Gérard Van Meckeren est un marin du dunkerquois au service de Charles Quint au . Ses qualités lui ont valu d'être nommé vice-amiral de Flandre. Il inaugure la longue série des corsaires dunkerquois.
Biographie Gérard Van Meckeren, dit BatenborgBiographie nationale de Belgique, cité dans la bibliographie, ., nait à Bergues, appelée alors Bergues-Saint-Winoc, dans les dernières années du ou au début du Louis de Baecker, cité dans la bibliographie, ..
L'auteur flamand du , Antoine Sandérus, dans sa Flandria illustrata, confirme le lieu de naissance du futur vice-amiral de FlandreLouis de Baecker, cité dans la bibliographie, ..
On sait peu de choses sur ses origines, sa famille, ses parents, son éducation. En revanche il est dit écuyer, donc gentilhomme.
À l'époque, les navires venant de la mer pouvaient accéder au port de Bergues, rôle aujourd'hui tenu par Dunkerque. Une charte de Charles Quint datée de 1525 autorise la navigation depuis la mer jusqu'à Bergues, sans devoir rompre charge à DunkerqueLouis de Baecker, cité dans la bibliographie, .. En 1528, Van Meckeren, capitaine de navire, est bourgeois de BerguesRoger Degryse, cité dans la bibliographie, ..
En 1528, il signe « Gérard de Meckere ». En 1554, il signe « Geraert Meckeren »Louis de Baecker, cité dans la bibliographie, ..
Il meurt en 1562Louis de Baecker, cité dans la bibliographie, .. Dans son testament, il fait plusieurs legs aux églises, aux pauvres et aux hôpitaux de BerguesLouis de Baecker, cité dans la bibliographie, .. L'inventaire de ses biens est réalisé le , en vue du partage entre ses héritiers. Cet état montre la modestie de mœurs du vice-amiral et de sa famille.
Carrière Gérard Van Meckeren inaugure la série des grands corsaires dunkerquois. Il alterne les campagnes lointaines et les missions visant à assurer la sécurité des côtes de Flandre, protégeant entre autres les navires de pêche. Il instaure à Dunkerque ce qui va devenir la tactique des corsaires dunkerquois qui lui succèderont : la guerre de course par escadres de bâtiments d'un tonnage faible ou moyen, mais rapides et bien armés. Il s'en prend aux bâtiments de commerce, aux vaisseaux de guerre, effectue nombre de coups de mains imprévus, fondés sur la rapidité et le côté agile, insaisissable. Les noms de ses navires résument ces caractéristiques : lAigle, le Dragon, l'Hirondelle, l''Épervier, le FauconHenri Malo, cité dans la bibliographie, , vues 152-156..
La première mention de Charles Van Meckeren date d'août 1524 : il commande les vaisseaux de guerre équipés par les Quatre Membres de Flandre. Il est chargé de surveiller les côtes avec son escadre. Il arrête les navires qui ne respectent pas les consignes de Charles Quint et qui amènent des munitions de guerre en FranceHenri Malo, cité dans la bibliographie, (vue 73)..
En 1528, il est capitaine de tous les vaisseaux de guerre de Flandre. À cette date, dans le cadre de la Septième guerre d'Italie groupant plusieurs puissances dont la France contre l'Espagne et le Saint-Empire romain germanique, Marie de Hongrie, gouvernante des Pays-Bas espagnols et autrichiens, charge Van Meckeren de protéger les côtes de la Flandre, sous l'autorité du futur amiral des Flandres Maximilien II de Bourgogne, fils de l'amiral Adolphe de Bourgogne. Le marin réalise quelques prisesLouis de Baecker, cité dans la bibliographie, ..
Une trêve est conclue. Van Meckeren rentre chez lui à Bergues. Trois ans plus tard, en 1531, il est retrouvé investi des première fonctions parmi les autorités de Bergues : il est poortmestre, un des dirigeants de la commune, titre réservé aux bourgeois de la ville; il l'est encore en 1533 et 1534Gheldolf, cité dans la bibliographie, .. Il préside le magistrat (les autorités) de la ville, sous le contrôle du Grand conseil des Pays-Bas à Malines. Il y exerce toute la justice seigneuriale, au nom des comtes de Flandre, et détient dans ses attributions la police et les financesLouis de Baecker, cité dans la bibliographie, ..
