La famille de Sercey est une famille subsistante de la noblesse française d’origine bourguignonne.

Cette famille de noblesse d'extraction compte parmi ses membres des personnalités militaires, politiques et ecclésiastiques ayant servi tour à tour les ducs de Bourgogne, les rois de France et des Français, les empereurs des Français, et la République française.

Histoire Patronyme Son nom, historiquement orthographié Serciaco dans les sources de langue latine, mais aussi, entre autres, Sercy, Cercy, ou Cersy proviendrait de la seigneurie de Sercy, en Mâconnais.

Sous l'Ancien Régime et la Révolution Lors de la grande enquête sur la noblesse de 1666, François de Sercey, seigneur d'Arconcey, défend avec succès son ascendance directe d'Anséric de Sercey, époux d'Aluis de Brancion, nommé en 1264 comme vassal d’Hugues IV de Bourgogne, et revendique sa parenté avec des Sercey plus anciens encore. Son contemporain Antoine François Ferrand, alors intendant de la généralité de Bourgogne, dans son Mémoire pour l'instruction du duc de Bourgogne rédigé en 1698, mentionne en effet pour la « très ancienne » maison de Sercey « des preuves de 1094 et 1202 », citant « Anséric de Sercey [qui] se croisa pour le voyage en Terre Sainte ». Les archives de l'abbaye de Cluny enregistrent quant à elles en 1206 la donation d'une relique, la tête du pape saint Clément de Rome subtilisée à un monastère de Constantinople, par le chevalier Damas de Sercey et le récit de cette translation dans le cadre de la quatrième croisade.

L'archiviste Claude Rossignol décrit la famille comme « une des plus anciennes et plus illustres de Bourgogne ». L'historien Jules d'Arbaumont fait lui remonter la généalogie de la famille à Honoré de Sercey, vivant en 1260, tandis que l'héraldiste Henri Jougla de Morenas dans le Grand Armorial de France retient pour les Sercey une ascendance de Jean de Sercey, en 1312. Le généalogiste Régis Valette dans son Catalogue de la noblesse française subsistante retient quant à lui comme date du principe de noblesse pour cette famille l'année 1464.

La famille est admise aux États de Bourgogne en 1397, avec l'élection de Josserand de Sercey, écuyer et bailli du Charolais, lors des États réunis pour payer la rançon de Jean « Sans-Peur » de Bourgogne, après sa capture à la bataille de Nicopolis. Henri de Sercey est nommé en 1405 parmi les chevaliers combattant sous les ordres de ce même duc dans ses conflits avec Louis d'Orléans. Aux États de 1430 est élu Guillaume de Sercey, bailli de Chalon et premier écuyer d'écurie du duc Philippe le Bon. On retrouve par la suite des représentants de la famille à la quasi-totalité de ces assemblées ponctuelles jusqu'en 1775. Les Sercey font alors partie de l'entourage de la maison ducale de Valois-Bourgogne : Marguerite de Sercey, épouse de Jacques de Villers, est notamment gouvernante du jeune Charles le Téméraire jusqu'en 1441. Selon Pierre de Saint-Julien de Balleure, historien bourguignon écrivant au , les Sercey sont alors « les plus riches de tous les chevaliers et écuyers du pays ». Ils s'impliquent de plus à la Chambre des comptes de Bourgogne, avec plusieurs élections au rang de chevalier d'honneur.

À partir du , au service du roi de France, on peut nommer Antoine de Sercey, maréchal des logis de la Maison du roi ; Denis de Sercey, lieutenant des archers et capitaine dans la Garde du corps du roi ; Jean de Sercey, capitaine dans cette même unité et chevalier de l'Ordre de Saint-Michel. Se suivent alors plusieurs générations de capitaines de cavalerie et d'infanterie : Antoine de Sercey, des chevau-léger de la Garde ; Noël de Sercey, du régiment de Condé, tombé à la bataille de Fribourg ; François de Sercey, précédemment mentionné, du régiment d'Enghien ; Jean-Jacques de Sercey, du régiment de Lorraine-Dragons, chevalier de l'Ordre de Saint-Louis, etc.

