Frédéric Lévy, né le à Corbigny (Nièvre) et mort le à Paris, est un négociant, juge consulaire puis homme politique français.

Biographie

Famille

Né à Corbigny le , Adrien-Jacques-Frédéric Lévy est le fils de Michèle-Suzanne-Françoise Lévy, née Gaillon, et d'André-Nicolas Lévy, droguisteArchives départementales de la Nièvre, état civil de Corbigny, regsitre des naissances de 1811, acte (vue 61 sur 1029)..

Carrière

Installé à Paris au début des années 1830La Patrie, 22 mai 1869, ., Frédéric Lévy est fourrier dans la Garde nationale en 1835, à l'époque de l'attentat de Fieschi. Il est d'ailleurs le premier à interroger Fieschi lorsque celui-ci est conduit, blessé, au poste du Château-d'EauLe Temps, 3 février 1836, .. Par la suite, Lévy, marchand de bois, reprend l'entreprise de Joseph Rieussec, mort lors de l'attentat. En 1840, il fonde ainsi une société en commandite pour le commerce de combustible (bois et charbon) dont la commanditaire est la veuve Cazalot, fille et héritière de Rieussec. Établie sous la raison sociale « Frédéric Lévy & » et dotée par Mme Cazalot d'un capital de francs, cette société a son siège au de la rue de la Roquette, dans l'ancien 8 arrondissement, avec un chantier couvert à cette adresse ainsi que deux autres sur la place Saint-Antoine et au de la rue de CharonneLe Droit, 5 mars 1840, .. La même année, Lévy épouse Florence-Pauline Malherbe, veuve d’Étienne DebrosseArchives de Paris, état civil reconstitué, actes de mariages du 26 septembre 1840 (vue 20 sur 51)..

Entre la fin de la Deuxième République et le début du Second Empire, Frédéric Lévy occupe une place croissante au sein du commerce de la capitale. Exerçant régulièrement les fonctions de juge-commissaire à la requête du tribunal de commerce de Paris, il est nommé juge suppléant de cette cour en 1852Journal des débats, 23 juin 1852, . puis juge le Le Droit, 17 juillet 1854, ..

Maire d'arrondissement

Adjoint au maire du arrondissement depuis le La République de 1848, 15 mai 1850, ., Frédéric Lévy est nommé maire, en remplacement de Jacques Marie Perret, par un décret du Le Moniteur universel, 11 avril 1858, ..

Le , un nouveau décret fait de lui le premier maire du 11e arrondissement de Paris correspondant partiellement à l'ancien arrondissementLa Presse, 27 décembre 1859, ..

vignette|Inauguration par Mgr Darboy, de l'école de jeunes filles de la rue Saint-Bernard, en présence du maire, Frédéric Lévy (Le Monde illustré, ).

Sous son administration, plusieurs écoles, cours du soir, bibliothèques municipales, sociétés coopératives et asiles sont créés au profit de la population majoritairement ouvrière de l'arrondissement. Philanthrope investi dans les œuvres sociales, Frédéric Lévy avait déjà été nommé président de la société de secours mutuel du quartier Popincourt par décret impérial du Le Moniteur universel, 3 avril 1853, .. Il fait partie du conseil d'administration de la Société d'encouragement au bien fondée en 1862Société nationale d'encouragement au bien, Conseil supérieur d'administration photographié par Mlle Angélina Trouillet, photographe de la société, Paris, s.d. [1862-1869], passim..

Chevalier de la Légion d'honneur depuis le , c'est en tant que maire qu'il est promu officier () puis commandeur () de cet ordre.

Candidat officiel sous le Second Empire

Lors des élections législatives de 1863, Lévy est investi de la candidature officielle dans la circonscription de ParisJournal des débats, 16 mai 1863, . et rédige une circulaire électorale bonapartiste libérale empreinte d'une fibre socialeLe Constitutionnel, 28 mai 1863, .. Il n'obtient cependant que des suffrages comptés (soit 30 %), loin derrière son concurrent républicain, Jules Favre, réélu avec voix (70 %)Le Moniteur universel, 11 novembre 1863, ..

Favre ayant également été élu dans le Rhône puis opté pour ce département, une élection complémentaire a lieu au mois de mars suivant. Lévy, qui a posé tardivement sa candidature, arrive à nouveau en seconde position, derrière le républicain Garnier-PagèsLe Siècle, 22 mars 1864, ..

Il retente à nouveau sa chance lors des élections législatives de 1869. Cette fois-ci, il n'arrive qu'en troisième position, avec ou voix, soit seulement 19 % des votants, nettement devancé par deux candidats candidats républicains, Garnier-Pagès et Raspail, qui ont remporté chacun plus de voix (38 %). Par conséquent, Lévy annonce son désistement avant le second tour du scrutinLe Peuple français, 30 mai 1869, .. Plus de la moitié de son électorat se reporte au second tour sur Garnier-Pagès, plus modéré que son concurrentLe Rappel, 9 juin 1869, ..

Après le Second Empire

Privé de son mandat de maire par la chute de l'empire, Lévy refuse dans un premier temps toute candidature aux élections législatives de 1871, mais il revient sur sa décision en réaction à un projet de décret de Gambetta visant à rendre inéligibles les anciens candidats officiels du régime déchuLe Figaro, 5 février 1871, .. Finalement, le décret ayant été annulé, Lévy retire sa candidatureLe Figaro, 7 février 1871, ..

Resté fidèle à la dynastie impériale, Lévy reste actif dans les cercles bonapartistes au début de la Troisième République. Resté longtemps incontournable dans son milieu professionnel par son mandat de président de chambre syndicale, il finit par céder son entreprise de combustibles à C. Fresneau, qui en déplace le grand chantier couvert aux 15 et 17 du boulevard Bourdon.

Frédéric Lévy meurt en son domicile du du boulevard Beaumarchais le Archives de Paris, état civil du 11 arrondissement, registre des décès de 1894, acte (vue 14 sur 31)..

Notes et références

Voir aussi Bibliographie René de Pont-Jest, Les Régicides, Paris, 1872, -59 et 68. Liens externes

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