The Portfolio est un magazine mensuel artistique britannique fondé en 1870 et disparu en 1907, consacré en particulier à la gravure et à l'eau-forte. Au cours de son existence, il a permis de diffuser plusieurs centaines d'estampes originales ou de reproduction.

Histoire Critique d'art et aquafortiste ayant longtemps séjourné en France, marié à Eugénie Gindriez originaire de Saône-et-Loire et sœur de l'architecte Charles Gindriez, Philip Gilbert Hamerton lance en le premier numéro de The Portfolio: An Artistic Periodical (« Le Portefeuille : un périodique artistique ») en association avec l'éditeur Robert Benton Seeley (1798–1886), établi à Londres sur The Strand, dont la réputation d'élégance, d'efficace et de sérieux assure au magazine une garantie de succès Deborah Wormell, Sir John Seeley and the Uses of History, Cambridge, Cambridge University Press, 1980, .. L'objectif du périodique est de consacrer chaque numéro à l'actualité artistique, mais centrer sur le monde de l'estampe, avec un portrait de graveur contemporain ou de groupes d'artistes se spécialisant dans l'eau-forte, non sans offrir à ses lecteurs des reproductions de haute qualité. Hamerton rend hommage dans ses premières livraisons au French Etching Club, fondé à New York quelques années plus tôt par Alfred Cadart, patron de la Société des aquafortistes. The Portfolio met en valeur des graveurs français comme Paul Adolphe Rajon (qui y publie 12 estampes jusqu'à sa mort en 1888) « Twelve etchings contributed to the 'Portfolio' by Paul Adolphe Rajon: with Memoir and Notes by F. G. Stephens », in: The Athenæum, 23 mars 1889, — lire en ligne., Brunet-Debaines, Benjamin Damman, Jacquemart, Alphonse Legros (qui vit à Londres) ou encore Léon GaucherelLe Moniteur des arts, Paris, 10 janvier 1873, ., mais aussi des créateurs britanniques comme Richard Ansdell, David Young Cameron, Francis Seymour Haden, Herkomer, Samuel Palmer, Frank Short, William Strang, Whistler, ou des Suisses comme Karl Bodmer.

Au départ, Hamerton se sert de son magazine pour y publier ses propres productions gravées. Il écrit dans un premier temps la plupart des articles, puis fait appel à des critiques en vue comme Joseph Beavington Atkinson (1822–1886), Francis Turner Palgrave (1824–1897), Edward Poynter, ou encore Sidney Colvin.

Sur le plan technique, Seeley travaille avec Autotype Fine Art Company, une entreprise fondée en 1868 à Londres qui fut la première à proposer un système de reproduction de document très fidèle à l'original : la plupart des estampes seront reproduites via le procédé « autotype » qui recourait au tirage au charbonLe Moniteur de la photographie, Paris, 1 novembre 1871, .. D'ailleurs, le magazine aborde les procédés photographiques tout au long de ses numéros et en suit l'évolution.

En 1875, The New York Times se montre très élogieux pour le magazine, et le qualifie de l'un des plus beaux sur le marché en termes de qualité et de choix des illustrations The New York Times, New York, 23 mars 1875, .. La même année, The Atlantic souligne également la grande qualité de cette revue The Atlantic, Boston, mai 1875 — lire en ligne..

En 1878, dans une étude consacrée à la renaissance de l'eau-forte en Occident, le Magazine of Art (édité par Cassell) mettait en valeur le rôle central de Hamerton et de sa publication, laquelle en Grande-Bretagne Marcus Bourne Huish, « Etching in England : I», in: Magazine of Art, 1878, .. Cette année-là, Robert Louis Stevenson y publie son deuxième récit de voyage, Edinburgh: Picturesque Notes Tom Normand, « Alvin Langdon Coburn, Robert Louis Stevenson and Edinburgh », in: History of Photography, 1 mars 2005, 29 (1), ..

The Porffolio était représenté à Paris par Émile Lévy, patron de la Librairie centrale des beaux-arts, par ailleurs éditeur du Japon artistique.

En , la formule évolue. Le titre devient The Portfolio: Monographs on Artistic Subjects with Many Illustrations, et l'éditeur, Seeley, consacre désormais chaque livraison mensuelle à un artiste ou un thème précis. Hamerton meurt en et cette formule semble disparaître après .

Le grand romancier George Gissing appréciait beaucoup The Portfolio : dans son journal intime à la date de , il écrit qu'il Pierre Coustillas (éd.), London and the Life of Literature in Late Victorian England: the Diary of George Gissing, Novelist, Brighton, Harvester Press, 1978, ..

Notes et références

Liens externes

Numéros numérisés (1870-1893) sur Hathi Trust

Catégorie:Revue d'art Catégorie:Revue britannique Catégorie:Presse mensuelle au Royaume-Uni Catégorie:Titre de presse créé en 1870 Catégorie:Titre de presse disparu en 1907 Catégorie:Revue illustrée par des gravures Catégorie:Publication sur la gravure