Les Eeyous, aussi nommés avec les exonymes Cris de l'Est, Cris de la baie James ou Cris du Québec, sont une nation algonquienne d'Amérique du Nord. Les terres ancestrales des Eeyous sont nommées Eeyou Istchee.
Étymologie et usage de l'endonyme Selon le linguiste Gabriel Martin, l'endonyme « Eeyou provient de l'étymon iiyiyuu (qu’on peut aussi transcrire ᐄᔨᔫ ou īyiyū), à rattacher au protoalgonquien *elenyiwa ou *erenyiwa, une racine lointaine qui signifie "être humain" ». Il considère que la graphie du mot a été adaptée en Eeyou sous l'influence de l'anglais.
L'usage de l'endonyme Eeyou en français est relativement récent. Une des premières attestations claires du mot remonte à 2010 et se trouve dans le périodique canadien Le Devoir. Absent du Petit Larousse, le mot fait son apparition en mai 2026, dans les dictionnaires Le Robert. En français, Eeyou se prononce [iju], c'est-à-dire iyouLe Robert Junior illustré, édition canadienne, Paris, Dictionnaires Le Robert, 2026, p. 385, article « eeyou »..
En français, le nom peut, au choix, varier en nombre et s'écrire (les) Eeyous, demeurer invariable au pluriel et s'écrire (les) Eeyou, ou bien emprunter la forme plurielle étymologique (les) Eeyouch. De même, au féminin, le nom peut prendre la marque de flexion et s'écrire (une) Eeyoue ou bien demeure invariable et s'écrire (une) Eeyou.
On relève aussi une variante Eenou, qui devient Eenouch au pluriel.
En français québécois, les Eeyous sont parfois appelés Cris, notamment par les allochtones, mais les deux termes ne sont pas véritablement des synonymes : le mot Cri a un sens général et désigne plusieurs peuples apparentés, mais distincts, répartis sur le continent , alors que le mot Eeyou désigne une nation en particulier. Selon l'aîné Philip Awashish, le mot Cri n'est pas utilisé dans la langue eeyoue, qui n'a pas de r.
Histoire Le premier contact entre les Européens et les Eeyous date du en 1610 avec l'explorateur Henry Hudson. En 1670, ils commencent à faire le commerce de la fourrure avec la Compagnie de la Baie d'Hudson, commerce dont ils avaient le monopole sur plus de . À partir du , cette région est le théâtre d'un important commerce des fourrures et de l'évangélisation des résidents.
Au milieu du , avec le déclin de la traite des fourrures, les Eeyous n'eurent d'autres choix que de se sédentariser. Depuis le début des années 1970, de grands projets de centrales hydroélectriques d'Hydro-Québec vinrent perturber de façon importante la vie des communautés eeyoues et a grandement affecté leur territoire. Le Grand Conseil des Cris signe en 1975, avec Hydro-Québec et les gouvernements du Québec et du Canada, la Convention de la Baie-James et du Nord québécois (CBJNQ) et en 2002, la Paix des BravesDenise Gaudreault, Amérindiens et Inuits : Portrait des nations autochtones du Québec, .. Ces deux traités de l'ère moderne accordent aux Eeyous un certain nombre de droits et de pouvoirs ainsi que des compensations pour la perte de territoire et pour l'abandon de certaines activités traditionnelles.
Les Eeyous résident aujourd'hui dans plusieurs communautés, dites « terre réservée crie », comme celles de Chisasibi, Eastmain, Mistissini, Nemaska, Oujé-Bougoumou, Waskaganish, Wemindji et Waswanipi.
Langues
La population d'Eeyou Istchee parle largement l'eeyou, une langue algonquienne aussi nommée cri de l'Est (d'après l').
L'eeyou a deux principaux dialectes : celui du nord et celui du sud. L'eeyou du nord est l'iiyiyuu ayimuun (ᐄᔨᔫ ᐊᔨᒨᓐ ou īyiyū ayimūn) et l'eeyou du sud est l'iinuu ayimuun (ᐄᓅ ᐊᔨᒨᓐ ou īnū ayimūn). Le gouvernement du Québec utilise parfois le nom iiyiyuu (ayimuun) pour référer indistinctement aux différentes variétés d'eeyou.
Les Eeyous, puisqu'ils sont en contact avec la population allochtone du Canada, ont fréquemment l'anglais et le français comme langue seconde, le français étant surtout parlé par les plus jeunes locuteurs.
alt=|vignette|500px|centre|Une traduction crie de la Bible datant de 1876.
Gouvernance, communautés et populations Les Eeyous forment une nation distincte, dont la gouvernance est assurée par le Grand Conseil des Cris et l'Administration régionale crie ; depuis 2021, Mandy Gull-Masty en est la Grande chef.
La nation eeyoue est répartie en neuf communautés situées en Eeyou Istchee, soit cinq communautés au long du littoral est de la baie James, Chisasibi, Eastmain, Waskaganish, Wemindji et Whapmagoostui et quatre communautés à l'intérieur des terres, Mistissini, Nemaska, Oujé-Bougoumou et Waswanipi...
Plusieurs Eeyous entrevoient la possibilité que soit fondée une autre nation eeyoue, celle de Washaw Sibi, dont le territoire est contesté vu son partage historique avec celui de la nation algonquine de Pikogan. Le Grand Conseil des Cris reconnaît Washaw Sibi comme dixième communauté, malgré l'absence de village à proprement parler.
Les Eeyous étaient en 1812 Alphabetical Enumeration of the Indian Tribes and Nations - Native American Nations, et à la fin du ..
+Population des Eeyous du Québec en 2007Populations indienne et inuite au Québec au 31 décembre 2007 - Affaires indiennes et du Nord Canada (Région du Québec) (voir archive) Communautés Total Résidents Non-résidentsChisasibi 132Eastmain 656 620 36Mistissini 541Nemaska 623 608 15Oujé-Bougoumou 650 * inconnu inconnuWaskaganish 379Waswanipi 404Wemindji 113Whapmagoostui 821 811 10 Population totale * données de 2004
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Premières Nations Autochtones au Québec
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