Auguste Émile Pierrot né le à Vioménil, décédé le à l'hôpital de Bussang, inhumé au cimetière du Ménil-Thillot en est un instituteur, nommé ensuite professeur de chant et de musique au collège de Saint-Dié, bibliothécaire et archiviste de la Ville de Saint-Dié, archéologue et folkloriste françaisActe de naissance enregistré par le maire et officier d'état civil François Alexis Robert, Tables décennales de Vioménil (1863-1882). Archives départementales des Vosges. En marge de l'état civil, le maire de Vioménil a écrit le 8 avril 1957 en toutes lettres : "décédé à Bussang (Vosges) le 4 avril 1957", puis signé. L'octogénaire résidait avec son épouse depuis 1950 dans une maison héritée de ses beaux-parents, à proximité de sa famille, au Ménil-Thillot. Le site Ecrivosges, infra, est le seul à mentionner son hospitalisation et sa fin de vie à Bussang.. De 1899 à 1949, il est le bibliothécaire inamovible de la ville de Saint-Dié. Il a été archiviste après 1925, secrétaire-archiviste de 1931 à 1935 et enfin du au président de la société philomatique vosgienneAnnales de la société philomatique, incorporée dans le bulletin de la société philomatique vosgienne..

Biographie Son père Émile Pierrot est un instituteur de 21 ans résidant à Vioménil. Sa mère Marie Philomène Marulier, dentellière âgée de 22 ans, a accouché au domicile du coupleLes témoins à la mairie, non apparentés au couple, sont le négociant de 42 ans, Gilbert Joly (parent du futur maire Benjamin Joly ?) et Lucien Mathieu, plafonneur de 52 ans, tous deux de Vioménil.. Au concours scolaire de 1887, organisé avec le comice agricole de l'arrondissement à Épinal, Auguste Pierrot obtient une mention honorable, l'équivalent d'un septième prix. Son père Émile y présentait les écoles de VioménilLe Mémorial des Vosges, mercredi 21 septembre 1887. L'instituteur Pierrot de Vioménil reçoit une médaille d'argent, les écoles de filles et garçons une mention honorable. Des (anciens) élèves de Vioménil sont récompensés : Joseph Thiébault par un troisième prix et 12 F, Alfred Joly par un douzième prix, et encore des mentions honorables pour Emile Pierrot (est-ce notre Auguste sans son nom usuel ?), Gustave Joly et Alfred Lecoanet.. Le père a aussi reçu une médaille d'argent pour sa distillation d'eaux de vie de groseilles et de mirabelles.

Formation supérieure Élève à l'école normale de Mirecourt, de 1887 à 1890, Auguste est formé à l'école des chantres-maîtres d'école itinérants de la Vôge et auteur de musique, voire volontiers auteur-chansonnier, est nommé d'abord instituteur stagiaire à Épinal. Il est plausible qu'à la suite d'un concours en 1892, Auguste Pierrot ait vu une de ses chansons, L'aveugle d'Alsace dédicacée à son père, primée par l'Alliance des chansonniers de FrancePierrot, Auguste (18..-19.. ; parolier et compositeur). L'aveugle d'Alsace : chanson patriotique primée par l'Alliance des chansonniers de France, imprimée en 1893, Source gallica.bnf.fr. Cette chanson a été ensuite imprimée à Tours par l'imprimerie industrielle et artistique Danjard-Kop fin janvier 1893. Faute d'accès aux sources du concours ou à défaut à la correspondance précise, il est impossible de corroborer cette hypothèse. Le patronyme Pierrot n'est pas rare, à Vioménil résidait un nommé Firmin Pierrot, marchand forain qui n'était nullement parent. Attesté en juillet 1884 par Le Mémorial des Vosges, un homonyme à Gignéville est adjoint au maire Eugène Clasquin. Il existe aussi un lieutenant Pierrot au 43e Territorial à la Belle Epoque. Notons encore qu'un artiste confirmé change facilement de prénoms, ce qui ne semble pas le cas ici..

