Les meurtres de Leslie Hoorelbeke et Kévin Trompat sont une affaire criminelle française, survenue dans la région Nouvelle-Aquitaine. Elle débute dans la nuit du au , après la disparition du couple et du chien de Leslie à Prahecq (Deux-Sèvres).
Après leur enlèvement et leur séquestration, leurs corps sont retrouvés début à Puyravault (Charente-Maritime). L'autopsie révèle que leur mort a probablement été provoquée par des coups portés avec un objet contondant. Cinq suspects ont été placés en garde à vue, puis en détention provisoire.
Victimes
Leslie Hoorelbeke Leslie Hoorelbeke est née le à La Rochelle (Charente-Maritime). Âgée de 22 ans, elle possédait une entreprise dans le bâtiment.
Kévin Trompat Kévin Trompat est né le à Blois (Loir-et-Cher). Âgé de 20 ans, il était maraîcher en reconversion professionnelle.
Victime supposée : Onyx, le chien de Leslie. Un cadavre de chien a été retrouvé le non loin du lieu de leur disparition. Compte tenu de l'état avancé de sa décomposition et de sa mise à l'équarrissage immédiate, il n'est pas possible d'établir avec certitude qu'il s'agissait d'Onyx.
Faits Leslie Hoorelbeke et son petit ami Kévin Trompat se rendent le vers 17 h 30 à Prahecq où ils doivent passer la soirée chez Nicolas Renou, un ami de Kévin Trompat, rue du Four, dans le bourg du village. Avant cela, le couple dépose quelques affaires et Onyx, le chien de Leslie Hoorelbeke, chez Tom Trouillet, un autre ami qui leur prête pour la nuit son domicile, situé dans la même rue. Tom Trouillet leur laisse les clés de la maison puis se rend à une fête dans la commune de La Crèche, près de Niort.
Kévin et Leslie quittent le domicile de Nicolas Renou vers 3 heures du matin.
Depuis, ils ont disparu, avec Onyx, le chien de Leslie, un staff croisé malinois. Nicolas Renou est alors la dernière personne à les avoir vus.
Signalement de leur disparition Pendant une semaine, Kévin et Leslie ne donnent plus de signes de vie. Ils ne répondent plus au téléphone, ce qui, selon la belle-mère de Leslie, . Rapidement, les familles des disparus émettent des doutes sur le fait que leur disparition puisse être volontaire. Le père de Leslie avance rapidement la piste crapuleuse en évoquant la possibilité d’une affaire d’argent qui aurait mal tourné.
Au bout d'une semaine, le père et la belle-mère de Leslie se rendent à la gendarmerie d'Aigrefeuille-d'Aunis pour déclarer sa disparition. Une enquête est ouverte par le parquet des Deux-Sèvres et confiée à la section de recherches de Poitiers en co-saisine avec la brigade de recherches de Niort.
Enquête
Recherches Le téléphone de Leslie Hoorelbeke borne le à Niort vers midi. Celui de Kévin Trompat bornera à Fouras, le , soit 3 jours après leur disparition.
Le , des documents d'identité appartenant au couple sont retrouvés ainsi que des affaires leurs appartenant, une trousse de maquillage et des chaussures de Leslie, dans un conteneur à vêtements de l'association Le Relais à Puyravault. Les affaires ont été découvertes par l'employée d'un centre de tri.
Comme la loi le prévoit, passé ce délai, la simple disparition inquiétante devient information judiciaire le sous l'impulsion du procureur de la République de Niort, Julien Wattebled pour .
Le véhicule de Leslie est retrouvé devant le domicile de Tom Trouillet à Prahecq, et celui de Kévin devant son domicile à Coulon (Deux-Sèvres).
Battues
5 janvier Le , une battue est organisée à Prahecq par Karine Prat, la belle-mère de Trompat, pour essayer de les retrouver. Cette battue lancée sur Facebook devait commencer par un rendez-vous sur la place de l’Église de Prahecq à 9 h. Une centaine de personnes se retrouvent au pied de l’église de Prahecq, pour y participer.
Lors de cette battue, elle déclare à des journalistes qu'il le soir de sa disparition, une somme qu'elle lui avait apportée à Prahecq, selon elle .
