La course à la direction du Parti libéral du Canada de 2006 est déclenchée après la défaite du gouvernement libéral à l'élection de 2006, quand Paul Martin annonce ne pas vouloir mener le parti lors des prochaines élections fédérales.
Le congrès à la chefferie a lieu au Palais des congrès de Montréal les 2 et , juste après le congrès biennal du parti.
À l'issue du quatrième tour de scrutin, Stéphane Dion est élu chef du Parti libéral.
Leader parlementaire par intérim Le , Paul Martin annonce qu'il continuerait d'être chef du Parti libéral jusqu'à l'élection de son successeur mais qu'il ne serait pas chef de l'opposition.
La même journée, le caucus parlementaire libéral choisit Bill Graham, député de Toronto-Centre et ministre sortant de la Défense nationale, pour occuper le poste de leader parlementaire par intérim et chef de l'opposition, pour diriger le caucus libéral de 103 députés (le caucus est réduit à 102 peu après par la défection de David Emerson vers le Parti conservateur) à la Chambre des communes. Graham nomme Lucienne Robillard, députée de Westmount—Ville-Marie et ministre sortante des Affaires intergouvernementales, au poste de chef adjointe. Le sénateur albertain Dan Hays, président sortant du Sénat du Canada, est nommé au poste de leader de l'opposition au Sénat.
Martin a initialement l'intention de demeurer officiellement chef du parti jusqu'à la sélection de son remplaçant. Toutefois, il annonce le que sa démission serait officielle à partir de la fin de semaine suivante (le dimanche ) lorsque l'exécutif de Parti libéral choisit la date du congrès.. Selon certains rapports dans les médias, Martin prend cette décision pour mettre fin à toute spéculation selon laquelle il envisageait de mener les libéraux à une prochaine élection dans l'éventualité d'une chute du gouvernement Harper dans les prochains mois..
Bill Graham devient donc chef intérimaire du parti (au lieu d'être seulement leader parlementaire par intérim) et est nommé à ce poste par l'exécutif national du parti le . Les chefs intérimaires sont traditionnellement supposés être neutres dans les cours à la direction et sont typiquement des individus n'ayant aucune ambition à être eux-mêmes candidats.
Règles La date et les règles du congrès ont été décidés par l'Exécutif national du Parti libéral lors de sa réunion les 18 et .
La constitution du parti exigeait qu'un congrès soit tenu dans l'année suivant la démission du chef et que le congrès biennal du parti soit tenu en . Le congrès d'investiture servira également de convention d'orientation politique, ce qui veut dire qu'il y aura débats et votes sur des résolutions politiques et élection de l'exécutif du parti.
Chaque candidat devait récolter la signature d'au moins 300 membres du Parti libéral, dont au moins 100 dans trois provinces ou territoires différents. Chaque candidat devait également payer des frais de pour entrer dans la course (une baisse par rapport aux exigés lors de la course à l'investiture précédente). Les dépenses pour chaque campagne au leadership sont limités à 3,4 millions $ (la limite lors du congrès précédent était de 4 millions $). La première tranche de des fonds levés par chaque candidat revient entièrement à la campagne du candidat ; tout montant excédant est soumis à une taxe de 20 % par le parti. Contrairement à la course précédente lors de laquelle la vente de cartes de membres était sévèrement règlementée, l'exécutif a décidé de permettre la vente de cartes de membres en ligne.
Délégués La sélection des délégués par les associations de circonscription et les clubs du parti s'est déroulée pendant la fin de semaine du au , surnommé le « super weekend ». Seuls ceux ayant acheté ou renouvelé leur carte de membre avant le étaient éligibles à voter. On s'attend à ce qu'il y ait environ 850 délégués d'office ayant automatiquement le droit de vote en vertu d'avoir été député libéral, candidat récent, sénateur, etc. La Commission libérale des peuples autochtones a également le droit d'envoyer une délégation en proportion du pourcentage de la population canadienne qui est autochtone. Tous les délégués à l'exception des délégués d'office et ceux qui sont élus délégués indépendants sont tenus à voter pour un candidat particulier lors du premier tour. Toutefois, tous les délégués sont libres de voter pour qui ils veulent à mesure que les candidats sont éliminés lors des tours de vote subséquents.
Le vote s'est déroulé en deux temps sur le bulletin de vote : La partie supérieure du bulletin donnait la liste des noms de chaque candidat à la direction ; les membres du parti pouvaient voter pour un candidat ou demeurer non-déclarés. La deuxième partie du bulletin listait les noms des délégués possibles se présentant au nom des différents candidats à l'investiture. Les associations de circonscription ont quatorze positions de délégués : quatre hommes, quatre femmes, deux personnes âgées (plus de 65 ans) et quatre jeunes (moins de 26 ans). Les clubs de femmes ont un délégué chacun. Les clubs jeunesse et les clubs de l'âge d'or avaient chacun quatre délégués, deux hommes et deux femmes.
Les délégués d'office ont automatiquement le droit de participer au congrès et de voter sans avoir à se faire élire. Sont délégués d'office tous les députés, sénateurs, présidents d'associations de circonscription, candidats lors de l'élection précédente, et un certain nombre de membres de l'exécutif du parti et membres des exécutifs des différentes commissions du Parti libéral, ainsi que des ailes provinciales du parti fédéral tel que stipulé dans la section 16(13) de la constitution du parti.
