Jacques Aeschlimann (né le et décédé le ) est un dramaturge, romancier, critique d'art dramatique, reporter et homme politique suisse. Il est l'auteur de théâtrales et radiophoniques et d'un roman. Il a travaillé comme chroniqueur et critique d'art dramatique pour le journal La Suisse et comme reporter pour le journal La Patrie suisse. Il fut un membre important du mouvement nationaliste de l'Union Nationale et a siégé comme député au Grand Conseil du canton de Genève entre et durant deux législatures.. Il a par ailleurs présidé la Société romande des auteurs dramatiques, radiophoniques et de cinéma entre 1969 et 1973. Il fut un proche des artistes de l'École des PâquisSchubiger Henri, Propos doux amers, Le Courrier, 31 octobre 1975.. Il est enterré au cimetière des Rois à Genève.

Biographie Jeunesse, députation et mobilisation Jacques Aeschlimann naît le à Genève, en Suisse romande. Il est le fils de l'écrivain, éditeur et calligraphe genevois Willy Aeschlimann (1879-1971) et d'Elisa Schwendener (1881-1940), originaire de Kandergrund (dans le canton de Berne) et de Saint-Gall. Durant les premières années de sa vie, il est appelé Willy, comme son père. Il n'adoptera son second prénom, Jacques, qu'à son entrée en politique, pour éviter toute confusion avec ce dernier..

Après l'école primaire, il entame sa formation secondaire au collège CalvinH. V., « Jacques Aeschlimann », Journal de Genève, 22 octobre 1975, p. 13., où il rédige et édite un journal nommé Journal des Amis, avant d'effectuer un apprentissage dans l'édition sous la direction de Pierre-Eugène Vibert, où il se forme notamment à l'illustation de livres. Il entre ensuite à l'École des Beaux-Arts de Genève où il étudie la peinture pendant cinq ans. Il poursuivra sa formation de peintre à l'Académie de Florence par la suite..

En , alors qu'il n'a que seize ans, il participe avec six autres personnes à fonder le Cercle d'études politiques, qui deviendra ensuite Res Helvetica. A ses débuts, le groupe entretient des contacts avec le Cercle fédéraliste et Georges Oltramare. Les ainés du Cercle fédéraliste font connaître l'Action Française aux jeunes membres de Res Helvetica, qui seront à leur tour influencés par la pensée de Charles Maurras. C'est à cette période que Jacques Aeschlimann rencontre Jules-Ernest Gross, directeur de la Nouvelle Revue romande, qui joue un rôle de mentor, en matière politique, auprès de lui.vignette|Jacques Aeschlimann (à droite) enfant et son frère Dick (à gauche).|gauche Alors qu'il n'a pas encore 20 ans, il commence sa carrière de journaliste à la Feuille d'avis officielle de la République et canton de Genève.. En 1930, il rejoint d'ailleurs l'Association de la presse genevoise., ancêtre de l'actuelle Association genevoise des journalistes. Il travaille ensuite entre 1932 et 1934 comme rédacteur pour le Journal des Nations, journal d'orientation antifasciste publiant essentiellement sur l'actualité internationale. Il couvre notamment la Conférence mondiale pour le désarmement organisée par la Société des nations à Genève. Puis, il travaille pour le Moment, journal généraliste d'orientation antifasciste dirigé par Alfred Hefterentre 1933 et 1934Journal de Genève, 27 janvier 1934, p. 4.. Durant ces années de jeunesse, il se forme au contact du chroniqueur théâtral Léon SavaryLéon Savary lui dédiera d'ailleurs une nouvelle, La maladie de Monsieur Campardon, au sein de son recueil Le cendrier d'Erymanthe, publié en 1953. et du journaliste René-Louis PiachaudMarcel Suès (alias Squibbs), La Patrie Suisse, 22 octobre 1975.. À 28 ans, le , il entre en fonction en tant que député au Grand Conseil de Genève pour la législature de à . Absent du parlement pendant la législature suivante, il est ensuite élu député suppléant pour la législature de à . Il sera à nouveau député le , après la démission de l'un de ses colistiers, le député André-Henri Grobet. Mobilisé dans l'armée suisse en tant qu'artilleur de montagne durant la Seconde Guerre mondiale, il est sélectionné en comme reporter d'armée auprès du Q.G. du général Guisan au sein d'un détachement placé directement sous les ordres du colonel-brigadier Roger Masson, chef du renseignement militaire. En tant que reporter d'armée, il fournit une cinquantaine d'articles sur la vie et les problèmes militaires durant la période -, publiés et reproduits par les principaux quotidiens de Suisse romandeArchives de la famille Aeschlimann, Genève, consultées en février 2023.. Il obtient par ailleurs le grade de sergent..