Dans la seconde moitié du la famille se lance dans l’entreprise coloniale française, particulièrement à Saint-Domingue. Louis-Charles de Sercey, lieutenant du roi à Port-au-Prince, et son frère Jean-Baptiste de Sercey font enregistrer leurs armes sur l’île en 1762 et 1770, s'établissant comme planteurs dans la plaine de Léogâne, à Mirebalais et à Torbeck, dans la région des Cayes. Ils s'intègrent rapidement dans la société créole, épousant des filles de familles de « grands blancs », les Benech de Solon et les La Buissonnière : les indemnités perçues en 1825 par leurs descendants témoignent de l'importance de leurs exploitations.

Leur frère, Pierre César Charles de Sercey, s'engage quant à lui dans la Marine royale en 1766. En 1772, il rejoint Yves Joseph de Kerguelen dans sa campagne d’exploration des mers australes et prend ainsi part à la découverte de l'archipel des Kerguelen. De 1778 à 1783, il sert avec distinction lors de la Guerre d'indépendance américaine, notamment au siège de Pensacola. Stationné aux Antilles, il ne prend pas part aux événements révolutionnaires de 1789, mais, favorable dans une certaine mesure aux idées nouvelles, il ne suit pas la gronde agitant alors les colonies et aide à la réprimer. Il est témoin des débuts de la révolution haïtienne, jusqu'au point d'orgue de la chute du Cap-Français, où il recueille sur une flotte de fortune des milliers de colons rescapés, qu'il mène vers l'embouchure de la baie de Chesapeake. gauche|vignette|275x275px|Vue de l’incendie de la ville du Cap-Français, 21 juin 1793, gravure coloriée de Jean-Baptiste Chapuy, 1794, Bibliothèque nationale de France. La flotte de fortune de l'amiral Sercey est représentée au premier plan. Emprisonné à son retour en France, il est sauvé par la chute de Robespierre et est réintégré dans son grade sous le Directoire. Il prend alors le commandement de la division navale française de l’océan Indien. À son arrivée à Port-Nord-Ouest, il ne soutient pas les commissaires révolutionnaires chargés de faire abolir l’esclavage dans les Mascareignes, qui sont expulsés manu militari par les colons. Sercey mène par la suite une guerre de course avec succès pendant plusieurs années, en coopération avec le corsaire Robert Surcouf. Sa mission compromise par l'étiolement de ses forces, il prend sa retraite et s'installe en tant que planteur sur l'île de France. À la suite de la première abdication de Bonaparte, il fait partie de la délégation chargée d'aller rencontrer Louis XVIII en exil, puis se rend à Londres afin d'organiser la libération d’au moins prisonniers de guerre. Il jouit alors d'une bonne réputation dans les cercles du pouvoir : Joseph de Villèle, premier ministre de Louis XVIII et Charles X le décrit comme « l'un des officiers les plus distingués de notre vieille marine » et il reçoit les grands-croix de l'ordre de Saint-Louis et de l'ordre de la Légion d'honneur. Il est élevé en 1832 à la dignité de pair de France par Louis-Philippe Ier et siège à la Chambre des Pairs jusqu’à sa mort en 1836Adolphe Robert, Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français depuis le 1er mai 1789 jusqu'au 1er mai 1889, Paris, Bourloton, 1889-1891, p. 303..

Les branches Sercey subsistantes au descendent toutes les deux de cet ancêtre communLe Vice-amiral de Sercey, sa famille et ses alliées (1293-1992), Paris, Les Chercheurs d'Ancêtres, 1992.

