La Syndicaliste est un film franco-allemand réalisé par Jean-Paul Salomé, sorti en 2022.
Il s'agit de l'adaptation du livre-enquête, du même titre, publié par Caroline Michel-Aguirre, cheffe du service investigations à L'Obs, consacré à Maureen Kearney, une syndicaliste d'Areva qui a dénoncé les manœuvres politico-économiques autour de la filière nucléaire française et des intérêts chinois. Cette lanceuse d'alerte est soumise à des intimidations. L'affaire Areva devient l'affaire Maureen Kearney à la suite du viol avec actes de barbarie subi par la syndicaliste en ...
Le film est présenté en compétition dans la section « » à la Mostra de Venise 2022..
Synopsis Maureen Kearney, syndicaliste CFDT et secrétaire du comité de groupe européen d'Areva, entreprise française et multinationale de premier plan de l'industrie nucléaire, est très engagée et appréciée des salariés. Elle entretient de bonnes relations de travail avec la dirigeante de l'entreprise jusqu'au remplacement de celle-ci. Elles subissent chacune à leurs niveaux des reproches d'incompétence, rabaissées à leur condition de femmes ignorantes, usurpant leurs places dans ce monde contrôlé par des hommes..
En 2012, un informateur travaillant chez EDF fait part à Maureen d'un accord secret (entre EDF, Areva et l'opérateur nucléaire chinois CGNPC..) qui permettrait des transferts de technologie nucléaire et qui menace l'avenir d'Areva, de ses sous-traitants et de toute l’industrie nucléaire française. Craignant de graves conséquences sociales, elle dénonce ce projet et se retrouve en position de lanceuse d’alerte. Elle se heurte au nouveau PDG d'Areva Luc Oursel, partie prenante de ces négociations secrètes impliquant des intermédiaires affairistes. Avec toute l'intersyndicale d'Areva, elle mène l'opposition à cet accord, alerte les politiques et les médias et obtient que le ministre de l'Économie Arnaud Montebourg y prête attention. Sans action concrète en retour, en dernier recours, un rendez-vous avec le président François Hollande est fixé le . Le jour prévu pour ce rendez-vous, elle est victime dans sa maison d'un viol avec un manche de couteau et un acte de barbarie : un « A » scarifié sur le ventre. Ligotée à une chaise, bâillonnée, un bonnet sur la tête elle est menacée d'un « C’est le deuxième avertissement, il n’y en aura pas de troisième ».
D'après les enquêteurs, les prélèvements ADN effectués sur la scène de crime correspondent à ceux de la famille et de la femme de ménage ; il n'y pas trace d'appels téléphoniques prouvant les menaces téléphoniques reçues. Mise en garde à vue au motif de dénonciation de délit fictif, menacée et fragilisée par l'enquêteur prétendant que son mari aurait témoigné contre elle, Maureen avoue sous la pression , puis se rétracte rapidement. Elle n'obtient pas d'entretien avec la juge d'instruction et se voit condamnée en première instance.....
Dans sa période de reconstruction elle rencontre une femme victime d'une agression, ayant des similitudes, qui s'est produite à la suite d'une dénonciation par son mari de l'entreprise où il travaillait..
Soutenue par le syndicat CFDT, elle change d'avocat et se pourvoit en appel. Ses défenseurs retrouvent la trace des relevés d'appels téléphoniques et obtiennent la preuve que les prélèvements d'ADN effectués sur les lieux du crime ne sont pas disponibles. Ils prouvent également que ses empreintes digitales, venant toutes de la main gauche, ne proviennent pas des liens, contrairement aux affirmations erronées des enquêteurs. Elle était dans l'impossibilité physique de se ligoter elle-même, compte tenu de sa rupture de ligament à l'épaule droite, qu’elle soignait depuis peu, étant droitière.
En 2018, la cour d'appel l'acquitte et reconnaît ainsi l'erreur judiciaire du précédent jugement, ainsi que les multiples manquements des enquêteurs.
