Park Geun-hye (, prononcé ), née le à Daegu (Corée du Sud), est une femme d'État sud-coréenne, présidente de la République de 2013 à 2017.

Fille du dictateur militaire Park Chung-hee, qui dirige la Corée du Sud entre 1961 et 1979, elle est députée de 1998 à 2012 et préside le premier parti d'opposition, le Grand Parti national (GPN), conservateur, de 2004 à 2006.

Elle est élue présidente de la république de Corée lors du scrutin présidentiel de 2012 face à Moon Jae-in. Elle devient ainsi la première femme chef de l'État sud-coréen.

Fin , des centaines de milliers de Sud-Coréens défilent dans les rues pour demander sa démission à la suite d'un scandale de corruption, la considérant comme étant sous l'influence de sa confidente Choi Soon-Sil. Ses pouvoirs sont alors suspendus par un vote de l'Assemblée nationale. Trois mois plus tard, la Cour constitutionnelle prononce sa destitution.

Arrêtée et emprisonnée quelques semaines après son départ du pouvoir, elle est condamnée l'année suivante à une peine totale de 32 ans de prison pour notamment abus de pouvoir, corruption, coercition et détournement de fonds. Elle est graciée par le président Moon Jae-in en 2021.

Enfance et études Née au 25 Dongseong-ro 5-gil, dans le quartier (dong) de du district (gu) de de la ville de Daegu, Park Geun-hye est le premier enfant de Park Chung-hee et Yuk Young-soo. Elle a un frère et une sœur : son frère cadet Park Ji-man, qui a été inculpé à plusieurs reprises pour des usages illicites de drogues, est l'actuel P-DG de la société EG corporation, et sa sœur cadette, Park Seo-yeong, est l'actuelle directrice exécutive de la Yookyoung foundation.

Geun-hye sort diplômée du lycée Seongsim de Daegu en 1970, et obtient une licence en génie électrique de l'université Sogang en 1974. Elle étudie ensuite très peu de temps à l'université de Grenoble, mais est contrainte de rentrer en Corée après l'assassinat de sa mère la même année. Park tient alors le rôle de Première dame de la Corée du Sud au côté de son père jusqu'à l'assassinat de ce dernier en 1979Sébastien Falletti, « Deux héritiers à l'assaut de la Corée du Sud », Le Figaro, mercredi 19 décembre 2012, .. Park est présidente de l'université Yeungnam de 1982 à 1991. Elle obtient un doctorat de l'université de la culture chinoise en république de Chine (Taïwan) en 1987.

Carrière politique Présidente du Grand Parti national Park continue ensuite une carrière politique en étant élue au Parlement pour la première fois en 1998. Le , Park Geun-hye se rend en Corée du Nord où elle dîne avec le chef nord-coréen Kim Jong-il. De retour à Séoul, elle annonce qu'elle avait demandé à Kim Jong-il s'il allait venir visiter la Corée du Sud comme il en était convenu durant le sommet historique de avec le président sud-coréen Kim Dae-jung. « Il a répondu qu'il honorera sa promesse » déclare-t-elle ensuite.. Une promesse qu'il n'aura finalement pas honoré puisqu'il est décédé 18 mois plus tard.

Elle est élue présidente du Grand Parti national en 2004 jusqu'en juin 2006. Lors de la campagne pour les élections locales du , Park est blessée au visage sur une profondeur de et sur de long « GNP Chairwoman 'Stable' After Slasher Attack », Chosun Ilbo, 21 mai 2006., créant un élan de sympathie en faveur du Grand parti national qui remporte largement ce scrutin.

Le , Park fait une visite très médiatisée à l'université Harvard dans le Massachusetts. Sa visite se termine par une conférence dans une salle comble à la Kennedy School of Government disant qu'elle voulait sauver la Corée et plaidait pour un renforcement des relations entre la Corée du Sud et les États-Unis.

Primaires de 2007 Park se présente à la primaire du GPN pour obtenir l'investiture du parti lors de l'élection présidentielle de décembre 2007. Elle est opposée à Lee Myung-bak.

