Le Collectif Némésis« Collectif » prend toujours une majuscule lorsqu'il s'agit du nom de l'association. ou simplement Némésis est un collectif d'extrême droite identitaire qui se réclame du féminisme, actif en Europe francophone, principalement en France métropolitaine. Il est constitué en en France, par Alice Cordier entre autres.
Le collectif se fait remarquer pour ses actions et son discours xénophobe, raciste, anti-islam, anti-immigration et anti-trans. Reçu favorablement à l'extrême droite, il est désavoué et très critiqué par plusieurs collectifs féministes et par des sociologues pour son instrumentalisation des thèmes féministes à des fins réactionnaires. Il est décrit comme fémonationaliste.
Après quelques incursions remarquées dans des manifestations féministes, le collectif est abondamment médiatisé en à la suite de la mort de Quentin Deranque, en lien avec une action militante de Némésis. Le collectif fait alors l'objet de demandes de dissolution.
Historique Fondation Le Collectif Némésis est constitué en . par un groupe d'amies qui ne se reconnaissent pas dans l' des mouvements féministes contemporains.. Les agressions sexuelles du nouvel an 2016 en Allemagne par des migrants en situation irrégulière et le mouvement MeToo en sont parmi les événements fondateur du collectif.. Selon StreetPress, elles seraient issues du groupe Bellica de , à l'idéologie , avec qui elles entretiennent par la suite de mauvaises relations du fait de leur positionnement .
La présidente Alice Cordier (pseudonyme), la porte-parole Mathilda Silva. et Marie-Émilie Euphrasie sont cofondatrices de Némésis. Alice Cordier est notamment passée par l'Action française, mouvement politique d'extrême droite royaliste.. Marie-Émilie Euphrasie, ancienne membre de la Cocarde étudiante, s'engage dans la campagne de Marine Le Pen à la présidentielle et aux élections législatives françaises de 2022..
Le , le groupement de fait se déclare en association sous le nom de ., avec pour objet de ..
Les membres de Némésis sont de jeunes femmes entre dix-huit et trente ans..
Actions militantes en France vignette|gauche|Cortège du Collectif Némésis à la manifestation du à Paris contre les violences sexistes, sexuelles et de genre. Le journaliste Sébastien Bourdon souligne que les méthodes employées par le groupe , avec des images fortes diffusées en masse sur les réseaux sociaux, via des influenceurs d'extrême droite.. Selon L'Humanité, des échanges internes au groupe montrent que certaines militantes se constituent en « appât » pour piéger des militants de groupes antifascistes...
Marche #NousToutes contre les violences faites aux femmes vignette|Marche contre les violences sexistes et sexuelles à Paris organisée par #NousToutes en . Le , Némésis se fait connaître au grand public par la participation de cinq militantes à la marche organisée durant la journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes par le collectif féministe #NousToutes. Trois d'entre elles fréquentent ou ont fréquenté, respectivement, l'Action française, la Cocarde étudiante et le bar La Traboule, antenne de Génération identitaire à Lyon. Les militantes, qui brandissent des pancartes évoquant notamment les , sont rapidement exfiltrées du cortège pour leurs messages xénophobes.. Il s'agit d'une opération de communication, les manifestantes ayant caché leurs pancartes jusqu'à leur passage devant les caméras de LCI.....
Le , le Collectif Némésis, accompagné de membres du syndicat étudiant français d'extrême droite Cocarde étudiante, tente de participer à la manifestation #NousToutes mais est repoussé par des manifestantes et des antifascistes, notamment appartenant à la Jeune Garde antifasciste. Selon plusieurs journaux, la raison en est une banderole évoquant la condition des femmes en Afghanistan et la migration afghane en France avec le slogan : ....
Le , des militantes Némésis masquées en hidjabs et en niqabs brandissent des pancartes réclamant le droit au port de la burqa et se revendiquant . D'après le Collectif Némésis, les autres manifestants n'ont pas réagi négativement face aux pancartes, confirmant selon lui . Face au buzz sur les réseaux sociaux, #NousToutes dénonce un et affirme au contraire que les jeunes femmes ont été rapidement évacuées du cortège....
Autres actions militantes (2021-2026) Durant la Journée internationale des migrants le , le collectif se réunit masqué sur le parvis du Palais Garnier à Paris, avec des fumigènes et des pochoirs aux messages xénophobes..
En , des militantes manifestent sur le parvis des Droits-de-l'Homme au Trocadéro à Paris, vêtues de burqas, avec sur leur pancarte la question : .
Comme d'autres organisations d'extrême droite, le Collectif Némésis se fait connaître par un engagement humanitaire à la suite de l'invasion de l'Ukraine par la Russie en . Cependant, une source de StreetPress affirme que leur action auprès des populations est une et qu'il ne s'agit que de communication..
Le , au cours de la braderie de Lille, plusieurs militantes déploient des banderoles, qualifiées de par Libération, dans la rue Nationale et sur la façade de l'Hôtel Carlton. L'une d'elles affiche la phrase . Les avancées par le groupe sont finalement infirmées par l'enquête de Libération, et ne concernent qu'un seul des lycées de la ville. La fondatrice du mouvement, Alice Cordier, s'affiche par ailleurs aux côtés du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin. À la suite de ces actions, trois militantes du collectif sont placées en garde à vue.. Martine Aubry, maire de Lille, annonce porter plainte pour , l'hôtel pour et , et Alice Cordier annonce attaquer en diffamation les journaux La Voix du Nord et Libération pour des propos dans leurs articles sur l'événement.. Le , une nouvelle banderole est déployée par le collectif à Lille, s'en prenant à Martine Aubry..
En , Némésis vandalise la bibliothèque de l'université Marie-et-Louis-Pasteur. Au sein de cette même université, des militantes perturbent en une conférence avec Louis Boyard autour de la loi asile et immigration..
