Joseph Levet, communément appelé Jos, est directeur d’une agence d’assurances, homme politique et résistant français, né le à Marseille et mort le à Moncé-en-Belin. Il s’illustre dans les années 1930 aux côtés de François de La Rocque en tant que délégué régional pour la Normandie et l’île de France des Croix-de-Feu puis du Parti social français (PSF).

Biographie

Famille Né le Archives de Marseille, année 1895, registre , acte de naissance , avec mentions marginales de mariage et de décès à MarseilleFiche Militaire des Archives de Rouen, 1R3383- Numéro matricule : 2351 (1915) https://www.archivesdepartementales76.net/ark:/50278/113c37b53cf6ad7ebf49b8d7446f72d4/daogrp/0/1/idsearch:RECH_b6bc0f81dc191423cc789de72f3b517c?id=https%3A%2F%2Fwww.archivesdepartementales76.net%2Fark%3A%2F50278%2F113c37b53cf6ad7ebf49b8d7446f72d4%2Fcanvas%2F0%2F1., Joseph Louis Antoine Marius Levet est issue d’une famille et d’un milieu modeste. Il grandit au Havre avec ses parents, Annet et Marguerite Levet. Son père est ouvrier des tramwaysJacques Nobécourt, Le colonel de La Rocque 1885-1946 ou les pièges du nationalisme chrétien, Paris, Fayard, 1996, .

Joseph obtient à 15 ans son brevet d’interprète anglais au Havre. Il se marie en 1922 avec Marthe Despont, fille du président de la fédération française des syndicats d'employés catholiquesLa Croix, 23 avril 1922. Il a cinq fils et trois filles : Pierre, Jean, Madeleine, Thérèse, Dominique, Mireille et François. La famille Levet vit successivement à Rouen, à Neuilly-sur-Seine puis en 1949 à la villa « La Florido » sur les hauteurs de Nice.

Il est grand-père de Véronique Olmi, auteure française de romans et de pièces de théâtre.

Première Guerre mondiale (1914-1918)

La Première Guerre mondiale éclate à ses 19 ans alors qu’il débute en tant qu’employé de commerce. Il est mobilisé et incorporé au 28e régiment d'infanterie le . Il est nommé caporal le puis grièvement blessé lors d’un tir d’obus allemand sur sa position lors de la bataille de Verdun le . Il participe avec son régiment à la bataille du chemin des dames en d'avril à . Il est de nouveau blessé le cette fois-ci par intoxication aux gaz asphyxiants à Saint-Quentin.

En 1919, il entreprend de faire rapatrier à l’arrière des corps de ses camarades tombés au combat. Il est libéré de toute obligation militaire en 1933 et reçoit une citation à l’ordre du régiment en tant que « Bon gradé ayant toujours accompli son devoir ».

Homme d'action des Croix-de-Feu (1929-1936)

Père de famille et sans ressources après la « Grande guerre », Joseph Levet reprend la vie civile et travaille pour la compagnie d'assurances La Mondiale au Havre. Il y est promu directeur d’agence, directeur régional puis inspecteur général en 1924Le Petit Havre, 20 janvier 1924.

Il préside au Havre dans les années 1920 une association d'anciens combattants, la Ligue des poilus havraisLe Petit Havre, 20 octobre 1923, fondée en 1919, et il est un temps conseiller municipal de Sainte-Adresse, une commune de la banlieue du Havre, à partir de 1923Le Petit Havre, 9 octobre 1923. Il est aussi le président jusqu'à sa démission en 1929 d'une société théâtrale d'amateurs, Havre-Comœdia, qu'il a fondée en 1921Le Petit Havre, 28 août 1928, Ibid., 20 octobre 1929.

Jos Levet, patriote, se passionne pour la vie politique locale et du pays au travers de son regard d'ancien combattant. Il est parmi les premiers adhérents du mouvement Croix de Feu du Havre ; la section havraise a été fondée en 1929Jacques Nobécourt, Le colonel de La Rocque 1885-1946 ou les pièges du nationalisme chrétien, Paris, Fayard, 1996, .

En 1931, il est transféré à Rouen où il fonde une nouvelle section dont il devient le président, poste qu’il occupe jusqu’en 1936. Très vite, Joseph Levet devient un personnage important pour le mouvement Croix de Feu, non seulement à Rouen mais aussi en Normandie ; il est délégué régional en 1933Jacques Nobécourt, Le colonel de La Rocque 1885-1946 ou les pièges du nationalisme chrétien, Paris, Fayard, 1996, . Sur le terrain il multiplie les discours et rassemblements pour faire de la propagande dans toute la Normandie. Par son travail, il gravit successivement les échelons du mouvement.

Levet a particulièrement fait grandir la section Croix de Feu de Rouen qui compte en 1935 plus de 2500 adhérents.Il est décri comme un puisque très apprécié par son entourage mais assez rude, insolent, voire violent avec ses opposants. Il polémique avec le maire de Rouen Georges Métayer qui intente un procès en correctionnelle contre lui pour injure à un officier ministérielJacques Nobécourt, op. cit., .

