Lélection impériale de 1745 est la vingt-unième élection, depuis la promulgation de la Bulle d'or de 1356, permettant d'élire le futur Empereur du Saint-Empire romain. Elle a eu lieu le , neuf mois après le décès de l'empereur Charles VII, et permet l'élection du grand-duc de Toscane, François-Étienne de Lorraine, époux de la reine et archiduchesse Marie-Thérèse d'Autriche et fondateur de la Maison de Habsbourg-Lorraine, comme roi des Romains et nouvel empereur. Cette élection, qui a lieu en pleine guerre de succession d'Autriche, marque le retour de la lignée des Habsbourg sur le trône impérial, après le retrait de la Maison de Bavière.

Contexte En 1740, Marie-Thérèse d'Autriche, fille et héritière de l'empereur Charles VI, est âgée de 23 ans, pense pouvoir faire élire Empereur son époux François-Étienne de Lorraine. Des princes qui lui sont apparentés envisagent de la remplacer à la tête des territoires patrimoniaux des Habsbourg ou du moins de s'emparer d'une partie de ces territoires, notamment l'électeur de Bavière Charles-Albert et l'électeur de Saxe Frédéric-Auguste II, roi de Pologne sous le nom d'Auguste III.

Après la prise de Prague par les troupes françaises et bavaroises, le , Charles Albert de Bavière se proclame roi de Bohême. Quelques semaines plus tard, le , il se fait élire à l'unanimité empereur du Saint-Empire. Mais le jour de son couronnement sous le nom de Charles VII., le , la Bavière est occupée par les troupes autrichiennes et sa résidence à Munich est saccagée par des hussards hongrois. La fortune ne tarde pas à l'abandonner : puisqu'il perd en peu de temps toutes ses conquêtes, et est même chassé de ses États héréditaires. Cependant en 1744, le roi de Prusse ayant opéré en Bohême une diversion qui occupe l'armée impériale, Charles en profite pour recouvrer l'électorat et rentre enfin dans Munich, où il meurt peu après..

Après la mort de Charles VII, son fils Maximilien III hérite à 18 ans d'un pays sur le point d'être envahi par les armées autrichiennes lors de la guerre de Succession d'Autriche. Maximilien III abandonne sagement les prétentions impériales de son prédécesseur et fait la paix avec sa puissante voisine, Marie-Thérèse lors du traité de Füssen, le , dans lequel il s'engage à soutenir la candidature de son époux, François-Étienne de Lorraine lors de l'élection au trône du Saint-Empire romain germanique.

Princes-électeurs Les neuf princes-électeurs appelés à élire le successeur de François étaient (dans l'ordre de vote défini par la Bulle d'or de 1356) :

ÉlectoratPrince-électeurTitresVotelien=|36x36px| Armoiries de l'archevêché de Trèves Trèves170x170pxFrançois-Georges de SchönbornArchevêque de TrèvesFrançois-Étienne de Lorrainelien=|31x31px| Armoiries de l'archevêché de Cologne Cologne252x252pxClément-Auguste de BavièreArchevêque de Colognelien=|37x37px| Armoiries du Royaume de Bohême Bohême175x175pxMarie-Thérèse d'AutricheReine de BohêmeReine de HongrieArchiduchesse d'Autriche...lien=|33x33px| Armoiries de l'électorat de BavièreBavière204x204pxMaximilien III Joseph de BavièreÉlecteur de Bavièrealt=Armoiries de l'électorat du Palatinat|31x31px| Armoiries de l'électorat de BavièrePalatinat209x209pxCharles-Théodore du PalatinatComte palatinCharles-Théodore du Palatinatlien=|34x34px| Armoiries de Saxe Saxe183x183pxFrédéric-Auguste II de SaxeÉlecteur de SaxeRoi de PologneFrançois-Étienne de Lorrainelien=|38x38px| Armoiries de Brandebourg Brandebourg212x212pxFrédéric II de PrusseÉlecteur de BrandebourgRoi de PrusseCharles-Théodore du Palatinatlien=|35x35px| Armoiries du HanovreHanovre181x181pxGeorge II de HanovreÉlecteur de HanovreRoi de Grande-BretagneRoi d'IrlandeFrançois-Étienne de Lorrainelien=|33x33px| Armoiries de l'archevêché de Mayence Mayence182x182pxJean-Frédéric-Charles d'OsteinArchevêque de Mayence

Élection et conséquences François-Étienne est finalement élu empereur, grâce aux voix de sept princes électeurs., le 13 septembre 1745, à Francfort-sur-le-Main, et est couronné le 4 octobre suivant, jour de la fête de saint François d'Assise, son saint patron. Marie-Thérèse n'est donc pas impératrice en titre, même si, dans les faits, c'est elle qui dirige l'Empire et administre ses territoires patrimoniaux. François s'opposa en vain à l'alliance austro-française (1756) et ne put marier sa fille Marie-Christine à son neveu, Charles-Maurice de Savoie, duc de Chablais, fils de sa sœur et du roi de Sardaigne.

Des pourparlers de paix commencent alors, fortement encouragés par le roi George II, aux prises avec une rébellion jacobite en Écosse. En outre, les finances prussiennes sont mauvaises et Frédéric ne veut pas trop affaiblir l'Autriche face à la France et à l'Espagne. La Prusse, l'Autriche et la Saxe concluent donc le traité de Dresde le .

L'appartenance de la Silésie à la Prusse est réaffirmée ; Frédéric reconnaît François de Lorraine, élu le , comme empereur. Le grand perdant est la Saxe : elle doit verser une énorme indemnité de guerre à la Prusse : (thalers de l'Empire).

Notes et références

Catégorie:Saint-Empire romain germanique Catégorie:1745 en Europe