L'ordre des Frères mineurs (O.F.M.), en latin : Ordo Fratrum Minorum, dont les membres sont couramment appelés Franciscains, est un ordre religieux catholique apparu en Italie en 1209 sous l'impulsion de saint François d'Assise.

À l'imitation du Christ, ses membres tentent de vivre une vie de pauvreté et de simplicité évangélique. Insistant sur l'aspect de fraternité dans leur vie, les Franciscains ont choisi de s'appeler « frères ». Aujourd'hui, la majorité d'entre eux sont prêtres.

Quatre penseurs ont marqué l'histoire de cet ordre mendiant : saint Bonaventure de Bagnoregio, Roger Bacon, Jean Duns Scot et Guillaume d'Ockham.

Son ministre général actuel est Massimo FusarelliNouveau ministre général O.F.M., Ordre des Frères mineurs capucins..

Les débuts de l'ordre Saint François d'Assise et la fondation de l'ordre vignette|220px|Saint François d'Assise à genoux, de Francisco de Zurbarán (Londres, National Gallery). Saint François d'Assise est un jeune homme issu d'une riche famille marchande — son père vend des tapis jusqu'en France, d'où le prénom de Francesco — qui mène une jeunesse dissipée. Il veut devenir chevalier et se fait emprisonner un an, à la suite d'une guerre entre sa ville, Assise, et la ville voisine de Pérouse. À la suite de sa détention, il tombe gravement malade et se convertit. François d'Assise, cherchant alors le Salut, décide de « suivre nu le Christ nu » et de créer un ordre mendiant.

Il crée en 1209 une confrérie primitive, fondée sur la pauvreté totale et la prédication. Ses premiers compagnons sont Bernard de Quintavalle et Pierre de Catane. Saint François envoie ses confrères deux par deux dans toutes les régions autour d'Assise. Les frères vivent du travail de leurs mains et de l'aumône. Très vite, la communauté rencontre un très grand succès.

En 1210, le pape Innocent III (dont le nom est choisi pour honorer les chrétiens tués sans raison) approuve verbalement la nouvelle communauté. Saint François choisit le nom de "frères mineurs" par référence aux « plus petits d'entre nous » dont parlent les Évangiles (Mt 25,40-45). En 1212, il est rejoint par sainte Claire, jeune fille d'une noble et riche famille, qui a été convertie par François. Ce sera la fondation de l'ordre des Pauvres Dames, les Clarisses, second ordre franciscain. En 1221, les franciscains s'agrandissent par la fondation du tiers-ordre, réservé aux séculiers. Saint François étend ainsi l'idéal biblique à tous et permet à chacun de se reconnaître dans le Christ sans renoncer au monde séculier.

En 1217, une première organisation est donnée à l'ordre : l'Italie est découpée en provinces, chacune ayant à sa tête un « ministre provincial ». François s'oppose à toute forme d'organisation plus poussée. Parallèlement, des groupes de missionnaires sont envoyés en Palestine. Saint François lui-même part, laissant l'ordre entre les mains de deux vicaires généraux, parmi lesquels Pierre de Catane. Ceux-ci décident Honorius III à publier une bulle imposant un noviciat d'un an, une profession de vœux formelle et un contrôle de la prédication.

À son retour en 1220, saint François s'oppose à ces changements. Contraint de donner une constitution formelle à l'ordre, il rédige la Regula Prima. Elle est basée sur le respect total des enseignements de Jésus-Christ. Jugée trop longue et trop stricte, elle est remplacée en 1223 par une seconde règle, elle aussi de la main de saint François, approuvée par la bulle Solet Annuere d'Honorius III, d'où son nom de Regula bullata.. Cette règle beaucoup moins sévère est rédigée à la suite de tensions à l'intérieur de l'Ordre : une partie des frères considère que la pauvreté évangélique est trop dure à supporter et souhaite posséder des couvents ou encore des livres. Finalement saint François cède sous la pression de frère Hugolin et frère Élie. Il écrit en 1225 le Cantique de Frère Soleil. Il aurait reçu les stigmates de la Passion du Christ peu de temps avant sa mort.

En 1220, saint François avait quitté la tête de l'ordre, et l'avait confié à Pierre de Catane, devenu son vicaire. À la mort de ce dernier en 1221, le vicariat passe à Élie de Cortone. Saint François d'Assise meurt en 1226, laissant un Testament où il professe son attachement à la pauvreté évangélique. En 1227, Élie de Cortone convoque un chapitre général, qui élit Giovanni Parenti ministre général.