En , lors du carnaval de Besançon, deux militantes du collectif défilent en brandissant des pancartes hostiles à l'immigration, qu'elles associent aux violences sexuelles. La maire écologiste Anne Vignot porte plainte pour . Une militante est placée en garde à vue. L'avocat de Némésis annonce vouloir porter plainte pour par une personne dépositaire de l'autorité publique.. Anne Vignot est alors la cible d'un cyberharcèlement incluant des injures, des menaces de viol et des appels à commettre des crimes à son encontre ; elle indique déposer une autre plainte..
Selon La Croix en , le collectif revendique . Interrogée par La Croix et Le Monde, la chercheuse en sciences politiques Magali Della Suda indique que les plus engagées ne sont que quelques dizaines, formant un peu nombreux. Les journaux les décrivent comme très adroites dans leur communication et suivies par des dizaines de milliers d'abonnés sur les réseaux sociaux..
En , à l'occasion du Marché de Noël de Strasbourg, le collectif Némésis déploie une banderole haineuse considérée comme « raciste » et « xénophobe » par des élus locaux, visible depuis la place Kléber sur laquelle est inscrit : ...
Le , à l'occasion du carnaval de Besançon, des militantes du collectif brandissent des pancartes anti-immigration en pleine rue puis déploient contre la façade d'un immeuble, sur le parcours du défilé carnavalesque, une grande banderole dénonçant le nombre de viols ou tentatives censément commis par des étrangers en 2024..
Affaire Quentin Deranque
Le , un homme de est frappé à la tête en marge d'un happening de Némésis en opposition à une conférence de Rima Hassan à Sciences Po Lyon ; il meurt de ses blessures le surlendemain.. Il est présenté par Némésis comme un membre du service d'ordre du collectif, mais cette version est contestée par la famille de l'intéressé.. Il faisait partie du groupe néofasciste berjallien, Allobroges Bourgoin, et avait milité à l'Action française.. Le collectif affirme qu'il a été agressé par des militants de la Jeune Garde antifasciste et met en cause Jacques-Élie Favrot, collaborateur du député LFI Raphaël Arnault. Selon Le Monde, cette affirmation ... Le président de la République condamne « un déferlement de violence inouï » et appelle « au calme, à la retenue et au respect ». Le parquet ouvre une enquête du chef de ..
Aux premiers jours de l'enquête, la dirigeante de Némésis, Alice Cordier, disant s'exprimer avec prudence, affirme sur Europe 1, dans une émission de Pascal Praud, avoir reconnu une militante de la Jeune Garde en train de filmer Quentin Deranque au sol. Elle donne son identité à deux reprises, ce qui vaut à la famille des menaces et des actes de harcèlement, alors qu'il est établi que la personne ainsi accusée était depuis la veille en Amérique du Sud..
La famille a recours aux services de l’avocat Raphaël Kempf, qui dépose plainte pour diffamation contre le syndicat d’extrême droite UNI de Lyon, et cinq personnalités de l’extrême droite lyonnaise (dont Mila Orriols et Damien Rieu). Certaines de ces personnes ont aussi accusé des médias alternatifs (comme StreetPress) d’être responsables de la mort du militant néofascisteAurélien Defer, « Mort de Quentin Deranque : une plainte contre des influenceurs d’extrême droite et le syndicat étudiant l’UNI pour diffamation «, StreetPress, 17 février 2026..
Une enquête de l'Humanité, confirmée par BFM TV, révèle des échanges réguliers entre Némésis et des groupuscules d’ultradroite dans le but de tendre des guet-apens aux militants de gauche à Lyon, dans lesquels les militantes de Nemésis servent « d'appâts »..... Le , lors de la séance de questions au gouvernement, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez est interpellé à ce propos par Ugo Bernalicis, qui demande au nom de LFI la dissolution du groupe.. Il promet d'analyser la situation.. Après ces révélations, le directeur de L'Humanité et François Ruffin demandent également la dissolution du Collectif..
Selon une enquête de Marianne, la mort de Deranque provoque une crise interne au sein du collectif. Cordier annonce l'annulation de l'ensemble des actions militantes prévues, à l'exception de la journée du 8 mars, et indique vouloir recruter de nouveaux hommes pour assurer la sécurité des actions futures. Plus de 200 militantes quittent le collectif dans les mois qui suivent, soit environ la moitié des effectifs revendiqués, parmi lesquelles Anaïs Maréchal, belle-sœur de Marion Maréchal et alors responsable des ressources humaines de Némésis, agressée lors de la manifestation contre le budget de septembre 2025.
Émanation en Suisse romande Une section Suisse romande ouvre en , composée d'une vingtaine de membres en .. qui se réunissent généralement à Lausanne et font des actions en Romandie.. Plusieurs militantes fondatrices de Némésis Suisse, dont sa présidente régionale Sarah Prina (pseudonyme)., sont issues ou étaient liées au groupe néonazi Militants Suisses, inactif publiquement et avec qui la section affirme avoir pris ses distances.
En , à Lausanne, des militantes de Némésis Suisse, portant une pancarte où était écrit , sont prises à partie durant la marche contre les violences faites aux femmes organisée par le mouvement suisse de la Grève féministe, nécessitant une intervention policière. Dans la même ville, les et , respectivement pour la Journée internationale des femmes et la Grève féministe, Némésis Suisse est empêché d'accès aux cortèges officiels..
En la même année, une fête étudiante dont le but est de sensibiliser contre les viols au GHB dans les soirées est organisée par l'université de Genève. Némésis Suisse est invité pour distribuer des bracelets anti-GHB de son invention avant que l'organisateur UniParty n'annule l'invitation après de nombreuses critiques...
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