Au congrès, le premier tour de vote des délégués est prédéterminé par la représentation proportionnelle selon le niveau d'appui obtenu par chaque candidat à la direction lors des réunions de sélection des délégués (c'est-à-dire la section supérieure du bulletin de vote aux réunions des associations de circonscription ou des clubs politiques), même si le délégué a personnellement exprimé une préférence pour un autre candidat. Les délégués d'office peuvent toutefois voter comme ils l'entendent. S'il y a un deuxième tour (dans le cas où aucun des candidats ne reçoit 50 % des voix lors du premier tour) tous les délégués seront libres de voter selon leur préférence personnelle.
Candidats enregistrés Les individus qui ont obtenu une signature de 300 membres du Parti pour être officiellement enregistrés comme candidats et ont payé leur premier 25 000 $ :
Scott Brison Scott Brison est le député de Kings—Hants et fut le ministre des Travaux publics et services gouvernementaux sous Paul Martin. Il a auparavant été député du Parti progressiste-conservateur (depuis 1997) et en 2003 il était candidat à la direction de ce parti. Brison a fait défection vers le Parti libéral peu après la création du Parti conservateur du Canada. Ouvertement homosexuel, Brison est un progressiste social et conservateur sur le plan fiscal.
Appuis Frank McKenna, ancien premier ministre du Nouveau-Brunswick et ancien ambassadeur du Canada aux États-Unis, considéré comme étant à la tête de la course jusqu'à ce qu'il annonce qu'il ne serait pas candidat, a fait don de 3000 $ à la campagne de Brison mais ne l'a pas officiellement appuyé..
Appui dans le caucus : 10 Députés : Scott Brison, Mark Eyking, Shawn Murphy, Michael Savage Sénateurs : Jane Cordy, Jim Cowan, George Furey, Michael Kirby, Wilfred Moore, Gerard Phalen Date du lancement officiel de sa campagne : Date de l'enregistrement officiel : site officiel
Stéphane Dion thumb|right|Stéphane Dion Stéphane Dion a été ministre des Affaires intergouvernementales sous Chrétien et ministre de l'Environnement sous Martin. Avant de faire son entrée en politique fédérale en 1996, Dion était professeur de science politique et commentateur fédéraliste notoire. Dion est célèbre pour son opposition au souverainisme québécois et pour avoir été le père de la Loi sur la clarté. Il est considéré comme un loyaliste de Chrétien qui a tout de même bien travaillé avec le camp Martin. Il a remporté la course à l'investiture libérale.
Appuis Don Boudria, ancien Leader en Chambre du Parti libéral, et Mark Marissen, ancien lieutenant britanno-colombien de Paul Martin, est son directeur national de campagne. Herb Metcalfe, ancien organisateur de John Manley, travaille également à sa campagne. Le , David Orchard, ancien candidat à la direction du Parti progressiste-conservateur, annonce son appui à Stéphane Dion. Les partisans d'Orchard, qui seraient au nombre d'environ 35 000, l'ont aidé à finir troisième lors de deux courses à l'investiture progressistes-conservateurs différents.. Dion est également appuyé par le chef du Parti libéral de la Saskatchewan David Karwacki, le président de l'aile britanno-colombienne du parti Jamie Elmhirst, le président de l'aile albertaine Adam Campbell, l'ancien chef-adjoint du Parti vert Tom Manley, l'ancien chef de cabinet de Paul Martin, Tim Murphy, ainsi que Marc-Boris Saint-Maurice, cofondateur et ancien chef du Parti marijuana.
Appui dans le caucus : 14 Députés : Sue Barnes, Colleen Beaumier, Bonnie Brown, Stéphane Dion, Marlene Jennings, Francis Scarpaleggia, Paul Steckle, Bryon Wilfert Sénateurs : John Bryden, Maria Chaput, Vivienne Poy, Fernand Robichaud, Claudette Tardif Date du lancement officiel de sa campagne : Date de l'enregistrement officiel : site officiel
Ken Dryden Ken Dryden a été ministre du Développement social sous Martin. Ancien gardien de but de l'équipe de hockey sur glace des Canadiens de Montréal, Dryden est d'abord élu lors de l'élection de 2004 comme candidat-vedette des libéraux. Il a été au centre de la stratégie de services de garde du gouvernement Martin. Dryden, qui est l'auteur d'un livre sur le système d'éducation public, insiste sur l'importance d'améliorer le système éducationnel afin de préserver la compétitivité du Canada.
Appuis Appui dans le caucus : 11 Députés : Don Bell, Ken Boshcoff, Ken Dryden, Tina Keeper, Anita Neville Sénateurs : Sharon Carstairs, Marilyn Trenholme Counsell, Art Eggleton, Joyce Fairbairn, Frank Mahovlich, Rod Zimmer Date du lancement officiel de sa campagne : Date de l'enregistrement officiel : site officiel
Martha Hall Findlay Martha Hall Findlay, une avocate torontoise, est la première candidate à annoncer officiellement sa candidature le . Elle a été candidate du Parti libéral dans Newmarket—Aurora lors de l'élection de 2004 et a été défaite par Belinda Stronach. Lorsque Stronach a fait défection vers le Parti libéral en 2005, Hall Findlay a été contrainte de céder son investiture pour la circonscription au profit de Stronach. Hall Findlay, âge de 45 ans, est couramment bilingue et travaille actuellement au sein de sa propre organisation de gestion et de conseil légal, The General Counsel Group, travaillant principalement dans les domaines de la haute technologie et des télécommunications au Canada et en Europe.
Appuis Appui dans le caucus : Aucun Date du lancement officiel de sa campagne: Date de l'enregistrement officiel: site officiel
Michael Ignatieff thumb|right|Michael Ignatieff