L'histoire du Kamtchatka, péninsule d'Extrême-Orient russe et sujet de la Russie en tant que kraï du Kamtchatka, commence avec des peuplements préhistoriques. Région peuplée par des peuples paléo-Sibériens depuis le Paléolithique supérieur, elle est découverte par les Russes pendant la seconde moitié du . Elle est annexée par les Russes en 1697, et prend de l'importance avec les circumnavigations du et la guerre de Crimée au . Malgré les changements de pouvoir à répétition pendant la guerre civile russe, aucune effusion de sang est faite, et la région prospère pendant l'ère soviétique. Mais depuis la dislocation de l'URSS, la région a subi l'arrêt des subventions, entraînant un déclin économique et démographique, que le kraï cherche à arrêter en améliorant le secteur touristique, en pleine expansion, surtout depuis qu'un de ses sites est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.

Le Kamtchatka autochtone Les premiers habitants du Kamtchatka se seraient installés dans le nord du kraï (Koriakie) il y a entre et , en même temps que des peuples traversaient la Béringie vers l'Amérique du Nord. Les premiers habitants descendaient de personnes venant du nord-est de l'Asie (région de l'Amour, Mandchourie) et se sont installés sur les côtes. À cette époque là, les montagnes étaient couvertes de glaciers, et les espaces libres en plaines et sur les littoraux étaient de la toundra. Dans cette toundra vivaient en plus des humains des mammouths laineux, des rennes, des bisons et des rhinocéros laineux.

La première preuve de ce peuplement date d'il y a environ à à du village de Kozyrevsk, sur les berges du lac Ouchkovski. Il date du Paléolithique supérieur et se situe en plein milieu de la plaine centrale, près du fleuve Kamtchatka. Ces habitants auraient eu une culture similaire aux peuples vivant en Tchoukotka et en Alaska. De ce site, on a retrouvé plusieurs restes de trois habitations en wigwam ont été retrouvés, avec des foyers en pierre. De plus, une sépulture, appartenant probablement à un ancien chef ou ancêtre de la communauté a été retrouvé, ainsi que de nombreux bijoux (dont des colliers de wampum) mais aussi des armes dans la tombe.

Il y a environ , à cause de la fin de la période glaciaire, le niveau des mers a augmenté, ce qui a fait que le Kamtchatka n'était plus relié au continent que par une étroite bande de terre montagneuse au nord, isolant en partie les populations. De plus, les espèces de mammouths et de bisons se sont progressivement éteintes sur le territoire. Les peuples qui y vivaient étaient les Itelmènes sur la péninsule, les Koriaks et les Tchouktches dans la partie continentale. Ces peuples étaient désunis à cause du climat, des vastes étendues et des barrières physiques que sont les montagnes. Les Itelmènes pratiquaient la pêche. Dans le nord du kraï du Kamtchatka, les Koriaks vivaient de manière nomade pour certains, pratiquant la chasse aux cerfs, et pour d'autres de manière sédentaire mais pratiquant aussi la chasse et la pêche.

Au cours de la période Jōmon, des Aïnous se sont installés sur la pointe sud du Kamtchatka et sont entrés en contact avec les Itelmènes, avec un partage des modes de vie, de vocabulaires et aussi des techniques, en particulier de pêche.

Le Néolithique a commencé au Kamtchatka pendant la seconde moitié du , lorsque les habitants du Kamtchatka ont commencé à avoir des haches polies mais aussi des flèches et des fers de lance. Les habitants d'alors étaient d'excellents chasseurs et pêcheurs, et les différentes tribus faisaient des échanges entre elles, même si les contraintes géographiques ont retardé le développement de la région. De cette période plusieurs sites archéologiques sont visibles dans la péninsule ; à Petropavlovsk sur un versant de la colline Michennaïa ; à Ielizovo sur une rive de l'Avatcha ; à Klioutchi ainsi qu'au lac Ouchkovski. Sur les rives de la baie de Tarya dans le golfe d'Avatcha ont été retrouvées des statuettes représentants des humains et des animaux..