Époque contemporaine XIXe siècle Henriette de Sercey, nièce de l’amiral de Sercey, créole orpheline à l'âge de neuf ans, est recueillie en 1781 par sa tante Félicité de Genlis, femme de lettres et pédagogue. Dame de compagnie de Marie-Adélaïde de Bourbon et gouvernante des enfants de la maison d'Orléans, elle élève Henriette au pavillon de Bellechasse en compagnie des enfants d'Orléans. La jeune fille tisse des liens forts avec Adélaïde d'Orléans et Pamela de Sillery, fille illégitime de Philippe d'Orléans et de Mme de GenlisÉvelyne Lever, Philippe Égalité, Paris, Fayard, 1996, pp. 201-203. À la Révolution, elle suit ces dernières en Angleterre, puis la tutrice et ses protégées suivent Louis-Philippe d’Orléans, futur roi des Français mais alors officier au service de la monarchie constitutionnelle, dans ses campagnes. Il aurait entretenu pour la jeune femme de vifs sentiments, la décrivant comme « fraîche comme la pêche vermeille », et lui aurait proposé un mariage qu'elle aurait refusé. L'abolition de la monarchie en 1792 et ses suites entraînent Genlis et sa nièce vers l'émigration. Elles s'installent alors à Hambourg, et Henriette épouse en 1795 un riche banquier de trente ans son aîné, Conrad Matthiessen, avec qui elle entretient un salon couru. Ce marriage ne dure pas : elle divorce en 1801 pour épouser la même année Gaspard de Finguerlin-Bischingen, qui lui fait la cour depuis déjà plusieurs années. Elle rentre d'exil sous les auspices de Bonaparte, devient dame du palais d'Élisa Bonaparte, puis par la suite devient préceptrice de sa fille Élisa Napoléone Baciocchi. À la Restauration, elle reste une fidèle des Orléans et est donc à la suite des Trois Glorieuses une habituée de la cour de la monarchie de Juillet : les Sercey sont alors des « intimes », une « famille aimée de la maison d'Orléans ».

Trois des fils de l'amiral de Sercey le suivent dans le métier des armes. L'aîné Éole de Sercey suit son père dans la marine, servant aux Indes lors des guerres napoléonienne, puis dans la cavalerie des armées impériales, en particulier lors de la campagne d'Allemagne de 1813. Le second fils de l'amiral, Charles-Maurice de Sercey, auteur de la branche aînée des Sercey, sert dans la cavalerie, est fait chevalier de la Légion d'honneur en 1831 et reçoit l'ordre de Léopold de Belgique.

vignette|265x265px|Attaque de la citadelle d’Anvers, 22 décembre 1832, huile sur toile d'Horace Vernet, 1840, Château de Versailles. Henri de Sercey est représenté tenant un plan.

Le benjamin, Henri de Sercey, sert lui aussi dans la marine. Il prend part aux combats contre les corsaires barbaresques puis à la conquête de l'Algérie. Par la suite capitaine de hussards, il est aide de camp du maréchal Gérard et prend part à la Campagne des Dix-Jours et au siège de la citadelle d'Anvers. Lors de la révolution de 1848, il est chargé par le maréchal de braver l’insurrection pour obtenir un acte d'abdication du roi réfugié aux Tuileries dans l’espoir de préserver la monarchie, et est présent lors de la signature de cet acte par Louis-Philippe. Selon ses souvenirs, c'est même lui qui pose au monarque la question qui décide finalement celui-ci à abdiquer. Promu colonel, il se rallie au coup d'état de 1851 de Louis-Napoléon Bonaparte, et matte l'insurrection républicaine qui s'ensuit dans le Var, s'attirant par sa conduite les foudres des républicains. Il est ainsi décrit comme « l'un des colonels les plus intelligents du bonapartisme » par l'abolitionniste et député exilé Victor Schœlcher. Proche du nouveau pouvoir impérial, l’une de ses sœurs étant de plus rattachée à la maison de l’influente Mathilde Bonaparte, il est pressenti pour continuer son ascension dans les rangs de l'armée. Mais il est rattrapé en 1853 par ses dettes et surtout par des accusations d'escroquerie et d'abus de confiance, ayant obtenu un prêt important qu'il n'a jamais remboursé. Jugé coupable par un conseil de guerre, cette affaire a un fort retentissement, embarrasse le pouvoir et sa famille et brise sa carrière militaire. Condamné à cinq ans de prison, il est gracié par l'empereur, mais Sercey n'a de cesse d'essayer de faire réviser cette décision, allant jusqu'au Conseil d'État et à la pétition devant le Sénat, sans succès. Henri de Sercey est néanmoins chargé en 1858 par Alexandre Colonna-Walewski d'une mission en Birmanie, visant à tisser des liens avec le roi Mindon Min. gauche|vignette|286x286px|Départ de Trébizonde pour Téhéran, le 15 décembre 1839, lithographie d'après Eugène Flandin. Édouard de Sercey y est représenté avec ses compagnons de la mission Sercey.