Manuel Senante Martínez, né à Alicante le et mort à Madrid le ., est un avocat, homme politique et journaliste espagnol traditionaliste, qui fut dirigeant du Parti intégriste et de la Communion traditionaliste.
Il fut directeur du journal El Siglo Futuro entre 1907 et 1936 . En 1907 il fut élu député intégriste pour Azpeitia (Guipuscoa), circonscription où il fut réélu lors de toutes les élections générales jusqu’en 1923.
Partisan du renversement de la République, il est décrit par l’historien Eduardo González Calleja comme .
Famille et jeunesse gauche|vignette|Alicante, années 1870. Le grand-père paternel de Manuel Senante Martínez, Manuel Senante Sala, fut professeur de rhétorique et poétique à l'institut d'éducation secondaire d'Alicante et longtemps directeur du même établissement (1854-1889). Son père, Emilio Senante Llaudes (mort en 1916)voir Diario de Alicante du , , enseigna en 1881-1909 la géographie et l'histoire dans le même institutDes sources de presse contemporaines affirment qu'il y fut nommé professeur auxiliaire en 1877, voir El magisterio español du , , avant d'en devenir également le directeur en 1891-1904. En 1907, il assuma la direction de l' locale. Senante Llaudes fut aussi l'auteur de plusieurs manuels d'histoire, qui rencontrèrent une certaine popularité dans l'enseignement secondaire du Pays valencien. En outre, il exerça également en tant que jurisconsulteEl Siglo Futuro , disponible , journaliste et dans la vie politique locale. Son frère Francisco Senante Llaudes fut un compositeur et maestro reconnu localement.
Senante Llaudes épousa une Alicantine, María Teresa Martínez Torrejón (morte en 1885)voir El Nuevo Alicantino du , . Son frère Antonio Martínez Torrejón devint plus tard une personnalité locale, adjoint au maire, poète et éditeur, directeur du quotidien local El eco de la provinciavoir El eco de la provincia du , . Le couple eut au moins : Manuel (l'aîné), José (qui mourut en bas âge)voir El eco de la provincia du , . et Joaquín, qui périt à l'âge de voir El Nuevo Alicantino du , ..
Manuel fut élevé dans un milieu imprégné de ferveur catholiqueEl Siglo Futuro 04.12.16. Dans les années 1890, il étudia le droit à Barcelone et à Madrid... Au tournant du siècle, il revint à Alicante et y lança sa propre carrière d'avocat en 1897. Représentant des clients dans des affaires de droit privé et droit commercial, il accrut progressivement son influence et s'engagea dans des affaires politiquement sensibles, comme un différend concernant un cimetière paroissial local fermé de force, à l'occasion duquel il parla au nom de la communauté alicantine de Saint-Nicolas devant le Tribunal suprême. En 1903, il est mentionné dans la presse comme l'un des juges municipaux d'Alicante.. Manuel Senante épousa Josefa Esplá Rizo (1870-1957), fille d'un capitaine de la marine marchande et conseiller municipal d'Alicante.. Le couple eut 6 filles (dont 3 devenues religieuses)voir ABC du , . et un fils, Manuel Senante Esplá. Avocat et militant carliste comme son père, dans les années 1930 il défendit la cause des prévenus pour leur participation à la Sanjurjada . Il suivit encore les traces de son père en se lançant dans le secteur de l'édition, devenant membre du conseil d'administration du journal El Siglo Futuro dans les années 1930voir ABC du ; au début du franquisme, il exerça les fonctions de juge municipal à Madridvoir El Progreso du , .. L'une des filles de Senante Martínez, nommée Immaculada, épousa Francisco Urries, professeur de philosophie à Madrid. La famille vivait initialement dans le domaine de Santa Rosa à Sant Joan d'Alacant, aujourd'hui une banlieue résidentielle d'Alicante ; au début du , elle s'installa définitivement à Madrid.
