thumb| La nuit de la Saint-Daniel (en espagnol : ; également connue dans cette langue comme la , littéralement La première expression fut forgée par Salustiano Olózaga lors d’un débat parlementaire, la seconde étant utilisée par la presse progressiste dans les jours suivants les évènements) est un évènement survenu à Madrid la nuit du , au cours duquel la Garde civile et des unités d’infanterie et de cavalerie de l’armée espagnole réprimèrent dans le sang une manifestation d’étudiants de l’Université centrale de Madrid en soutien à leur recteur Juan Manuel Montalbán à la Puerta del Sol. Montalbán avait été démis de ses fonctions trois jours auparavant sur ordre du gouvernement modéré du général Narváez car il avait refusé de destituer le professeur Emilio Castelar, qui avait publié dans le journal La Democracia deux articles, les 21 et de la même année.

Histoire Le déclencheur de la crise fut la publication, les 21 et , par le journal La Democracia de deux articles d’Emilio Castelar critiques envers la reine Isabelle II, respectivement intitulés () et (, en référence au attribué à la reine par certains.), qui faisaient référence à la décision de la reine de vendre certaines propriétés du , céder 75 % du bénéfice résultant à l'État et garder pour elle-même 25 %. Selon les mots de Narváez, il s’agit là d’un geste qui fut applaudi par la majorité des députés qui qualifièrent Isabelle II d’ et par la presse dynastique qui se perdit aussi en éloges. Au contraire, Emilia Castelar pensait qu’il n’y avait pas un tel , ou de , comme il le qualifia avec ironie, car en réalité la reine n’avait rien fait d’autre que s’approprier 25 % d’un patrimoine qui était , et que le soi-disant était en réalité une . Ainsi, les articles de Castelar . thumb| Emilio Castelar. La réaction du gouvernement Narváez fut d’une grande virulence. Il destitua Castelar de sa chaire d’Histoire de l’université de Madrid, ainsi que les professeurs comme Nicolás Salmerón qui se montrèrent solidaires avec lui, ainsi que le recteur de l’université, Juan Manuel Montalbán, car il refusa de mettre en application ces destitutions. Le ministre du Gouvernement () Luis González Bravo déclara l’état de guerre en prévision d’incidents. Le , jour de la Saint-Daniel, lorsque le nouveau recteur devait prendre solennellement possession de son poste, les étudiants manifestèrent dans les rues de la capitale espagnole en défense de Montalbán.

Le gouvernement fit alors intervenir la Garde civile à pied et à cheval, et lorsque les gardes arrivèrent à la Puerta del Sol, selon témoin, . Il y eut onze morts et 193 blessés, dans leur majorité des passants qui ne participaient pas au soulèvement étudiant, parmi lesquels des personnes âgées, des femmes et des enfants. En revanche, la Garde civile ne déplora qu’un seul blessé, une sentinelle à cheval qui avait reçu un jet de pierre . Selon Josep Fontana, ces évènements tragiques furent la conséquence d’.

Les évènements de la nuit de la Saint-Daniel provoquèrent la chute du gouvernement de Narváez. Le lendemain le conseil des ministres se réunit et donna lieu à un intense débat entre le ministre de l’Équipement , le vétéran libéral Antonio Alcalá Galiano et González Bravo, au cours duquel Alcalá Galiano souffrit d’une angine de poitrine et mourut peu après. Des députés de l’Union libérale, comme Cánovas del Castillo, Posada Herrera et Ríos Rosas adressèrent également leurs critiques à González Bravo . Cette situation convainquit la reine qu’elle devait destituer Narváez, bien qu’elle attendît deux mois avant de faire de nouveau appel à O’Donnell en .

Notes et références

Annexes

Bibliographie

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