En 1533, Charles Quint, maître de l'Italie, envisage le mariage du duc de Milan François II Sforza, avec sa nièce Christine de Danemark, fille du roi du Danemark Christian II et d'Isabelle d'Autriche, sœur de l'empereur. Gérard Van Meckeren est chargé de conduire au Danemark les émissaires de Charles Quint, Maurice de Oldenbourg et Wallexem de Hoplincourt, envoyés pour négocier le mariage. La flottille met à la voile le et arrive à Copenhague le . Elle en repart le . Le journal de mer de Van Meckeren, manuscrit de huit pages, rédigé en flamand, a pu être consulté par Louis de Baecker. Cette expédition a également pour objectif de contraindre les vaisseaux armés par Lubeck, lesquels ont récemment agressé des navires de Flandre, de rester tranquilles. Van Meckeren croise dans la mer Baltique et remplit l'objectif, les Lubeckois ne quittent pas l'embouchure de l'ElbeHenri Malo, cité dans la bibliographie, (vue 76)..
En 1534, la vice-amirauté de Flandre est fixée à Dunkerque, Antoine de Briaerde en est le premier titulaireRoger Degryse, cité dans la bibliographie, ..
En 1536, Charles Quint décide d'expédier une flotte de quarante navires destinée à soutenir les partisans du roi Christian II vivant en surveillance surveillée sous contrôle du roi protestant Christian III. La flotte est placée sous la haute autorité de Maximilien II de Bourgogne et confiée à Gérard Van Meckeren. Celui-ci est une des deux personnes chargées de l'armement des vaisseaux, rassemblés dans le port de Dunkerque. Il a laissé des documents donnant de nombreux renseignements sur les différents bateaux prévus, le nombre et la qualité des personnes embarquées, le nombre de canons, de munitions, les vivresLouis de Baecker, cité dans la bibliographie, .... La chute de Copenhague le , prise par Christian III, rend l'expédition inutileHenri Malo, cité dans la bibliographie, vue 79..
Lorsque la guerre éclate entre la France et l'Espagne (Neuvième guerre d'Italie), en 1543-1544, Van Meckeren est mis à la tête d'une escadre de corsaires chargés de protéger les côtes de Flandre et de poursuivre les navires de commerce français; ils font des prises valant environ florinsGheldolf, cité dans la bibliographie, .. Les flottes impériale et anglaise collaborent contre la France et l'ÉcosseHenri Malo, cité dans la bibliographie, vues 82-83..
En , il est un des chefs d'une escadrille d'une dizaine de navires corsaires qui projette de prendre La Rochelle mais n'y parvient pas. Elle descend jusqu'en Gironde, estuaire de la Garonne, le remonte, y brûle un grand nombre de vaisseaux chargés de vin de Bordeaux, et en ramène 17 autres, non sans avoir fait une descente à terre, avoir répandu la peur dans le pays et enlevé les cloches de plusieurs églises de village.
À peine rentré, Van Meckeren repart en croisière avec dix navires, s'empare de quatre vaisseaux terre-neuviens français et libère un galion espagnol initialement capturé par les Français.
Maximilien II de Bourgogne, devenu amiral des Pays-Bas, témoigne dans les courriers envoyés à Van Meckeren, par exemple celui du , de l'estime qu'il lui porte et de la cordialité de la relation entre les deux hommesLouis de Baecker, cité dans la bibliographie, ..