L'ordre des Frères mineurs est le seul mouvement religieux chrétien pour lequel on peut parler d'une capitale, Assise, et d'un centre, l'Ombrie, du fait de l'empreinte laissée par François dans ces lieuxAndré Vauchez, p. 25-26..

Liste des frères franciscains à l'époque de saint François Ce sont les frères cités dans le récit des Fioretti de Saint François d'Assise

Frère Jean de La Chapelle, chapitres 1., 31. Frère Gilles d'Assise, chap. 1., 4., 6., 26., 28., 34., 48. Frère Philippe le Long, chap. 1., 45. Frère Sylvestre, chap. 1., 2., 16. Frère Bernard de Quintavalle, chap. 1., 2., 3., 4., 5., 6., 26., 28. Frère Rufin d'Assise (cousin de sainte Claire), chap. 1. 29., 30., 31. Frère Elie, chap. 4., 6., 31., 38. Frère Massée de Marignan, chap. 4., 10., 11., 12., 13., 16., 29., 32. Frère Léon, chap. 8., 9., 30., 36. Frère Ange Tancrède de Rieti, chap. 16. Frère Jacques de la Massa (de Massa Fermana), chap. 16., 41., 48., 51. Le Jeune garçon (Fanciullo) appartenant à l’ordre. chap. 17. Pellegrino de Falerone, frère de la Marche d’Ancône et pèlerin, et Richer de Muccia, (aussi Ricerius de Marchia) frère et ministre de la Marche d’Ancône, chap. 27 Frère Jacques de Falerone, chap. 32., 51. Saint Antoine de Padoue, chap. 39., 40. Frère Simon d’Assise, chap. 41. Frère Bentivoglia de San Severino Marche, chap. 42. Frère Massée de San Severino Marche, chap. 42. Frère Pierre de Monticello (près de Todi), chap. 42., 44. Frère Servadeo d'Urbino, chap. 42. Frère Conrad d'Offida (couvent de Sirolo), chap. 42., 43., 44. Frère Lucide l’Ancien de Monterubbiano, chap. 42., 48., 51. Frère Jean de la Penna San Giovanni, chap. 45. Frère Hugolin de Fabriano (frère jumeau de frère Jacques de la Marche), chap. 45. Frère Matthieu de Monterubbiano, Ministre de la Marche d’Ancône, chap. 45., 48., 51. Frère Humble et frère Pacifique de la Marche d'Ancône, chap. 46. Un frère du couvent de Soffiano près de Sarnano, (probablement Liberato de Lauro), chap. 47. Frère Marc de Montino, chap. 48. Frère Junipère, chap.48. Frère Jean de Parme, Ministre général au chapitre de Lyon, chap. 48. Frère Jean de l’Averne, (ou Jean de Fermo) (1259-1322) , et les chanoines de saint Pierre de Fermo, chap. 49., 50., 51., 52., 53.

La règle de l'ordre 195px|vignette|Père franciscain par Eugénie Salanson.

Les franciscains portaient un froc de laine gris, avec une ceinture de corde et un capuchon court et arrondi.

Ils avaient le droit de se livrer dans leurs églises à la confession et à la prédication.

Le plan de la règle de 1223 est : Prologue ... observer le saint évangile de notre Seigneur Jésus-Christ, en vivant dans l’obéissance, sans rien en propre et dans la chasteté… De ceux qui veulent accepter cette vie et comment ils doivent être reçus De l’office divin et du jeûne, et comment les frères doivent aller par le monde.Pour les clercs… pour les laïcs, office divin… prière… jeune… Je conseille, j’avertis et j’exhorte mes frères dans le Seigneur Jésus-Christ: quand ils vont par le monde, qu’ils ne se disputent pas, qu’ils ne se querellent pas en paroles et qu’ils ne jugent pas les autres; mais qu’ils soient doux, pacifiques et modestes, aimables et humbles, parlant honnêtement à tous, comme il convient. Et ils ne doivent pas aller à cheval, s’ils n’y sont pas contraints par une nécessité manifeste ou par la maladie. En quelque maison qu’ils entrent, qu’ils disent d’abord : Paix à cette maison. Que les frères ne reçoivent pas d’argent. De la manière de travailler. Que les frères ne s’approprient rien de l’aumône à demander et des frères malades.Que les frères ne s’approprient rien, ni maison, ni lieu, ni quoi que ce soit. Et comme des pèlerins et des étrangers en ce siècle, servant le Seigneur dans la pauvreté et l’humilité, qu’ils aillent à l’aumône avec confiance, et il ne faut pas qu’ils en aient honte, car le Seigneur s’est fait pauvre pour nous en ce monde. De la pénitence à imposer aux frères qui pèchent. De l’élection du ministre général et du chapitre de la Pentecôte Des prédicateurs. De l’admonition et de la correction des frères. Que les frères n’entrent pas dans les monastères de moniales. De ceux qui vont chez les sarrasins et autres infidèles.