Début de carrière
gauche|vignette|Paseo de los Mártires d'Alicante en 1908. Senante hérita des idées politiques ultraconservatrices de ses ancêtres. Son grand-père était un souscripteur du quotidien carliste El Siglo Futuro dans les années 1870El Siglo Futuro , . et dans la décennie suivante, lorsque le journal suivit la branche dissidente intégriste ; son père s'engagea également dans des disputes politiques. Après avoir terminé ses études universitaires et principalement motivé par sa profonde religiosité, de retour dans sa ville natale Manuel participa à ses affaires publiquesle traditionalisme politique était significativement implanté dans la province d'Alicante ; si l'on se réfère au jaïmisme , la province était en sur le plan national en termes de nombre de comités , . Il s'associa au Parti libéral-conservateur en 1897 et commença sa longue carrière dans la presse, d'abord en tant que contributeur, puis en dirigeant un quotidien andalou de la branche locale du parti, La Monarquía (1899-1900). Il s'impliqua également dans diverses initiatives catholiques locales, par exemple en accueillant la commission d'organisation pour l'érection de la Cruz del Siglo (« Croix du Siècle ») à Alicante en 1901il s'agit d'une croix érigée sur un promonttoire, qui fut détruite en 1934 et plus tard reconstruite, .. Senante commença à contribuer lui-même à El Siglo Futuro en 1901, avec de courts articles informatifs dans un premier tempsvoir El Siglo Futuro du , ici.. Déjà en 1902, il était salué comme un avocat très éloquent («») et l'« un des catholiques les plus fermes et décidés » dans le journalvoir El Siglo Futuro du , .. vignette|La Voz de Alicante. Au début du , Senante s'écarta des conservateurs et se rapprocha du Parti catholique national, le parti du courant dit intégriste. En 1903, déjà considéré comme l'un des traditionalistes les plus influents de la presse espagnole cite Senante, Aparisi, Mella et Maeztu, il tenta sa chance aux élections aux Cortes. Il se présenta comme candidat de la Liga Católica (« Ligue catholique »), une nouvelle plate-forme électorale promue par l'Église en Espagnepour des détails sur la stratégie employée, voir , dans le district d'Orihuelavoir El Siglo Futuro du , . mais fut vaincu par Francisco Ballesteros, figure du Parti libéralSenante maintenait de bonnes relations avec les jaïmistes d'Orihuela ; plus tard en 1911, il visita la ville avec Mella ..
Il travailla au lancement de La Voz de Alicante, quotidien paru en 1904 (ou 1905) dont il était le directeurvoir El Siglo Futuro du , .. Le journal prit la forme d'une tribune catholique ouverte, bien qu'affichant d'évidentes affinités intégristesvoir La Voz de Alicante du , .. En 1906, il représentait le comité provincial des intégristesavec Emilio Pascual y Canto, voir El Siglo Futuro du , .. Outre la politique, il présida le Cercle ouvrier de la nouvelle Action catholique d'Alicante fut membre de l' et membre du conseil du Patronat de l', dont il fut le représentant au sein des associations d'employeurs ; voir aussi .
