Charles Fernand Lasne, né le à Paris et mort le à Saint-Romain-de-Benet dans le département de la Charente-Maritime, est ingénieur en chef des Ponts et Chaussées français.

Biographie Charles Fernand Lasne est le fils de Nicolas Charles Lasne, courtier en commerce à Paris, et de Eugénie Héloïse Boulesteix son épouse.

Issu d'une famille originaire de Marly-la-Ville, d'abord travaillant au service du comte de Nantouillet puis dans le négoce de la dentelle, Charles Fernand est né rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie dans le quartier du Marais à Paris. Son père y tenait un négoce de denrées coloniales rue de Paradis-au-Marais dans l'Hôtel de Jaucourt, propriété à l'époque de Jean Denis Hemar de Sevran.

Formation Reçu bachelier ès-sciences à Paris, Charles Fernand Lasne entre à l'École polytechnique dans la promotion 1857, classé 6 à l'entrée. Il y est sergent pendant les années scolaires 1857-1858 et 1859-1860, et en sort classé 17.

Il devient élève Ingénieur des Ponts et Chaussées le 1 octobre 1860, entrant classé 11. À l'École des Ponts il se distingue notamment par un 1 prix de constructions maritimes et un 2 prix de grand pont lors de la session 1863-1864.

Ses travaux d'études, conservés aujourd'hui à l'École nationale des ponts et chaussées, portent principalement sur sa mission effectuée en Angleterre et en Irlande du Nord. Son mémoire complet comprend l'analyse de nombreux ouvrages londoniens ainsi que des projets d'État anglais d'améliorations des infrastructures (quais sur la Tamise, embarcadères, ponts, ports, lignes de chemin de fer, égouts, etc.).

Un chapitre entier est consacré à la catastrophe du réservoir de Sheffield du 11 mars 1864, qui fit plus de 240 morts. Une partie des conclusions relatives à cet incident sont reprises dans le Tome 1 de l'ouvrage Rivières et canaux : navigation intérieure de l'ingénieur Paul Guillemain, directeur de l'École des ponts et chaussées.

Carrière gauche|vignette|L'ancien phare de la Palmyre

Nommé ingénieur de 3 classe en novembre 1864, il effectue au préalable des missions dans l'Hérault (1861), au port de Saint-Nazaire (1862) et en Seine-Inférieure (1863). Il est ensuite placé à Royan en 1865 par décret, ingénieur attaché au service ordinaire et au service des ports du département de la Charente-Inférieure. Ses travaux porteront principalement sur la construction et l'entretien d'ouvrages dans l'arrondissement de Royan ainsi que sur l'ensemble de la façade Atlantique (ports, phares, fanaux, bouées, balises, routes nationales et départementales...).

Promu ingénieur de 2 classe en janvier 1870, il est chargé également du service maritime de la Charente-Inférieure à partir du 1 juillet 1875, puis promu ingénieur de 1 classe en juin 1876.

On peut citer notamment les travaux réalisés sur la Route Nationale 149, la construction et l'aménagement électrique des phares de la Palmyre (sur des plans de Gustave Eiffel), de Saint-Pierre et du Chay, travaux pour lesquels une médaille du mérite lui sera remise lors de l'exposition universelle de Vienne de 1873.

Spécialisé dans les Ouvrages d'Art destinés à la navigation, il participe en 1875 à la reconstruction du fanal dit de la Tour de Beaumont, à Saint-Fort-sur-Gironde et à partir de 1880 à l'électrification de nombreux phares, ces travaux s'inscrivant dans la volonté nationale d'électrification du territoire et le déploiement des premiers réseaux.

On lui doit également en 1880 les travaux d'aménagement du port de Royan en eau profonde dans l'anse du Foncillon, permettant ainsi un accès facilité à marée basse.

vignette|166x166px|Abri de l'embarcadère du port de Mortagne-sur-Gironde En 1883 on lui doit la construction de la jetée et de l'abri aux voyageurs de l'escale des bateaux à moteurs de Mortagne-sur-Gironde.