Dramaturge et romancier En 1937, sa carrière d'écrivain débute avec la publication de sa première pièce, une comédie en un acte intitulée La Philippine, par les Éditions MeyerJournal de Genève, 30 janvier 1938, p. 2.. Sept ans plus tard, en 1944, il remporte le Prix du roman policier décerné par la Patrie suisseCatalogue de la Bibliothèque de Genève, cote BGE Hf 6924. avec son roman policier Quai Wilson, dont l'intrigue se déroule dans la Genève des années 1940 et met en scène le meurtre d'un diplomate de la Société des Nations que deux étudiants amateurs tentent d'élucider. Puis, la même année, il crée six pièces policières pour le Radio-Théâtre de Radio-Lausanne : L'Affaire Juanita Rosales, Le Cas Jean-René de Valère, L'indignation de Martin Brûlé, La jalousie de Daisy Ramier, L'assassinat de la voyante Faustina et L'Expérience du Docteur Koerner. Ces pièces sont mises en ondes au studio de La Sallaz par la troupe du Radio-Théâtre devant les élèves du Conservatoire de Lausanne et diffusées entre le et le dans le cadre de l'émission Coupable ou non coupable. À la fin de chaque pièce, les auditeurs peuvent voter pour désigner le coupable du crime commis dans l'intrigueLa Suisse, 30 janvier 1953. . Toutes ces pièces sont mises en ondes par Marcel Merminod. à l'exception du Cas Jean-René de Valère qui est mise en ondes par Raymond Colbert.. L'émission rencontre un certain succès puisqu'elle reçoit un millier de réponses postales de Suisse et de France après la diffusion de sa première pièce. Le de la même année, Radio-Lausanne diffuse sa pièce La Fournaise., mise en ondes à nouveau par Marcel Merminod.. Le mois suivant, elle est publiée par les Éditions Meyer. L'intrigue, inspirée de faits réels, se déroule au Canada en 1908 et explore la thématique de l'égoïsme en situation d'urgenceJournal de Genève, 12 septembre 1944, p. 4.. En 1945, il contribue à l'ouvrage collectif Stade suisse. La gymnastique, les sports et les jeux, publié par les Éditions M. S. Metz, en rédigeant le chapitre sur la boxe, sport qu'il pratique lui-même. La même année, son roman Quai Wilson est progressivement publié, entre et La Patrie valaisanne, 15 janvier 1946, p. 2., sous la forme d'un roman feuilleton dans La Patrie valaisanne« Notre nouveau feuilleton : le Prix du roman policier de la Patrie Suisse 1944 », La Patrie valaisanne, 17 juillet 1945, p. 2. avant d'être publié intégralement en 1946 par les éditions Victor Attinger. vignette|Jacques Aeschlimann durant sa jeunesse, sur le quai Wilson, à Genève. Devant le succès remporté par la pièce La Nuit du 16 janvier d'Ayn Rand, qui est donnée pendant plusieurs mois au théâtre Apollo à Paris et qui se termine selon le même principe de l'émission Coupable ou non coupable, soit par un vote des spectateurs sur la culpabilité ou non de l'accusé, il se décide à adapter pour la scène deux de ses pièces radiophoniques diffusée dans ladite émission. Il adapte ainsi Le Cas Jean-René de Valère sous le nom de La Démonstration du Professeur Glomus et L'Affaire Juanita Rosales sous le nom d'Un Geste machinal, qui sont publiées aux Éditions Meyer..

