Berat est une municipalité et une commune située dans le centre-sud de l'Albanie, au sud de Tirana. Elle constitue le chef-lieu de l'ancien district de Berat ainsi que de la préfecture de Berat.

Géographie Situation La ville de Berat se situe à environ 50 km de la côte de la mer Adriatique, à une altitude de 58 mètres. Nichée dans un paysage vallonné, elle s’étend le long des rives de la rivière Osum, longue de , qui la traverse. Sur la rive gauche se trouve Gorica, le quartier chrétien, tandis que sur la rive droite s’élèvent Mangalem, le quartier musulman, et la Kala, une forteresse perchée sur les hauteurs de la colline Kalaja.

Au centre de la ville se dresse une ancienne forteresse au sommet d'un pic pointu à une altitude de 187 mètres.

Climat Le climat de la ville est de type méditerranéen, avec une pluviométrie annuelle moyenne de 928 mm. Les températures minimales et maximales moyennes oscillent entre 7°C et 30°C.

Histoire Antiquité Berat, fondée il y a plus de , est surnommée la « ville aux mille fenêtres ». Elle est également l’ , existant depuis au moins le . En tant que forteresse des tribus dassarètes d'Illyrie, elle se trouvait à la frontière entre l'Illyrie et l’Épire.

Au cours de la période romaine et au début de l’ère byzantine, la ville était connue sous le nom Pulcheriopolis.

Époque byzantine puis ottomane Durant la période médiévale, la ville devient une partie de la frontière instable de l'Empire byzantin après la chute de l'Empire romain d'Occident et, avec une grande partie du reste de la péninsule balkanique, elle souffre d'invasions répétées de Slaves. Au , la ville prend donc le nom slave de Bel[i]grad (Ville blanche), Belegrada (Βελέγραδα) en grec.

Au , la ville devient l'une des plus importantes de la Bulgarie d'alors. Commence une période où la ville passe de mains en mains, entre les Bulgares, les Byzantins, les Napolitains, les Albanais ou les Ottomans.

Le siège de Berat par les troupes du roi de Sicile, Charles d'Anjou, en 1280-1281 a marqué la résistance de l'empire byzantin.

Le château, localement appelé le Kala, est construit en majeure partie au , bien que ses origines remontent au ; le quartier de la citadelle compte de nombreuses églises byzantines, dont plusieurs du .

En 1335, les Albanais d'Épire envahissent la région de Berat alors que vers 1345, la ville passe à l'empire serbe.

La ville est conquise en 1417 par l'Empire ottoman et la population se convertit à l'islam ; des mosquées sont édifiées. Belegrada voit également son nom changé en Berat sous la domination ottomane. Dans un premier temps, la population de Berat diminue et son développement s'arrête ; cependant, à partir du , la construction de renforcements des fortifications édifiées pendant les croisades et le développement de l'artisanat, particulièrement la sculpture sur bois, la ville regagne en prospéritéInformation de la ligue albanaise du site du Canada. Lire en ligne.

Durant la première partie du , Berat reste une ville chrétienne où l'on ne trouve encore aucune maison musulmane. Entre 1506 et 1583, l'ancienne et petite communauté juive de la ville s'accroît de dix-sept maisons composées de juifs expulsés de la péninsule Ibérique et fuyant l'Inquisition. Entre 1519 et 1520, vingt-cinq familles vivent à BeratA dictionary of Albanian religion, mythology and folk culture by Robert Elsie Edition illustrated Publisher C. Hurst & Co. Publishers, 2001 ,page 141.

Certaines sources affirment que le faux messie Sabbatai Zevi serait inhumé à Berat, ce qui explique l’implantation d’une communauté Dönme à Berat au . La ville est restée un lieu de pèlerinage des fidèles de Zevi jusqu’au . La tombe supposée du mystique se trouve dans la mosquée du Sultan de Berat, alors que d'autres chercheurs la situent à Dulcigno, dans l'actuel MonténégroPaul B. Fenton, « La Tombe du Messie d’Ismaël », Pe'amim 25, 1985, p. 13-35.. gauche|vignette|Berat en 1830 Au , Berat est la plus grande ville d'Albanie et un important centre économique. Elle abrite alors 500 maisons réparties dans trente quartiers, et cinq madrassas.