Lors de la campagne, Park déclare que le coup d'État fait par son père le était une « révolution pour sauver le pays ». Park s'excuse de la répression exercée alors contre les militants démocrates « Park Calls 1961 Coup 'Revolution' to Save Nation », KBS, 19 juillet 2007..

Park est battue, le , lors de la primaire avec 48,1 % des voix contre 49,6 % pour Lee « Lee Surges After Win in South Korean Primary », sur le site Angus Reid Consultants, 31 août 2007..

Soutiens politiques Après l'élection présidentielle de 2007, le président Lee Myung-bak forme un gouvernement constitué de ses proches. Les supporters de Park critiquent ce qu'ils considèrent comme des représailles politiques à leur encontre et quittent le GPN pour former deux partis : l'Alliance pro-Park ( ; Chinbak Yeondae) et Solidarité avec les indépendants pro-Park ( ; Chinbak Musosok Yeondae). Park Geun-hye choisit de rester au GPN tout en soutenant les deux partis. Après les élections générales de 2008, les « rebelles » remportent 26 sièges : 14 pour l'Alliance et 12 pour la Solidarité. , la plupart d'entre eux sont revenus au GPN, qui compte environ 60 députés pro-Park.

Élections municipales de Séoul et retour La popularité de Park baisse à la suite de son opposition à Lee Myung-bak et son administration, ainsi qu'à son inactivité durant les municipales mais reste la personnalité politique la plus populaire de Corée du Sud. Elle est d'ailleurs en 2010 la favorite pour être la prochaine présidente. Park Geun-hye s'était mise en retrait par rapport à son parti, le Grand Parti national.

Cependant, lors des élections municipales de Séoul d', Park offrit son soutien à Na Kyung-won, candidate du GPN au poste de maire de Séoul face à Park Won-soon soutenu lui par Ahn Cheol-soo un universitaire et chef d'entreprise très populaire en Corée du Sud. Cependant, ce sera Park Won-soon, réputé pour son engagement dans les associations citoyennes dénonçant la corruption de l'élite dirigeante, qui remporte la victoire. Cet évènement va provoquer une onde de choc dans la classe politique qui va désormais débattre de la nécessité de réformes.

Park Geun-hye prend les rênes en d'un comité d'urgence au sein du parti afin de mener les réformes nécessaires à l'approches des élections législatives puis présidentielle de 2012. Elle s’entretient avec les membres réformistes de la formation conservatrice afin de définir une stratégie de restructuration. Ensemble, ils décidèrent de tout faire pour consolider le parti, plutôt que de le dissoudre. Cela implique, entre autres, d'en changer la structure, le processus de nomination et peut-être même le nom.

À l'occasion de la mort de Kim Jong-il le , Park Geun-hye déclare : « (LEAD) Décès de Kim Jong-il : le Parlement et les partis convoquent des sessions d'urgence ».. Park Geun-hye décide de soutenir la position du gouvernement pour ne pas, dit-elle, créer un sentiment de division au sein de la société sud-coréenne. Cette position est rapidement suivie par les autres partis politiques du pays.

Création du Parti Saenuri et victoire aux élections législatives de 2012 thumb|Le Parti Saenuri emporte une courte majorité absolue aux élections législatives.

À la fin de l'année 2011, Park Geun-hye prend l'initiative d'une profonde réforme du parti conservateur au pouvoir, le Grand Parti national dont l'image était salie par des scandales de corruption notamment. Elle met en place des primaires pour choisir la plupart des candidats, change son nom pour Parti Saenuri, et fusionne avec un autre petit parti conservateur.

Le parti au pouvoir décide également de changer son nouveau programme en donnant une nouvelle importance aux thèmes sociaux. Le principe de la « démocratie économique » se base sur trois fondements : la sécurité sociale, l'emploi et l'économie de marché équitable. Pour cela, le parti souhaite renforcer le rôle du gouvernement dans le domaine économique pour optimiser l'efficacité de l'économie de marché et instaurer un ordre de marché équitable et transparent. Il s'agit également de réformer les chaebols pour permettre le développement des PME, et d'augmenter les taxes sur les hauts revenus« Les programmes des partis sous le signe de la « démocratie économique » » sur KBS World, le 5 février 2012..

