Camopi est une commune française de la collectivité territoriale de Guyane fondée et habitée auparavant par les créoles puis habitée par les Amérindiens des peuples autochtones des Tekos (anciennement nommés « Émerillons » par les Français) et des Wayãpi.

Elle est issue de la suppression du territoire de l'Inini par le décret du et de sa division en communes. C'est une commune frontalière avec la municipalité brésilienne de Laranjal do Jari.

Histoire

: Les missions jésuites

En 1742, un certain Chabrillan de la mission Notre-Dame de Sainte-Foi décrit la première tentative de création d'une « communauté » à la jonction de l'Oyapock et du Camopi, sur le site actuel de la commune de Camopi :

Années 1930

De 1910 à 1930, plus de dix mille chercheurs d'or écument la forêt guyanaise pour y pratiquer l'orpaillage.

Années d'après-guerre

Dès 1947, Robert Vignon est nommé premier préfet du département de Guyane. Durant les années 1950-1960, les équipes médicales et sanitaires des docteurs E. Bois et A. Fribourg-Blanc enrayeront le processus d'extinction démographique de la population de Camopi par des campagnes de vaccination et de prévention anti-paludique. De ces années date la création à Camopi, supposé devenir un pôle d'attraction pour les Amérindiens du Haut-Oyapock, d'un dispensaire, d'une église, bientôt désaffectée, et d'une école où l'enseignement scolaire fut, de 1955 à 1969, assuré par Carlo Paul, un « moniteur » Galibi qui, selon l'ethnologue Éric Navet, « obtint des résultats remarquables en pratiquant une école adaptée aux populations amérindiennes Wayãpi et Teko la classe n'ayant lieu qu'à mi-temps, le reste de la journée permettant l'apprentissage des techniques traditionnelles, les enfants pouvaient librement parler leurs langues, rester vêtus de la façon traditionnelle etc."Éric Navet, Ike mun anam. Il était une fois. La «dernière frontière» pour les Peuples Indiens de Guyane Française, Supplément à Nitassinan, revue trimestrielle du C.S.I.A., 1990, p. 57-62..

Années 1960

En 1961, le village de Camopi compte alors mais n'en comptera plus que 276 en 1967. La date de création de la commune remonte à l'année 1969 et elle est considérée, de fait, comme la première commune "amérindienne" de France. Au centre du village pousse un fromager, arbre immensément grand autour duquel, selon la tradition orale, les Amérindiens s'établirent pour y construire leur habitat. Il est visible de très loin que ce soit par les airs ou par le fleuve. Par le passé, la population amérindienne se concentrait plus haut sur l'Oyapock, dans le village d'Alicoto. Bon nombre des anciens Wayãpis présents actuellement sur le bourg sont nés là-bas et sur la rivière Camopi Simirit ainsi qu'au village W+WA.

Par le décret du , le territoire de l'Inini est supprimé et divisé en communes dont deux, Maripasoula et Camopi, sont majoritairement peuplées d'amérindiens. Selon l'ethnologue Éric Navet Éric Navet, Ike mun anam. Il était une fois... La «dernière frontière» pour les Peuples Indiens de Guyane Française, Supplément à Nitassinan, revue trimestrielle du C.S.I.A., 1990, p. 63.

Années 1970

Par un courrier du Vice-Recteur de Guyane daté du , le projet d'enseignement adapté aux amérindiens proposé par Éric Navet est accepté pour l'année scolaire 1971-1972. Ce projet stipulait que: .

Années 1980

En 1982, alors que la population compte alors 554 habitants, un nouveau rush aurifère a lieu sur l'Oyapock suscitant l'installation de nombreux commerçants brésiliens de l'autre coté de la frontière avec le Brésil.

