vignette|Vue du dispositif d'entrée depuis la cour. L'institut Médico-Psycho-Pédagogique P.S.-Decroly est un bâtiment construit par l'architecte bruxellois Jacques Wybauw, et livré en 1972.. L'établissement est accessible depuis le numéro 2 de l'avenue du Jonc ou par le numéro 9 de la rue du Bambou à Uccle, se trouvant à proximité de la station de train Uccle-Stalle.
Il ne faut pas confondre l'Institut Decroly qui fait l'objet de cette page avec l'École Decroly se situant près du Bois de la Cambre.
Histoire En 1901, le Docteur Jean-Ovide Decroly fonde un institut spécialisé pour les enfants dits « irréguliers », c'est-à-dire en besoin d’une éducation spécifique et d’un accompagnement plus important. Les classes se font dans sa maison personnelle rue de la Vanne, dans la commune d’Ixelles. Il déménagera dans la Commune d’Uccle (Stalle).
L’endroit est encore très naturel, la zone était encore peu urbanisée à l’époque. Aujourd’hui encore, Uccle demeure une des communes les plus vertes de Bruxelles.
En 1932, le docteur meurt et l’Institut d’enseignement spécialisé est repris par ses filles. À cette époque, les infrastructures prévues pour les enfants deviennent insuffisantes. Mais le manque de fonds pour le financement d’une extension prévient la construction de nouveaux locaux.
Cette situation fut exacerbée par le second conflit mondial de 1939-1945. Malgré cela, les cours continuèrent mais dans des classes de plus en plus vétustes. Afin de supporter les coûts de fonctionnement, les héritières du docteur font appel à la société coopérative d’assurances La Prévoyance Sociale. S’étant déjà occupée de prendre en charge d’autres instituts de ce genre, cette dernière prit en charge le rachat de l’Institut Psycho-Médico Pédagogique Decroly. Les fonds débloqués permirent aussi d’acheter les terrains avoisinant l’Institut, évitant ainsi le risque d’un achat de promoteurs immobiliers fortement intéressés par les parcelles.
Le nouveau gestionnaire choisit le Bureau d’Architecture et d’Urbanisme Jacques Wybauw pour mener à bien le projet du nouvel Institut. Les documents de l’architecte indiquent que l’avant-projet date du . Les grandes lignes du projet sont déjà établies ; trois bâtiments composeront l’ensemble, l’ancien sentier sera transformé et deviendra la Rue du Bambou. La proximité avec la station de train Uccle-Stalle est prise en compte comme une qualité du projet. Les deux maisons de l’Institut originel font partie intégrante du plan-masse et du fonctionnement du nouvel ensemble.
Une fois le dossier d’exécution déposé et validé par le service d’urbanisme, le chantier peut enfin commencer le . Le nouvel Institut « P.S.-Decroly » est inauguré l’année suivante le .
Des photos prises quelques années plus tard, en 1976, montrent déjà quelques changements, principalement au niveau paysager. Les différents parterres dans la cour sont supprimés et la partie engazonnée qui «coulait» sur la cour de récréation est rabotée et délimitée par un petit muret. Des grillages sont ajoutés sur le mur de soutènement de l’internat et des briquettes sont collées à l’aide d’un mortier sur la «Tour» autrefois en béton brut de décoffrage.
Le , des transformations intérieures sont réalisées. Trois des cinq patios présents aux étages de l’école et du semi-internat sont réduits de moitié afin d’étendre les locaux, perdant dont un apport de lumière significatif dans les couloirs.
En 1996, on observe que de lourds travaux sont faits afin de remplacer les toitures de ces deux mêmes bâtiments. Un cagibi est construit dans le prolongement de l’école paré de briques, tentant péniblement de se dissimuler.
De plus l’apparition d’une haie plantée entre l’Institut et les deux maisons du Docteur Decroly signale vraisemblablement qu’elles ne font définitivement plus partie du fonctionnement de l’ensemble.
