Une économie-monde est un territoire dynamique polarisé par un centre économiquement autonome, qui se suffit à lui-même et qui exerce une domination ou une influence sur des périphéries et des marges..

La notion est définie par l'historien moderniste Fernand Braudel comme ..

Historiquement, plusieurs économies-monde se sont succédé, représentant des étapes de la mondialisation : la Méditerranée au , la mondialisation hispanique du , l'économie-monde britannique au puis celle dominée par les États-Unis au . On peut définir la mondialisation contemporaine comme la formation d'une seule économie-monde à l'échelle du monde. La notion de système-monde est due au sociologue Immanuel Wallerstein.

Un espace délimité Une économie-monde est délimitée dans sa taille par le temps de déplacement de ses occupants, des objets et des communications. En effet, cet espace doit acquérir une cohérence et pour ce faire, doit créer un réseau de communications suffisamment dense pour permettre des relations entre tous les points de l'espace, la taille d'une économie monde dépendra alors des technologies existantes en communication (exemples : cheval, barque, pigeon voyageur, train, télégraphe, avion, téléphone ou internet).

Cette économie-monde est constituée d'espaces politiques et culturels différents, qu'elle englobe. Malgré cette hétérogénéité de constitution, elle possède un système propre qui la démarque de l'extérieur. Une économie-monde est disposée de façon bien spécifique avec quatre grandes parties : le cœur, le centre, la périphérie et la marge.

Organisé par un centre Une économie-monde est généralement dominée par une ville-monde ou « superville » : ..

Selon Jacques Attali, différentes cités marchandes, de Tyr et Sidon en Phénicie au av. J.-C., en passant par l'Empire colonial britannique et son quartier de la City à Londres au début du , jusqu'à New York au , puis Shanghai, au tournant du , ont exercé cette fonction de pôle dominant qui consiste à entraîner le reste du monde par des innovations scientifiques, financières et commerciales, avant de transmettre cette faculté d'innovation à une autre cité.

Deux cités peuvent cohabiter, comme Rome et Alexandrie du au , Gênes et Venise entre les , Anvers et Amsterdam au , Amsterdam et Londres entre les , Londres et New York au , New York et Shanghai à l'aube du . Cependant, une des deux cités finit par l'emporter : Rome au , Venise vers 1380, Amsterdam vers 1620, Londres vers 1780, New York après 1945 et peut-être Shanghai depuis 2010, sont devenues chacune le pôle dominant.

Évolutions thumb|La drachme athénienne, une des monnaies dominantes de l'Antiquité méditerranéenne. thumb|Les différents territoires ayant été sous domination britannique. thumb|Le dollar des États-Unis, la monnaie des échanges internationaux aux . Les innovations contribuant au développement de ces économies-monde consistent, par exemple, en l'invention de l'alphabet par les phéniciens au , du chèque par les Arabes au (saq, lettre de change), la création d'un système bancaire et de comptabilité en partie double par les cités italiennes au , d'une bourse des valeurs à Anvers au , d'un marché à terme des sociétés par actions et du vilebrequin à Amsterdam au , du métier à tisser et de la machine à vapeur en Grande-Bretagne au , d'un câble télégraphique transatlantique entre Londres et New York au ou du système internet aux États-Unis au .

Sont présentées comme étant des économies-monde : Les cités phéniciennes () ; le monde grec (la Grèce antique et ses colonies), plus ou moins dominé par Athènes (-) ; l'empire carthaginois (jusqu’au ) ; le monde hellénistique (du au ) ; le monde romain (à la fin de la République et sous l’Empire romain, du au ), dominé par Rome qui était secondée par Alexandrie (du au ) ; le monde musulman du au ; la Chine des Ming (-s) ; Gênes et Venise du au ; la Méditerranée au temps de Philippe II d’Espagne () ; Anvers au et Amsterdam au ; l'Empire britannique au ; le monde capitaliste, avec comme centre dirigeant New York au , peut-être complété par Shanghai et Rotterdam au .

Une économie-monde globale La mondialisation contemporaine, depuis la fin du , peut être définie comme la formation d'une seule économie-monde à l'échelle du monde, mais avec une structure multipolaire. Immanuel Wallerstein schématise cette situation avec la notion de système-monde, comprenant un centre dominant une périphérie.

Références

Articles connexes

Histoire de la mondialisation économique Mondialisation économique Marché transatlantique

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