En 1984, des Travaux d'Utilité Collective (T.U.C.) sont proposés aux habitants de Camopi au service de la commune, du département et de la gendarmerie pour des emplois de canotiers, mécaniciens, agents de voirie, etc., emplois empêchant, selon Éric Navet, ces employés de poursuivre conjointement les activités de subsistance traditionnellesÉric Navet, Ike mun anam. Il était une fois... La «dernière frontière» pour les Peuples Indiens de Guyane Française, Supplément de Nitassinan, revue trimestrielle du C.S.I.A., 1990, p. 81.

Au , de la commune sont bénéficiaires du R.M.I..

Années 1990

En 1990, la population de Camopi compte désormais .

C'est en 1990 que les Tekos connurent un «réveil culturel» sonné par l'Association Kobue Olodju («Nous existons»), qui, selon Ti'iwan Couchili, Ti'iwan Couchili, "Réflexions autour de la «conformité» d'un itinéraire artistique", in Riehl-Olivier, ss dir., Guerriers de la Paix. Les Teko de Guyane. Éric Navet, 40 ans d'ethnologie, co-édition Association des Étudiants et Amis de l'Institut d'Ethnologie de Strasbourg, alter-natives-network, Éditions Boréalia, 2015, p. 100-106.

En 1998, est implanté à Camopi, à la demande du maire et conseiller régional UMP, Joseph Chanel, un camp militaire du REI de la Légion étrangère comportant dont permanents.

La population de la commune s'élèvera à en 1999.

Les années 2000

Des années 2002 à 2008 se déroulent des opérations de la Gendarmerie nationale contre des sites d'orpaillage illégal.

En 2006, la population de la commune de Camopi s'élève désormais à recensés.

Le est officiellement créé le Parc amazonien de Guyane.

En se déroule l'Opération Harpie contre l'orpaillage illégal.

Les années 2010

En 2012, le nombre total d'amérindiens de Guyane française est estimé à environ neuf mille personnes.

Sous le mandat du maire René Monnerville, en 2013 un jumelage est envisagé avec le village alsacien de Muttersholtz en métropole. Du 18 au , des membres de l'association Kumaka et quinze membres de la Compagnie Teko Makan, ainsi que René Monnerville, l'artiste plasticienne traditionnelle Ti'iwan Couchili, James Panapuy, chef de la délégation territoriale de l'Oyapock du Parc amazonien de Guyane et Jérémie Matta, coordinateur socioculturel de la délégation territoriale de l'Oyapock du P.A.G., se sont rendus en Alsace à l'invitation de l'Association des Étudiants et Amis de l'Institut d'Ethnologie de l'Université de Strasbourg«Des Tekos de Camopi en Alsace» in France-Guyane, 30 septembre 2013, p. 6.

Le , sous le mandat du maire UMP, Joseph Chanel, est inaugurée une entreprise de construction de structures en bois de type carbet.

En 2016, la population de la commune de Camopi passe à et la piste d'aviation en béton est achevée. Elle sera définitivement ouverte au public en 2017.

Géographie Description

La commune, d'une superficie de , est située sur les bords du fleuve Oyapock et traversée par les rivières Camopi et Yaloupi.

Cette très vaste commune continentale sud-est (la de France par sa superficie), située en pays amérindien Teko et Wayãpi, est accessible sans autorisation préfectorale pour le bourg, sauf pour les villages de Trois-Sauts, instituée en 1970 puis révisée en . On peut y aller en avion avec une piste d'aviation en béton, la piste est achevée en 2016 et ouverte au public en 2017 ou en pirogue en remontant l'Oyapock, en 4 à 6 heures selon la saison à partir de Saut Maripa commune de Saint-Georges-de-l'Oyapock ou selon le type de pirogue et le moteur utilisé. La commune se trouve à l'embouchure du fleuve Oyapock et de la rivière Camopi, elle englobe aussi les villages de Trois-Sauts à une journée de pirogue en saison haute et deux jours de pirogue en saison sèche.