Ce propos est corrélé par la vue aérienne de 2004 sur laquelle on voit qu’une de ces maisons a été démolie et que le terrain est prêt à accueillir une nouvelle construction qui sera visible achevée sur la même vue en 2009.
Le , une décision du service d’urbanisme permet la démolition et la reconstruction du bâtiment se trouvant dans le haut de la parcelle, initialement construit par les premiers pensionnaires de l’institut. À la place de celui-ci émerge une bâtisse préfabriquée de taille légèrement plus importante.
Sept années plus tard, en 2012, d’autres grillages apparaissent entre la cour de récréation et l’accès à l’internat, marquant davantage la séparation ce bâtiment avec les deux autres. En effet, aujourd’hui l’internat n’accueille pas spécialement les enfants étudiant à l’Institut Decroly, mais aussi d’autres personnes issues de l’extérieur.
En 2015 c’est encore une perte au niveau paysager. l’Arbre qui était planté devant l’entrée de la Rue du Bambou et qui avait tenu jusque-là est abattu. La raison de cette décision est inconnue, il se peut qu’il ait été malade, ou que celui-ci gênait tout simplement.
Récemment, de nombreux châssis en bois ont été remplacés par des châssis en PVC imitant la teinte des premiers. C’est le cas pour l’entièreté de l’internat. Le semi-internat est encore préservé à ce niveau-là, et l’école a vu déjà disparaître presque tous les châssis de la façade à rue.
Description générale vignette|484x484px|Entrée de l'Institut, Rue du Bambou La parcelle occupée par l’Institut Decroly se trouve dans la commune d’Uccle, non loin de la frontière régionale, près de la station de trains Uccle-Stalle. Elle est comprise entre deux voiries, l’avenue du Jonc et la rue du Bambou, chacune offrant un accès à l’établissement. Le terrain se déploie sur un dénivelé important, approximativement vingt mètres entre l’accès le plus haut et celui le plus bas. Les différents bâtiments se trouvent dans le bas de la parcelle, la pente y étant moins raide. Face à la rue du Bambou sont construits les deux bâtiments les plus volumineux, il s’agit du semi internat et de l’école en contrebas. Tous deux ont un sous-sol encaissé dans le terrain et sont accessibles depuis le niveau de la voirie. Ces deux bâtiments sont articulés autour du système d’entrée, composé d’un escalier monumental, du hall d’accueil intégré dans le terrain et de la galerie de liaison vitrée qui joint les deux étages. La cour de récréation n’est à l’origine pas séparée physiquement de la rue, le passage surélevé et les marches détenaient ce rôle symbolique. L’accueil et la cour sont reliés à cette galerie grâce à un dispositif appelé la «Tour», une cage d’escalier en demi-cercle faite de béton plein. vignette|315x315px|La "Tour" et la galerie de liaison L’ensemble fonctionne par niveau, une fois passé l’entrée et arrivé dans la cour, il faut monter pour arriver à l’internat, construit à la suite de la perspective du dispositif d’entrée. Ce dernier bâtiment a un plan carré et se développe sur quatre niveaux dans la zone la plus verte du terrain. La partie la plus haute du site comprend un petit bâtiment, ayant subi une démolition, à l’époque, pour laisser place, actuellement, à un volume en tôle ondulée, accueillant les enfants.
Les matériaux principalement visibles sont le béton et la brique. Le béton est utilisé de plusieurs manières, on le retrouve dans les éléments de structure, mais aussi dans ce que nous pouvons appeler les socles des constructions et la finition des linteaux et des corniches en façade.
Dans un second temps, la brique est employée pour le corps principal des bâtiments. Les châssis sont, en grande majorité, en bois à l’exception de ceux présents dans les ateliers situés au sous-sol de l’école jouxtant le parking.