Pendant le début du Ier millénaire, les Itelmènes se sont installés le long de nombreuses rivières et lacs du Kamtchatka de la partie péninsulaire, et les Koriaks sont restés dans leurs endroits. De plus, ce serait vers ce moment-là que des Aléoutes (sur les îles du Commandeur) et des Evenks (dans le nord du kraï) se seraient établis..

Arrivée et développement de la région

Découverte par les colons Premiers explorateurs Au milieu du , les cosaques de Sibérie et les Pomors se dirigent vers l'Extrême-Orient. Pour le gouvernement russe, l'expansion vers l'Est est d'une grande importance, afin d'enrichir le pays. Les explorateurs sont partis pour explorer tandis que les paysans sont partis à cause de l'oppression féodale, ils cherchaient une certaine liberté et à éviter le pouvoir central. L'exploration du Kamtchatka a commencé alors que Simon Dejnev a atteint le détroit de Béring en 1648. C'est alors qu'un autre Pomor, Mikhaïal Stadoukhine, souhaite le concurrencer et explorer l'extrême-orient russe, aussi vers le même détroit. En 1649, il part de la Kolyma, et en 1651, Stadoukhine atteint le golfe de Penjina, où il resta tout l'été et automne de cette année. Pour la première fois, des européens foulent le sol du Kamtchatka, plus précisément la partie non péninsulaire.. Au cours de la suite de ce siècle, d'autres colons russes ont pénétré la péninsule et l'ont exploré, dont et .

À cette époque-là, la péninsule est occupée par les Itelmènes, qui connaissent toute la région, que ce soit les rivières, lacs, montagnes ou villages. Les habitants pratiquaient un mode de vie de chasseurs cueilleurs, mais s'étaient souvent sédentarisés dans des villages. Les peuples locaux s'échangeaient des vêtements, des chaussures, des outils, des fourrures, ou des couteaux. Le village autochtone de ParenRaïon de Penjina, proche de la frontière avec l'oblast de Magadan., qui était habité par des Koriaks étaient d'ailleurs connu pour ses couteaux qui s'échangeaient dans tous l'Extrême-Orient nord russe. C'est ainsi que les cosaques, qui admiraient les peuples locaux pour leurs savoirs, ont collaboré avec eux pour se repérer, en utilisant les noms toponymiques itelmènes. Grâce à l'aide de ce peuple, le Kamtchatka est apparu pour la première fois sur une carte en 1667, avec tous les principaux lieux de la région recensés.

En 1697, Vladimir Atlassov, le chef de la forteresse d'Anadyr part avec un détachement de 65 cosaques et de 60 Youkaguirs vers la péninsule. Ils firent le tour de toute la péninsule en suivant les côtes, et ont taxé les locaux avec le Iassak, soit par la persuasion ou par la force. C'est lors de ce tour qu'il annexa la région au tsarat de Russie. Le détachement hiverne à Nijne-KamtchatskYouri Semionov (trad. Maurice Ténine), La Conquête de la Sibérie du IXe au XIXe, Paris, Payot, 1938.. L'année suivante, Verkhne-KamtchatskCe village n'existe plus aujourd'hui. est fondé en tant qu'ostrogSelon topkam.ru/, la fondation remonte à 1703 par Kobelev, et selon kamtrekking.ru, la fondation est par Atlassov en 1698. par Atlassov, dans ce qui est aujourd'hui le raïon de Milkovo..

En 1700, Iakoutsk et les cosaques qui y habitent comprennent l'importance stratégique du Kamtchatka, et souhaitent ainsi lancer une nouvelle expédition. Pour ce faire, ils envoient , qui fut le chef de la forteresse d'Anadyr quand Atlassov était au Kamtchatka. Il est aussi fourni pour lui un détachement de cosaques afin de l'aider, avec dans ce détachement un certain Fyodor Kozyrevsky, un polonais, qui avait été expulsé de Iakoutsk en 1667 avant d'y revenir son conseil du gouverneur de Tobolosk, et de devenir cribler de dette. Il tua sa femme en 1695, et comme punition, il fut rattaché à ce détachement. Ce détachement, malgré les conditions compliquées de la région, arrive au Kamtchatka en 1702, et commence à collecter le iassak. En 1703, il fonde les villages de Bolcheretsk, de Verkhne-Kamtchatsky et de Nijné-KamtchatskSelon Semionov, Nijne-Kamtchatsk est fondée en 1697 par Atlassov..

