déjà des compositeurs qu'Y. Tinayre garde à son répertoire tout au long de sa carrière : Bach, Pergolèse, Nicolas Dalayrac pour la musique ancienne, et d'autre part Debussy, Chausson, Francesco Malipiero, Duparc et Fauré, ainsi qu'un intérêt pour les vieilles chansons populaires..

Il mène ensuite une carrière de musicien mondain présent dans tous les salons de l'aristocratie mélomane parisienne, toujours accompagné par Perlemuter. En juin également, M. et Mme Tinayre ouvrent leur propre salon, 64 rue de la Santé, pour un concert annoncé dans la colonne 'Mondanités' de Comœdia.. Lors de l'un de ces nombreux concerts mondains (en ), il croise également M. et Mme Henri Casadesus (qui animent la Société des Instruments Anciens). Parmi les œuvres interprétées, on entend notamment des chansons "decidedly modern" de Raymond Petit et des compositions des exhumées par le chanteurhttps://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k47718222/f4.item.r="yves%20tinayre".zoom & https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2944455/f2.item.r="yves%20tinayre".zoom.

En , les Tinayre reçoivent de nouveau, cette fois pour un concert de musique de Bach, et des XIXe (Schubert) et XXe siècles (Gian Francesco Malipiero et Ildebrando Pizzetti, accompagné par Perlemuter ; et Pierre de Bréville, accompagné par le compositeur)..

Il se lance dans une nouvelle activité en en chantant dans le cadre des conférences Comœdia, avec à son programme Luigi Rossi, M.-A. Cesti, A. Scarlatti, Leonardo Leo, Rameau. Henry Prunières est le conférencier. Il recommence en , le 10 avec Jean Théodore Gérold parlant de Schubert (Tinayre chante Schubert accompagné par Perlemuter et Eugène Wagner (1878-1947), pianiste et musicologue) ; le , André Schaeffner, conférence illustrée par des lieder de Carl Loewe. et, le , Henri Woollett : Tinayre interprète Mendelssohn et Brahms, accompagné par Perlemuter..

Tinayre revient à la musique contemporaine et à la bienfaisance le à la salle Gaveau, dans Le Roi David de Honegger, sous la direction d'Albert Wolff, au bénéfice de l'Union des aveugles de guerre, présidée alors par Georges Scapini (25, rue Ballu et plus tard 49, rue Blanche). Il retrouve le milieu militaire en chantant en , aux Invalides, pour les étudiants américains reçus par l'Association d'Accueil aux Etudiants des Etats-Unis présidée par le général Gouraud.

Tinayre participe à un concert organisé par Jacques Spinadel en Docteur en médecine né le 19-8-1898 à Leowo (Russie) selon le Journal Officiel, mais il s'agit peut-être de Leova, en Moldavie ?), mort le 23-10-1974 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6536287q/f28.image.r=spinadel. Spinadel organisait des concerts de musique russe, et celui-ci était consacré à Rimsky-Korsakov (mort en 1908). Les autres artistes comprenaient Raïssa Asroff (qui devint Mme Spinadel), Mme Leclerc-Marlot, violoniste et Arnold Rachmanoff..

Le , Tinayre chante au Concerts Poulet, le 22 à la salle de l'Hôtel Majestic, avec Marthe Bracquemond, (André ?) Dejean (trompette), L. Bellanger (violon) et L. Temerson (violon), et le , il retrouve, salle de l'ancien Conservatoire, Frédérique Gauthier et Perlemuter dans un programme qui va de Bach et Haendel jusqu'à Déodat de Séverac, Debussy et Duparc.

L'intérêt de Tinayre pour la musique ancienne se manifeste plus clairement lors du concert du (salle de l'ancien Conservatoire). Stan Golestan évoque un concert accompagné en partie par les instruments anciens et rassemblant des œuvres anciennes de Jacopo Peri (Euridice), Purcell (air tiré de ), Schütz et "des productions nouvelles de Caplet (Les Prières, troisième partie : Le Symbole des Apôtres), Debussy (Recueillement), Louis Gruenberg (Temples), Raymond Petit et , dont la musicalité est du meilleur aloi. Il était accompagné par Perlemuter, Pierre Fournier (violoncelle) et Cellier, titulaire de l'orgue de l'Église réformée de Paris Étoile) avec lequel, au cours des années suivantes, Tinayre se produisit maintes fois dans les temples réformés..