Histoire de l'ordre après saint François La querelle des spirituels 195px|vignette|Bulle Vobis extremam patientibus d’ autorisant les franciscains à séjourner et exercer leur ministère en tous lieux frappés d'interdit. Acte scellé d'une bulle de plomb à Rome, . Archives nationales. Dès la mort du fondateur, les conflits éclatent. En 1230, le pape Grégoire IX dispense les franciscains de suivre le testament du fondateur.

En 1244, Crescence de Jesi, futur ministre général de l’ordre, contient des rébellions dans la Marche d’Ancône où il est ministre provincial ; il fait capturer et envoyer 72 frères mineurs qui refusent l’allégement du vœu de pauvreté en portant une tenue vestimentaire particulièrement indigenteFrançois de Chiara Frugoni, Les Belles Lettres, p. 40 dans les provinces reculées franciscaines.

L'ordre est normalisé par saint Bonaventure, ministre général de 1257 à 1274 : on insiste moins sur la pauvreté et on s'intéresse aux activités intellectuelles et pastorales.

Une tendance s'oppose à cette évolution et tient à conserver la pauvreté absolue vantée par saint François d'Assise. Ce sont les Spirituels, aussi appelés zelanti en Italie ; les plus extrémistes d'entre eux formeront le groupe des fraticelles, très marqués par la pensée eschatologique et apocalyptique de Joachim de Flore. Leurs foyers spirituels se situent dans le Languedoc (Pierre-Jean Olieu, ou Pierre de Jean Olivi), en Toscane (Ubertin de Casale) et dans les Marches (Ange Clareno, Pierre de Macerata).

C'est pourquoi ils sont vite accusés d'hérésie. En 1323, le pape Jean XXII règle la question de la pauvreté en déclarant par sa bulle que la pauvreté de Jésus et des apôtres n'a pas été absolue. Bon nombre de spirituels sont emprisonnés et les fraticelles sont livrés à l'Inquisition ; et les meneurs meurent sur le bûcher ou en prison au . Les spirituels renaissent cependant sous la forme des Frères mineurs observants (fusion de diverses branches, les claréniens, colettan, amadéens, etc.), famille créée en 1517 par la bulle Ite et vos du pape Léon X.

La rivalité avec les Dominicains Les franciscains étaient en rivalité avec l'ordre des Prêcheurs, créé par saint Dominique, surtout depuis leur introduction dans les chaires de l'université de Paris.

Dans le domaine de l'enseignement de la philosophie et de la théologie, les deux ordres eurent pour principaux guides : chez les franciscains Duns Scot, chez les dominicains saint Thomas d'Aquin, qui pendant longtemps divisèrent l'école en scotistes et thomistes. Ces deux ordres mendiants, fondés au , restèrent en opposition pour obtenir la mainmise sur l'Inquisition, notamment en ProvenceArticle de Holly Grieco, recension en ligne. et à Florence en Toscane.

Rôle de gardien des Lieux saints En vertu de deux bulles du pape Clément VI en 1342, Gratias agimus et Nuper carissimaeLa Custodie de Terre Sainte, sur le site du Commissariat de Terre Sainte, les franciscains de Terre sainte revendiquent la « garde des Lieux saints ». Ce privilège s'explique par le rôle pacificateur joué par saint François d'Assise lors de la cinquième croisade en 1219« La puissance des Franciscains », L'Histoire 7/2012, 378, 44-44, lire en ligne (consulté le 26 janvier 2014).

Ainsi, depuis le , les franciscains sont les gardiens de nombreux sanctuaires en Terre sainte, dont le Saint-Sépulcre à Jérusalem.