Cependant, ce programme économique assombrit les relations entre le parti et l'exécutif. En effet, ce programme économique va à l'encontre de la politique du président Lee Myung-bak qui a pour but de créer un environnement plus favorable aux affaires. Park Geun-hye contredit également la politique de Lee Myung-bak concernant la Corée du Nord qui est de plus en plus contestée. Elle cherche à concilier en effet d'un côté les négociations pour la dénucléarisation de la péninsule coréenne et de l'autre le soutien au rapprochement pacifique« La conservatrice Park Geun-hye élue présidente de Corée du Sud », sur Le Nouvel Observateur, le 19 décembre 2012.. Elle se démarque également du président dans le cadre du scandale de corruption pour lesquels Park demande notamment la démission du ministre de la Justice Kwon Jae-jin, se rapprochant ainsi de l'opposition « Park Geun-hye continues her old self-interested ways », sur The Hankyoreh, le 25 juin 2012..

Dans les sondages, le Parti Saenuri a réussi à rattraper son retard sur le principal parti d'opposition, le Parti démocrate unifié, et les derniers sondages montrent un resserrement. Le Parti Saenuri parvient finalement à conserver la majorité au Parlement en obtenant 152 des 300 sièges aux législatives, contre 127 sièges pour le Parti démocrate Unifié et 13 pour le Parti progressiste unifié. Park Geun-hye gagne alors en popularité ce qui lui permet de partir en candidate favorite pour les présidentielles.

Élection présidentielle de 2012

Le , elle est officiellement investie candidate à l'élection présidentielle par son parti après une primaire interne où elle remporte 84 % des voix face à quatre autres candidats« Park Geun-Hye, fille d’un ancien dictateur, brigue la présidence en Corée du sud », sur La Croix, le 22 août 2012..

Durant la campagne, elle reprend les thèmes avancés lors des législatives autour de la réforme économique visant à promouvoir la justice sociale. Largement en tête dans les sondages, l'avance de Park se réduit progressivement au fur et à mesure que l'opposition se réunit autour de Moon Jae-in, ancien opposant à la dictature de son père. Mais deux débats télévisés ne parviennent pas à changer la donne, et Park est toujours légèrement en avance. Pendant la campagne, les services secrets conduisent une campagne de diffamations contre Moon Jae-in afin de détourner les électeurs vers Park Geun-Hye..

Le , elle remporte l'élection avec 51,6 % des voix contre 48,0 % pour Moon Jae-in« Corée du Sud : Park Geun-hye remporte la présidentielle », sur Le Monde, le 19 décembre 2012.... Lors de son investiture, le , elle devient la première femme présidente de la Corée du Sud et la première chef d'État d'Asie du Nord-Est. Elle a annoncé dès le vouloir proposer comme Premier ministre l'ancien procureur Chung Hong-won. Ce dernier est confirmé par un vote du Gukhoe le , par 197 voix contre 67, et installé dans ses fonctions le même jour « Park Appoints Prime Minister Chung Hong-won », KBS World, 26/02/2013.. Parmi ses premières mesures, on note une mise en garde à l’encontre des grandes entreprises coréennes, les « chaebols », dont elle était pourtant réputée proche, à propos des licenciements.. Son porte-parole présidentiel, compromis dans une affaire d'agression sexuelle aux États-Unis, doit démissionner.. Dès le début de son mandat, elle essuie des critiques face à ses nominations ministérielles, plusieurs personnalités étant jugés incompétentes, comme Yoon Jin-sook, du ministère des Océans et de la Pêche nouvellement reformé.

Présidente de la République thumb|Park Geun-hye et Chuck Hagel, secrétaire à la Défense américain, en 2013. thumb|Évolution de la popularité de la présidente.

Affaires étrangères thumb|Park Geun-hye avec son compatriote Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations unies, en 2013 à New York.