Fiche technique
Titre original : La Syndicaliste Réalisation : Jean-Paul Salomé. Scénario : Fadette Drouard et Jean-Paul Salomé, d'après le livre du même titre de Caroline Michel-Aguirre (2019) Musique : Bruno Coulais Décors : Françoise Dupertuis Costumes : Marité Coutard Photographie : Julien Hirsch Son : Louis Bart, Marc Doisne, Damien Guillaume, Christoph Schilling et Thomas Wargny Drieghe Montage : Valérie Deseine et Aïn Varet. Production : Bertrand Faivre Coproduction : Bettina Brokemper Production déléguée : James Benjamin Shannon. Sociétés de production : Le Bureau (France) ; Heimatfilm (coproduction allemande) ; France 2 Cinéma, Les Films du Camélia et Restons Groupés Productions (coproductions françaises). Société de distribution : Le Pacte (France), (Allemagne). Pays de production : / . Langue originale : français Format : couleur — Genre : thriller dramatique Durée : Budget : d'euros Dates de sortie : Italie : (Mostra de Venise) ; France : ; Belgique : ; Allemagne : .
Distribution
vignette|Maureen Kearney et Isabelle Huppert. Isabelle Huppert : Maureen Kearney, professeure d'anglais, déléguée syndicale CFDT chez Areva Grégory Gadebois : Gilles Hugo, mari de Maureen Marina Foïs : Anne Lauvergeon, ex-PDG d'Areva, amie de Maureen Yvan Attal : Luc Oursel, PDG d'Areva François-Xavier Demaison : Jean-Pierre Bachmann, collègue de Maureen, délégué syndical CFDT chez Areva Christophe Paou : Arnaud Montebourg, ministre de l'Économie et des Finances Pierre Deladonchamps : Brémont, adjudant-chef gendarme Aloïse Sauvage : Chambard, gendarme Mara Taquin : Fiona, fille de Maureen et de Gilles Olivier Loustau : François Alexandra Maria Lara : Julie Depret, autre victime de viol François Pérache : Duchesne, avocat de Maureen au premier procès Gilles Cohen : Hervé Temime, nouvel avocat de Maureen au procès en appel Christian Hecq : Tirésias, informateur de Maureen, employé d'EDF Bernard Gabay : Henri Proglio, PDG d'EDF Andréa Bescond : présidente du tribunal au premier procès Geno Lechner : Véronique Antoine Basler : homme en civil qui intimide Maureen lors de son interrogatoire pour qu'elle avoue Candide Sanchez : un gendarme à l'hôpital
Production Isabelle Huppert ne connaissait pas l'histoire de Maureen Kearney et l'a découverte à la lecture du livre de Caroline Michel-Aguirre"Cinéma : "La syndicaliste est un personnage assez extraordinaire", publié le 23 février 2023 sur ((France Info Culture ..
Tournage
Le film a été tourné dans les lieux de l'histoire vraie, notamment le village d'Auffargis dans les Yvelines avec en figurants les personnes qui avaient vécu la scène à l’époque. Il reproduit de manière exacte, mot pour mot, les propos de la juge en première instance et, devant la cour d'appel, ceux du second avocat de Maureen Kearney, Hervé Temime, joué par Gilles Cohen.
Le tournage a lieu en 2022, pendant , sur les sites d'Areva à La Défense et à Paris, à Auffargis dans le village des Yvelines où habitait Maureen Kearney en région parisienne et à la cour d'appel de Versailles, ainsi qu'au bord du Lac d'Annecy ou encore dans un site industriel d'Areva en Allemagne, pour la scène du début où des femmes se font licencier. (en Rhénanie-du-Nord-Westphalie.).
Technique narrative Jean-Paul Salomé venait de travailler avec Isabelle Huppert en 2020 (La Daronne, film qui a connu un bon succès ). Pour l'histoire de Maureen Kearney, il a souhaité être le « plus efficace possible dans la narration », des « rouages économiques, politiques, sociétaux » pour les « filmer de la façon la plus claire possible », en essayant d'être « clair et carré » et en replaçant les faits dans leur contexte « de la façon la plus honnête possible ».
Le film se définit comme un thriller dramatique. Il veut tenir en haleine les spectateurs jusqu'au dénouement, selon Judith Beauvallet d'Écran large, ..
