( - ) est un citoyen canadien d'origine japonaise, reconnu coupable de haute trahison et de crimes de guerre pour ses actions durant la Seconde Guerre mondiale. Surnommé la « Kid de Kamloops », il sert d'interprète et de gardien de camp de prisonniers pour l'armée impériale japonaise et la police politique du Kenpeitai.

Biographie Jeunesse et formation Kanao Inouye est un nisei (Canadien d'origine japonaise de seconde génération). Son père, Tadashi Inouye, a émigré de Tokyo en Colombie-Britannique, et a été décoré pour son service dans l'armée canadienne durant la Première Guerre mondialeBrode P, "Canada's war criminal Kanao Inouye", Esprit de Corps, December 2002.. Bien que son père soit mort en 1926, Inouye, lors de son premier procès, décrira sa vie au Canada comme heureuse. Sa famille entretient néanmoins des liens étroits avec le Japon, où son grand-père, Chotahara Inouye, est député à la Chambre des pairs. Après son diplôme de l', la famille d'Inouye le pousse à se rendre au Japon pour poursuivre ses études, ce qu'il fait en 1938 et où il se trouve toujours au moment où éclate la Seconde Guerre mondialeGranatstein J, "The Last Good War: An Illustrated History of Canada in the Second World War 1939–1945" 2005: Douglas and McIntyre. p. 60..

Années de guerre En 1942, Inouye est enrôlé dans l'armée impériale japonaise en tant qu'interprète. Nommé sergent, il est affecté au camp de prisonniers de Sham Shui Po à Hong Kong, qui héberge des prisonniers de guerre canadiens de la garnison de la colonie. Inouye est connu pour sa brutalité inhabituelle. Il bat des prisonniers au hasard, déclarant que c'est en représailles au racisme et à la discrimination qu'il a enduré au Canada. Contrairement à son témoignage sur son enfance lors de son procès, il leur aurait dit : « Quand j'étais au Canada, j'ai subi toutes sortes d'abus. [...] Ils m'ont traité de petit bâtard jaune. Maintenant, où est votre soi-disant supériorité, espèce de sales racailles ?Greenhous B, "'C' Force to Hong Kong: A Canadian Catastrophe 1941–1945" 1997: Dundurn Press. p. 130.Woo T, " Responsibility" The Fighting 44s: Uniting the Asian Conscience, April 17, 2006. ».

Inouye est renvoyé de l'armée l'année suivante, mais en 1944, il est enrôlé de nouveau comme interprète pour la célèbre police militaire du Kenpeitai à Hong Kong. Les témoins au procès déclarent qu'il était un tortionnaire enthousiaste de personnes soupçonnées d'espionnage ou de traîtrise. D'anciens prisonniers de guerre déclarent qu'Inouye était responsable de la torture de plusieurs prisonniers de guerre canadiens et d'autres civils.

Condamnation et exécution Après la capitulation du Japon en , Inouye est arrêté à Kowloon et jugé pour crimes de guerre par un tribunal militaire britannique. En 1946, il est reconnu coupable d'avoir torturé des prisonniers de guerre et des civils. Il est accusé du meurtre de quatre détenus, mais est acquitté de ces charges. Dans des circonstances normales, le moindre verdict lui aurait épargné la vie, puisque les tribunaux britanniques pour crimes de guerre ne condamnaient personne à mort si aucune de leurs victimes n'était décédée. Cependant, Inouye est condamné à mort au motif que sa citoyenneté canadienne constitue une circonstance aggravante.

Le verdict est renvoyé en appel, car en tant que citoyen canadien, Inouye ne peut être poursuivi pour crimes de guerre commis par une armée ennemie. En , Inouye est jugé pour haute trahison. Il est reconnu coupable et condamné à mort. Le , il est exécuté par pendaison à la prison de Stanley à Hong Kong. Son dernier mot est « Banzai !Roland CG, "Long Night's Journey Into Day: Prisoners of War in Hong Kong and Japan 1941 - 1945" 2001: Wilfrid Laurier University Press. p. 315–316. ».

Postérité Inouye est probablement l'un des deux seuls Canadiens de l'histoire à avoir fait l'objet de poursuites pour crimes de guerre (le deuxième étant Omar Khadr, qui en 2010 a plaidé coupable à ce que la commission militaire de Guantánamo a qualifié de crimes de guerre commis en Afghanistan, bien qu'il soit depuis gracié)Americas Quarterly "Canadian Omar Khadr Sentenced for War Crimes" November 2, 2010.Human Right Watch "Omar Khadr’s ordeal: When a war crime isn’t a war crime".

Voir aussi Bataille de Hong Kong Occupation japonaise de Hong Kong

Notes et références

Catégorie:Naissance en mai 1916 Catégorie:Naissance en Colombie-Britannique Catégorie:Décès en août 1947 Catégorie:Décès à 31 ans Catégorie:Décès à Hong Kong Catégorie:Personnalité canadienne condamnée pour crimes de guerre Catégorie:Personnalité japonaise condamnée pour crimes de guerre Catégorie:Personnalité condamnée à mort pour crime de guerre