Abidjan est la ville la plus peuplée de la Côte d'Ivoire.. Elle fut la capitale administrative et politique du pays jusqu'en 1983, date du transfert de jure de la capitale à YamoussoukroMalgré le transfert de jure de la capitale à Yamoussoukro, les organes de l'État central, au premier rang desquels l'Assemblée nationale, l'Assemblée nationale (Côte d'Ivoire)|Primature et la Présidence de la République, sont toujours de facto à Abidjan.. Depuis 2011, elle est devenue un « district autonome » de , regroupant les dix communes de l'ancienne ville d'Abidjan () et quatre sous-préfectures périphériques, autrefois rurales, aujourd'hui rattrapées par l'étalement urbain.
Capitale économique du pays., la ville compte, selon le recensement de 2021, dans son noyau urbain historique et à l'échelle du district autonome. Cela représente 21,5 % de la population nationale et environ 60 % du produit intérieur brut (PIB) ivoirien..
Abidjan est non seulement la ville la plus peuplée de l'Afrique de l'Ouest francophoneLe monde francophone compte environ de locuteurs., mais aussi la deuxième ville et la troisième agglomération de la francophonie mondialederrière Paris () et Kinshasa () et devant Montréal ().. En Afrique de l'Ouest, seule Lagos (Nigeria) la dépasse en nombre d'habitants.
Considérée comme le carrefour culturel ouest-africain, Abidjan connaît une forte croissance caractérisée par une forte industrialisation et une urbanisation galopante. Malgré la perte de son statut officiel de capitale de la Côte d'Ivoire, elle reste de facto le siège de la plupart des institutions administratives et politiques nationales du pays et continue de jouer le premier rôle dans la vie politique ivoirienne.
Géographie vignette|centre|redresse=1.8|Situation d'Abidjan.
L'agglomération d'Abidjan est située dans le sud de la Côte d'Ivoire, au bord du golfe de Guinée, et traversée par la lagune Ébrié.
Elle représente, à vol d'oiseau, une étendue d'une douzaine de kilomètres du nord au sud et d'une dizaine d'est en ouest. Cette superficie contient encore des îlots, de plus en plus rares, où règne une végétation fournie. L'ancienne ville d'Abidjan (supprimée en 2001) s'étendait sur alors que le nouveau district autonome d'Abidjan créé en 2001 s'étend sur .
Climat
Abidjan est soumise à un climat tropical de savane (Köppen : Aw., Trewartha : Awha.). La ville jouit d'un climat de type sous-équatorial, chaud et humide, qui comporte une grande saison des pluies (mai-juin-juillet) et une petite saison des pluies (septembre-novembre) encadrées par deux saisons sèches. La grande saison sèche commence à partir de décembre et se termine fin mars.
Les précipitations sont abondantes : plus de d'eau par an. En saison des pluies, il peut pleuvoir sans cesse pendant plusieurs jours à la suite ou alors pleuvoir intensément pendant une heure, avant un très fort ensoleillement.
La température est presque toujours aux environs de et le degré d'hygrométrie annuel moyen est supérieur à 80 %.
Découpage territorial vignette|Abidjan dans la Région des Lagunes.
Depuis l’indépendance, Abidjan est découpée en districts, arrondissements et délégations, et en autant de circonscriptions d’ordre policier, administratif et politique. Les arrondissements correspondent à de vastes ensembles, tels que Le Plateau, Treichville, ou Adjamé, et leur nombre serait passé de huit en 1967 à douze en 1978..
Ces arrondissements sont à la base de la délimitation des périmètres des dix communes autonomes qui deviennent, en 1978, les unités administratives pour l’organisation de la gestion de la ville : Abobo, Adjamé, Attécoubé, Cocody, Koumassi, Le Plateau, Marcory, Port-Bouët, Treichville et Yopougon (auxquelles s’ajoute en 1996 la commune d’Anyama).
Abidjan est gérée depuis 2001 par un « district autonome » de qui regroupe les dix communes de l'ancienne Ville d'Abidjan (, abolie en 2001) et quatre sous-préfectures périphériques jadis rurales, aujourd'hui gagnées par l'étalement urbain abidjanais.
