L'oppidum de Bramefan est un site antique ou protohistorique celte, situé sur la commune de Puyloubier, dans le département des Bouches-du-Rhône, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur, France.
Situation L'oppidum se déploie sur deux contreforts sud de la montagne Sainte-Victoire, appartenant à la commune de Puyloubier.
Historique Protohistoire D'après Mocci (2004.) le site de Bramefan serait l'héritier d'un peuplement « pré-celtique » (protohistoire) où la population se serait « celtisée » à partir du
Jusqu'au milieu du , la zone n'est que faiblement peuplée et l'agriculture y serait éparse, disposée autour de foyers uniques ou de petits hameaux. Néanmoins, toujours selon Mocci et al., le territoire aurait déjà connu des délimitations administratives dès l'âge du fer européen.
Antiquité À partir du milieu du (âge du fer ouest-européen) apparaîtraient des traces celtes sur le site. Les changements majeurs qu'implique cette « celtisation » sont une plus grande et régulière concentration de l'habitat, et le développement d'une économie pastorale (agriculture, élevage). Malgré tout, les oppida celtes autour de Sainte-Victoire ne constituent pas un réseau très densément peuplé (comme cela a pu être le cas ailleurs à la même époque, autour de l'étang de Berre, densément peuplé par exemple).
Cet « oppidum » – nom donné par les colons romains aux hameaux et villages fortifiés gaulois – est, comme ses voisins de Roque-Vaoutade, de l'Infernet et d'Untinos par exemple, un habitat pour des populations celto-ligures : paysans, agriculteurs, éleveurs, artisans, militaires, religieux... Au total, plusieurs centaines de personnes devaient pouvoir vivre à Bramefan..
Les recherches ont permis d’établir la présence de ces populations au moins au . Néanmoins, les oppida sont connus dans la région depuis l'âge du bronze.
À partir du , Bramefan – comme d'autres oppida alentour – se fortifie ; certainement sous la double pression politique et militaire de l'expansion de la colonie massaliote d'une part et du besoin de se prémunir d'une possible action militaire de ses alliés romains d'autre part. Des petits habitats isolés et exploitations agricoles perdurent dans les zones basses du massif et tout au long de la vallée de l'Arc jusqu'à l'étang de Berre. On peut émettre l'hypothèse que cette tranche de la population, exposée aux aléas militaires et climatiques, viendrait se réfugier dans l'oppidum en cas de besoin.
La conquête militaire romaine de la Provence, qui dure au moins deux ans (), ne change pas drastiquement la population de l'oppidum de Bramefan. Elle semble même sensiblement la renforcer d'une petite partie de la population de l'oppidum d'Entremont et alentours, venue chercher une certaine quiétude dans les oppida « de campagne ».
Néanmoins, Mocci (2004) rappelle qu'au , quelques dizaines d'années après la destruction de l'oppidum d'Entremont, la zone de Bramefan connaît un dépeuplement sensible, probablement dû au développement d'Aquae Sextiae et au statut « secondaire » que va prendre cet arrière-pays aux yeux de la nouvelle bourgeoisie romaine. Malgré tout, certaines exploitations agricoles d'origine proto-historique conservent leur activité durant la période impériale au pied de l'oppidum de Bramefan.
La vallée de l'Arc, dont fait partie Bramefan, dépend depuis au moins le milieu du () du puissant groupe celte des Salyens, dont la capitale est Entremont, à quelques kilomètres à l'ouest (Aix-en-Provence). Ce sont eux qui lèveront les principales forces armées, à plusieurs reprises, contre les troupes de l'Empire romain (lors des premières grandes manœuvres militaires romaines en Provence en , puis en ., puis lors d'une révolte générale en ). Visible depuis Bramefan, la plaine de Pourrières serait l'endroit où, selon des sources romaines, plus de « barbares » sont morts et ont été laissés là, dans la première campagne romaine de Provence, comme témoins de la volonté et de la puissance de l'Empire ()..
Moyen Âge
Les sources indiquant un habitat au Moyen Âge sont quasi inexistantes.
Période contemporaine Durant , un incendie ravage plusieurs dizaines d'hectares sur le versant sud de Sainte-Victoire.. Il entraîne un arasement de la végétation découvrant les restes de Bramefan. Des études sont entreprises à par les archéologues Florence Mocci et Nathalie Cros. Elles découvrent que non seulement les coteaux et contreforts de la montagne sont truffés de constructions agricoles (restanques, terrasses, fermes antiques, etc.), mais que ces installations s'élèvent quasiment jusqu'à la croix de Provence et aussi au Pic des Mouches (les deux sommets à et respectivement).. Ceci conforterait la thèse d'une habitation continue (au moins partielle) et pré-gallo-romaine.
Galerie Mur
Oppidum Comme beaucoup d'oppida, l'organisation physique de Bramefan pourrait être celle d'un oppidum collinaire « en étages », c'est-à-dire suivant la courbe ascendante des contreforts.
Vues générales
Références
Voir aussi Articles connexes Oppidum d'Untinos Oppidum de la Vache d'Or Oppidum du Grand Clapier Histoire de la Provence
Bibliographie .
Bramefan