Enseignant Auguste Pierrot arrive à Saint-Dié le et s'intéresse d'emblée autant à la ville industrielle dotée d'une architecture d'Ancien Régime en son centre administratif d'ancienne subdélégation, qu'à la bibliothèque municipale, qui contient des documents témoignant de l'attrait des vénérables chanoines de Saint-Dié pour l'art musical depuis le . Il initie une chorale de voix d'élèves recrutés dans les écoles primaires de la Ville, .

Il devient sous-bibliothécaire dès 1896 auprès de l'oncle de sa future épouse, Emile Tremsal, sixième bibliothécaire de la Ville et directeur d'école de la rue d'HellieuleAuguste Emile Pierrot épouse au Ménil-Thillot Anne Marie Emilienne Tremsal entre le 26 mars et le 2 avril 1897.. En tant qu'enseignant spécialisé, il est promu le au collège de Saint-Dié pour enseigner à la première classe préparatoire du collège, en huitième, en plus du chant et du dessinRegards n°19, janvier 1972, Variétés rédigées par Olivier Douchain, page 12 ou Albert Ronsin, opus cité. Il est en réalité instituteur détaché au collège, chargé des huitièmes, car le collège de garçons intègre une école primaire supérieure, encore dénommée école préparatoire au collège. Annuaire de Saint-Dié, opus cité..

Au collège de garçons de Saint-Dié, situé alors rue Stanislas, outre la chorale scolaire qu'il anime, Auguste Pierrot crée un petit musée de l'industrie pour aider les collégiens, . La cinquantaine d'unités industrielles de la Ville lui fait parvenir gracieusement des échantillons des produits fabriqués, des objets manufacturés ou à défaut des modèles réduits de leurs conceptions. Il part collecter parfois des matériaux bruts pour expliquer a minima les transformations de la matière, montrer le travail de l'homo faber et créé des rapports valorisant cette pédagogie concrète, proche d'un cours appliqué ou d'initiation de technologie industrielle, pour obtenir auprès du principal du collège des vitrines et des surfaces d'exposition en fond de classe ou le long de couloir, nécessaires à son musée en extensionManuscrit de la médiathèque Victor Hugo de Saint-Dié (deuxième supplément), cote 331, Musée industriel du Collège de Saint-Dié. Correspondance reçue des entreprises sollicitées de fournir des échantillons de leur production, par Auguste Pierrot, professeur au collège, créateur de ce musée. 1904-1908. Dossier de 100 pages. En tête, le brouillon de rapport au principal du collège demandant des vitrines d’exposition supplémentaires. Don d'Auguste Pierrot à son départ en 1950..

Le professeur de chant au collège, émule du pédagogue Émile Chevé dans la lignée de Jean-Jacques Rousseau, est partisan de la méthode simplifiant le solfège, nommée « galiniste », qui revient en force au milieu de la Belle ÉpoqueC'est l'avis autorisé d'Albert Ronsin, opus cité. Rappelons ici la mémoire de son adjoint bibliothécaire, Olivier Douchain, rédacteur ou consulté sur ce point technique, et qui quittera sa fonction subalterne pour refonder en franc tireur l'école et le conservatoire de musique, accueillis de nos jours à NEF. Cette méthode d'apprentissage du solfège consiste à remplacer les notes par des chiffres, en utilisant l'analogie entre mathématique et musique.. En 1905, le couple Pierrot réside 30, rue Jacques Delille.