L'officier général de la marine française Camille Clément de La Roncière-Le Noury, président de la Société de Sauvetage des Naufragés (ancêtre de la SNSM) le présente comme étant à l'initiative de la création de la première station de sauvetage à l'embouchure de l'estuaire de la Gironde sur la pointe de la Coubre.

En 1880, il est désigné dans les Annales du sauvetage maritime par la Société centrale de sauvetage des naufragés parmi les bienfaiteurs et membres fondateurs.

Promu ingénieur en chef de 2 classe le 16 juillet 1881, il est également chargé des Côtes-du-Nord à partir du 16 mars 1881, puis du contrôle du Réseau de l'État à partir d'octobre 1881. À partir du 1 février 1886 il est chargé de la Vendée et de différentes lignes dans ce département, avant d'être promu ingénieur en chef de 1 classe le 1 janvier 1890. Il prend sa retraite le 1 juillet 1898.

En 1901, il participe aux plans du tracé de la voie ferrée du tramway électrique des Sables d'Olonne.

Travaux annexes Architecture religieuse gauche|vignette|Les deux coupoles de l'église Saint-Romain-de-Benet En 1901, il supervise la construction en ciment armé des deux coupoles de l'Église Saint-Romain de Saint-Romain-de-Benet. Des travaux de renforcement des murs latéraux sont alors entrepris afin qu'ils résistent à la poussée des nouveaux éléments architecturaux. La file de coupoles reste l'élément caractéristique de cette église classée monument historique en 1921.

Archéologie vignette|196x196px|Plan général du Terrier de Toulon Passionné d'histoire et d'archéologie, il est membre de la Société des archives historiques de la Saintonge et de l'Aunis de 1900 jusqu'à sa mort en 1918. Il est l'auteur de travaux de recherche sur le Terrier de Toulon sur la commune de Saint-Romain-de-Benet, de notes sur la mosaïque de la villa gallo-romaine de Paterre sur la commune de Chaillevette (un article de 1935 de Louis Basalo, architecte de la reconstruction de Royan après la Seconde Guerre mondiale, cite à de nombreuses reprises les travaux de Lasne) et sur le glaive en bronze de Ransanne à Soulignonne (commune de Saint-Porchaire), ces travaux ayant été publiés dans le Recueil des actes de la Commission des arts et monuments de la Charente-Inférieure.

Ces travaux concernant le Terrier de Toulon ont depuis été repris par l'archéologue et historien Louis Maurin.

Décorations et services militaires Ses états de service le mentionnent chef du 18 bataillon territorial du génie entre 1876 et 1880.

Il est fait Chevalier de la Légion d'honneur le 19 juillet 1880 sur rapport du ministre des travaux publics de l'époque Henri Varroy.

Vie privée Il épouse le 7 juillet 1868 à Saint-Romain-de-Benet, Marie Stéphanie Ranson, fille de Pierre Ranson et de Marie Elisabeth Nancy Comte.

De cette union naîtra une fille, Eugénie Emilie Marie, épouse du peintre paysagiste Georges Mignet, et mère du concepteur d'avions Henri Mignet.

Le 20 avril 1887, il est le témoin à Clamart du mariage de sa nièce et de l'écrivain et dramaturge français Jules Mary.

Notes et références

Liens externes

Base Léonore Fiche sur le site du CTHS : lien Notice biographique complète sur le site de l'Héritage des Ponts et Chaussées (ENPC)

Catégorie:Ingénieur français du XXe siècle Catégorie:Ingénieur du corps des ponts et chaussées Catégorie:Chevalier de la Légion d'honneur décoré en 1880 Catégorie:Élève de l'École polytechnique Catégorie:Naissance en septembre 1837 Catégorie:Naissance dans l'ancien 7e arrondissement de Paris Catégorie:Décès en avril 1918 Catégorie:Décès en Charente-Maritime Catégorie:Décès à 80 ans