Alireza Akbari , né le à Chiraz et mort exécuté le , est un homme politique iranien de nationalité iranienne et britannique. Il est le vice-ministre de la Défense du général Ali Shamkhani pendant la présidence du réformiste Mohammad Khatami. Il est également un espion du Secret Intelligence Service pendant plus de quinze ans.

Akbari est arrêté pour la première fois en Iran en 2009 et accusé d'espionnage pour la Grande-Bretagne. Il est de nouveau arrêté en 2019 alors qu'il voyage du Royaume-Uni vers l'Iran et condamné à mort pour des accusations notamment d'espionnage pour le compte de la Grande-Bretagne. Akbari et sa famille rejettent toutes les accusations d'espionnage de l'Iran.

Akbari est exécuté par pendaison le . Son exécution fait polémique et est dénoncée, en particulier par la classe politique britannique.

Biographie

Naissance et enfance

Alireza Akbari est né à Chiraz le .

Carrière Akbari est membre de l'organisation militaire qui met en œuvre le cessez-le-feu de 1988 entre l'Iran et l'Irak, mettant fin à la guerre Iran-Irak. Il est décoré, nommé commandant de la Garde révolutionnaire, pour ses services lors de la guerre.

Il est considéré comme proche du ministre de la Défense Ali Shamkhani, dont il est l'adjoint de 1997 à 2002, de 1998 à 2003 ou de 2000 à 2005 selon les sources. En interne au sein du régime iranien comme dans sa propre famille, il est vu comme un fervent soutien des mollahs et une personnalité très croyante. Vice-ministre de la Défense, il est également proche de Mohsen Fakhrizadeh, responsable chargé du programme nucléaire iranien. En 2004, Akbari est envoyé dans plusieurs ambassades étrangères avec pour mission de rassurer sur les intentions nucléaires du pays.

Le Secret Intelligence Service ou MI6, le recrute à cette période. Bien que le motif de son passage à l'ennemi soit inconnu, L'Express met en avant les liens historiques entre l'Iran et le Royaume-Uni, qui auraient pu donner des arguments au service de renseignement extérieur britannique. Il travaille avec le MI6 pendant plus de quinze ans, révélant notamment en 2008 l'existence de l'usine d'enrichissement d'uranium de Fordo, située à plusieurs dizaines de mètres sous la surface du sol. La même année, il est arrêté pour des soupçons d'espionnage mais parvient à s'en sortir grâce à ses relations. Il continue de servir comme conseiller quelques années.

Après avoir quitté ses fonctions, il déménage au Royaume-Uni en 2010. Il est naturalisé deux ans plus tard, devenant un citoyen britannique et iranien à la double nationalité. Il continue à effectuer des voyages réguliers entre l'Iran et le Royaume-Uni.

Arrestation En 2019, Alireza Akbari est arrêté lors d'une visite en Iran. Avec l'aide des services de renseignement russes, la république islamique a identifié sa source au complexe de Fordo. Il est maintenu à l'isolement et ne dispose plus que d'un ordinateur surveillé avec lequel il transmet de faux renseignements au Royaume-Uni, agissant sous contrainte comme agent double.

Le , l'IRNA publie une vidéo affirmant qu'Akbari a joué un rôle dans l'assassinat d'un des plus célèbres scientifiques nucléaires iraniens, Mohsen Fakhrizadeh, tué lors d'une attaque en 2020 à l'extérieur de Téhéran. Akbari n'avoue pas être directement impliqué dans le complot, mais déclare qu'un agent britannique lui a demandé des informations.

Alireza Akbari est accusé par la justice iranienne d'avoir fourni des informations aux responsables britanniques concernant 178 personnalités iraniennes, dont Fakhrizadeh. Les responsables iraniens affirment qu'Akbari travaille par l'intermédiaire d'une société privée qui a des contacts directs avec des instituts de recherche dirigés par des responsables du renseignement à Londres.

La BBC publie ce qu'elle présente comme un enregistrement de l'appel téléphonique d'Akbari à sa famille depuis la prison, dans lequel il expliquerait qu'on lui administre de force des drogues et des substances chimiques, qu'il est détenu à l'isolement pendant de longues périodes, qu'il est forcé de faire des aveux enregistrés répétés et soumis à la torture.

Condamnation à mort et exécution Le , l', affiliée au système judiciaire iranien, annonce la condamnation à mort d'Alireza Akbari pour espionnage au profit du Royaume-Uni.

Avant l'exécution d'Akbari, l'agence de presse d'État iranienne, l'IRNA, annonce que la Cour suprême d'Iran a confirmé la condamnation à mort d'Akbari, déclarant qu'elle est fondée sur des . Le , l'exécution par pendaison d'Alireza Akbari est annoncée.

Réactions à son exécution Réaction britannique En , le gouvernement britannique (Sunak) estime que les accusations portées contre Akbari, un citoyen britannique, sont fausses et destinées à des négociations politiques. Le secrétaire d'État aux Affaires étrangères du Royaume-Uni, James Cleverly, voit dans son exécution . Avant l'exécution, le gouvernement britannique avait exhorté les responsables iraniens à ne pas procéder à l'exécution d'Akbari.

Le Premier ministre britannique Rishi Sunak s'est dit , fustigeant sur Twitter un .

Autres réactions Le président français Emmanuel Macron exprime sa solidarité et condamne l'exécution. Il déclare sur Twitter : .

L'organisation de défense des droits humains Amnesty International qualifie l'exécution d'Akbari de et d'. Amnesty demande également au gouvernement britannique sur les accusations selon lesquelles Akbari aurait été torturé et maltraité en prison et .

Notes et références

Références

Liens externes

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