La découverte de la baie d'Avatcha est controversée, pendant longtemps il fut pensé que Mikhaïl Stadoukhine ou Dejnev l'avaient visitée, mais Stadoukhine utilisa une voie terrestre pour se rendre après vers le détroit de Béring. Pour Dejnev, l'on est sûr qu'il n'y a pas transité, mais un de ses compagnons ; Fedot Alekseyev Popov, laissa un doute pendant un certain temps, même si l'on sait maintenant qu'il se serait établi sur un affluent du fleuve Kamtchatka bien plus au nord aux alentours de 1650, d'après les propos recueillis et écrits par Atlassov lors de son expédition. vignette|Paysage de la baie d'Avatcha.

La baie d'Avatcha n'a en tout cas pas été visité par Atlassov, aucun de ses documents sur la collecte du Iassak l'en atteste. Mais le livre de collecte du Iassak de Kobelev montre au contraire que son expédition a visité cette baie, car les noms des rivières listés ont été classés de manière géographique, et l'étymologie en laisse des indices. En effet, une rivière Kougatch est mentionnée dans le livre, sachant que le nom de la partie supérieure de l'Avatcha en Itelmène est Sougatch. Cependant, ce n'est pas lui qui l'a visité mais un certain Rodion Presnetov avec 22 autres soldats qui furent envoyés sur la côte pour récupérer le iassak, et donc par la même occasion cartographier la région et rencontrer les locaux. Dans la partie que Presnetov a écrite, on retrouve pour la première fois des données sur la faune et la flore de la région, ainsi que sur la météo et le climat. Ils auraient probablement visité la baie en .

Dans ce même livre, on apprend aussi qu'ils ont (Kobelev et ses cosaques) rencontré des Aïnous, avant de remonter par la côte occidentale du Kamtchatka.

En 1703 et 1704 Rodion Presnetov et ses hommes ont soumis définitivement le Kamtchatka à l'Empire russe. En effet, après avoir visité la baie d'Avatcha, ils sont partis au sud, et ont noté la présence de deux zones de geysers. La première serait celle de la rivière Bannaïa, tandis que la seconde est quasi pour sûr celle sur un versant de l'Ilinski. La première aurait été visitée en novembre tandis que la seconde l'aurait été en . Début 1704, les AïnousIls sont désignés « Kourile peuple non pacifique » dans le conte de 1707 parvenu à Iakoutsk qui retrace l'histoire de l'expédition de Rodion. vivant sur une île du lac Kourile sont soumis par les hommes de Rodion.

En 1704, devint le nouveau chef du Kamtchatka, et il arrive à l'automne 1704 dans la péninsule. Il fut chargé de récupérer le iassak, mais s'attira de forts ennuis au cours de son expédition. En 1706, alors qu'il devait rentrer à Iakoutsk, les Koriaks prévoient de l'attaquer mais il arrive sain et sauf en les évitant. Après son départ, Mikhaïl Mnogohrishny redevint chef du KamtchatkaContrairement à Kolessov, lui était établi de manière permanente au Kamtchatka..

En 1707, plusieurs cosaques ; Ivan Mogilev, Rodion Presnetsov et Terenty Smerdov ; remarquèrent la présence d'un feu qui brûle continuellement en haut d'une montagne ; le Klioutchevskoï. Ils remarquent que la pluie ne fait pas éteindre le feu, et ils pensent que cela est un village, mais ne se tentent pas à la gravir. Piotry Kozyrevsky, le père d'Ivan Kozyrevsky, souhaitait déjà gravir cette montagne en 1703, mais les Itelmènes refusèrent de l'aider..

Au même moment, le Kamtchatka devient de plus en plus désorganisé, alors que les cosaques commencent à taxer les autochtones au nom de l'État, alors qu'ils ne le font que pour leurs propres comptes. Si un refusait de payer le iassak, femmes et enfants pouvaient être battus en public, et les hommes mis en esclavage. Face à ces excès et crimes, l'État renvoie Vladimir Atlassov dans la région en 1707 pour rétablir l'ordre. Atlassov fut drastique envers les cosaques, en les battant, les emprisonnant et les torturant d'autres manières.