Deiotarix latinisé en Déjotarus, Philoromaios () soit Deiotaros l'ami des Romains, né vers et mort vers , est tétrarque puis roi des Galates.

Il est honoré par le Sénat romain du titre d'allié et ami du peuple de Rome. Bien qu'il ait choisi à chaque étape des querelles romaines le camp du perdant (Pompée contre César, Brutus contre Octave et Antoine), il réussit à maintenir la puissance de la communauté galate en Orient. Diophane de Nicée, auteur grec du natif de Bithynie, avait dédié son traité sur l'agriculture, Georgica, à Deiotaros.

Prise de pouvoir Déiotaros est le tétrarque des Celtes Tolistobogiens implantés en Galatie, , ., et il est considéré comme l'un des plus capables des rois galates, dirigeant les trois tribus depuis sa forteresse de Blucium. Fils du tétrarque Sinorix, il est l’un des rares rescapés du massacre de ses pairs organisé par le roi du Pont. Son nom signifie « Divin Taureau » en celtiqueVenceslas Kruta, Les Celtes, histoire et dictionnaire, 571. et dériverait d’un composé galate deiuo-taruosXavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, 142.. Le « Divin Taureau » était un dieu galate. Cependant, l'origine de cette déité obscure étant difficilement discernable dans la culture celte, il est possible que ce soit un dieu local adopté par les Galates.

Allié des Romains, roi des Galates thumb|upright=1.5|La Galatie et les autres royaumes d'Asie mineure au

Après avoir renversé, avec le soutien de Rome, le satrape Eumachios imposé par le roi du Pont, il sert fidèlement les Romains de Lucullus et de Pompée dans toutes les guerres d'Asie et particulièrement contre du Pont. En récompense de ses services, le Sénat romain le fait « allié et ami du peuple Romain » et ses territoires sont considérablement accrus, allant des bouches de l'Halys à l'Arménie Mineure. Pompée lui attribue le titre royal et lui concède finalement le royaume d'Arménie MineureEutrope, , ..

Un jour, Déiotaros subit les moqueries du proconsul de Syrie, Crassus, car le roi, bien que déjà « fort vieux », ambitionnait de construire une nouvelle ville. Le Galate répondit au Romain qu'à , il était bien vieux lui aussi pour aller faire la guerre aux ParthesPlutarque, Vie de Marcus Crassus, ..

Lorsqu'en , la Guerre civile éclate entre César et Pompée, Déiotaros embrasse le parti de ce dernier et lui fournit un corps de cavalerie. Après sa victoire, César, en représailles, lui ôte l'Arménie Mineure et une partie de ses anciens États ; il lui conserve cependant le titre de roi Édouard Will, Histoire politique du monde hellénistique, Édition Annales de l’Est, Nancy, 1967, , 451.. À cette époque, Déiotaros fournit à César des secours considérables en troupes et en argent lors de sa campagne-éclair contre du Pont. Il le reçoit également dans son palais et lui offre de nombreux présents. En récompense de son aide, Déiotaros recouvre l'Arménie Mineure qui avait été remise par Jules César à .

Quelque temps plus tard, Castor le petit-fils de Déiotaros (Déiotaros avait fait égorger ses parents « Tarcondarius », sur referenceworks.brillonline.com) engagea Philippe, médecin du roi, à accuser son maître d'avoir voulu faire assassiner César lorsqu'il l'avait reçu dans son palais. Cicéron, qui était lié depuis longtemps à Déiotaros, assura sa défense. La cause fut plaidée à Rome, en , dans la maison même de César, et Cicéron prononça son célèbre plaidoyer Pro rege Deiotaro.

Après la mort de César, au cours de l'affrontement entre les triumvirs et les Républicains, Déiotaros s’allia à BrutusDion Cassius, Histoire romaine, , . et meurt peu après la bataille de PhilippesDion Cassius, , ..

Postérité et succession

Théodore Reinach propose la postérité suivante pour DéiotarosThéodore Reinach, « Un descendant de Déjotarus », dans Revue celtique, Paris, 1901, , 1-8..

Le roi Déiotaros avait pris pour épouse Bérénike fille d' qui lui donna plusieurs enfants : (Philopator), associé à son père en et mort en ; « Philoromaios », épouse de Brogitaros, tétrarque des Trocmes mort vers parents d'Amyntas de Galatie, lui aussi tétrarque des Trocmes, roi de Galatie de à une fille, épouse de Castor Tarcondarios, tétrarque des Tectosages (après la disparition de Jules César, le couple est mis à mort par Déiotaros en , dans leur résidence de Gorbeus)dont : , roi de Galatie et de Paphlagonie de à , qui épouse sa cousine Adobogiona la Jeune dont : Déiotaros Philopator et Philadelphe, qui succèdent à leur père . Le royaume de Philadelphe est démantelé par Marc Antoine lors de la réorganisation de l’Orient romain. Afin de conserver quelques territoires en Paphlagonie, rallie le camp d'Auguste après avoir été partisan de celui de Marc AntoineMaurice Sartre, Le Haut-Empire romain. Les provinces de Méditerranée orientale d'Auguste aux Sévères, 15 & 25.. Il règne de à sa mort en ; Adobogiona l'Aînée, qui très jeune épouse Ménodote de Nicomédie le célèbre médecin et philosophe sceptique puis devient une des concubines de à qui elle donne deux enfants Mithridate de Pergame et Adobogiona La Jeune.

Notes et références

Voir aussi Sources antiques Cicéron, Philípiques, . 37 ; Ad fam., . 10, . 12, . , 2, 4 ; Ad Att., . 1 ; De div., . 15, . 36, 37 ; De harusp. resp., 13, et surtout Pro rege Deiotaro. Cicéron, Rede für König Deiotarus., traduction de Hans-Joachim Glücklich, Vandenhoeck & Ruprecht, Göttingen, 1988 . Appien, Bell. Mithrid., 75, 114 ; Bellum Alexandrinum, 34-41, 65-77. Dion Cassius, . 63, . 45, . 24, 48, . 33.

Bibliographie Venceslas Kruta, Les Celtes, histoire et dictionnaire, Éditions Robert Laffont, coll. « Bouquins », Paris, 2000 . Édouard Will, Histoire politique du monde hellénistique, Édition Annales de l’Est, Nancy, 1967, , 421, 433, 448, 451, 461. Maurice Sartre, Le Haut-Empire romain. Les provinces de Méditerranée orientale d'Auguste aux Sévères, Éditions du Seuil Points H 220, Paris, 1997 . Hans-Joachim Glücklich, Ciceros Rede für König Deiotarus. Interpretation und Unterrichtsvorschläge., Vandenhoeck & Ruprecht, Göttingen, 1988 .

Articles connexes Pro rege Deiotaro, le discours de Cicéron Galatie Galates

Liens externes

Discours de Cicéron Pro rege Deiotaro (version latine originale et traduction anglaise)

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