Noms réels et risques juridiques Alors que le film est présenté dans les médias comme abordant un « dossier sensible et scandale d'État »Matthieu Pechberty, « La syndicaliste : dossier sensible et scandale d'État », BFM TV, ., le metteur en scène a souhaité prévenir les risques juridiques en sollicitant des avocats. C'est l'un des rares films français avec « les noms réels de personnages publics impliqués », pratique plus courante chez les cinéastes américains. Cette approche existait autrefois chez les cinéastes européens ; les films d'Yves Boisset ou de Costa-Gavras par exemples « ont eu des problèmes de censure » dans les années 1970, question juridique différente de celle de possibles atteintes à la vie privée ou à la mémoire de personnes.
Accueil Accueil critique En France, le site Allociné donne la note de , après avoir recensé de presse..
Les critiques voient dans ce film l'archétype du lanceur d'alerte, une sorte d'Céline Rouden, « Critique du film », La Croix, 28 février 2023 .. Le scénario .
Le Point s'est agacé du personnage principal, interprété par Isabelle Huppert, « une femme insaisissable, imprévisible, voire excentrique avec son look kitsch, ses tenues colorées et sa collection de lunettes et de boucles d'oreilles spectaculaires. » Thomas Baurez dans Première souligne sa « trop superbe maison au bord de l'eau », près du Lac d'Annecy. L'Humanité l'a conseillé « seulement aux fans d'Isabelle Huppert » en dénonçant « l'ambiguïté du personnage principal »Sophie Joubert, « Critique de La Syndicaliste », L'Humanité..
Exit mag, magazine « des sorties et de la culture à Lyon », a lui apprécié « un thriller politique et psychologique haletant, complexe et pourtant jamais manichéen ». Pour Le Figaro, il a le mérite de révéler , mis « Critique du film », Le Figaro, 28 février 2023. et surtout l'action réussie .
Dans Le Journal du dimanche, Stéphanie Belpêche a salué un « réquisitoire édifiant » porté par l'actrice Isabelle Huppert « troublante entre force et fragilité »« Les films en salles cette semaine : The Son, Goutte d'or, La Syndicaliste », Le Journal du dimanche ., qui a du « génie à porter l'ambiguïté à incandescence », selon la critique du MondeMaroussia Dubreuil, Clarisse Fabre, Murielle Joudet, Mathieu Macheret et Jacques Mandelbaum, « Les sorties cinéma de la semaine », Le Monde, .. Le Parisien a salué un film , où Catherine Balle, « Critique du film », Le Parisien, . et La Croix un , , servie par . 20 Minutes a de son côté découvert un « film magnifique », de « ceux qui marquent durablement », grâce à un « scénario brillant sous forme de polar », qui « tient le spectateur en haleine, qu'il connaisse ou pas le déroulement » de l'affaire» Critique du film », 20 Minutes, 3 mars 2023 ..
Box-office Pour son premier jour d'exploitation en France, La Syndicaliste a réalisé , dont en avant-première, pour un total de proposées.. En comptant l’ensemble des billets vendus pendant ce premier jour, le film se positionne en troisième place du box-office des nouveautés pour sa journée de démarrage, derrière Les Petites Victoires () et devant Empire of Light ()..
Au bout d’une première semaine d’exploitation dans les salles françaises, le long-métrage totalise , pour un total de proposées.. En considérant l'ensemble des tickets vendus, y compris ceux en avant-première pour les nouveautés de la semaine, le film se positionne sixième du box-office hebdomadaire, derrière The Fabelmans () et devant Astérix et Obélix : L'Empire du Milieu ()..
Lors de la semaine du Printemps du cinéma 2023, La Syndicaliste réalise , pour une dixième place au box-office hebdomadaire, cumulant alors en France..
Distinctions Prix du public au Festival du film de société de Royan en 2022. Festival international du film de Marrakech 2022 : dans la section « Séances de gala ».. Festival du film français d'Helvétie 2022 : dans la section « Les grandes premières ».. Mostra de Venise 2022 : en compétition, dans la section « ».. Prix spécial du jury. Prix du meilleur film.
Analyse Différences avec les faits réels