est le onzièmeDixième si l'on excepte la bande originale de Flash Gordon mais la grande majorité des sources incluent celle-ci dans les albums studio ( ; ; ). album studio du groupe de rock Queen, sorti le . Coproduit par Queen et Reinhold Mack, il est enregistré sur une période de cinq mois, entre les Record Plant Studios de Los Angeles et les studios Musicland de Munich, dans une ambiance tendue. Il marque un certain retour de la formation à ses racines rock après ses expériences mitigées dans les genres funk et disco du début des années 1980. Les riffs de guitare y côtoient les synthétiseurs, ce qui reflète l'un des thèmes principaux de l'album : l'opposition entre l'être humain et les machines. Par ailleurs, plusieurs textes de l'album ont une portée sociale ou politique peu courante chez le groupe. Chacun des membres du groupe écrit l'un des quatre singles qui sont extraits de l'album. Radio Ga Ga et I Want to Break Free, signés respectivement par Roger Taylor et John Deacon, sont ceux qui connaissent le plus grand succès.
L'album est relativement bien accueilli par la critique tout en étant un succès commercial en Europe mais il ne trouve pas son public aux États-Unis, principalement à cause du manque de promotion dans ce pays. Par conséquent, Queen décide de ne pas faire de tournée en Amérique du Nord. La formation part en revanche jouer quelques concerts en Afrique du Sud, ce qui provoque une importante controverse. À la fin de sa tournée mondiale, le groupe envisage de faire une longue pause mais il est alors contacté pour participer au Live Aid.
Genèse Contexte Queen est un groupe de rock créé à Londres en par le chanteur et pianiste Freddie Mercury, le guitariste Brian May et le batteur Roger Taylor. Le bassiste John Deacon rejoint la formation en . Après des débuts difficiles, le groupe remporte un succès international en 1974 avec Sheer Heart Attack, son troisième album, puis connaît la consécration mondiale en 1975 avec le suivant, . Dès lors, tous les albums du groupe sont d'importants succès commerciaux malgré des critiques de la presse musicale rarement tendres. En 1982, Hot Space, dernier album en date, marque un virage important dans le style du groupe puisque les genres funk et disco y sont prédominants, et l'album n'a pas autant de succès que les précédents, particulièrement aux États-Unis. Après la tournée promotionnelle de ce dernier opus, qui se termine en , les membres du groupe décident de faire la première longue pause de leur carrière.
Alors que John Deacon se consacre à sa famille, les trois autres se lancent dans des projets en solo. Freddie Mercury collabore avec Giorgio Moroder à Munich sur la bande originale d'une version restaurée du film Metropolis (1927) ; Roger Taylor enregistre son deuxième album en solo, , aux studios Mountain ; et Brian May se rend à Los Angeles pour travailler sur l'EP Star Fleet Project en collaboration avec d'autres musiciens, dont Eddie Van Halen. Parallèlement, Freddie Mercury quitte définitivement son domicile new-yorkais, et le groupe, à la demande de Mercury, choisit Capitol, filiale d'EMI, pour remplacer Elektra comme label nord-américain, car le chanteur est mécontent de la promotion de sur ce continent. En , Freddie Mercury et John Deacon rencontrent le réalisateur Tony Richardson, qui vient de terminer le tournage du film L'Hôtel New Hampshire et souhaite engager Queen pour composer sa bande originale. Les deux musiciens lui donnent leur accord de principe.
Enregistrement Les quatre membres de Queen se retrouvent en aux de Los AngelesPour ce qui constitue leur unique expérience commune en studio sur le sol américain (). pour enregistrer la musique de L'Hôtel New Hampshire et décident rapidement de produire en parallèle un autre album. Freddie Mercury profite de ce séjour à Los Angeles pour collaborer pendant une journée sur des projets de chansons avec Michael Jackson. Cette association n'est cependant jamais réitérée, probablement en raison des modes de vie incompatibles des deux hommes. D'après Freddie Mercury, les premiers morceaux écrits par Roger Taylor pour l'album ne sont pas jugés assez bons, ce qui pousse le batteur à travailler sur une nouvelle chanson, . Roger Taylor la compose à l'aide d'un synthétiseur et de boîtes à rythmes, d'abord avec Brian May, puis seul. Le guitariste reprend les idées qu'il a apportées pour une autre chanson, . Freddie Mercury, qui repère immédiatement un fort potentiel d'accroche dans , la retravaille légèrement par la suite avec la bénédiction du batteur. Brian May compose aussi des chansons dans un style hard rock, comme et , se servant pour cette dernière d'un riff de guitare qu'il a créé pour une version de jouée en concert lors de la précédente tournée. Pour des raisons budgétaires, Tony Richardson doit renoncer à la participation du groupe à la bande originale de son long métrage, bien qu'ils aient déjà enregistré pour le film la chanson . Les membres du groupe décident alors de continuer en Europe l'enregistrement de l'album après huit semaines passées en Californie.
De retour aux studios Musicland de Munich, où Queen a enregistré l'essentiel de ses productions depuis l'album (1980), le groupe reprend le travail, et ses membres, comme pour leurs albums précédents, passent beaucoup de temps à faire la fête, Brian May confiant plus tard que ses souvenirs de cette période sont perdus . C'est à l'occasion de l'une de ces soirées festives que Freddie Mercury rencontre l'actrice Barbara Valentin, en qui il . Ces divertissements parfois excessifs sont aussi un moyen de relâcher la pression, car le groupe se querelle beaucoup pendant ces sessions d'enregistrement, le coproducteur de l'album Reinhold Mack s'employant souvent à jouer les diplomates pour aplanir les dissensions artistiques. John Deacon part même à Bali à l'improviste pour décompresser quelques jours, en laissant seulement un mot sur sa basse d'après Brian May. Malgré tout, cette tension est, comme souvent, bénéfique à la créativité du groupe, qui enregistre presque vingt chansons durant toute la durée des sessions. Brian May se montre particulièrement satisfait de la ballade écrite par Freddie Mercury , collaborant étroitement avec lui pour que le chanteur puisse tirer le meilleur de cette composition et affirmant plus tard qu'il s'agit de .