Il est nommé délégué régional de la Normandie et de l’Île-de-France et membre du conseil d'administration de la ligueJacques Nobécourt, Le colonel de La Rocque 1885-1946 ou les pièges du nationalisme chrétien, Paris, Fayard, 1996, , il déménage alors à Neuilly-sur-Seine. Il y devient un des cadres les plus importants du mouvement, du fait de l'importance des régions qu'il dirige.

Cadre dirigeant du Parti social français (1936-1940)

Après la dissolution des Croix de Feu en 1936 par le gouvernement de Léon Blum, le colonel François de La Rocque crée le Parti social français (PSF). Jos Levet, loyal et fidèle au colonel, le suit et retrouve son poste de cadre dirigeant à la tête des régions de Normandie et d'Ile de France, places fortes du partiJacques Nobécourt, Le colonel de La Rocque 1885-1946 ou les pièges du nationalisme chrétien, Paris, Fayard, 1996, . Il est membre du comité exécutif du parti et de sa commission administrative permanente (CAP) de huit membresJacques Nobécourt, op. cit., . À la veille de la guerre, le PSF est le premier parti de France avec un effectif de plus d'un million d'adhérents1,2 million d’adhérents est l’effectif retenu lors du colloque consacré à Sciences Po en janvier 2014.. Le PSF est lié aux Syndicats professionnels français (S.P.F.) et fonde des organisations caritatives et sociales puissantes.

Joseph Levet désapprouve en partie le tournant social du parti, préférant galvaniser ses membres par l'action politique. Cela dégrade les relations avec une partie du comité directeur, notamment avec Antoinette de Préval, du fait de son caractère violent et passionné.

Résistance : Le réseau Klan (1940-1945)

Levet est administrateur du Petit Journal, le quotidien du PSF depuis 1937, et directeur général des services de diffusion de la presse PSFLe Petit Journal, 7 novembre 1940. En , le parti du colonel de La Rocque est transformé en « Progrès social français » dont Levet fait partie ; il n'existe plus sous forme d'un parti politique mais d'une vaste organisation sociale. Il est officiellement « mis sous séquestre » par le gouvernement de Vichymesure parue au J.O. de Vichy le 23 mai 1942 puis dissous sur ordre du général Oberg, chef des S.S. en France, le France Politique.

En coordination avec La Rocque et d'autres anciens cadres du parti, Jos Levet fit ses premiers pas dans Résistance en 1941Ariane Chebel d'Appollonia, op. cit. en collectant des renseignements du côté italien. Formant par la suite le réseau Klan pour le compte de l'Intelligence Service britannique via le colonel Charaudeau à Madrid (réseau Alibi). Le réseau Klan, considéré comme un sous-réseau du réseau Alibi, sera félicité deux fois par l'Intelligence Service qui en authentifie l'organisation et le fonctionnement dans une attestation de (déposée aux Centre d'Histoire des Archives de Sciences Po).

En mars 1943, Jos Levet échappe à la rafle des cadres du PSF par la Gestapo après avoir été informé de l'arrivée de policiers allemands à son domicile.

Après-guerre (1945-1988) En 1945, après la libération le PSF n'ayant plus d'existence légale, Jos Levet suivit le conseil du colonel de La Rocque (alors emprisonné en France) de créer avec le reste des anciens cadres un nouveau parti. Levet devient alors l’un des vice-présidents du Parti républicain et social de la réconciliation française. Le parti n’eut pas le succès escompté aux différentes élections et sombra dans l’oubli.

Joseph Levet meurt en 1988 à l’âge de 93 ans à Moncé-en-Belin.

Décorations

(1958) (une citation à l'ordre du régiment) Médaille militaire (1931)

Sources et bibliographie Sources primaires Fiche militaire des Archives de Rouen, 1R3383- Numéro matricule : 2351 (1915) : Voir en ligne Acte de décès à Moncé-en-Belin Le Flambeau normand (journal des Croix de Feu de Rouen et de Normandie) Bibliographie Jacques Nobécourt, Le colonel de La Rocque 1885-1946 ou les pièges du nationalisme chrétien, Paris, Fayard, 1996 David Socha, Les Croix de Feu, briscards et Volontaires nationaux, un mouvement d’extrême droite en Seine-Inférieure de 1928 à 1936, mémoire de maîtrise réalisé sous la direction de Pierre-Olivier Boudon, professeur à l’Université de Rouen, et soutenu en Pierre de Léotard, « Mes souvenirs politiques », dans Recherches contemporaines, n° 5, 1999 ().

Notes et références

Notes

Références

Voir aussi

Articles connexes

Croix-de-Feu Parti social français Réseau Klan

Liens externes

Biographie de La Rocque par le Centre d'Histoire de Sciences Po Les papiers personnels de François de La Rocque sont conservés aux Archives nationales sous la cote 451AP

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