Yves Tinayre et son frère Paul entrent à la Société française de musicologie (séance du ). après avoir participé le à l'inauguration de la restauration du grand orgue de Église Saint-Sauveur du Petit-Andely en donnant une audition de musique ancienne, avec Widor à l'orgue..

La Revue de musicologie publiée par la Société française de musicologie () rend compte du concert qu'il donne le (salle des concerts du Conservatoire) : "un concert de musique vocale du moyen âge et des maîtres classiques, dont le programme comprenait notamment des pages d'Adam de la Halle, Jehannot de Lescurel, Guillaume de Machault,et plusieurs anonymes du XIIIe au XVe siècle, ainsi que de N. de Grigny, Buxtehude, Purcell, enfin J.-S. Bach et Schubert.". Ce concert est important pour son programme. et pour les instrumentistes qui accompagnaient Tinayre, qui, en dehors de Perlemuter au piano, comprenaient des artistes investis dans la redécouverte de la musique ancienne : Marthe Bracquemond (orgue), Jeanne Zimmermann (rebec) et Louis Stien (flûtes droites).

Tinayre termine l'année en donnant deux concerts de bienfaisance, les 18 et , au profit des "Colonies fraternelles de la jeunesse", salle Oedenkoven, avec les mêmes accompagnateurs qu'au début du mois, auxquels s'est adjoint le harpiste Pierre Jamet..

Par ailleurs, en , un épisode judiciaire se termine : Walther Straram avait organisé un Festival Mozart au Théâtre des Champs-Elysées. Tinayre devait y chanter dans Don Juan et Cosi fan tutte, mais fut remplacé en dernière minute. Straram allégua que Tinayre ne savait pas ses rôles pendant les répétitions, mais fut finalement condamné pour ne pas avoir pu prouver ses allégations..

Le premier grand événement de l'année 1927 est le premier concert des Musiciens de la Vieille France., ensemble présidé par Tinayre mais fondé au début de 1926 par Louis Stien, selon Le Ménestrel., qui précise que l'objectif est "de présenter à un public lassé des programmes routiniers où s'impatiente son avidité d'émotions rares, des œuvres de Maîtres illustres [du XIIe siècle à l'apogée de J.-S. Bach], qu'illuminèrent, jadis, la littérature musicale occidentale, et que la coupable incurie des interprètes a précipitées peu à peu dans un oubli honteusement injustifié."

Le premier concert a lieu le , les musiciens jouent sur instruments anciens de la collection Guénot, à l'exception du clavecin. Celui-ci était tenu par Eliane Zurfluh-TenrocPseudonyme d'Éliane Zurfluh, fille adoptive de Charles Tenroc, pianiste et compositrice (Champigny-sur-Marne, 23-06-1900 - Paris VIe, 29-10-1992). Les autres musiciens incluaient Alexandre Cellier (orgue, clavecin, virginal) ; Geo Reverson, quinton, pochette ; René Michaux, dessus de viole, vièle et viole d'amour ; Pierre Loïcq, ténor de viole ; Jean Schricke, viole de gambe ; Georges Marie, basse de viole ; Louis Stien"Ce délicieux artiste a réussi après de nombreuses années de travail à rénover une famille d'instruments admirables, et pour lesquels il existe une littérature considérable, du moyen âge au XVIIIe siècle : les flûtes à bec soprano, ténor et basse", écrit Le Ménestrel. (flûtes à bec, hautbois d'amour et musette) ; Pessiers, flûte traversière dix-huitième. Les chanteurs étaient Tinayre et Marthe Marthine Mme Henri Cliquet-Pleyel. L'ensemble était placé sous la direction de Georges Becker(1892-1971), candidat au Prix de Rome, pédagogue et compositeur. D'autres musiciens les rejoignaient parfois : Georges Drouet (dessus de viole et viole d'amour), Max Bertrand et Pierre Lepetit (pardessus de viole), notamment. Les artistes promettaient "une garantie absolue d'authenticité de transcription et d'exécution".

Un nouveau concert des Musiciens de la Vieille France a lieu le , au Majestic, annoncé dans le Chicago tribune et suivi d'un nouvel article élogieux dans Le Ménestrelhttps://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5794755s/f8.image.r=%22yves%20tinayre%22?rk=128756;0..