Bibliothécaire Pendant trois années dès 1896, Auguste est supplétif bénévole à la bibliothèque, sous-bibliothécaire auprès de l'oncle de sa fiancée, puis de son épouse, François-Emile Tremsal, qui est, en plus de son emploi d'instituteur directeur d'école, archiviste bibliothécaire de la Ville avant 1886Annuaire de Saint-Dié. Le registre de mariage du Ménil-Thillot informe son état-civil : Le témoin âgé de 36 ans, Emile Tremsal, est déclaré instituteur à Saint-Dié sur l'acte de mariage de son frère Charles Florian, né en 1848 et de Marie-Catherine Mélanie Pierrel, née également en 1848, le 30 décembre 1874 au Ménil-Thillot. Il s'agit des parents de Marie ou Anne Marie Emilienne, l'épouse d'Auguste Pierrot. Simple instituteur public à Saint-Dié en 1880 et 1886, d'après les listes annuelles de membres de la société philomatique vosgienne, Emile Tremsal est mentionné conservateur de la bibliothéque de Saint-Dié en 1888, puis directeur d'école primaire et archiviste en 1889. Il reste directeur d'école primaire en 1901.. Madame Tremsal tient de surcroît une librairie importante, 21 rue de la Gare. En 1890, la bibliothèque municipale qui ouvre seulement les mardi, jeudi et samedi matins de 10 h à midi ne compte officiellement que 12000 volumes recensés. Un recensement jugé nécessaire par le maire Émile Rœsler est en cours. En 1899, la bibliothèque abrite désormais officiellement 15000 volumes, elle est ouverte en semaine les mardi et samedi de 11h à midi, et le jeudi de 9h à midi, y officie le bibliothécaire Tremsal, domicilié 21, rue de la Gare et l'aide-bibliothécaire Pierrot, habitant 25, rue de la Bolle, selon l'annuaire de Saint-Dié.

Émile Tremsal, peut-être de santé fragile, en tout cas épuisé par cette fonction, alourdie par l'inventaire, en surcroît de son poste d'enseignant, responsable auprès des autorités de la Ville, aussi chichement rémunératrice que modestement gratifiante, démissionne après 1899 après avoir réalisé un large inventaire des manuscrits, référencé à la bibliothéque de FranceEn 1890, selon l'Annuaire de Saint-Dié, les deux instituteurs référents pour la Ville, en réalité des directeurs d'école chevronnés, se nomment Tremsal et Noël. Les archives des Vosges conservent en ligne son apport technique d'archiviste comme monographie communale pour l'exposition universelle, à la cote 11 T 28/301 - Saint-Dié, notice sur les institutions et l’histoire de l’enseignement. 16 novembre 1888..

Auguste reste avec deux assistants pour lancer un travail de catalogage d'auteurs à partir de fiches alphabétiques, et finalement accepte la charge de septième bibliothécaire-archiviste de la VilleAlbert Ronsin, opus cité, affirme la démission de Tremsal en 1899. L'annuaire de Saint-Dié en 1902 attribue un vague statut d'aide-bibliothécaire à Auguste Pierrot, habitant rue Jacques Delille, laissant la place officielle du bibliothécaire vacante. Il semble évident que Pierrot soit le bibliothécaire en fonction, accepté seulement à titre provisoire.. Une grande partie des livres étaient présents, mais sous des fonds parfois autonomes et en dépôt sans legs de propriété. Il s'efforce de rationaliser la gestion, ainsi en trois décennies les anciens fonds Blondin ou Grelot, les ouvrages de la société philomatique vosgienne après accord signé en 1901 avec René Ferry pour reversement automatique après un an de dépôt, le legs Isidore Finance ou les premiers legs de Fernand Baldensperger, les énormes ouvrages autrefois légués par Jules Ferry à la société philomatique vosgienne, la bibliothèque de Jules Ferry jointe à celle de son jeune neveu Abel Ferry rejoint les cinquante mille ouvrages possédésAlbert Ronsin, article cité.. Le bibliothécaire doit même gérer en urgence une partie des fonds livresques du séminaire lors de la confiscation des biens de l'église de Saint-Dié en 1905. Chaque fonds garde son histoire, mais les droits juridiques de possessions sont ainsi simplifiés.

La mise en valeur des collections et la présentation au public des collections ne sont pas oubliées. La catalographie suivant l'exemple de la Bibliothèque nationale est toutefois exigeante, le jeune bibliothécaire qui ne veut pas vivre l'épuisement de son oncle fait appel à des bénévoles. C'est ainsi que non comptant de demander plus de place dans les bâtiments supérieurs de la mairie, il fait appel à la commission lecture de la société philomatique vosgienne, et plus tard, s'appuie sur le labeur persévérant de Georges Baumont. Auguste Pierrot, qui n'a fait qu'un petit stage de formation de bibliothécaire à Besançon, comprend que l'art du bibliothécaire se sépare de celui du catalographe, tout en mettant à part le rôle de fonctionnaire et gestionnaire de bibliothécaire qu'il va illustrer dans sa phase de conception.