Député left|thumb|Manuel Senante en 1912. En raison d'un enchaînement d'événements qui suivirent la mort de Ramón Nocedal, lors de la campagne électorale de 1907, Senante se présenta comme candidat intégriste dans le GuipuscoaRamón Nocedal mourut seulement avant les élections de 1907. L'une des figures du parti, , prit sa place dans le district de Pampelune (fondamentalement prestigieux pour les traditionalistes), libérant à son tour sa propre place en tant que candidat intégriste dans le district rural d'Azpeitia dans le Guipuscoa ; il fut remplacé par Senante ; bien que totalement étranger au milieu politique basque, il fut très confortablement élu à Azpeitia, une circonscription rurale très religieuse et conservatrice, qui élisait habituellement des candidats traditionalistesJosé Orella Martínezs affirme que Senante et les autres candidats carlistes durent leur succès à Azpeitia à la propagande jésuite du Sanctuaire de Loyola, voir . Le triomphe de 1907 marqua le début de sa carrière parlementaire, qui se prolongea sans discontinuer jusqu'à la suspension du régime constitutionnel plus tard ; il fut réélu dans les rangs intégristes pour le même district d'Azpeitia au cours des 7 campagnes électorales, soit 1910, 1914, 1916, 1918, 1919, 1920 et 1923. Les carlistes traditionnels s'abstinrent généralement de présenter leur propre candidat ; à deux reprises (en 1918 et 1920), le sénateur fut déclaré élu sans aucune vote étant donné l'absence de concurrent, conformément au très controversé article 29. Au cours de ses 3 premiers mandats, il fut l'un des deux députés intégristes aux Cortes ; par la suite, il fut le seul député affilié au partile leader intégriste, Juan Olazábal, préféra rester hors du Parlement et poursuivit sa carrière dans la vie politique locale du Pays basque.
En tant que représentant de l'intégrisme, Senante était peut-être le député le plus à droite, le plus réactionnaire et le plus antidémocratique de toutes les Cortes ; même d’autres députés ultraconservateurs, les carlistes traditionnels, étaient dans une certaine mesure prêts à faire preuve d’une certaine flexibilité. L'action politique de Senante fut gouvernée par le principe de défense de la « sacro-sainte » religion catholique : la défense des droits et privilèges de l'Église contre la sécularisation, habituellement promue par les libéraux. Il se rangea du côté des autorités lors de la Semaine tragique, qu'il voyait essentiellement à travers un prisme religieux, ou bien lors du différend provoqué par la possible vente à l'étranger de la pyxide de Zamora, détenu par l'églisela cathédrale de Zamora possédait une ancienne pyxide remontant à la période du califat et tenta de le vendre à un antiquaire ; la possibilité que l'objet quitte le territoire espagnol suscita un débat public ; Canalejas s'exprima en faveur de restrictions à ce sujet tandis que Senante argumentait que l'Église devait être libre de disposer de l'objet comme elle l'entendait, voir . vignette|Senante pendant un discours en 1922. Senante devint membre de l'Académie de la langue basque et s'exprima en faveur du bilinguisme . Il fut actif dans la commission extraparlementaire sur l'autonomie régionale basque organisée en 1918en 1919 il publia El concepto de la autonomía municipal
en alternance avec Manuel Chalbaud Errazquin. En 1919, il publia un opuscule en lien avec cette thématique, El concepto de la autonomía municipal (« Le concept d'autonomie municipale »), dans lequel il parlait de (« nos provinces basques ») et s'exprima en défaveur de l'autonomie municipale, qu'il considérait absurde.. Bien qu'aux Cortes il tendît à voter en faveur du Parti conservateur et contre les libéraux, plus tard, notamment après l'assassinat du président du gouvernement José Canalejas, il soutint les libéraux lorsqu'ils étaient au gouvernement pour contrer la montrée de l'anarchisme et du socialisme .
Orateur extrêmement passionnéEl Siglo Futuro rapporta qu'il avait hérité des dons rhétoriques de son père, qui était lui-même un orateur réputé, voir El Siglo Futuro du , le libéral Romanones dit de lui qu'il le croyait « un homme bon à l'intérieur ». Au début des années 1920, Senante s'efforça d'assurer la situation financière du prince carliste Alphonse-Charles, qui se trouvait en difficulté à cause des réglementations républicaines autrichiennes sur la propriété.
El Siglo Futuro
gauche|vignette|Senante et l'équipe d' El Siglo Futuro. Fondé en 1875 par Candidó Nocedal, El Siglo Futuro était resté un journal de second rang sur le marché national espagnol mais était néanmoins devenu pour les secteurs ultraconservateurs une voix emblématique et une référence.
À la mort de Ramón Nocedal, Senante le remplaça à la direction du périodique en , après une vacance de huit moisvoir El Siglo Futuro du , ..