Les villes principales proches d'Abidjan et situées hors du district autonome sont : Jacqueville, Grand-Lahou et Dabou à l'ouest, Sikensi, Tiassalé, Agboville, Adzopé et Alépé au nord, Grand-Bassam à l'est.
vignette|Plan simplifié d'Abidjan. Il existe des commissariats rattachés à : le au Plateau, le à Treichville, les , , et à Adjamé, les et à Marcory, les et à Koumassi, les , et à Cocody, le à Attécoubé, les , , et à Abobo, les , et à Yopougon.
Abidjan est traditionnellement divisée en deux parties (« Abidjan nord » et « Abidjan sud ») de part et d'autre de la lagune Ébrié. À cette division traditionnelle s'ajoutent aujourd'hui les quatre sous-préfectures périphériques du district autonome d'AbidjanLois du et du ..
En 1993, seulement, l’Agence d’aménagement urbain de la ville d’Abidjan se préoccupe de concevoir une cartographie et des nominations officielles des quartiers.
Abidjan nord Abidjan nord est la partie continentale d'Abidjan, située au nord de la lagune Ébrié (d'où son nom).
vignette|Quelques tours du Plateau. vignette|Le Plateau et la lagune Ébrié, la nuit, vus depuis la Tour Pyramide.|367x367px Abobo : deuxième commune d'Abidjan par sa population, commune essentiellement constituée d'habitats populaires, elle joue depuis longtemps le rôle de refuge pour les migrants disposant de faibles moyens financiers. Cette commune s'est spontanément développée autour de la gare. Adjamé : bien que petite par sa superficie, cette commune est importante pour l'économie ivoirienne, avec le nombre d'activités commerciales qui s'y déroulent. Adjamé connaît de graves problèmes d'insalubrité. Le village Ébrié existait avant la ville d'Abidjan. Son marché rassemble une diversité de boutiques et sa gare routière est le carrefour principal des lignes de bus et d'autocars qui irriguent tout le pays ainsi que les pays voisins. Williamsville en est un quartier. Yopougon : c'est la commune la plus étendue et la plus peuplée d'Abidjan. Commune populaire, elle abrite des zones industrielles et résidentielles. La station de recherche de l'ORSTOM, la centrale électrique d'Azito, l'Institut Pasteur ainsi qu'un CHU y sont installés. Cette commune accueillera également l'extension du port d'Abidjan. L'île Boulay s'y trouve. Le Plateau : c'est le centre des affaires dont les grands immeubles donnent un aspect moderne à Abidjan. Bien que la capitale administrative de la Côte d’Ivoire ait été officiellement transférée à Yamoussoukro en 1983, les institutions de la république telles que la présidence et l'Assemblée nationale sont encore au Plateau. Il est de ce fait le centre administratif, commercial et financier de la Côte d'Ivoire. Attécoubé : sise des deux côtés d'une baie de la lagune, c'est dans le territoire de cette commune que se trouve la forêt du Banco (classé comme parc national). Lokodjro en est un village. Cocody : réputée pour ses quartiers résidentiels (Deux-Plateaux, Riviera, Angré, Palmeraie), Cocody contient aussi l'université Félix-Houphouët-Boigny ainsi que plusieurs universités privées, hautes écoles et le siège de nombreuses entreprises. C'est dans cette commune que se trouvent la maison de la télévision (RTI) et le zoo d'Abidjan. Le président de la République réside dans cette commune. Cocody est aussi la commune où se trouvent la grande majorité des ambassades ainsi que plusieurs centres culturels (Institut Goethe) et hôtels de prestige (hôtel Ivoire, Belle-Côte notamment). Cocody comprend six villages ébriés (Cocody village, Blokosso, Anono, M'Pouto, Akouédo et M'Badon).
Blokosso et Lokodjro sont des villages inclus dans la ville et qui y maintiennent une identité culturelle en milieu urbain.