En 1851, a lieu un tremblement de terre qui détruit la majorité des parties supérieures des anciennes maisons en bois construites au cours du . Elles sont reconstruites de façon traditionnelle.

En 1903, la population de Berat se soulève et appelle à abaisser les impôts trop élevés et à pouvoir occuper des postes administratifs à la place des Ottomans qui en ont le monopoleMiranda Vickers: Shqiptarët – Një histori moderne. Bota Shqiptare, 2008, , 2.6 Dobësimi i vazhdueshëm i pushtetit të Portës, S. 82 (anglais : The Albanians - A Modern History. Übersetzt von Xhevdet Shehu)..

Albanie contemporaine Durant la Seconde Guerre mondiale et après le contrôle de l'Albanie par les Allemands, « presque tous les Juifs vivant dans les frontières albanaises pendant l'occupation allemande... ont été sauvés », protégés par leurs voisins qui figurent au mémorial des Justes parmi les nations de Yad Vashem en Israël. Cet épisode porte le témoignage de la coexistence des différentes communautés religieuses et culturelles au fil des siècles.

La ville actuelle notamment la vieille ville fortifiée remplie d'églises et de mosquées contenant des peintures murales et des fresques, dont une mosquée du ainsi que deux églises de la même époque, un bazar et un musée ethnographique.

Se trouve également à Berat le seul musée juif d’Albanie : le musée Solomoni est créé en 2018 par Simon Vrusho, un historien collectionneur qui y a exposé avant de mourir, des centaines de documents, photographies et artefacts retraçant 2 000 ans d’histoire juive en Albanie.

La vieille ville de Berat a été inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco en . vignette|239x239px|Ruelle typique de Berat

Culture Architecture et lieux réputés gauche|vignette|198x198px|Citadelle de Berat : église de la Sainte Trinité. La juxtaposition des lieux de prières catholiques, orthodoxes et musulmans témoigne de la capacité à cohabiter des différentes communautés. En marchant dans les petites ruelles dont les pavés clairs serpentent entre de très vieux murs, on peut ainsi passer de l’église Saint-Théodore à la cathédrale de la Dormition, puis à la mosquée Rouge ou à l'église Saint-Michel, ou de la cathédrale Saint-Démétrios à la mosquée de plomb.

Perchée sur les flancs de la montagne, la citadelle attire le regard. Ses maisons blanches, ses murs épais, et le château qui le surplombe transportent le voyageur dans une autre époque. Toujours habitée, la place forte a été détruite et reconstruite plusieurs fois depuis le avant notre ère, mais on y voit encore de nombreux édifices médiévaux : des églises, des mosquées, les murailles crénelées, les réservoirs d’eau enterrés...

La vieille ville a été inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco en juillet 2008 et les maisons traditionnelles, les monuments et le château ont été réunis dans une aire nommée « Musée de la Ville ».

Activités touristiques Randonnée jusqu'au sommet de la Citadelle Dégustation de vins locaux

Démographie

En 2006, la population de la ville se compose d'environ 65 500 habitants : des chrétiens orthodoxes et des musulmans. Au recensement de 2011, le nombre d'habitants s'élève à 32 606 pour l'ancienne municipalités et à 60 031 pour la nouvelle municipalité composée de la fusion des anciennes communautés de Berat, Otllak, Roshnik, Sinje et VelabishtConfédération suisse, Institut of Statistics, Population and Housing Censés 2011, Recensement de la population, Albanie, publication 2013. Lire en ligne.

Sport Le club de football représentant la ville de Berat est le Klubi Sportiv Tomori Berat.

Galerie

Personnalités liées à la ville Hysen Hakani (1932-2011), réalisateur Onufri, peintre Ilias Bey Vrioni (1882-1932), homme politique Jusuf Vrioni (1916-2001), écrivain et diplomate Seldi Qalliu (né en 1987), chanteur Sotir Capo (1934-2012), peintre Margarita Tutulani (1925-1943), résistante Afërdita Veveçka Priftaj (1948-2017), physicienne Sulejman Naibi, poète du Nezim Frakulla, poète du

Jumelages La ville de Berat est jumelée avecBashkite binjake me Beratin :

Références

Voir aussi Codex Purpureus Beratinus Villes d'Albanie Pont de Gorica Histoire des Juifs en Albanie Onufri Nikolla Onufri

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