Pendant la battue, la voiture de Karine Prat est cambriolée, ainsi que son domicile.
14 janvier Une deuxième battue est organisée le à Fouras. Celle-ci, faite à l'initiative du père de Trompat, alors en prison, est organisée par Cédric, un de ses amis.
La battue est qualifiée de confuse par certains journalistes. Déjà, aucun organisateur n'étant présent à l'heure au rendez-vous, la moitié des volontaires repartent. Ensuite, Cédric, l'ami du père de Trompat, ne sait pas où aller : ayant d’abord conduit les participants jusqu’à la pointe de la Fumée avant d’estimer qu’il n’y avait pas grand-chose à espérer dans ce coin et déplacer la battue de l’autre côté du bourg de Fouras, vers les marais de Soumard.
Interpellations Durant la période s'étalant de février à , une série d'interpellations à lieu. La première interpellation est celle de Tom Trouillet, au domicile de son père à L'Aiguillon-sur-Mer, le . Tom est placé en garde à vue et mis en examen le précise dans un communiqué le procureur de la République à Poitiers, Cyril Lacombe.
Tom est un ami du couple à qui il a prêté son domicile de Prahecq. Lors de la soirée durant laquelle le couple s'est volatilisé, Tom Trouillet serait passé brièvement au dîner auquel participaient Hoorelbeke et Trompat et aurait plus tard échangé des SMS avec Hoorelbeke.
La deuxième interpellation est celle de Nathan Badji, 22 ans, le sur l'île de Ré en Charente-Maritime. Il a lui aussi été placé en garde a vue à Niort, et est originaire de Puyravault. Selon France 3, il s'est présenté à la gendarmerie après avoir été contacté par les enquêteurs. Il a été présenté au juge d'instruction de Poitiers le .
Enzo Challat, âgé de 23 ans est lui aussi placé en garde à vue, le , et est présenté au juge d'instruction le .
Stevan Mathieu, âgé de 24 ans est interpellé et placé en garde à vue le . Il est inquiété pour « enlèvement et séquestration », « recel de cadavre » et « modification de l’état des lieux d’un crime pour faire obstacle à la manifestation de la vérité ».
Mickael Zadi est interpellé et placé en garde à vue le . Il est inquiété pour « assassinats ».
Découvertes des corps Le vendredi , le corps de Trompat est découvert dans une forêt à Puyravault.
Celui d'Hoorelbeke est trouvé le samedi en fin de matinée, à 5 km de celui de son compagnon, dans une forêt de la commune de Virson sur les indications de Tom Trouillet.
Le procureur de la république de Poitiers, Cyrille Lacombe, annonce que les résultats des analyses ADN ont confirmé que les deux corps retrouvés étaient bien ceux de Leslie Hoorelbeke et Kevin Trompat.
Onyx, le chien, n'a toujours pas été retrouvé. Des avis de recherches sont diffusés sur les réseaux sociaux.
L'autopsie des corps révèle que les victimes sont décédées à la suite de coups de barres de fer ou de battes de base-ball. Selon le rapport d'autopsie, Hoorelbeke n'a pas subi d'agression sexuelle.
Déroulement des faits Selon le témoignage des suspects, Tom Trouillet aurait recruté les quatre autres pour assassiner ses deux amis. Après avoir frappé ces derniers, ils auraient emmené les corps dans le coffre de la voiture d’Enzo Challat, le propriétaire de la Peugeot 207 à plusieurs kilomètres de là pour les enterrer. Ce dernier a avoué avoir prêté sa voiture.
Mickaël raconte qu'après avoir entendu des bruits provenant du coffre, Nathan serait sorti de la voiture et constaté que Leslie était encore en vie, la poignardant alors à plusieurs reprises. L'incident se serait reproduit plus tard, cette fois exécuté par Tom à coups de pelle. Les cadavres du couple sont ensuite déposés sous une tente avant que Leslie ne soit enterrée sur ce terrain avec l'aide de Stevan Mathieu, dit "le K", un autre complice venu du Havre. Kevin lui, a été enterré dans une décharge de la commune de Puyravault en Charente-Maritime par Tom et Nathan.
Cette version est remise en cause.