L'année suivante, le , il est élu pour trois ans au comité de l'Association de la presse genevoiseJournal de Genève, 7 mai 1947, p. 5., tandis que Quai Wilson est à nouveau publié en feuilleton dans la Feuille d'avis et journal d'Avenches, du Vully et des environsFeuille d'avis et journal d'Avenches, du Vully et des environs, 21 juin 1947. ainsi que dans L'Eveil, feuille d'avis des districts de la Broye et du Gros de VaudL'Eveil, feuille d'avis des districts de la Broye et du Gros de Vaud, 18 mars 1947, p. 3.. Un an plus tard, en 1948, il épouse Viviane GaudinFaire part de mariage de Jacques Aeschlimann et Viviane Gaudin, 1948. , dont il divorcera trois ans plus tard. C'est durant cette même année, le , qu'est jouée sa pièce Les Pavés de l'Enfer au Casino-Théâtre d'Yverdon (l'actuel théâtre Benno Besson), à l'occasion du congrès de la Société des auteurs dramatiques romands. La mise en scène est assurée par Claude Mariau.. Cette pièce aborde la question de la sexualité avant le mariage (nous sommes en 1948) et montre les relations complexes entre une jeune femme, sa mère psychanalyste et l'amant de sa fille. C'est aussi en 1948 que sa pièce Le Petit Train chagrin est diffusée sur Radio-Lausanne dans une mise en ondes de Marcel Merminod.

En 1949, alors que Quai Wilson est une fois de plus publié sous forme de feuilleton dans L'Echo de la BroyeL'Echo de la Broye, journal de Moudon, 10 mai 1949, p. 2. , il remporte un concours organisé par la Tribune de Genève sous les auspices de Pro Helvetia avec Tabazan ou le Bourreau de Genève.. Cette pièce, qui se déroule à Genève pendant la nuit du 11 au , est centrée sur le bourreau genevois du temps de l'Escalade, François Tabazan (1534-1624)Archives de l’État de Genève, cote AEG 86/Dk/38.. Elle est mise en scène l'année suivante au Théâtre de la Cour Saint-Pierre par le metteur en scène et comédien Jean Hort, à l'occasion du dixième anniversaire de la Société romande des auteurs dramatiques, radiophoniques et de cinéma. Les décors et les costumes sont réalisés par l'artiste Théodore Strawinsky Universität Basel Hauptbibliothek, cote UBH Aoo 284.. Toujours en 1950, Les Pavés de l'Enfer est publiée par les éditions Meyer, tandis que La Fournaise est diffusée en Belgique par l'Institut national de radiodiffusion.. Enfin, le , Jacques Aeschlimann est à nouveau élu pour trois ans au comité de l'Association de la presse genevoiseJournal de Genève, 23 mai 1950, p. 4..

Journaliste, critique d'art dramatique et homme de lettres Dès , il collabore au journal La Suisse en tant que reporter, critique d'art dramatique (plus de ) et chroniqueur radiophonique dans l'émission A l'écoute (). À partir de 1955, il y publie en outre des billets hebdomadaires, qu'il signe en référence à Cadet Rousselle, dans la chronique Au jour le jour jusqu'en 1970 pour un total de . Par ailleurs son travail de reporter le mène aux États-Unis, en Iran, en AlgérieEn 1961., en Europe (notamment en Scandinavie, en EspagneGrandes enquêtes en 1963. et en Ecosse), ainsi que dans onze pays d'Amérique centrale (notamment Cuba et le Panama) et d'Amérique du Sud (notamment au Brésil, en Bolivie et en Colombie)Notes de dépenses de voyage de Jacques Aeschlimann, American Express, 29 janvier 1960.. En 1954, Quai Wilson est encore une fois publié sous forme de feuilleton, cette fois-ci dans la Feuille d'avis de Sainte-Croix et Journal du District de GrandsonFeuille d'avis de Sainte-Croix et Journal du District de Grandson, 17 avril 1954, p. 8.. vignette|Jacques Aeschlimann, jeune écrivain.|gauche