Pour la première fois, un musicien extérieur au groupe est crédité pour sa participation à un album de Queen : Fred Mandel joue du piano et du synthétiseur sur , , et . Ses deux contributions les plus importantes sont le final au piano de et surtout le solo de synthétiseur sur . Ce solo doit être à l'origine joué par Brian May à la guitare électrique, mais Mandel l'enregistre en l'absence du groupe sur une suggestion de Reinhold Mack. Séduit par le résultat, John Deacon insiste pour le conserver au grand dépit du guitariste.
La ballade Is This the World We Created…?, écrite au dernier moment par Brian May et Freddie Mercury, remplace sur l'album , chanson dont Mercury a enregistré une version avec Michael Jackson. Ce dernier titre est intégré par la suite à l'album solo de Freddie Mercury (1985), tout comme , autre morceau un temps envisagé pour figurer sur l'album du groupe. Parmi les autres chansons qui ne sont pas retenues pour l'album se trouvent , une autre chanson de style hard rock écrite par Brian May que ses trois collègues détestent et qui est publiée en tant que face B du single ; la ballade , également composée par Brian May et qui figure sur la compilation Queen Forever ; et , écrite par Roger Taylor et qui apparaît sur l'album en solo du batteur (1984). , une chanson écrite par Freddie Mercury pour la bande originale de Metropolis, fait initialement partie des titres retenus pour l'album mais, lorsque le groupe demande à Giorgio Moroder la permission d'utiliser des images du film pour le clip de , le producteur italien demande en échange l'exclusivité du morceau pour la bande originale. L'enregistrement de l'album se termine début .
Parution et accueil Sortie et promotion vignette|alt=Un robot reproduisant un être humain de sexe féminin.|Reproduction de l'androïde Maria du film Metropolis (1927), principale influence visuelle du clip de Radio Ga Ga.
En , le groupe choisit de sortir comme premier single de l'album et tourne un clip inspiré par le film Metropolis de Fritz Lang. De façon ironique, ce clip d'une chanson qui critique l'importance qu'a pris l'aspect visuel dans la musique demeure l'un des plus emblématiques de Queen. Le single, qui précède la parution de l'album, sort le et atteint la première place des classements musicaux dans dix-neuf pays, et de la au Royaume-Uni, ce qui en fait le premier tube écrit par Roger Taylor. Il ne parvient cependant qu'à se hisser à la aux États-Unis. L'album sort le en Europe et le lendemain en Amérique du Nord. Il atteint la du classement au Royaume-Uni mais seulement la aux États-Unis. Il se classe par ailleurs premier aux Pays-Bas, deuxième en Autriche et en Norvège, et troisième en Allemagne de l'Ouest, en Suède et en Suisse.
, publié le , est également un succès dans le monde entier, se classant au Royaume-Uni, sauf, encore une fois, aux États-Unis où il ne dépasse pas la . Le clip de cette chanson, qui est en partie une parodie du soap opera Coronation Street avec les quatre membres de la formation apparaissant déguisés en femmes, est lui aussi l'un des plus marquants de la carrière du groupe. L'échec de l'album et de ses singles aux États-Unis peut s'expliquer par des raisons de manque de visibilité dans ce pays. En effet, est boycotté par de nombreuses radios indépendantes, qui sont en conflit avec Capitol, alors que le clip de est interdit d'antenne sur MTV et d'autres chaînes américaines car il choque l'Amérique conservatrice. Le groupe refuse de tourner un autre clip pour satisfaire ces chaînes et boude ostensiblement la presse américaine en refusant d'organiser des interviews.
Pour la première fois, l'importance artistique des membres est inversée puisque Roger Taylor et John Deacon signent les deux principaux tubes de l'album, et . Les deux compositeurs historiques du groupe, Freddie Mercury et Brian May, rencontrent un succès moins important avec leurs singles respectifs, It's a Hard Life, publié le , et , sorti le , qui se classent à la et à la au Royaume-Uni. est initialement prévu pour être le cinquième single tiré de l'album mais il est remplacé par Thank God It's Christmas, une chanson de Noël publiée en novembre à qui le titre sert de face B en compagnie de .
L'album est certifié disque de platine au Royaume-Uni trois mois après sa sortie. Il obtient une certification semblable au Canada à la même période, et en Allemagne en 1992. Malgré son échec au hit-parade américain, il est certifié disque d'or aux États-Unis deux mois après sa sortie.
Accueil critique
À l'époque de la sortie de l'album, Parke Puterbaugh, de Rolling Stone, estime qu'en dehors du trop pompeux , le reste de l'album car, malgré des textes peu originaux, la musique est variée et sans effets excessifs, des morceaux comme , , décrits tous deux comme , , et se révélant pour lui particulièrement satisfaisants. Le magazine Record Mirror compare l'album à un , mettant en avant l'opposition de styles entre les chansons, comme succédant à . Pour Sandy Robertson, de Sounds, le groupe en reprenant les formules qui ont fait son succès dans cet album dont les morceaux les plus marquants sont et . Le magazine People estime que et que l'album contient bon nombre de chansons accrocheuses pour tous les goûts, notamment qui impressionne par la solidité de sa production et son solo de synthétiseur . Le New Musical Express s'en prend particulièrement à , coupable selon le magazine d'un .