En 1549, la France d'Henri II se veut la protectrice de l'Écosse de Marie Stuart, alors enfant, ce qui lui vaut des affrontements avec l'Angleterre d'Édouard VI qui souhaite annexer l'Écosse, avant que le traité d'Outreau du ne ramène le calme. Charles Quint, tenu à l'écart de ces évènements, donne consigne, dès 1549, d'envoyer une flotte en mer du Nord pour officiellement protéger la navigation contre les attaques des pirates et marquer son hostilité à l'égard des « Écossais, ses ennemis déclarés », et en réalité également pour rappeler à tous qu'il n'appréciait pas d'être ainsi laissé à l'écart de cet accord. En conséquence, le , Maximilien II de Bourgogne adresse un ordre, rédigé en flamand, à Van Meckeren. Celui-ci est un des capitaines chargé de cette mission, en étant nommé « stadhouder et capitaine-général de toute la flotte et de l'armée de mer, sur le navire le Faucon ». « Sa fidélité à son empereur, son expérience de la guerre maritime et le fait que Maximilien le connaisse personnellement » lui valent cette distinction équivalent au grade de vice-amiralLouis de Baecker, cité dans la bibliographie, .. Huit navires croisent dans la mer du NordRoger Degryse, cité dans la bibliographie, .. La mission ne va pas se dérouler sans problèmes : la présence de la flotte n'empêche pas des actes de pillage, certains semblant même commis par des flamands, ce qui vaut une nouvelle consigne de Maximilien lui recommandant d'être impitoyable avec les coupables pris sur le fait. A contrario, des personnalités flamandes effectuent différends reproches sur la manière dont Van Meckeren mène les opérations, ce qui lui vaut quelques remontrancesLouis de Baecker, cité dans la bibliographie, ..
En mai 1550, Charles Quint décide de rappeler son ambassadeur à Londres. Van Meckeren est chargé d'aller le récupérer à l'embouchure de la Tamise et d'assurer sa sécurité jusqu'à son arrivée en FlandreLouis de Baecker, cité dans la bibliographie, .. Puis en juillet, il reprend ses patrouilles en Manche et Mer du Nord à la tête de sept naviresRoger Degryse, cité dans la bibliographie, .. Il laisse les vaisseaux de sa flotte s'en prendre à des bateaux français, ou écossais, ou se rendant en France, les poursuivant jusqu'au Conquet en Bretagne, alors qu'officiellement la France et l'Empire ne sont pas en guerre, la Trêve de Crépy-en-Laonnois de 1544 restant en vigueur. À la suite de plaintes de la France, le vice-amiral encourt de nouvelles critiques d'un plénipotentiaire de l'empereurLouis de Baecker, cité dans la bibliographie, ..
En mars 1553, Gérard Van Meckeren, sur L'Aigle, est un des capitaines qui escortent vingt-trois navires allant d'Anvers jusqu'au Portugal. En vue de Lisbonne, ils capturent un navire français ramené en FlandreHenri Malo, cité dans la bibliographie, vue 88..
Le 21 ou le , le vice-amiral de Flandre, Antoine de Briaerde, meurt. Le , Van Meckeren reçoit le brevet le nommant vice-amiral de Flandre, alors que déjà« travaillé de maladies »,après plus de vingt-cinq ans passés à la tête de l'escadre de Flandre, usé par cette vie de combats, il envisage de se retirerHenri Malo, cité dans la bibliographie, vue 155.. Le titre, en partie honorifique et n'obligeant pas à des dépenses physiques supplémentaires, « lui donne les pleins pouvoirs et l'autorité pour connaitre de toutes choses liées à la mer bordant la Flandre, pour recruter toute personne nécessaire au fonctionnement de l'amirauté, pour juger de tout différend ou punir les délinquants éventuels de peines de prisons et/ou d'amendes, le tout pour le bien et la renommée de l'empereur et sous l'autorité de Maximilien de Bourgogne, à qui il doit régulièrement rendre compte. En vertu de quoi, tout subordonné de l'empereur lui doit aide et assistance pour lui permettre d'accomplir sa mission. Pour rémunération, le vice amiral reçoit 3% des revenus de l'amiral, eux-mêmes constitués par le dixième des prises faites en mer, les amendes et les produits des sauf-conduits accordés aux prisonniers »Louis de Baecker, cité dans la bibliographie, .. En cas d'incapacité physique, le bourgmestre de Dunkerque, Mathieu de Le Helle, est son substitutHenri Malo, cité dans la bibliographie, vue 156..
À partir de cette date, Gérard Van Meckeren demeure à terre sauf en de rares occasions.