La commune dispose au bourg de libre services et 2 épiceries et un restaurant, d'une gendarmerie et d'un centre de santé où œuvrent deux médecins et deux infirmiers, 4 transporteurs fluviaux qui font le lien entre Saut Maripa/Camopi et Trois-Sauts. L'école primaire, accueille environ 200 élèves. Un collège appelé collège Paul Suitman est également présent.

Plus au sud, à environ plus haut sur l'Oyapock, se trouve le village de Trois-Sauts. Ce village fait partie de la commune de Camopi comme les dizaines de petits villages égrainés sur ce fleuve et la rivière Camopi.

Communes limitrophes

Géologie et relief Mont Cacao de la Haute CamopiMont Cacao de la Haute Camopi sur le site du ZNIEFF Mont Belvédère de la Haute CamopiMont Belvédère de la Haute Camopi

Climat Le climat y est équatorial humide, type Af selon la classification de Koppen.

Milieux naturels et biodiversité Camopi est située dans une des régions les plus riches du monde en matière de biodiversité.

La région est également aurifère. Les zones de pêche des Wayãpi et Teko de cette commune et du village ont été ou sont encore illégalement orpaillées et l’ont été parfois de manière intensive (1986-1987), ce qui explique les taux de mercure très élevés détectés dans les cheveux des personnes testées en 1997 par des chercheurs français.

Ce mercure n'est pas biodégradable et persiste dans l'environnement, se concentrant notamment dans le poisson « aïmara » qui est la principale source de protéines de ces Amérindiens. Les huiles de vidange des moteurs, le gazole ajoutent leur pollution à celle du mercure autour de sites et sols dévastés par les motopompes. Les sites les plus connus exploités illégalement par les Brésiliens : Sikini, Courima, Alikéné, etc.

Des missions de lutte contre l'orpaillage illicite sont conduites plusieurs fois par an par la gendarmerie renforcée par une section de militaires. Ces missions sont destinées à détruire l'environnement des orpailleurs clandestins ainsi que leur matériel d'exploitation.

Urbanisme Typologie Camopi est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'InseeSelon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.....

Risques naturels et technologiques La commune est classée en zone de sismicité 2, correspondant à une sismicité très faible..

Toponymie

Politique et administration Rattachements administratifs et électoraux La commune, jusqu'alors incluse dans l'arrondissement de Cayenne, intègre, le l'arrondissement de Saint-Georges du département de la Guyane, sur Légifrance.

Pour l'élection des députés, elle fait partie de la première circonscription de la Guyane.

Intercommunalité Camopi fait partie de la communauté de communes de l'Est guyanais, un établissement public de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre créé en 2003 et auquel la commune a transféré un certain nombre de ses compétences, dans les conditions déterminées par le code général des collectivités territoriales.

Liste des maires

Population et société Démographie

Vie associative

Il existe plusieurs associations ayant leurs activités sur la commune de Camopi, notamment dans le domaine culturel:

L'association Kobue Olodju (Nous existons) La compagnie de danses et musiques traditionnelles Teko Makan dirigée par le Dzale'et (maître de chant et de danses) Joachim Panapuy. Cette compagnie s'est déjà rendue en métropole à l'invitation de l'Association des Étudiants et Amis de l'Institut d'Ethnologie de l'université de StrasbourgColette Riehl-Olivier, "La Compagnie Teko Makan", in Riehl-Olivier, ss dir., Guerriers de la Paix. Les Teko de Guyane. Éric Navet, 40 ans d'ethnologie, co-édition Association des Étudiants et Amis de l'Institut d'Ethnologie de Strasbourg, alter-natives-network & édition Boréalia, 2015, p. 126 . La compagnie de théâtre Les Singes Hurleurs qui s'est déjà produite en métropole à l'invitation de la commune alsacienne de Muttersholtz.

Économie

La majorité de l'économie locale est traditionnellement basée sur une agriculture familiale itinérante dans les abatis (brûlis) destinée à l'autoconsommation (culture du manioc, ainsi que divers tubercules, fruits et autres légumes).