Mohamed Khaznadji est un musicien algérien, né dans la Casbah d’Alger le et mort le . Il est l'un des grands maîtres contemporains de la musique sanâa, ayant participé comme soliste et professeur dans diverses structures musicales.
Biographie
Issu d’un milieu algérois profondément attaché à la musique andalouse, il grandit dans une famille passionnée par cet art savant. Très jeune, il commence par le chant religieux et la récitation coranique, chantant avec les qessadine spécialisés dans le medh dans les mosquées et mausolées d’Alger. Il fréquente alors plusieurs maîtres renommés comme Mohamed Benchaouch, Mourad Bestandji, Mohamed Lakhal et Mahieddine Lakhal, qui l’initient à l’univers spirituel et musical de la nouba andalouse.
En 1946, il rejoint l’association musicale El Hayat, où il suit l’enseignement du cheikh Abderrahmane Belhocine, qui lui transmet les fondements de l’école sanâa et l’accompagne dans ses premières prestations scéniques. Il intègre ensuite le grand orchestre dirigé par Cheikh Mohamed Fekhardji avant d’entamer une carrière de soliste reconnue dans le milieu andalou.
Parallèlement à sa carrière artistique, Mohamed Khaznadji mène une importante activité pédagogique. Il enseigne au sein de plusieurs associations culturelles, notamment El Fenn Ouel Adab (« L’Art et la littérature »), avant d’être nommé professeur à l’Institut national de musique d’Alger en 1975. Il fonde ensuite sa propre école, El Khaznadjia, à travers laquelle il forme plusieurs générations de musiciens et d’interprètes de musique andalouse, parmi lesquels la chanteuse Beihdja Rahal.
Reconnu pour la pureté de sa voix et sa parfaite maîtrise des modes andalous, il est considéré par les puristes comme l’un des interprètes les plus représentatifs du style andalou algérois. Il est notamment célèbre pour sa maîtrise de la technique vocale de la tagliba, consistant à faire passer rapidement la voix des aigus vers des registres graves sur plusieurs intervalles.
En 1953, il obtient le deuxième prix de l’Académie d’Alger. En 1966, il enregistre son premier disque 33 tours chez Pathé-Marconi. Malgré une discographie relativement limitée, il participe à de nombreux festivals et manifestations culturelles en Algérie, en Tunisie, aux États-Unis et en Italie.
Tout au long de sa carrière, Mohamed Khaznadji reçoit plusieurs distinctions pour sa contribution à la sauvegarde du patrimoine musical algérien. En 2012, il est honoré par le ministère algérien de la Culture et des Arts pour son apport à la préservation et à la valorisation de la musique andalouse. En 2024, l’association Essendoussia lui rend hommage lors de son 37e anniversaire au Palais de la culture Moufdi-Zakaria à Alger, en présence de nombreuses figures de la musique andalouse.
Après plus de sept décennies consacrées à la musique arabo-andalouse, il s'est éteint à Alger le 3 décembre 2025 à l’âge de 96 ans.
Discographie
Algérie : Anthologie de la musique arabo-andalouse, Vol. 2 (Disque I), Mohamed Khaznadji : La Nûba Ghrib, Ocora, C 560003, 1992. Mohamed Khaznadji et L'Ensemble Albaycin : Nawba Mazmum, Alsur. Musique classique algérienne. Mohamed Khaznadji : Nouba Maya et Nouba Raml Maya, Reflets D'orient, 2691/2, 1984. Musique classique algérienne. Mohamed Khaznadji : Nouba Rasd, Pathé, PTX 40.911, 1966. Musique classique algérienne. Mohamed Khaznadji : Nouba Sika, Pathé, PTX 40.911, 1966. Musique classique algérienne. Mohamed Khaznadji : Nouba Du Mode Hsine, Esperance, CD 2697, 1991. Musique classique algérienne. Mohamed Khaznadji : Nouba Du Mode M'djenba, Société Algérienne de la Production Musicale, 2693. Musique classique algérienne. Mohamed Khaznadji : Noubat El M'Jenba, Les Artistes Arabes Associés, 72.829, 1987.
Références
Lien externe
Catégorie:Naissance en mai 1929 Catégorie:Naissance à la Casbah d'Alger Catégorie:Naissance en Algérie française Catégorie:Musicien algérien Catégorie:Musique arabo-andalouse Catégorie:Décès à 96 ans Catégorie:Décès en décembre 2025 Catégorie:Décès à Alger