Abidjan sud vignette|Vue de Marcory en janvier 2025 depuis la tour F en construction. En arrière-plan, le dôme du Parc des expositions d’Abidjan et l'océan Atlantique. vignette|La plage de Vridi. Abidjan sud est la partie située sur la bande lagunaire d'Abidjan, au sud de la lagune Ébrié. Koumassi : quartier populaire, il possède une importante zone industrielle. Marcory : cette commune est essentiellement une zone résidentielle, mais avec également de nombreux commerces et un grand marché. Elle regroupe la plupart des grands supermarchés d'Abidjan : Cap Sud, Prima et le centre commercial Carrefour. Biétry et Zone 4 sont des zones résidentielles de luxe où de nombreux étrangers résident, surtout les expatriés occidentaux et une forte communauté française. Port-Bouët : quartier populaire en bord de mer, on y retrouve la raffinerie (Société ivoirienne de raffinage, SIR), l'aéroport international Félix-Houphouët-Boigny, l'abattoir d'Abidjan et la zone industrielle de Vridi, voisine du port. Y est également installé un office de l'IRD, le centre de Petit-Bassam.. Son célèbre phare balaie le golfe de Guinée sur plusieurs milles marins. Vridi est le quartier des plages très fréquenté chaque week-end, bien que l'océan y soit très agressif, en raison du phénomène de la « barre ». À partir de 1950, Vridi est devenue une importante zone d'emplois d'Abidjan en raison de la multiplication d'usines et d'entrepôts. Treichville : elle abrite le port autonome d'Abidjan ainsi que de nombreux commerces et entrepôts. La zone portuaire est aussi un parc industriel. On y trouve également la piscine d'État de Treichville (PET), le palais omnisports de Treichville, le palais de la Culture, la rue 12 (célèbre rue commerçante), l'hippodrome d'Abidjan, et une importante gare ferroviaire.
Population des communes d'Abidjan +Répartition de la population Nom 2021. 2014.AboboAdjaméAttécoubéCocodyKoumassiMarcoryLe PlateauPort-BouëtTreichvilleYopougon
Sous-préfectures Anyama Bingerville Songon Brofodoumé
Histoire
Abidjan a connu en un demi-siècle une croissance et un développement impressionnants qui se confondent avec l’histoire de l’expansion de la Côte d'Ivoire. Les peuples autochtones du district sont les peuples Atchan (Ébrié) et Attiés. Les premiers occupants des berges de la lagune, qui ont formé la future Abidjan, sont difficilement identifiables. Les archéologues datent les plus anciens vestiges d’habitations de à avant Jésus-Christ. Ensuite, la tradition orale des ethnies renseigne sur l’histoire des Abidjanais.
Les premiers peuples connus à s’être installés autour de la lagune sont les Tchassas et les Blékégonins.
Toponymie Selon la tradition orale des Ébriés rapportée dans le Dictionnaire encyclopédique de la Côte d’Ivoire, le nom d'Abidjan, « Abijean »Beaucoup d'habitants utilisent toujours, phonétiquement, l'expression Abijean pour désigner le nom de la ville. à l'époque, serait né d'un quiproquo. La légende rapporte qu'un vieil homme revenant de son champ, les bras chargés de branchages probablement destinés à la réfection du toit de sa case, rencontra sur son chemin un explorateur européen en perdition qui lui demanda le nom du village le plus proche. Le vieil homme, ne parlant pas la langue de l’homme blanc, crut comprendre que celui-ci demandait ce qu’il faisait en ces lieux. Terrorisé par cette rencontre inattendue, il s’enfuit en criant : « min tchan m’bidjan », ce qui signifie en langue ébrié : « je reviens de couper des feuilles ». L’homme blanc crut avoir eu la réponse à sa question et retint Abidjan.
Bidjan est composé de sept villages plus un allié Djepo : Bidjan Cocoly (actuel Cocody), Lokodjro, Adjamé, Agban, Attécoubé ou Bidjan té, Anoumanbo (actuellement dans la commune de Marcory) et Bidjan Santè. Le mot Bidjan tire son origine du fait que ce peuple installé dans une zone verdoyante pratiquait la cueillette des plantes qu'on appelle « m'bi ». Les Djemien se sont déplacés successivement de l'actuel zoo d'Abidjan, aux rives de l'actuelle commune du Plateau (les villages Goblo Kaka et Dougbeyoh) enfin pour s'établir définitivement au cœur de l'actuelle commune d'Adjamé jusqu'. Cocody a fait le déplacement à partir de l'emplacement actuel du stade Félix-Houphouët-Boigny.
Époque coloniale