Il y a plusieurs versions de la mort d'Onyx, le chien d'Hoorelbeke. Nathan Badji aurait affirmé lors d'une confrontation avoir relâché le chien en Dordogne, à plus de 200 kilomètres des Deux-Sèvres. Mais selon Tom Trouillet, Nathan Badji lui aurait assuré avoir tué Onyx de deux coups de fusil, avant de l’enterrer à côté d’une grange, à proximité de son domicile. Une autre version veut que le chien ait été enfermé dans la salle de bains de Trouillet, puis été relâché en Dordogne par Badji après une tentative d’empoisonnement.
Mobiles Le mobile des suspects reste flou. Selon le procureur de la République, il pourrait aussi bien s'agir d'une .
Piste de la déception sentimentale Tom Trouillet semblait follement amoureux d'Hoorelbeke. Elle s'est mise en couple avec Trompat, qui lui a été présenté par Trouillet lui-même. Tom Trouillet aurait déclaré à un juge lors de la confrontation : .
Piste du trafic de drogue Les enquêteurs privilégient la piste d'un crime lié au trafic de drogues.
Tom Trouillet aurait affirmé aux gendarmes, au cours de sa garde à vue, qu'un lié à la drogue serait à l'origine du drame. La belle-mère de Kevin Trompat a déjà confié lui avoir donné une importante somme en liquide peu avant la disparition, dans le but prétendu d'acheter un véhicule. Cette enveloppe de près de 10 000 € est, depuis, toujours introuvable.
Piste des dettes Selon Le Parisien, au moins l’un des agresseurs avait contracté une dette à l’égard de Kevin Trompat. Selon La Nouvelle République, il s'agit d'environ .
Marche blanche et obsèques Le dimanche , une marche blanche est organisée dans les Deux-Sèvres par Guy Trompat, le père de Kévin. Il déclare que le mobile de ce double assassinat est la jalousie.
Il désire . La famille Hoorelbeke n'a pas souhaité s'associer à cette démarche.
Le jeudi , ont lieu les obsèques de Kévin Trompat à Niort. Celles de Leslie Hoorelbeke sont organisées le samedi au crématorium de La Rochelle.
Suites judiciaires Au total, cinq jeunes hommes ont été mis en examen dans cette affaire, un pour « enlèvement et séquestration » et deux pour « assassinats » et « modification de l’état des lieux d’un crime pour faire obstacle à la manifestation de la vérité » et pour «enlèvement et séquestration sans libération volontaire avant le 7ᵉ jour».
Différents suspects
Tom Trouillet II est mis en examen de manière supplétive par le juge d’instruction du pôle criminel de Poitiers pour « enlèvement et séquestration » et placé en détention provisoire.
Début , il est mis en examen pour assassinat.
Le , son avocate porte plainte pour violation du secret de l’instruction après que le journal Le Parisien a publié le un article décrivant la nuit où a eu lieu le crime. D'après elle . Elle avait déjà porté plainte en après des révélations du Parisien.
Nathan Badji Le , Nathan Badji est mis en examen pour « assassinats » et « enlèvement et séquestration » ainsi que pour « modification de l'état des lieux d'un crime », écroué et placé en détention provisoire. Le , il est remis en liberté pour une erreur de procédure, mais soumis à un contrôle judiciaire strict.
C’est Badji, armé d’un marteau, qui aurait d’abord frappé Trompat à la tête « à plusieurs reprises » pendant que Trouillet aurait maîtrisé Hoorelbeke.
Enzo Challat Il a été mis en examen pour « assassinats, modification de l’état des lieux d’un crime pour faire obstacle à la manifestation de la vérité et pour enlèvement et séquestration sans libération volontaire avant le 7ᵉ jour ». Il a été placé en détention provisoire.
Mickaël Zadi Mickaël Zadi est mis en examen le pour assassinats, modification du lieu du crime, enlèvement, séquestration et recel de cadavre. Il est placé en détention provisoire.
Stevan Mathieu Stevan Mathieu aurait participé à la guerre en Ukraine, il serait capable de manier les explosifs, de fabriquer des bombes artisanales et même .
Il est interpellé le dans un hôtel du Havre, où il est veilleur de nuit.
Il reconnaît être allé à La Rochelle pour soutenir moralement son ami Nathan Badji et avoir rencontré Tom Trouillet en marge d'une fête techno.