Chaque bâtiment, comme leur nom l’indique, a sa fonction. Le semi-internat est occupé au dernier niveau par les services d’accompagnement et soins médicaux destinés aux enfants. Cet étage n’est accessible qu’en traversant la galerie qui le lie aux classes se trouvant dans l’école. Le rez-de-chaussée lié à la cour de récréation sert de réfectoire et de cantine. Le sous-sol est destiné aux locaux techniques et aux ateliers d’apprentissage de métiers comme la soudure ou la mécanique.
L’école, comme décrit précédemment, accueille à l’étage, les classes. Cet étage est organisé longitudinalement. Deux couloirs desservent les différents locaux à la manière d’un peigne. Cette façon d’organiser l’espace permet l’intégration de la galerie de liaison dans les plans des deux bâtiments. Des patios sont créés dans la tranche centrale afin d’amener la lumière dans les dégagements. La toiture est à double versant mais ne se rejoint pas au faite, grâce à cela des fenêtres zénithales sont créées pour amener davantage de lumière dans les pièces.
Le rez-de-chaussée de l’école fonctionne avec la cour de récréation. En plus des quelques classes spécialisées supplémentaires et d’un atelier, y sont aménagés les sanitaires directement accessibles depuis le préau. vignette|574x574px|Cour de récréation. C’est dans ce bloc qu’est aménagé l’escalier, il permet de monter afin d’accéder aux étages ainsi qu’à la salle de gymnastique située au demi niveau inférieur, légèrement sous le niveau de la cour. Ceci permit de végétaliser la toiture et d’étendre les espaces verts. Enfin, en descendant au plus bas, nous arrivons dans le sous-sol aménagé en ateliers.
L’internat quant à lui, dispose au rez-de-chaussée d’une aire couverte, servant aujourd’hui de parking, protégeant l’entrée. À ce niveau est installée une sous-station de chauffage ainsi que deux appartements. Les étages sont organisés autour d’un bloc central composé de sanitaires et de la circulation verticale, un escalier ainsi qu’un ascenseur ne servant plus que de monte-charges. Les espaces s’articulent autour de ce noyau. Au premier, sont prévus des foyers et des réfectoires.
Aux deux derniers étages, nous retrouvons les chambres, les salles de bains, les espaces de vie communs et salle à manger. Un couloir est dégagé à chaque niveau menant à l’accès de secours, à l’arrière du bâtiment.
Construction Le chantier démarre officiellement le sous la responsabilité des Entreprises Henri Ruttiens et fils. Cette société a une longue histoire et expérience à Bruxelles. Elle fut fondée en 1878. A l’origine, la société ne comptait que son fondateur. Il n’était en charge de petits chantiers uniquement. Dans les années 1920, l’entreprise se déploie et réalise des commandes de plus en plus complexes, développant ainsi ses compétences.
À la suite de quoi, la prise en charge du chantier de l’institut Decroly n’était qu’une formalité. Les travaux de terrassement sont suivis par le début de la construction du bloc « A », le semi-internat. La structure du bâtiment est un système de poteaux et de poutres en béton armé. Le remplissage entre les éléments de structure sont exécutés à l’aide de blocs de béton creux au niveau de certains murs de sous-sol et soubassement. Ensuite, un cimentage est effectué sur les murs contre terre avec, en plus, un revêtement de type « coaltar » pour assurer l’étanchéité.
La section visible du soubassement, à côté du dispositif d’entrée, se compose d’un voile entièrement coulé sur place. Le béton est moulé à l’aide d’un coffrage voligé, autrement dit un coffrage réalisé à l’aide de planches de bois, vraisemblablement du pin, placées à la verticale.
Le plancher situé entre ce niveau du rez-de-chaussée, étant celui de la cour de récréation, est construit à l’aide de hourdis préfabriqués.
Le plancher séparant le rez-de-chaussée de l’étage, quant à lui, est fait de « hourdis nervurés » ce qui s’apparente à un système de poutrains et entrevous. Nos observations indiquent une utilisation d’entrevous en bois aggloméré venant servir de coffrage perdu pour la réalisation des dalles de béton de l’étage.